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Actualités Reyshawn Terry (Le Mans) raconte le Khimik Yuzhne

Reyshawn Terry (Le Mans) raconte le Khimik Yuzhne

L’adversaire dans l’œil de…

par Franklin Tellier

Episode 3 : Yuzhne vu par Terry

Flag Khimik SIG V2

 

 

 

 

A 48 heures d’un match décisif pour la SIG en Ukraine, Reyshawn Terry, qui joue depuis cette année au Mans, rencontré lors de la Leaders Cup, ancien joueur de Yuzhne, a accepté de répondre à quelques questions à propos de lui et de son ancien club.

Reyshawn est issu d’une véritable institution aux Etats-Unis, l’université de North Carolina. En effet, beaucoup de grands joueurs sont passés sous le maillot des « Tar Heels » de Carolina comme, par exemple, les NBAers Vince Carter, Jerry Stackhouse, Rasheed Wallace, Ty Lawson ou Harrison Barnes ; voire même de véritables légendes comme James Worthy ou sa majesté Michael Jordan (rien que ça!!). Bien que drafté au second tour par le Magic d’Orlando en 2007, c’est en Europe que Reyshawn a construit sa carrière, année après année. Il découvre, cette année, un septième championnat après la Grèce, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, l’Ukraine et le Liban. Vainqueur du championnat NCAA en 2005 sous les couleurs de son université, au côté du Parisien Sean May et de l’ancien Parisien Jawad Williams, Reyshawn Terry a toujours le cœur qui vibre à la vision du logo bleu et blanc. Sa réaction, pleine d’émotion, à la vue d’une veste de survêtement aux couleurs de cette institution qui a fait de lui un basketteur complet, a largement contribué à la bonne humeur de cette rencontre et à sa franchise au moment d’évoquer son passé en Ukraine.

F.T : Reyshawn, depuis ton titre de champion NCAA en 2005, tu as beaucoup voyagé, joué le top16 de l’Euroleague, connu différents championnats, etc... Peux-tu te présenter rapidement aux fans strasbourgeois s’il te plaît ?

R.T : Dès ma première expérience en Europe, j’ai disputé le top16 de l’Euroleague avec l’Aris Salonique. Plus tard, j’ai remporté l’Eurochallenge avec le Virtus Bologne. En Allemagne, j’ai remporté le championnat et la coupe avec Bamberg. J’ai déjà fait pas mal de championnats. Cela risque de t’étonner mais j’ai connu une de mes meilleures saisons, l’année dernière au Liban, j’y ai vécu de grands moments. J’ai adoré ! Quel joueur suis-je ? Je dirais que j’ai un registre universel. J’aime jouer des deux côtés du terrain, être au service de l’équipe.

Terry leloup

Reyshawn Terry (ici face ) Jérémy Leloup lors de la 1/2 finale de la Leaders Cup) est convaincu que la SIG va gagner à Yuzhne.

F.T : Tu as joué une saison à Yuzhne. Tu as joué dans une des plus grandes universités américaine, North Carolina, avec plusieurs centaines de milliers de fans, tu as dû avoir un choc en arrivant dans cette petite ville presque inconnue ?

R.T : C’est clair que la différence a été colossale! J’avais l’habitude de jouer devant 22 000 fans à l’UNC, des ultras à l’Aris et de grands connaisseurs à Bologne, et là, je me suis retrouvé du jour au lendemain face à 400 supporters, dans une sorte de petit gymnase (rires). C’était sympa mais franchement à des années-lumières de ce que j’avais connu en NCAA.

F.T : Quel est le niveau de vie là-bas?

R.T : Il y avait un hypermarché pour faire ses courses, quelques restaurants et…. rien d’autre ! C’est une petite ville de 20 000 habitants. J’habitais à cinq minutes de la salle. Ma femme était là, heureusement, sinon ça aurait été l’horreur. Pour ces raisons, la vie était très dure là-bas.

F.T : Que peux-tu nous dire du championnat ukrainien? Quelles sont les principales différences avec le championnat français ?

R.T : On a terminé quatrième cette année-là. On avait une belle équipe autour de Darrell Mitchell, Chris Monroe et Aaron McGhee. Le truc qui m’a le plus marqué ce sont les déplacements. On voyageait en bus et j’avais l’impression qu’à chaque fois ça durait deux jours. De sacrés moments (rires). Le truc évident c’est que si les arbitres ne t’aiment pas, c’est mort avant d’avoir commencé. Parfois, c’était complètement fou. Dans ce championnat, les Américains ont toutes les libertés car ils bénéficient de toutes les responsabilités. Au jeu des comparaisons, c’est évident que le basket est beaucoup plus professionnel et organisé ici. En Ukraine, il y a de l’argent pour les Américains mais c’est à peu près tout. Donc le niveau des équipes dépend d’une seule chose : de leur capacité à se payer de bons Américains.

F.T : Année après année, le club de Yuzhne fait sa place sur la scène européenne. Avec trois ou quatre forts Américains qui font le jeu, la philosophie du club semble être restée la même, non ? Quelles étaient les ambitions du club lorsque tu y jouais ?

R.T : Le club a de grosses ambitions. Le budget était important et en constante augmentation chaque année lorsque j’y étais. Les Américains sont très bien payés pour essayer d’avoir une équipe compétitive. Je pense que ça n’a pas dû changer depuis. Les locaux sont peu payés, 25 000 dollars par an pendant que les Américains touchent entre 200 et 300 000 dollars. Et il faut se dire que ça, ce n’est rien du tout à côté d’autres clubs ukrainiens comme Donetsk, Azovmash ou Budivelnyk. Il est donc clair que le jeu repose entièrement sur les Américains. Les Ukrainiens sur le banc sont là pour les seconder avant tout.

 F.T : L’équipe 2013/2014 de Yuzhne possède quelques forts joueurs avec Paul Delaney, Jamal Shuler et Romeo Travis. Il me semble que tu en connais au moins un, non ?

R.T : Oui tout à fait. Je connais un peu Romeo. Nous étions adversaires au lycée et nous avons donc beaucoup joué l’un contre l’autre. En plus, nous avions été tous les deux sélectionnés pour le Pittsbugh Classic, une sorte d’All Star Game pour les jeunes. Un fort joueur, un bon défenseur. Il était au lycée avec LeBron James, cela a dû déteindre un peu sur son jeu car il aime shooter (rires). Normalement, il ne faut pas cibler sa tactique sur des joueurs en particulier, mais, quoi qu’il en soit, ça me paraît évident que si vous parvenez à limiter leurs US, alors vous vous offrirez un match plus facile.

F.T : Ce match est décisif, pour les deux équipes en vue de la qualification. Comment sont les fans et l’ambiance dans la salle ?

R.T : Ce ne sera jamais un facteur décisif chez eux. En plus, je crois que leurs supporters ne suivent pas assez les autres championnats pour prendre conscience du niveau des adversaires. Ils ne se passionnent pas pour grand-chose, excepté lors des gros matches contre les top-teams de la Ligue. En résumé, Strasbourg ne doit pas s’inquiéter. Les fans ne vont pas influencer le cours du match. 

Pour se donner un espoir de qualification, en attendant le résultat de la rencontre Berlin-Kragujevac, la SIG devra réussir à contenir le quatuor américain de Yuzhne. Pour ne pas que la mauvaise aventure du match aller au Rhenus ne se répète, la défense de Paul Lacombe et de ses coéquipiers se devra d’être intransigeante durant 40 minutes. Pour que l’histoire grandissante du club du Khimik  s’arrête aux portes du Last 16, il faudra afficher le même visage que face à l’Alba Berlin la semaine dernière. Plus que jamais, le leitmotiv de ce dernier match de poule devra être le cri de guerre des Strasbourgeois : « 1, 2, 3… ensemble » !