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Actualités Vincent Collet : « Aller le plus haut possible »

Vincent Collet : « Aller le plus haut possible »

Redescendu de son ‘’nuage européen’’, fort d’une place de finaliste dès la saison dernière, même si rien ne viendra effacer les regrets nés de la défaite en quatre manches contre Nanterre, Vincent Collet aborde la saison de toutes les espérances (ou de tous les dangers ?) dans une interview sur la ProA et l’Euroligue. Attachez vos ceintures…

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Vincent Collet, toujours en osmose avec son groupe.

-          De retour de Slovénie, comment jugez-vous la préparation de votre équipe ?

-          Pour l’instant, difficile de la juger. Je considère que je ne l’ai pas vue. Alexis Ajinça vient tout juste de reprendre, Ricardo Greer est arrivé il y a peu de temps alors que Louis Campbell est absent depuis une semaine et qu’Antoine Diot est blessé ! On aura une équipe à trois jours seulement du premier match contre Nanterre.

-          Est-ce inquiétant ?

-          Un peu, d’autant que le calendrier est terrible pour nous (NDLR : la SIG rencontrera successivement Nanterre, l’ASVEL, Chalon, Antibes, Cholet, Gravelines, Paris et Le Mans, tout en entamant sa campagne européenne contre Bamberg, Istanbul et Kaunas !). On est loin du compte, la situation est difficile. Mais cela ne veut pas dire grand-chose. La seule arrivée d’Alexis [Ajinça] et de Ricardo [Greer] a changé la donne. Pierre Tavano n’avait à sa disposition qu’une demi-équipe.

Il faudra gagner les matches sur d’autres valeurs que les valeurs basket

-          Est-ce la raison pour laquelle vous avez demandé aux supporters d’être patients en début de saison lors de la soirée de présentation du club ?

-          Il va falloir… Je ne veux pas mentir. Cela ne veut pas dire qu’on jouera perdant. On va même essayer de trouver un moyen de les gagner ! Mais en sachant que sur le plan du jeu on est retard. Difficile de trouver des complicités entre les joueurs…

-          Que redoutez-vous particulièrement ?

-          De débuter par des défaites et de perdre confiance. On a déjà connu ça. Attaquer l’Euroleague avec des défaites en championnat, c’est un vrai danger. Même si tu sais que tu vas progresser, la confiance peut s’effriter rapidement, le moral des troupes peut être atteint et il faudra l’éviter.

-          Où placez-vous vos objectifs pour la saison à venir ?

-          Le plus haut possible…

-          Le championnat sera-t-il aussi indécis ? Ou alors le recrutement des uns et des autres, et notamment celui de la SIG, dessine-t-il une hiérarchie un peu moins floue que l’an passé ?

-          Il va y avoir à nouveau une grande homogénéité, mais plusieurs équipes ont fait de gros efforts. Le Mans sera plus fort, Gravelines sera encore au top, Paris avec plus de défense, Limoges, Nancy…

-          Où situez-vous la SIG dans ce contexte nouveau ?

-          On a franchi un palier. On a une bonne équipe. Sur le plan des joueurs français, avec l’arrivée d’Antoine Diot, de Jérémy Leloup et de Paul Lacombe, le maintien d’Alexis Ajinça, Romain Duport et Axel Toupane, on a une ossature qu’on n’avait pas auparavant. Il va falloir simplement combler rapidement ce retard de préparation.

-          Vous serez sans doute plus attendu aussi sur tous les parquets de l’Hexagone, en présentant l’équipe qui aligne le plus de… champions d’Europe dans son effectif, non ?

-          Je suis très méfiant par rapport à cela. Il va falloir qu’on le démontre ! On n’est pas si armé que ça. On a peu d’étrangers par rapport à d’autres équipes, et parmi eux, un gamin [Kevin Murphy], qui vivra sa première expérience en Europe et qui devra s’adapter, deux valeurs sûres [Ricardo Greer et Louis Campbell] et un joueur en attente de confirmation [Tim Abromaitis] qui jouait peu à Villeurbanne. On n’est pas une armada, c’est une certitude et il faudra être humble… J’attends de voir.

-          Vous ne manquez toutefois pas d’ambition, j’imagine ?

-          Ce que j’ai dit marche dans les deux sens. Nous voulons être le plus haut possible et je suis persuadé que si ça se passe bien, si la mayonnaise prend bien, on peut espérer beaucoup de choses de cette équipe.

-          L’enchaînement des matches et le fait de jouer sur deux tableaux, en ProA et en Euroleague, modifie-t-il la donne ?

-          C’est évident. On sait que c’est dur chaque année pour toutes les équipes qui jouent l’Euroleague. C’est très dur en Euroleague et c’est très dur en championnat. Il y a une réalité contre laquelle toutes les équipes françaises buttent, en particulier, cet enchaînement de déplacement et de matches qui tire sur la couenne des joueurs. La préparation n’est plus la même, faute de temps, et les adversaires ont une semaine pour t’attendre et te cueillir le samedi soir… Cela demande une approche très particulière.

-          Le recrutement n’a-t-il pas été mené dans ce sens, précisément ?

-          Bien sûr. Il a été guidé par ce contexte. Les joueurs que nous sommes allés chercher ne lâcheront rien. Ils ont la mentalité pour tout donner et cela s’est vu dans les matches de préparation, Pierre Tavano peut en témoigner. On ne sera peut-être pas toujours là, mais au moins, on essaiera. C’est très important pour pouvoir tenir ton rang en championnat de France, indépendamment des résultats d’Euroleague. Si tu passes bien ce premier cap, jusqu’en fin d’année, l’Euroleague fera progresser l’équipe, j’en suis convaincu.

-           Vous parlez par expérience ?

-          Les équipes que j’ai eues ont toujours fait une deuxième partie de saison et une fin de championnat meilleure qu’au début lorsqu’elles ont joué l’Euroleague. Les matches difficiles te font élever ton niveau individuellement et collectivement. Le fait de te confronter aux meilleurs te fait avancer. Mais parfois tu laisses des plumes et il faut gérer le physique et le découragement si tu perds quelques matches en route.

-          D’autant que vous allez jouer 24 matches d’ici la fin de l’année dont huit dans le seul mois d’octobre…

-          On a connu cela. C’est une broyeuse… Surtout pour des clubs qui ne seraient pas prêts et c’est venu très vite pour nous. Cela m’inquiète un peu. L’an dernier nous avons un peu profité des défaillances d’équipes qui étaient plus attendues que nous. On avait tout de même perdu 12 matches sur 30 et c’est un concours de circonstances qui nous a porté à la deuxième place de la saison régulière. Aujourd’hui, on doit tout de même pouvoir s’appuyer sur le fait d’avoir pu garder notre trio majeur.

-          A propos de ce trio majeur, quelles sont vos attentes ?

-          On doit d’abord se poser quelques questions : est-ce que Campbell sera au même niveau ? Est-ce que Ricardo va maintenir son intensité physique toute la saison avec l’enchaînement des rencontres ? Je suis convaincu cependant qu’Alexis va continuer à monter. Avec Antoine Diot on a un vrai gros renfort et les jeunes vont continuer à progresser. De toute façon, on a une belle équipe. On va travailler et nous serons au rendez-vous !

Propos recueillis par Jean-Claude Frey