Basket
ban_boutique-en-lign_commandez-ici.jpg
ban_boutique-en-lign_commandez-ici.jpg
MATCHES EN MAI AU RHENUS
Nanterre, Orléans, Monaco ... en route vers les playoffs !
SIG - Kaunas - 051213 - 17
Actualités Antoine Diot, le retour du patron

Antoine Diot, le retour du patron

Enfant prodige du sport français, Antoine Diot a posé ses baskets à la SIG à la fin de l’été. Champion d’Europe à Ljubljana, il est arrivé en Alsace blessé et a dû faire preuve de patience avant de retrouver son vrai niveau. Mais depuis trois matches, il est le vrai patron d’une équipe qui a, du coup, changé de visage.  Garçon attachant, il nous parle de lui, de sa carrière, de ses ambitions pour son nouveau club…

SIG - Bamberg - 221113 - 19

Antoine Diot, ici face à Bamberg, a définitivement trouvé ses marques à la SIG.

Il est tombé dans le panier quand il était tout petit. Né à Bourg-en-Bresse où ses parents et son frère étaient… basketteurs, Antoine Diot avait une voie toute tracée. « Mes parents étaient tous deux professeurs de sport et je baignais là-dedans. Mon père a coaché l’équipe première de la JL Bourg, ma mère y jouait également, tout comme mon frère. C’est ainsi que j’ai fait mes débuts dès cinq ans et j’y suis resté jusqu’à l’âge de 15 ans ».

Un talent inné, une révélation précoce

Précoce, Antoine Diot le restera, car il apprend vite et mieux que tous les autres. Son talent naturel, ses qualités physiques, sa lecture du jeu, le propulse vers l’INSEP et, parallèlement, vers les équipes de France de jeunes. Il a aujourd’hui le plus beau palmarès de tous pour avoir multiplié les titres et les médailles internationales en cadets, en juniors et en espoirs. « J’ai fait mes trois années de l’INSEP, encore dirigé à l’époque par Lucien Legrand, la première sous les ordres de Tahar Assed-Liégeon [NDLR : ancien CTR d’Alsace], puis Richard Billant et Philippe Ory ».

Antoine était alors, de l’avis de tous les connaisseurs et des techniciens, le grand espoir du basket français. « Il y avait beaucoup d’attente, c’est vrai. Ça met un peu de pression et quand on est jeune, on ne sait pas forcément la gérer. Mais il faut savoir vivre avec… »

De l’INSEP, Antoine Diot ira au Mans où il signera son premier contrat professionnel et où il passera cinq saisons. Un certain Vincent Collet n’est d’ailleurs pas étranger à son arrivée dans le club sarthois… Il a 18 ans et poursuit sa progression, en temps de jeu et bien sûr en statistiques (points et passes décisives) et dispute déjà 13 matches d’Euroligue. A 20 ans, c’est l’équipe de France qui lui tend les bras. Dès la première sélection, c’est une victoire contre l’Italie à Cagliari (80-77) sur la route du championnat d’Europe. Au relais d’Aymeric Jeanneau il marquera avec un sang-froid de vieux briscard des lancers-francs décisifs en… prolongation. Quatre ans plus tard, l’histoire sera bien plus belle encore !

De belles années puis la tuile

« Le Mans, ce sont de très bons souvenirs avec des victoires dans la Semaine des As puis la Coupe de France en 2009 », se souvient Antoine. La belle histoire se compliquera lors des play offs 2010 (huit minutes de jeu seulement…) avec une finale perdue contre Cholet et sera carrément interrompue un an après par une vilaine hernie discale. Après avoir longtemps hésiter à passer sur le billard, Antoine Diot doit se résoudre à l’évidence et passer par une saison blanche. « J’ai longtemps repoussé cette issue, pensant que les soins suffiraient. Mais j’avais trop mal. Et à l’automne 2011, nous avons pris la décision avec les médecins d’intervenir ». Une galère, c’est sûr, pour quelqu’un qui adore le jeu et la compétition. Mais Diot sait positiver. « J’ai beaucoup travaillé mentalement pendant cette période. Et cela me sert encore aujourd’hui » dit-il. A relativiser, par exemple, l’importance des choses. A renforcer un caractère déjà bien forgé.

« A la fin de cette saison, nous avons décidé d’un commun accord de nous séparer, avec Le Mans. Sans regrets. Je savais que le moment était venu d’aller grandir ailleurs ». Son choix se portera sur Paris où, en dépit d’un échec dans la course aux play-offs, il remportera la Coupe de France contre Nanterre. « Je garde d’excellents souvenirs de cette saison parisienne et je revois encore mes potes avec plaisir ». Pourtant, après un été doré, Antoine Diot va encore changer d’air. « Le projet de Strasbourg était séduisant. La SIG jouait l’Euroligue et le challenge était tentant. Avec la présence de Vincent Collet, dont j’apprécie la philosophie de jeu, je n’ai pas hésité longtemps »…

La ville aussi, la région, le séduisent. « Je découvre peu à peu mais je m’y plais beaucoup. Et d’ici quelque temps, je vais visiter plus en profondeur ». Lorsqu’il ne court pas après la balle orange, Antoine Diot que l’on voit très souvent plongé dans un livre, lors des longs déplacements, apprécie sortir au cinéma ou au restaurant, profiter de ses amis.

La consécration à Ljubljana

Difficile cependant de ne pas évoquer avec Antoine cet été exceptionnel, couronné par une médaille d’or au championnat d‘Europe. Dans le sillage de Tony Parker, et après deux premiers tours où il monte en régime, le néo-Strasbourgeois fera éclater son talent dans les matches à élimination directe avec un rendement exceptionnel, eu égard à son temps de jeu. Les Espagnols et les Lituaniens se souviennent encore de ses paniers longue distance pour faire revenir la France en demi-finale et tuer le suspense à la sirène de la mi-temps, lors de la finale. « C’était génial ! Des souvenirs énormes » lâche-t-il des étoiles dans les yeux.

Hélas, une vilaine entorse de la cheville l’obligera à quitter le parquet dans le troisième quart. Et c’est avec des béquilles qu’il ira à l’Elysée, un jour après l’or, « un moment exceptionnel dans un lieu qu’on n’imagine pas pouvoir fréquenter ».

Le retour aux affaires

Il devra attendre la mi-octobre, à Bamberg pour démarrer sa saison. Et attendre plus longtemps encore de retrouver toutes ses facultés physiques, puis pour s’affirmer dans une équipe à la peine pour enchaîner matches d’Euroleague et de ProA. Contrarié à nouveau par une élongation à Kaunas qui lui fera manquer le match à Gravelines puis surtout celui du Real. Premier coup d’éclat enfin, lors de son retour contre Paris-Levallois, avec 21 points, mais une défaite d’un point en prolongation. « J’ai du mal à trouver des satisfactions dans ma performance personnelle quand l’équipe perd. Si, tout de même, celle que ma cuisse a tenu. Je n’ai pas eu mal. Mais mon évaluation personnelle m’importe peu si l’équipe a perdu » avouait-il alors, très lucide. Et révélateur de son état d’esprit.

Les trois dernières rencontres marqueront cependant une évolution très positive. Contre Kaunas avec sept passes décisives où il ne lui manquera qu’un peu d’adresse, puis surtout face à Limoges (19 pts, 7 passes, 22 d’évaluation) et il y a deux jours au Real où il a battu ses records en carrière en Euroligue en points (17) et en évaluation (21). De très bon augure pour la suite d’une saison toujours pleine de promesses.

Avec beaucoup de sérénité, auprès de Marion, sa compagne, Antoine Diot continue de grandir. Pour le bonheur de la SIG.

Jean-Claude Frey

Antoine Diot en bref

Né le 17 janvier 1989 à Bourg-en-Bresse

1,93m, 85 kg

Palmarès en club

Vainqueur de la Semaine des As (2009) et de la Coupe de France (2009) avec Le Mans, vainqueur de la Coupe de France avec Paris-Levallois (2013).

Records en carrière : 33 pts (contre Strasbourg, 23/11/2012), 10 rebonds (à Hyères-Toulon, 4/12/2010) 10 passes (à Nancy, 18/03/2011), 6 interceptions (trois fois).

Sélectionné pour le All Star Game 2010, 2012, 2013 (vainqueur du concours du meilleur meneur en 2010)

Equipe de France

43 sélections, 163 points marqués ; médaille d’or au Championnat d‘Europe en 2013 (Ljubljana, Slovénie) ; champion d’Europe juniors en 2006 (Amaliada, Grèce) et cadets en 2004 (Amaliada, Grèce), médaille d’argent au championnat d‘Europe cadets en 2005 (Leon, Espagne), médaille de bronze au championnat du monde juniors (Novi Sad, Serbie). MVP du championnat d’Europe cadets en 2005.