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Actualités SIG - Nancy vu par Maxime Zianveni

SIG - Nancy vu par Maxime Zianveni

Il est peut-être le joueur symbolisant le mieux le derby de lundi prochain face à Nancy. Maxime Zianveni a joué pour les deux clubs. Après avoir porté pendant dix ans les couleurs du SLUC, il avait décidé en 2007 de tenter l’aventure dans d’autres clubs (Hyères-Toulon, Chalon, Le Havre). Arrivé fin 2011 à Strasbourg comme pigiste médical, Max a apporté sa combativité à la SIG durant deux saisons. Avec plus de 30 derbys disputés dans sa carrière, toutes compétitions confondues (ProA, play-offs, une finale de championnat, Coupe de France, Semaine des As, Leaders Cup et même coupe ULEB), sans compter le grand nombre de matches amicaux, il est sans conteste celui qui est le plus à même de parler de ce match. Entre deux entraînements, il a accepté de répondre à quelques questions sur son passé, sur le présent avec ce match à venir, et sur le futur. 

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Maxime Zianveni sous le maillot de la SIG, la saison dernière.

F. T. : Avant tout, les fans de la SIG se demandent comment tu vas ?

M. Z. : J’ai commencé ma saison en ProB avec le CCRB (NDLR: Châlons/Reims Basket) après cinq journées de championnat et j’ai joué neuf matches avec eux. Je suis arrivé à Nancy fin novembre. Physiquement ça va bien, je me suis bien intégré et je reste dans mon rôle, ni plus ni moins. Nous sommes deuxièmes du championnat ce qui est fabuleux quand on sait que l’équipe a été refaite à 90% ou presque. D’un point vu personnel, ça me fait plaisir de voir que voir qu’avec une équipe complètement reconstruite, on peut faire quelque chose de grand !

F.T : On connait tous ton parcours avec la SIG l’année dernière. Avec le recul, est-ce que selon toi, c’était une saison réussie malgré tout ? Quel souvenir en gardes-tu ?

M.Z : Les deux finales, elles font quand même mal… et plus encore la finale du championnat car nous avions les clefs en mains pour réussir. Nous ne visions pas forcément le titre en début de saison. L’objectif était d’être dans le top 6 mais au final on finit deuxième partout. Il y a des saisons où c’est comme ça… Mais il n’y a pas vraiment de quoi se plaindre, même si ça laisse des regrets, c’est sûr…

F.T : Le match à venir est doublement particulier pour toi : face à ton ancienne équipe et de plus c’est un derby : qu’est ce que cela représente pour toi ?

M.Z : Ça représente beaucoup ! Ce sera forcément particulier pour moi en ayant joué dans les deux camps, mais j’ai à cœur de venir gagner au Rhenus. Nous avons toutes nos chances mais ce match s’annonce très disputé. Un des gros derbys comme il n’y en pas eu depuis plus de 10 ans, peut-être ! Les deux équipes sont deuxièmes du championnat. Le genre de match toujours super à jouer lorsque tu es un compétiteur.

F.T : Avec plus de 30 derbys à ton actif, tu es sûrement celui qui a disputé le plus souvent cette rencontre si spéciale. Est-ce qu’il y en a un qui t’a davantage marqué que les autres ?

M.Z : Ah oui quand même, ça en fait un paquet… Forcément c’est la finale de 2005 qui m’a le plus marqué ! C’est le match qui me reste le plus en travers de la gorge ! Les mecs en face étaient certainement plus forts, plus ambitieux.

F.T : Est-ce que, selon toi, l’importance de ce match est la même pour les fans nancéens et strasbourgeois ?

M.Z : Je connais la rivalité entre les deux villes, elle n’est pas « méchante ». En tant qu’ancien Strasbourgeois, je sais ce que ça vaut de gagner ce derby. Malgré tout, les deux publics sont différents. Je connais les fans des deux équipes, j’en ai rencontré personnellement, les deux kops sont importants. Le kop des supporters de Strasbourg est dans la lignée de celui de Nancy, c’est évident. Mais au Rhenus, les « supporters » sont moins nombreux car on a l’impression que le reste du public est parfois plus un public de spectateurs que de supporters. Ça compte aussi dans un derby.

F.T : Quel rôle Alain Weisz te demande-t-il de tenir dans l’équipe ?

M.Z : Les gens savent comment je joue. Mon rôle est avant tout défensif ; c’est, aller mettre des bras, chercher des rebonds, se battre, se sacrifier et mette mettre des points quand je peux ! A côté d’un joueur aussi important et dominant que Randal (ndlr: Falker), ce serait peut-être difficile de demander 10 minutes à un jeune joueur US en back up. Moi, ce rôle me convient parfaitement et du haut de mes 34 ans, j’assume largement ce statut.

F.T : Parlons du match à venir: dans quel état d’esprit est l’équipe de Nancy avant ce match ? Un sentiment de revanche par rapport à la Leaders Cup ?

M.Z : J’espère que mes coéquipiers vont être revanchards. Personnellement, je le suis ! Même si nous avons un peu déjoué, nous avons fait un bon match à la Leaders Cup. Mais Strasbourg a été plus dans la dureté ce jour-là, que je ne le pensais. Nous n’avions pas su répondre à ça en seconde mi-temps alors que lors des 20 premières minutes, nous répondions largement présent. D’un match à un autre, l’histoire est généralement totalement différente. Sur une série, il n’y a pas de menteur mais sur un match sec tout est possible…

F.T: Quel est, selon toi, le danger numéro 1 contre la SIG ?

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Pour Maxime Zianveni, le principal danger de la SIG, c'est le collectif mis en place par Vincent Collet.

M.Z : A Strasbourg, avec Vincent, c’est le collectif avant tout ! Il ne faut pas se mentir, il connaît le basket par cœur. Il sait très bien comment faire évoluer ses joueurs. Donc, dans un premier temps, cette équipe, c’est un collectif, mais comme dans tout collectif il faut quand même un patron ou un électron libre. Si tu prends l’exemple du match de la Leaders Cup, il y a eu Lou’ qui nous avait fait énormément de mal… Thornton également ! Nous savons qu’il peut prendre feu. C’est un mec adroit, qui connaît extrêmement bien le basket. Il peut prendre ses responsabilités quand il faut et nous savons qu’il faudra aussi s’en méfier.

F.T : Nancy a très certainement un des secteurs intérieurs les plus forts et les plus expérimentés de ProA, avec Falker, Pietrus et toi. En face, la SIG propose un secteur intérieur de très grande taille avec Romain Duport et David Andersen. En tant que poste 5, comment appréhendes-tu ces face-à-face ?

M.Z : Je ne me pose pas de question. Quand je rentre sur le terrain, c’est pour aller au charbon ! Je n’ai pas d’appréhension par rapport à eux et c’est plutôt pour eux que je m’inquiète (rires) ! Tout le monde sait que se sont de forts joueurs mais qu’ils n’aiment pas forcement jouer très physique ou dos au panier. Mais dans le jeu ce n’est pas obligatoirement ce qu’on leur demande. Vincent a su adapter son équipe aux spécificités de ce style de joueurs qui apprécient plus jouer face au panier.

F.T : Après avoir fait face à la doublette Alexis/Romain au poste 5 lors du match aller, ce sera un travail bien différent pour toi, défensivement ?

M.Z : Rien à voir, c’est clair ! Avec Alexis il fallait aller beaucoup plus « au mastic ». Un mec qui fait 2m18, tu ne peux pas te permettre de ne pas aller le boxer au rebond. De toute façon, tu ne pouvais rien lui donner à Alexis si tu voulais espérer quelque chose. David est également un joueur de grande qualité mais dans un autre registre. Il est très, très efficace à mi-distance par exemple. Le jeu de la SIG a changé avec peut-être moins de jeu dos au panier, on s’en est rendu compte lors de la Leaders Cup. Romain et lui savent aussi très bien profiter d’un écran pour marquer un panier facile. De notre côté, nous nous préparons à cela. Nous savons ce que nous avons à faire !

F.T : Dans cette équipe de Nancy connue pour sa grosse défense, qu’est-ce que l’arrivée de Marcus Banks a apporté ?

M.Z : Il nous apporte de la stabilité. Les gens attendaient sans doute le Marcus Banks de NBA qui score 40 points par match, mais nous n’avons pas besoin de scoreurs. Tout le monde peut scorer dans cette équipe. Nous avons besoin qu’il contrôle le ballon, qu’il pose le jeu quand il le faut.  Clevin (NDLR : Hannah) est un très bon meneur mais il évolue dans un autre registre que Marcus, qui est plus un gestionnaire. De plus, défensivement nous avons parfois besoin d’un mec très costaud pour stopper le meneur en face. Si physiquement au début il avait du mal, maintenant il revient bien. Sur le déplacement, il est de mieux en mieux et je pense que cela va nous faire du bien en cette fin de saison.

F.T : On l’aura bien compris, on peut s’attendre à un très gros match, avec un enjeu énorme, entre deux concurrents directs dans la course aux play-offs. Selon toi, quelles seront les clés de ce match ?

M.Z : Il faudra répondre présent dès le début du match, être agressifs. Nous sommes peut-être une équipe qui joue moins sur les passes décisives que Strasbourg. Nous jouons plus à l’instinct mais ça marche plutôt pas mal depuis le début de la saison, non ? (sourire)

F.T : Comment vois-tu la fin de saison pour les deux équipes ?

M.Z : Je vois Nancy très haut cette saison car nous sommes sur une bonne dynamique. Le Top 4 me semble un objectif envisageable. Concernant la SIG, je pense qu’ils peuvent bien finir la saison. Après les différents départs, je me demandais s’ils parviendraient à s’adapter. L’équipe aurait pu ne pas se relever. Mais quand tu regardes les deux derniers matches, tu te rends compte que l’équipe a retrouvé un bon collectif et une identité. En plus, ils ont un calendrier plutôt favorable, donc ils peuvent faire quelque chose de bien. Le Top 4 semble largement jouable.

F.T : Et si on regarde plus loin pour toi ?

M.Z : Il me reste un an de contrat avec Nancy et de toute façon je ne me vois pas m’arrêter à la fin de l’année prochaine. Même si c’est pour retourner en ProB, j’ai encore envie de jouer. Après on ne va pas se mentir, l’entraînement c’est plus difficile d’y aller tous les jours et parfois c’est plus difficile de courir. Mais je prends toujours autant de plaisir pendant les matches. Même à 34 ans, quand on gagne, moi je suis encore comme un gamin !

F.T : Un message pour les fans strasbourgeois ?

M.Z : J’ai passé deux super saisons à Strasbourg. J’ai beaucoup apprécié leur accueil et leur gentillesse et il faudrait qu’il y ait plus de fans et de supporters comme les gens du Kop.

Propos recueillis par Franklin Tellier