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Nanterre, une histoire pas ordinaire

 

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Un championnat tout fou ! Avec, en finale, le 8e de la saison régulière, petit Poucet de la Ligue, déjà finaliste de la Coupe de France alors qu’il affiche le 15e budget de la ProA. Nanterre a étonné, mais aussi charmé par son jeu léché, porté sur l’attaque, symbolisé par une bande de potes qui se passent la balle et « artillent » avec bonheur derrière l’arc. La SIG peut se dire raisonnablement qu’après la disparition du tableau final de Gravelines, meilleure équipe de la saison régulière, et de Chalon, le champion sortant, la voie est bien dégagée sur la route du titre. Mais gare à ce poil à gratter prêt à tout pour faire sensation.

Il n’y a pas eu beaucoup de logique dans le championnat cette saison. Pourtant, Vincent Collet, le cartésien, aime la logique, mais il n’a pas été gâté au cours de l’exercice 2012/2013. Et il ne voudrait surtout pas que l’histoire se répète en finale… Boulazac a été relégué avec 11 victoires, du jamais vu. Le second, Strasbourg, affichait 40% de défaites (12 sur 30 matches). Bousculée encore, la hiérarchie, dans les quarts et les demi-finales de play offs. Par la grâce de cette étonnante équipe de Nanterre, qui a certes assuré sa qualification dans sa salle, véritable repaire de cleptomanes, mais qui avait surtout parfaitement négocié auparavant les matches 1, après deux prolongations dans le Nord, puis sur le fil en Bourgogne.

Une histoire de famille

Nanterre, c’est d’abord une histoire de famille. Celle des Donnadieu. Jean, le père, président de cette « Jeunesse sportive des Fontenelles », un patronage de quartier populaire d’une cité de banlieue, gérée depuis 1935 par le Parti communiste, longtemps traumatisée par la tuerie de 2002 qui avait coûté la vie à huit conseillers municipaux en pleine séance. Dans la famille Donnadieu, il y a aussi les fils, Frédéric, responsable des espoirs, et surtout Pascal, le coach des pros.

Employé de banque jusqu’en 1996, Pascal Donnadieu dirige l’équipe depuis… 26 ans ! Un record bien évidemment dans le paysage professionnel, mais peut-être aussi dans l’hexagone. 11 accessions de l’Excellence départementale où il a pris l’équipe, jusqu’à la ProA ! Et en finale pour sa deuxième saison dans l’élite. Un club formateur aussi qui a contribué à faire grandir Adrien Moerman, Edwin Jackson et Evan Fournier. Sans commentaire… Un coach, aussi, qui ne cache pas le lien affectif qu’il a tissé avec ses joueurs. « Je peux être très exigeant et dur avec eux. Mais je ne me refuse pas non plus d’aller boire un coup avec tous les joueurs. Pas forcément tous les jours. C’est mon mode de management et je ne pourrai pas faire autrement » expliquait-il au lendemain de l’exploit de la JSF contre Chalon au micro d’Infosport+.

Un management payant, incontestablement. Car à son tableau de chasse, Nanterre a tout de même épinglé Chalon (quatre fois cette saison !), Paris-Levallois (deux fois en championnat), mais aussi Villeurbanne et obtenu des succès au Mans et à Gravelines, avant l’exploit des ¼ de finales contre ces mêmes Nordistes. En Coupe de France, une courte défaite en finale face à Paris-Levallois, qui a permis au groupe de se ressouder, une compétition dans laquelle Nanterre a éliminé Boulogne, le tombeur de… la SIG.

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Incroyables gâchettes

Autant de références qui forcent le respect. Mais c’est avant tout par son jeu que l’équipe francilienne séduit et inquiète ses adversaires. Avec une redoutable armada de snipers ! 46 paniers sur 100 tirs à trois points en play offs, après avoir été, déjà, en saison régulière, la meilleure formation dans cet exercice. Et un danger qui peut venir de partout, à tout moment. David Lighty, héros du match à Chalon, vainqueur… d’Alexis Ajinça et de l’équipe de France en ½ finale du championnat du monde des moins de 19 ans, en 2007, avec les Etats-Unis (78-75) en est le fer de lance. Après une formidable carrière universitaire, Lighty n’a pas franchi la draft de la NBA, voyant s’évanouir un rêve d’enfant. Et après avoir disputé l’Euroleague avec les Italiens de Cantu, il a atterri à Nanterre où Pascal Donnadieu lui a confié de nouvelles responsabilités. Trenton Meacham est son parfait relais dans l’équipe. « Tueur » des Chalonnais dans la prolongation, il a voulu mettre fin à sa carrière à la dernière intersaison. Au grand dam des dirigeants de la SIG qui souhaitaient le faire venir en Alsace ! Après avoir changé d’avis, il a finalement rejoint la banlieue parisienne après avoir porté les couleurs de Paris-Levallois la saison dernière. Autant dire qu’il ne sera pas dépaysé à Coubertin où se joueront les matches 3 et peut-être 4 de la finale. Et puis Chris Warren, sait lui aussi être adroit derrière l’arc. Il l’avait prouvé au Rhenus, le 26 décembre, en saison régulière, dans une première mi-temps de feu (48-50). Avant que la SIG ne resserre les boulons en défense et ne laisse plus que 18 points (cinq dans le dernier quart) aux Nanterriens en seconde période.

On ne peut pas passer sous silence Xavier Corosine, vainqueur du… concours à trois points du dernier All Star Game, à surveiller comme le lait sur le feu, ou encore Stephen Brun, aussi imprévisible que redoutable, auteur de trois paniers bonifiés consécutifs dans le match 1 contre Chalon, qui avaient totalement relancés son équipe, ballottée par les Bourguignons. Et on n’oubliera pas non plus Marc Judith, bourreau de Blake Schilb, qui avec Jérémy Nzeulie fait partie des joueurs historiques de Nanterre…

Avec Charles Jackson, de la « viande » à l’intérieur

Alors, on pourra toujours se dire que la faiblesse de Nanterre, c’est son jeu intérieur, là où précisément, la SIG fait souvent la différence. D’autant que Rashaun Freeman, annoncé comme une des révélations de la ProA en début de saison, a fait long feu, « coupé » après deux matches seulement. Alors que son remplaçant, Chris Massie, quittait lui aussi Nanterre à la trêve de Noël. Croire que Nanterre ne pèsera pas dans la raquette, ce serait ignorer, à tort, l’abnégation d’un Johan Passave-Ducteil, qui a prouvé lors des dernières sorties qu’il n’a peur de rien ni de personne, ou encore les relais appuyés du Colombien Juan Palacios.  Reste que la blessure de Chris Oliver, vu à la SIG la saison dernière, en quart de finale retour contre Gravelines, a fortement contrarié Pascal Donnadieu. Conscient de ne pas faire le poids sous le cercle, il déclarait dans « L’Equipe » à propos de Ricardo Greer et d’Alexis Ajinça : « Ça va être très compliqué de défendre. Il va me falloir de la viande parce qu’à l’intérieur, ils vont nous démonter ». Le coach nanterrien n’a pas cherché longtemps. L’élimination de Pau-Orthez, déjà promu, en play  offs de ProB par Antibes, lui a permis de recruter Charles Jackson (2,03m, 26 ans, 47 d’évaluation contre Le Portel, record de la saison) un pivot très solide au sol. Un pivot, footballeur américain autant que basketteur à l’Université d’Illinois où il côtoyé pendant trois ans… Trenton Meacham, avec qui il a tissé des liens d’amitié qui pourraient faciliter son intégration rapide. Mais malgré ses 23 points à 11 sur 18 le 19 octobre à Lille, Charles Jackson avait subi avec Pau-Orthez sa première défaite contre un certain… Jason Siggers (30 points à 9 sur 12 et 30 d’évaluation, ce jour-là) !

Cette histoire peu ordinaire, la JSF Nanterre la verrait bien encore se poursuivre en finale… La SIG est cependant bien décidée à contrarier ce projet insensé. Mais la prudence sera tout de même de mise, côté alsacien, mercredi, au coup d’envoi du match n°1.

Jean-Claude Frey