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Actualités La finale de tous les espoirs

La finale de tous les espoirs

sig-Nanterre-0001Après huit finales en un match, à Bercy, le basket-ball français retrouve un format plus propice à l’exposition médiatique : pour la première fois depuis 2004, le champion de ProA sera désigné cette saison au meilleur des cinq manches. Premier round ce mercredi (20h45) avec la SIG dans la peau du favori. Prudence, tout de même car le parcours de Nanterre, 8e de la saison régulière, force le respect et méritera la plus grande attention. Le Rhenus, archi-comble, est prêt à s’enflammer pour pousser les siens à une première option.

Les commentateurs spécialisés se régalent. En neuf saisons, la ProA a connu huit champions différents. Seul Nancy a réussi à s’imposer deux fois dans ces finales couperets mais les Lorrains pourraient être rejoints au palmarès par la SIG, déjà victorieuse en 2005. Mieux, les deux finalistes de 2013 n’étaient même pas qualifiés pour les play offs la saison dernière. Les exégètes de la balle orange s’interrogent ainsi sur le manque de stabilité du championnat qui dessert probablement les intérêts du basket hexagonal dans les sphères européennes…

sig-Nanterre-0003Nanterre et la SIG qui débutent ce soir leur série, n’en ont cure. Cela n’empêche pas les entraîneurs respectifs d’avoir leur avis. « Une des raisons de cette instabilité, c’est le manque de JFL (NDLR : joueurs formés localement dont chaque équipe doit présenter cinq éléments dans l’effectif) dominants. Et dès qu’on en a, ils partent à l’étranger » regrette Vincent Collet. Pascal Donnadieu, lui, est plutôt remonté contre certains commentaires. « Quand j’entends ou je lis que le basket français marche sur la tête parce que Nanterre est en finale, ça me choque. Certes, il n’y a pas d’équipe qui se détache et les champions ont chaque année du mal à confirmer, mais si nous sommes européens la saison prochaine, on ne fera peut-être pas plus mal que ceux qui nous ont précédé ! »

Une opposition de style

Le décor est ainsi planté. Mais ce soir, c’est sur le parquet qu’on s’opposera, chacun avec ses armes, dans une vraie opposition de style. « On ne s’appuie pas sur les mêmes atouts, c’est clair, lance Vincent Collet. Nanterre bouge la balle pour trouver des positions, nous on a une grosse volonté de l’amener à l’intérieur ». Ce à quoi son alter ego nanterrien rétorque : « Strasbourg a beaucoup d’armes, c’est vrai,  le danger peut venir de l’extérieur et de l’intérieur. Ils ont de très gros points de fixation que nous n’avons pas. Mais les deux équipes misent sur un basket collectif, structuré, et vivent par le partage de la balle. La SIG a simplement plus d’expérience et de maturité que nous ».

sig-Nanterre-0006Au moment d’aborder le crucial match n°1 de la série, chaque coach avance à pas feutrés. Et paierait cher sans doute, pour connaître le scénario de l’histoire. « Dans une finale en cinq matches, le premier est toujours important car il donnerait déjà un avantage en cas de victoire, insiste Collet. Mais il n’est pas rédhibitoire et laisse un droit à l’erreur. En cas de défaite, en revanche, le match 2 met un maximum de pression sur l’équipe recevante. Les choses vont en revanche évoluer sur la durée puisque la finale peut durer 16 jours… Nanterre va tenter des choses et voudra en prendre un des deux chez nous, pour finir chez lui. On n’a donc pas le droit de se louper». Pascal Donnadieu, lui, ne s’est pas posé la question : « On l’abordera comme dans une série à trois matches. On veut être performant tout de suite… »

La durée de cette finale ne plaide pas forcément en faveur du petit Poucet, qui ne dispose pas d’un effectif aussi riche et de la puissance athlétique qui a fait la force de la SIG tout au long de la saison, et plus encore depuis le début des play offs. Et les Strasbourgeois endossent le costume du favori sans se cacher : « On a terminé deuxième, et eux huitièmes. Il est donc logique que nous soyons les favoris. Mais c’est de la littérature. C’est sur le terrain que ça se décidera » estime encore le coach strasbourgeois. Pour Pascal Donnadieu, « la SIG est bien évidemment favorite du fait de son classement et parce qu’elle a une équipe beaucoup plus forte sur le papier. Et lorsqu’ils ont eu un passage difficile dans la saison, c’était uniquement à cause des blessés. Je l’ai vu à Boulogne-sur-Mer qui fut après l’élimination de la SIG notre adversaire en Coupe de France, et ensuite à Dijon, où l’absence de Jeanneau a été très préjudiciable. Elle a aussi disputé de nombreux matches sans Fitch. Sans quoi, elle aurait sans doute disputé la première place à Gravelines ».

Le regard attendri de Vincent Collet

sig-Nanterre-0004Reste que ce mercredi soir, les compteurs sont remis à zéro. Oubliés, les quatre succès en deux saisons de la SIG contre la JSF. La lutte stratégique entre deux coaches aussi malins que brillants, fera peut-être la différence. Collet a son idée, mais il aime bien, tout d’abord, évoquer la saga de ce club si particulier. « Je vois leur aventure avec un regard attendri et cela me touche. Je viens aussi d’un petit club, Montivilliers, qui s’est hissé jusqu’en Nationale 2, où j’ai joué 12 ans et dont mes parents se sont occupés pendant 50 ans ! Pascal est un personnage empreint d’humilité qui a beaucoup de respect pour les autres entraîneurs. Qu’il soit arrivé à ce niveau est un vrai bonheur. Chapeau ! » Lorsqu’il faut parler basket, le coach de l’équipe de France et de la SIG a aussi son avis : « Nanterre s’appuie sur de bons soldats, vaillants, comme Judith et Passave-Ducteil, sur un joueur complet comme Stephen Brun. Mais le coach a toujours fait aussi de bonnes pioches avec les étrangers. A mes yeux, deux joueurs sortent du lot : David Lighty, un fort scoreur au shoot soyeux, qui m’a étonné par sa défense sur Blake Schilb, et Trenton Meacham, impressionnant sur les play offs, un vrai métronome. Il a une authentique emprise sur le jeu, il est partout, c’est un vrai leader. Et puis avec Jackson, (NDLR : le pigiste médical de Chris Oliver, pivot de Pau-Orthez cette saison et recruté pour la finale) ils vont trouver un peu de poids à l’intérieur. »

Pas question, pourtant, de parler d’euphorie ou de « petit nuage » pour expliquer les victoires de Nanterre. Pascal Donnadieu est le premier à s’en offusquer : « Ça m’agace quand j’entends ces commentaires. On a simplement optimisé le niveau de l’équipe à son grand maximum. L’adresse à trois points, c’est notre fonds de commerce et dans la série contre Chalon, on a tout simplement joué notre meilleur basket. »

« Le rythme du match sera important »

sig-Nanterre-0005L’entraîneur strasbourgeois sait pourtant, dans son for intérieur, que la clé du succès est dans sa propre équipe. Et que celui qui imposera son rythme à l’adversaire aura fait un pas décisif : « Nous devrons chercher à ralentir leur rythme infernal et soigner le repli défensif. Ils scorent à 94 pts en moyenne sur les play offs, avec trois prolongations il est vrai, nous n’avons jamais dépassé les 75 points. En revanche, ils en ont encaissé 83 en moyenne et nous 60… On s’attend donc à en encaisser davantage et il ne faudrait pas qu’ils jouent les yeux fermés avec la même réussite au Rhenus qu’ils l’ont fait au Sportica de Gravelines et au Colisée de Chalon ! Il ne faut pas croire qu’ils vont s’arrêter, c’est à nous d’être meilleurs ». Campbell aux basques de Meacham ou de Warren (handicapé par une tendinite tenace au genou), Axel Toupane à celles de Lighty, Ricard Greer sur Stephen Brun, auront un rôle déterminant. Collet a noté aussi que Nanterre tirait 62 fois en moyenne par match sur les play offs (pour donner 66 tirs à l’adversaire) alors que la SIG ne shootait qu’à 52 reprises en moyenne, son adversaire 56 fois…

Xavier Corosine, très serein à son arrivée au Rhenus, ce soir, se dit « pressé que ça commence. On a bien travaillé depuis la qualification mais nous sommes conscients que l’effet de surprise ne jouera plus. Strasbourg a dû bien nous scouter. Mais on espère bien avoir encore quelques surprises dans le sac ».

sig-Nanterre-0002Entre une équipe qui surfe sur une dynamique qui a fait chuter les meilleurs, et l’autre, confiante, constante et sûre d’elle, le match se jouera peut-être sur des détails. « Gagner par le jeu offensif, c’est notre credo répète Donnadieu. Mais il faut aussi bien défendre… » Ce à quoi Aymeric Jeanneau, à quelques matches seulement de sa retraite de joueur, rétorque : « Le plus important, ce ne sera pas de mettre un panier de plus qu’eux mais de faire en sorte qu’ils en marquent un de moins que nous ! »

Tout est dit. Place au jeu. Prometteur et excitant !

Jean-Claude Frey