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Actualités Il faudra tout donner

Il faudra tout donner

La SIG a rejoint Limoges en avion spécial ce mercredi. Elle est prête à jeter toutes ses forces dans la bataille ce jeudi (20h50 à Beaublanc) pour remporter l’épisode 3 et survivre dans cette finale…

Anosike

O.D. Anosike, contré par Alex Acker au moment de dunker, devra être plus conquérant au rebond...

Au coup de sifflet final, lundi soir, les équipes techniques se sont aussitôt déployées pour démonter le Rhenus et… le déménager vers le Zénith. Inutile précaution ? L’histoire le dira. Pendant que les joueurs renonçaient à s’entraîner au Tivoli, préférant passer par la cabine de cryothérapie –, il fallait bien anticiper la manœuvre, en sachant que lundi, veille d’un désormais très hypothétique 5e match, est un jour férié…

La SIG finit clairement la saison avec beaucoup de contrariétés. Tous, joueurs, staff, dirigeants et salariés, ont eu une pensée pour Romain Duport, opéré ce mardi par le Dr Nicolas Moncade du genou droit, et personne n’a digéré ce match 2, plutôt bien négocié, mais que les Strasbourgeois ont laissé échapper pour n’avoir pas su concrétiser les occasions qu’ils s’étaient créées.

Difficile encore de digérer ce deuxième quart temps où la SIG ne concède que quatre petits points en huit minutes, joue très juste en attaque avec un excellent Diot à la baguette, pour passer de 11-18 à 29-22. Avant de lâcher 12 points dans les deux dernières minutes sur des oublis défensifs et voir Limoges revenir sur ses talons à la pause…

Retrouver les ressources morales

Si Limoges avait fait la différence par son jeu intérieur samedi, ce sont cette fois les arrières qui ont fait pencher la balance. Un très bon Taurean Green avant le repos, ramenant son équipe à trois points seulement alors que la SIG dominait et… défendait bien, un Alex Acker royal (15 pts à 6 sur 9 dont 3 sur 4 à trois points, 3 fautes provoquées, 4 rebonds, 20 d’évaluation) pendant les 34 minutes passées sur le parquet, et un J.R. Reynolds, « clutch » dans les ultimes minutes pour gérer la victoire, c’était cette fois la recette d’un succès qui place la SIG dans une situation plus que délicate. « Ils ont beaucoup de joueurs talentueux à ces postes-là. Ils ont trouvé dans ces derniers matches une abnégation, une alchimie qu’ils n’avaient pas toujours en saison régulière », constate Vincent Collet.

Des performances limougeaudes à l’opposé de celle d’un Louis Campbell, décidément à la peine lors des finales, perdant à nouveau, comme à Nanterre il y a un an, la lucidité indispensable dans les moments-clés. Ou d’un Antoine Diot, très en colère, frappant du poing sur la table pour évacuer la frustration d’un dernier ballon perdu alors qu’il y avait peut-être une prolongation au bout de la possession…

Il va falloir maintenant aller à Limoges, dans l’enfer de Beaublanc. Dans quel état mental ? « Les réactions sont inégales et très individuelles. On ne peut pas sortir indemne d’une telle situation et il ne le faut pas. On a trois jours pour retrouver un moral et jouer cette dernière chance à bloc ». Les joueurs se sont regroupés, autour de Martial Bellon et de Jérôme Rosenstiehl, pour évoquer la situation. David Andersen, mais aussi Bootsy Thornton, vieux routiers des finales, ont pris la parole. Une façon de gérer les émotions pour aider les plus jeunes.

Campbell

La SIG aura besoin d'un grand Campbell, lucide et collectif pour espérer encore dans cette finale.

La SIG sait qu’elle a beaucoup progressé entre le match 1 et le match 2 mais elle a été desservie par un manque de réussite peut-être dû à une (trop) grande charge émotionnelle. Elle sait que le CSP Limoges n’est pas inaccessible, mais il lui faudra réunir tous les paramètres positifs pour espérer survivre jusqu’à samedi et engager alors, en cas de victoire, un autre pari insensé dans l’adversité de Beaublanc.

Confiance et révolte

Les solutions existent donc pour surprendre Limoges qui ne devra pas céder à l’excès de confiance sous peine d’être cueillie. Miser, par exemple, sur un David Andersen grand seigneur, à la hauteur de son immense palmarès sur ces phases finales, ou sur un Bootsy Thornton qui serre les dents mais qui fait remarquablement le métier. Et encore sur l’engagement retrouvé d’un Tim Abromaitis précieux dans le match 2. Retrouver un Antoine Diot en mode MVP et avoir la confirmation des bons play-offs de Jérémy Leloup.

Enfin, espérer davantage de la présence d’O.D. Anosike. « La blessure de Romain Duport nous pénalise énormément, souligne Vincent Collet. O.D. n’a jamais joué avec une telle pression, dans un match avec un tel enjeu », lâche Collet. Et bien sûr, avoir un Toupane qui se surpasse, un Paul Lacombe qui retrouve la mire, un Louis Campbell qui maîtrise ses émotions.

« On va surtout jouer la carte de la confiance et de la révolte.  Jouer cet infime espoir comme un dernier souffle… Après, c’est le sport, advienne que pourra », conclut le coach, philosophe.

Il n’y a pas de raison, après tout, que les effets néfastes des embûches qui ont compliqué cette saison malgré tout magnifique, ne finissent pas par s’estomper. Pourquoi, après les victoires héroïques contre Chalon et Nancy, le destin ne ferait-il pas un dernier clin d’œil à une équipe qui le mérite tant ?

Jean-Claude Frey