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Actualités Radnicki Kragujevac, un modèle du basket serbe

Radnicki Kragujevac, un modèle du basket serbe

par Franklin TELLIER

Kragu…quoi ?

logocarteLe troisième adversaire de la SIG en Eurocup fait partie de ces clubs, comme celui qui l’a précédé au Rhenus, Khimik Yuhzne, qu’il est bien difficile de placer sur une carte. Avec environ 180 000 habitants, Kragujevac est la quatrième plus grande ville de Serbie. Située en plein cœur du pays, à 150 kilomètres au sud de Belgrade, cette cité était l’ancienne capitale du  pays avant d’être remplacée par Belgrade en 1841. Dans une ville où les industries dominent l’activité et l’économie locale, pas besoin de chercher plus loin l’explication du nom du club : « Radnicki » signifie « ouvriers » en serbe. En outre, dans une ville très sportive, de nombreux clubs de sport s’appellent « Radnicki » pour montrer l’importance et l’osmose des fans avec leur équipe tel que le club de football (FK Radnicki Kragujevac), de volley-ball (OK Radnicki Kragujevac), de handball (WHC Radnicki Kragujevac) ou de basket-ball avec le KK Radnicki Kragujevac.

Championnat, Super League, Adriatic League… Quésako ?

Nous pouvons ouvrir ici une petite parenthèse en nous arrêtant un instant sur un championnat serbe qui est organisé différemment par rapport à ce que nous connaissons. Avec dix-sept équipes, la saison de ce championnat est divisée en trois parties. La « first league » constitue la première partie. Dans une poule de quatorze équipes, chaque équipe se rencontre sur des matches aller/retour. Les cinq premiers au classement, à l’issue de ce premier tour, rejoignent les trois équipes du pays engagées en Ligue Adriatique, en seconde phase : la « Super League ». Chacune de ces équipes se rencontrent à deux reprises. Les quatre premiers de cette seconde phase s'affrontent alors lors des play-offs (demi-finales au meilleur des trois matches et finale au meilleur des cinq matches) afin de désigner le champion de Serbie. Mais qu’est-ce que la Ligue Adriatique (NLB League) ? C’est un championnat ‘’parallèle’’ aux championnats classiques regroupant les meilleures équipes des pays de l’ex-Yougoslavie (Croatie, Bosnie, Serbie, Monténégro et Slovénie). Depuis la saison 2009/2010, le club de Kragujevac fait partie des équipes serbes représentées dans cette ligue.

Histoire d’un club jeune et en constante évolution…

Fondé le 4 avril 1994, le club a d’abord existé dans la ville de Vrsac à 170 kilomètres au nord de Kragujevac et porté le nom de KK Kondivik. D’ascension en ascension, le club a mis sept ans pour rejoindre la première division du basket serbe (correspondant à notre Nationale 1, le troisième niveau national) menant aux débuts de la professionnalisation du club. Ainsi, l’année 2001 a vu le club prendre une autre dimension changeant à la fois de nom (le KK Kondivik devient le KK Lions), de moyens et de statut. Ces changements furent bénéfiques pour le club qui enchaîna les succès qui lui permirent d’atteindre l’élite du basket serbe en 2004. Cette arrivée dans l’élite provoqua également l’arrivée d’un nouveau sponsor, Swisslion Takovo, amenant à un second changement de nom pour le club  qui devient alors le KK Swisslion. La saison 2005/2006 coïncide également avec les premiers remaniements du basket serbe. Il faudra attendre la saison 2006/2007 pour que la Fédération serbe de basket organise son championnat tel qu’il est aujourd’hui (voir précédemment). Les performances grandissantes du club en championnat et en coupe de Serbie, notamment lors de la saison 2008/2009, lui permirent dès l’année suivante d’intégrer la prestigieuse Ligue Adriatique. Cette année-charnière dans l’histoire du club correspond également à un nouveau virage dans son existence. En effet, malgré la promotion du club en NLB, le sponsor principal décide de se retirer. Afin de sauver le club de la faillite, la ville de Kragujevac décide de reprendre le club à l’aube de la saison 2009/2010 donnant naissance au futur adversaire de la SIG, le KK Radnicki Kragujevac !

Au fil des années, l’architecture de cette équipe a toujours suivi la même logique : l’identité serbe ! L’un des joueurs serbes passé par cette équipe est, par exemple, l’actuel capitaine du Partizan de Belgrade, Dragan Milosavljevic. Malgré tout, ces dernières années ont vu l’arrivée de joueurs ‘’étrangers’’ recrutés pour être dominants. Le plus connu du public strasbourgeois est l’ancien SIGman, David Simon, qui fut MVP de la Ligue Adriatiaque 2011/2012. L’année dernière c’est l’ancien rookie de l’année 2009 de la conférence sud de NCAA et ancien NBAer, le bondissant Terrico White qui sont passés par Radnicki. Au côté de White  évoluait également le MVP 2012/2013 de la Ligue Adriatique, l’ancien joueur du BCM Gravelines, le Slovène Aleksandar Capin. Ainsi, l’impact de ce club est devenu de plus en plus important dans la Ligue Adriatique ces quatre dernières saisons. Parallèlement, le club se qualifie chaque année pour les phases finales des play-offs du championnat serbe et de la coupe de Serbie… à l’exception de la saison passée. En effet, le club n’est pas parvenu pas à se qualifier pour les demi-finales des play-offs alors qu’il avait terminé cinquième de la « Super League ». Mais sa bonne saison en Ligue Adriatique, obtenue grâce à une grande solidité lors des matches à domicile (11 victoires pour deux défaites), lui ouvrit pour la première fois les portes du Final four de la NBL. Défait en demi-finale par l’Etoile Rouge de Belgrade, Radnicki a décroché malgré tout et pour la première fois de son histoire une qualification européenne, celle pour l’Eurocup 2013/2014.

Le Radnicki de cette année

Un coach, un état d’esprit

coach Radnicki

Miroslav Nikolic, le coach de Kragujevac.

Une fois n’est pas coutume, commençons cette présentation par le coach. En effet, l’équipe actuelle est emmenée, pour la cinquième saison consécutive, par Miroslav Nikolic. Il fut, de 1996 à 1998, l’adjoint en sélection nationale de la légende serbe Zeljko Obradovic au palmarès impressionnant : vice-champion olympique 1996, champion d’Europe 1997, champion du monde 1998, 8 titres en Euroleague, nommé à deux reprises coach de l’année en Euroleague, 11 fois champion de Grèce, etc… Nikolic a, à coup sûr, acquis une expérience du haut niveau sans égal au côté de celui qui appartient au cercle très fermé des dix meilleurs coaches de l’histoire de l’Euroleague ! Il paraît évident que les résultats du club, ces dernières années, ne lui sont pas étrangers.

Une équipe à son image…

Cette année encore, il a construit une équipe estampillée ‘’identité nationale’’ avec douze joueurs serbes aux côtés desquels se trouvent un ailier rookie américain, Dennis Seeley et le pivot béninois Moustafou Yarou.

L’apport de ces deux étrangers est à distinguer : d’un côté, le jeune US est sur courant alternatif depuis le début de la saison et tarde à confirmer les espoirs placés en lui. Testé cet été par les Warriors de Golden State en tant que combo guard, il semble avoir du mal à s’adapter à l’Europe. Avec une évaluation moyenne de 5, pour 7 points en Eurocup, il voit son temps de jeu fondre comme neige au soleil au fur et à mesure que la compétition avance et ne fut même pas aligné face à Berlin, la semaine dernière. De l’autre côté, le cas Yarou est très différent : souvent catalogué comme un « top prospect » NBA en université, il n’a pas, malgré tout, trouvé preneur lors de la draft 2013. Arrivé à Radnicki afin de verrouiller la peinture, le jeune pivot a très vite confirmé les espoirs placés en lui. Joueur au physique imposant et très fort rebondeur, il réalisa un début d’Eurocup flamboyant avec une moyenne de 17 points, 13 rebonds et 4 fautes provoquées lors des 7 premiers matches. Il fut élu MVP de la seconde journée du premier tour pour son match de mammouth face à Loimaa, rendant une copie hors norme avec 17 points, 17 rebonds, 4 passes décisives, 6 fautes provoquées pour un ronflant 41 d’évaluation (!!). Bien qu’impressionnant, ceci ne constitue pas son record puisqu’il fit encore mieux lors du match retour avec… 43 d’évaluation ! Cependant, son indiscipline, son manque de professionnalisme à l’entraînement et son manque de respect répété envers ces coéquipiers l’ont amené à être suspendu par son club depuis fin novembre. Toujours sous contrat avec Radnicki, il ne tiendra normalement pas sa place pour la double confrontation face à la SIG.

Une équipe estampillée ‘’made in Serbia’’ arrive au Rhenus Sport

Le maître à jouer de cette équipe est Marko Marinovic (notre photo de Une). Meneur de jeu d’expérience (30 ans), c’est aussi un rescapé pour le basket. En effet, après un grave accident de voiture en 2004, les médecins le pensaient perdu pour le sport professionnel. Victime de multiples fractures de la hanche, il resta immobilisé, allongé, durant deux mois à l’hôpital.  Mais il s’est battu, et après six mois de rééducation, il réussit l’exploit (c’est le moins qu’on puisse dire…) de retrouver le chemin des parquets. Depuis cette période, ‘’Malina’’ (son surnom en serbe signifiant… framboise) se jette corps et âme dans chaque match. Cette année, l’ancien meneur de Berlin est tout simplement le meilleur passeur de cette Eurocup avec 8,3 passes décisives de moyenne en 12 matches. Malheureusement pour lui, il est aussi le joueur qui perd le plus le ballon (3,8 par match). Joueur qui apprécie le tir à 3 points, malgré un pourcentage moyen de 27%, il est capable de coups d’éclats. Auteur de prestations de haute volée, il fut l’auteur de trois doubles-doubles au premier tour face à Loimaa (20 pts/10 passes), Saint-Petersbourg (14 pts/11passes) et Klaipeda (11 pts/15 passes). Nul doute qu’avec 14 points et 8 passes de moyenne dans ce last 32, il n’a pas prévu de lever le pied.  La capacité des SIGmen à maîtriser ‘’Malina’’ sera certainement une des clés de ce face-à-face.

A ses côtés, Sava Lesic apporte également sa pierre à l’édifice, match après match. Ce grand poste 4 de métier (2m06), passé par le Partizan de Belgrade, n’a pas peur de se frotter aux intérieurs adverses. Élément important de cette équipe de Radnicki il est utile des deux côtés du terrain. En provenance cet été de… Yuhzne, il apporte en moyenne 12,6 points et 5,5 rebonds en Eurocup et 17,7 points et 7,3 rebonds en 16 matches de la très relevée Ligue Adriatique. Malgré tout, Sava a un péché mignon qui lui joue souvent des tours : avec 3,1 fautes commises en Eurocup et 3,4 en NBL, coach Nikolic est (trop) souvent obligé de limiter son temps de jeu.

BircevicStefan Bircevic mérite également toute l’attention des SIGmen. Appelé en sélection cet été pour pallier l’absence de Dusko Savanovic, l’ailier-fort serbe qui s’était fracturé la jambe lors de la préparation et donc contraint de laisser sa place. De retour à la fin de l’automne, il avait, lui aussi, envie de montrer qu’il n’a rien perdu. Après six matches d’Eurocup et sept en NBL, il monte doucement en régime. Auteur de 21 points contre Besiktas au premier tour, il n’a pas tardé à gagner sa place dans le 5 majeur. Avec 11,5 points et 7,5 rebonds de moyenne dans ce Last 32, il y a fort à parier qu’il sera un poison pour les intérieurs strasbourgeois. Capable de tirer à 3 points et très dur au rebond, le géant serbe (2m10) est également à surveiller comme le lait sur le feu !

Comme toute équipe serbe qui se mérite, chaque joueur peut shooter de n’importe où ou presque… Il faudra garder un œil sur des joueurs tels que Dusan Mladan qui, en sortie de banc, shoote en moyenne 6 fois par match à trois points (à 47% de réussite) ou encore l’international Nikola Kalinic (10 pts de moyenne) que, coach Collet et l’équipe de France ont croisé cet été durant l’Euro (défaite de la France lors du dernier match du second tour avec deux points et 8 rebonds pour Kalinic). Enfin, afin de remonter la pente en championnat et pour essayer de faire bonne figure dans ce Last 32, Radnicki a connu ces derniers temps du mouvement. Avec le retour au club à Noël, du rude Marko Brkic (2,06m) et l’arrivée de Radenko Pilcevic pour aider Marinovic à la mène, le club possède des armes supplémentaires dans un effectif qui compte en bout de banc de jeunes joueurs de devoir, habitués à de faibles temps de jeu et au « garbage time » mais qui se donnent à 110% !

Sérieux et méfiance pour ce match-charnière

Plus en difficulté cette année dans une Ligue Adriatique dominée par les deux clubs de Belgrade, les « ouvriers » de Kragujevac ne manquent pas de travail pour sortir du ventre mou au classement. Troisième de la poule H au premier tour de l’Eurocup, Radnicki s’est qualifié pour ce Last 32 derrière les deux cadors de son groupe, le Besiktas Istanbul et Panionios Athènes. Avec cinq victoires et cinq défaites, les Serbes ont assuré leur qualification en se montrant solides à domicile (quatre victoires, une seule défaite). Sixième équipe de l’Eurocup, se partageant le plus la balle avec 20 passes décisives par match, les hommes du coach Nikolic sont de parfaits exemples de la belle école du basket serbe.

De grands intérieurs durs sur l’homme, tous capables de scorer, un jeu de passes bien léché, des arrières de grande taille pouvant défendre sur deux (voir même trois) postes extérieurs, il est certain qu’il ne faut pas s’arrêter au classement actuel de Radnicki. Ces deux premières défaites, par un faible écart dans le Last 32, laissent entrevoir tout le potentiel de cette équipe contre laquelle la SIG doit s’attendre à un rude combat…