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Actualités SIG - Gravelines vu par Yannick Bokolo, le « Strasbourgeois » du BCM

SIG - Gravelines vu par Yannick Bokolo, le « Strasbourgeois » du BCM

par Franklin Tellier

C’était le 30 avril 2013. La dernière journée de ProA opposait déjà la SIG au BCM Gravelines. Sauf que, c’est en leader incontestable que les Gravelinois s’étaient déplacés au Rhenus, chez leur dauphin strasbourgeois. Tout le monde connaît la suite de l’histoire, qui a vu le Petit poucet nanterrien, vaincre en play-offs l’ogre gravelinois, pendant que les Strasbourgeois, chemin faisant, poursuivaient leur périple jusqu’en finale… Un an s’est écoulé et les hasards du calendrier les font se retrouver, en clôture de la saison régulière.

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Yannick Bokolo retrouvera Collet, son coach en équipe de France, Diot et Leloup, ses anciens équipiers et... la ville de ses débuts.

Si la SIG tutoie toujours les sommets de la ProA, la saison de Gravelines s’est apparentée à tout, sauf à une promenade de santé. Les treize victoires glanées durant l’exercice 2013/2014 sont bien loin des vingt-et-une qui leur avaient permis de survoler la saison régulière l’année précédente. Actuels douzièmes d’un classement où ils n’ont plus rien à gagner ni à perdre, les joueurs du BCM se déplacent chez celui qui, un an après, a pris leur place de leader et qui compte bien tout faire pour espérer y rester. Contre une équipe face à laquelle, depuis la saison 2008/2009, ils restent sur cinq défaites à domicile, les joueurs de Vincent Collet se devront d’être à 100% pour battre les Maritimes, et, espérer glaner, à leur tour, la première place.

S’il est un joueur plus à même de parler de ce face à face, ce ne peut être que Yannick Bokolo. Il a effectué ses premiers pas de basketteur à Strasbourg, a joué sous les ordres de Vincent Collet et avec deux des SIGmen actuels, Jérémy Leloup et Antoine Diot ; et depuis six saisons, il est un joueur emblématique de Gravelines. Avant ce match, que les Strasbourgeois auraient tort de prendre à la légère, il se livre sur sa jeunesse,  ses anciens et actuels coéquipiers, sa saison calvaire qui s’achève et le match à venir.

Franklin Tellier : Yannick, tout le monde ne le sait pas mais tu as joué à Strasbourg étant jeune; pas à la SIG mais à l’Électricité de Strasbourg. Es-tu toujours en contact avec ceux avec qui tu as fait tes premiers pas de basketteur ?

Yannick Bokolo : J’ai encore occasionnellement des contacts avec un des joueurs avec lesquels j’ai joué, Rida Elbahri. Les autres comme Guillaume Peter, Guy Fagherazzi ou Hervé Huttel, je sais ce qu’ils ont fait par la suite mais je ne suis pas directement en contact avec eux… Hervé Huttel, je sais qu’il joue encore, mais c’est vrai que pour la majorité je ne sais plus trop où ils sont…

F.T : Un match riche en retrouvailles, puisque tu vas aussi retrouver Vincent Collet, qui fut ton coach au Mans et en équipe de France ainsi que Jérémy Leloup et Antoine Diot avec qui tu as joué au Mans. Comment juges-tu leur progression?

Y.B : Celui des deux qui m’a le plus étonné, même si je savais qu’il avait de grandes capacités, c’est Jérémy ! À l’époque, il y avait un paquet de bons jeunes et il était un peu « dans la masse », mais une fois qu’il est parti à Dijon, il a littéralement explosé, pour devenir le joueur qu’il est aujourd’hui. Antoine, on sait qu’il est très fort mentalement, mais le voir revenir encore plus fort, après sa blessure, est vraiment impressionnant! Personnellement, je ne sais pas si j’aurais pu me mettre à ce niveau-là, dans ma tête, à sa place. C’est clair qu’il a du mérite par rapport à tout ce qu’il a vécu … et tout ce qu’il est entrain de faire!

F.T : Ton avenir en équipe de France, d’ailleurs, parlons-en : tu n’avais pas été retenu pour le championnat d’Europe 2013 par Vincent, après avoir participé aux JO de Londres 2012 ? L’équipe de France fait elle toujours partie de tes objectifs ?

Y.B : L’équipe de France peut être un objectif, mais moi, personnellement, je ne l’ai jamais prise comme un objectif. Je l’ai toujours considérée comme une sorte de « résultat supplémentaire » après une saison. Quand la saison est bonne, on y pense, et à l’inverse aussi… Donc personnellement, je ne peux pas me le mettre vraiment en tant qu’objectif, mais une chose est sûre : pour moi, ce sera toujours un honneur d’être sélectionné! Après, comme je l’ai toujours dit : c’est le sélectionneur qui fait son équipe. Il a beaucoup de paramètres à prendre en compte, comme par exemple, le profil de l’équipe qu’il veut constituer. Alors oui, ça peut être un objectif, mais c’est difficile car cela ne dépend pas forcément que de nous.

F.T : Tu arrives également en fin de contrat à Gravelines, comment envisages-tu la suite de ta carrière ?

Y.B : Je vais d’abord en parler avec les dirigeants du BCM. Étant en fin de contrat, je sais que j’ai plus de choix. Mais pour le moment, je ne sais pas comment je l’envisage. Je ne prendrai pas de décision avant d’avoir parlé avec eux…

« Le basket n’est pas une science exacte! »

F.T : Personnellement, tu as connu une saison difficile. A cause de blessures à répétitions, tu n’as joué que 16 matches; et cette année sera aussi la première fois que tu ne participes pas aux play-offs depuis que tu es passé pro. Est-ce que l’on peut parler de saison vraiment calvaire ?

Y.B : J’avais déjà connu des moments difficiles, mais c’est vrai que cette saison fait partie des plus dures que j’ai connues. C’est la première fois que je ne joue ni la Leaders Cup, ni les play-offs, que je me bats pour le maintien, et que je suis en vacances si tôt… C’est très difficile! C’est vrai que c’est différent des objectifs que j’avais en tête en début d’année. Quelque part j’ai relevé une nouvelle sorte de défi et cela prouve aussi que le basket n’est pas une science exacte! Je pense surtout que le plus important sera de savoir rebondir après une saison comme celle-ci !

F.T : L’année dernière, à la même période, c’est le BCM qui était à la place de la SIG. Plus généralement, ta saison est à l’image de celle du BCM : que s’est-il passé ? Erreurs de casting ? Les blessures qui se sont accumulées?

Y.B : Il a eu pas mal de choses… Nous n’avions que trois joueurs qui étaient présents l’année dernière. Il a fallu tout reconstruire, expliquer la philosophie du club, et forcément, les blessures n’ont pas aidé car il y avait toujours quelqu’un d’absent ! Après, c’est plus facile de voir les choses une fois qu’elles sont passées. Je ne pense pas non plus qu’il y ait eu des erreurs de casting. Je pense que ce sont plus les événements qui ont fait qu’après c’est peut-être devenu une erreur... Si tu rajoutes le fait que nous n’avons pas été épargnés par les blessures, à la fin, ça fait beaucoup. Dans ces conditions, c’était difficile de travailler cette année.

F.T : Gravelines est l’équipe qui a le plus faible pourcentage de réussite de ProA et est l’une de celles qui produit le moins de passes décisives en moyenne par match. Est-ce que l’on peut dire que le plus gros problème de Gravelines, cette saison, était offensif ?

Y.B : Oui et non… Au niveau statistique, oui c’est vrai. Mais je dirais non aussi, car si on regarde les saisons précédentes, je ne pense pas qu’on ait déjà été l’équipe qui produisait le plus de passes décisives. C’est évident que comparé aux équipes de Vincent, qui jouent énormément sur les passes décisives, nous, c’est différent… Par contre, oui, ces chiffres montrent clairement le manque de confiance qui s’est installé à cause de notre début de saison. À force d’accumuler les échecs, on commence à avoir moins confiance et donc on met moins dedans aussi…

« Nous ne voulons pas être ridicule, nous l’avons déjà assez été cette saison ! »

F.T : C’est un match sans enjeu pour vous, malgré tout, l’équipe montre qu’elle a du caractère et honore le maillot puisqu’elle reste sur trois victoires de rang lors des trois dernières journées alors qu’elle n’a plus rien à jouer.

Y.B : N’ayant plus d’objectifs, plus de titres à jouer, c’est clair que nous jouons notre honneur sur ces derniers matches ! Alors oui, c’est un match sans enjeu, mais nous avons à cœur de défendre nos couleurs! Nous ne voulons pas être ridicule, nous l’avons déjà assez été cette saison ! Bien sûr, nous jouons plus relâché car la pression n’est pas sur nous!

F.T : Ce match face à la SIG est, en quelque sorte, la dernière réaction d’orgueil pour l’équipe. Inutile de penser que ce match sera facile pour la SIG, c’est bien ça ?

Y.B : Lorsqu’on joue un match de basket, c’est pour le gagner, peu importe le match, même s’il était amical, et peu importe qu’il y ait de l’enjeu ou non… Tous les gars savent que c’est le dernier et veulent tous se donner à fond! On sait que derrière il n’y a rien à perdre. Nous allons nous donner à fond, nous faire plaisir un maximum et jouer ce match pour le gagner !

F.T : Quels seront les clés du match selon toi ?

Y.B : Pour nous, comme pour la SIG, la clé sera l’intensité en défense ! C’est vrai que nous, contrairement à Strasbourg, nous ne jouons pas le titre mais nous jouons aussi pour ne pas fausser le championnat et les résultats. A nous de répondre présent et de mettre l’intensité défensive qu’il faudra pour essayer de gagner! C’est aussi avoir du respect par rapport aux autres équipes, et même par rapport à Strasbourg. Nous devons jouer ce match à fond. S’ils sont premiers, ils doivent montrer que leur place est aussi méritée !