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Actualités Le bilan de la saison avec Martial BELLON

Le bilan de la saison avec Martial BELLON

« Le monde économique alsacien doit nous accompagner »

A la tête du club pour la troisième saison, Martial Bellon a vécu cette année ses plus belles émotions avec la SIG. Malgré la déception de deux finales perdues, il veut positiver. Construire l’avenir en améliorant l’équipe mais aussi consolider les fondations d’un ensemble qui attend le soutien du monde économique alsacien.

« Après avoir pris les rênes de la SIG en 2010, j’ai présenté à nos actionnaires publics en 2012 un plan sportif et financier sur trois ans, après que nous avions épongé la totalité du déficit. Pour la première saison, l’objectif était de terminer entre la 6e et la 8e place. Nous l’avons largement dépassé en terminant deuxième et en disputant deux finales. On a même raté une occasion dont on ne sait si elle se représentera… Mais ce qui est important, c’est qu’on a, plus vite qu’on ne l’avait imaginé, replacé la SIG dans le haut des équipes françaises. Et on a obtenu le meilleur classement de l’histoire du club en saison régulière. Pour le prochain exercice, nous viserons le top 5, et l’année suivante, l’objectif sera de se classer dans le top 3 pour jouer le titre ».

Un pro issu du centre de formation tous les deux ans

Le président de la SIG a trouvé d’autres raisons de se réjouir, au cours de la saison écoulée. « C’était un de mes sujets de discussion à l’arrivée de Vincent Collet : lancer tous les deux ans un nouveau pro issu du centre de formation. Et cette saison, Axel Toupane, au club depuis cinq ans, a éclos. Sur un plan politique, c’est une grande satisfaction. » Elle n’effacera pas la frustration née de cette finale perdue contre Nanterre. « On est en finale avec le 8e budget, mais cette performance est totalement effacée par le fait d’avoir perdu contre le 15e budget ! »

Martial Bellon retiendra aussi qu’en dehors les play-offs, le Rhenus a fait le plein à trois reprises, ce qui n’était jamais arrivé, et que la SIG peut se targuer d’avoir, sans discussion, l’une des trois meilleures affluences de la ProA.

Une plate-forme multimédia en pleine expansion

Le boss se réjouira également de l’explosion du site internet du club, qui a franchi un palier spectaculaire cette saison, particulièrement au moment des play-offs, et du buzz créé sur les réseaux sociaux… Quelques chiffres : plus de 75 000 visiteurs uniques entre le 10 mai et le 10 juin, 5000 fans sur facebook (plus de 70 000 visiteurs sur la page certains jours), plus de 2500 followers sur Twitter. « Nous avons amélioré notre professionnalisme dans ce domaine et nous allons encore progresser. L’objectif est de constituer notre plate-forme multimédia avec un site TV, des contenus écrits et bien sûr, tous les communiqués habituels du club et la billetterie électronique ».

La preuve évidente que le staff, avec l’aide bien sûr de l’équipe et de ses résultats, a réussi à fédérer à nouveau les gens autour de la SIG. La marge de progression est toutefois encore sensible. « On a une grande équipe, mais on n’est pas encore un grand club, insiste Martial Bellon. Il faut que tout le monde en ait conscience. Les pistes d’amélioration ne manquent pas et certains chantiers sont déjà lancés. Il faut encore bosser. »

La création de l’association SIG et bénévoles, avec Gérard Lebrot, en est un exemple. « C’est un élément de professionnalisation du club. Progressivement, les structures que nous avons mises en place, fonctionnent bien. Tout le monde doit trouver sa place dans le club, et la SIG appartient à tout le monde ». SIG et Territoires, présidé par Guy Buchmann, le club affaires, désormais piloté par Thierry Sublon,  sont deux autres exemples édifiants de la progression des structures.

Pas d’ambition démesurée en Coupe d’Europe

Sur le plan sportif, Martial Bellon a déjà le regard tourné vers 2013/2014. « On va modifier les objectifs car un club, ça se construit dans la durée. On reste sur un objectif de top 5, mais on veut gagner un trophée. Il y en a trois en jeu (NDLR : la Leaders Cup, la Coupe de France et le championnat), on en a raté deux cette saison, mais le travail qu’on fait doit se concrétiser par une ligne au palmarès. On va jouer la coupe d’Europe (NDLR : le club est qualifié pour le tour préliminaire de l’Euroleague et à coup sûr pour l’Euro Cup), mais on ne va pas construire une équipe pour la gagner, car on n’en a pas les moyens. On n’affichera pas d’ambition démesurée dans cette épreuve même si on est content d’y aller. Nous sommes en revanche conscients des responsabilités qu’on a, sur le plan français, mais on souhaite d’abord rééditer la saison qu’on vient de vivre en championnat, même si ça va être très difficile. Nous avons un projet à moyen terme et on veut suivre le plan de marche… »

Côté finances, le budget a été bouclé. Pas évident au regard de la situation en janvier et de l’arrivée des pigistes médicaux. L’appel lancé en janvier pour garder Shurna et Duport, au-delà de la Leaders Cup, a été entendu et de nouveaux partenaires ont frappé à la porte. Attirés par la série victorieuse de l’époque. Mais il faut pérenniser tout cela…  Pour la saison à venir, le budget sera en augmentation, mais ce « bonus » ne sera pas forcément consacré à la masse salariale.

Un directeur pour le Centre de formation

« Il faut aussi consacrer des moyens à la structuration du club, à l’innovation. Nous avons choisi d’engager un directeur du Centre de formation à temps plein. Peu de clubs en France en ont un. Cela manifeste la volonté que nous avons de structurer la formation pour être présent régulièrement dans le Trophée du Futur, réservé aux espoirs, commeChalon ou Gravelines. Ce directeur aura une double mission : superviser le centre de formation, dans lequel Lauriane Dolt garde les espoirs et Jean-Lou Vuillaume, qui a fait un très bon boulot cette saison, les cadets, mais il sera également en charge du « scouting » pour les jeunes et les professionnels, en travaillant en étroite collaboration avec Vincent Collet ».

L’heureux élu sera Olivier Weissler, au club depuis une vingtaine d’années, comme joueur puis comme entraîneur, écarté du terrain il y a 10 mois pour des raisons de santé et qui trouve là un poste à sa pleine mesure…

Inquiétudes sur l’évolution du basket professionnel en France

D’autres paliers doivent encore être franchis. Martial Bellon ne s’en cache pas. Et notamment d’un point de vue économique. « Si le monde économique alsacien n’accompagne pas davantage le club, on aura du mal à progresser. Je suis tout de même assez inquiet quant à l’avenir du basket professionnel en France, car les collectivités locales ne pourront pas éternellement suivre les évolutions budgétaires. Si le monde économique du territoire n’adhère pas au projet de faire de la SIG un grand club européen, on ne pourra pas le faire ».

Le président strasbourgeois est très attentif à ce qui se passe en Allemagne en particulier depuis quelque temps où plusieurs équipes émanent grâce au soutien des acteurs économiques. « Nous devons également développer nos produits pour que les entreprises y trouvent la contrepartie qu’ils souhaitent. Le développement de repas d’entreprises à l’occasion des matches, les séminaires d’entreprise où Vincent Collet et moi-même nous intervenons, offrant une vraie prestation commerciale, souvent très appréciée, font partie de cette panoplie ». Une prestation pas exclusivement réservée aux grandes entreprises mais qui permet aussi aux PME alsaciennes de découvrir, de l’intérieur, un monde souvent inconnu et mystérieux. « Je rappelle tout de même, sans être immodeste, que nous sommes le n°1 du sport professionnel en Alsace. Et pour les entreprises, cela peut être un atout non négligeable ».

Pour conclure, le regard porté vers les années à venir, Martial Bellon ajoute : « On a beaucoup travaillé, mais il reste beaucoup à  faire et nous devons rester dans une dynamique de progression. Un jour, nous passerons la main, et il faudra que le club soit suffisamment fort et structuré pour que nos successeurs puissent embrayer de suite… »

Jean-Claude Frey

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