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Actualités Vincent Collet : « On peut nourrir beaucoup de regrets »

Vincent Collet : « On peut nourrir beaucoup de regrets »

Alors que la blessure d’une deuxième finale perdue est encore ouverte, Vincent Collet a bien voulu se pencher sur ce qui restera de toute évidence une très belle saison pour la SIG. Un bilan certes contrasté mais avec des choix forts, assumés, qui pourraient aussi promettre des lendemains sereins.

-       Deux saisons, deux finales avec l’avantage du terrain mais deux défaites… Peut-on comparer l’échec contre Limoges à celui de Nanterre l’an passé ?

-       Non, pas du tout. Déjà, ce ne sont pas les mêmes équipes. L’an passé, cela s’est joué sur le deuxième match à domicile, mal géré pour plein de raisons. Après, nous avons été emportés par leur enthousiasme. Mais on avait tout de même moins de potentiel à la base. Cette année, le potentiel s’est érodé, en grande partie par la blessure de Romain, et ensuite par les petits pépins sur Bootsy et Antoine qui nous ont fait abordé cette finale dans des conditions « limite ». Je n’en ai jamais parlé. La seule évocation de l’hypothèse, c’est déjà l’accepter. Mais mon rôle de coach c’est surtout de nier ce handicap qui malgré tout, était une évidence. Même s’il y avait tout de même la place pour remporter le titre. Cela dit, la frustration reste la même. La première chose que je vois, ce n’est pas d’avoir été en finale, c’est de l’avoir perdue. On peut nourrir beaucoup de regrets, surtout sur les matches 2 et 3.

Collet 3« Quand Ricardo est parti, le bateau a vraiment tangué »

-       Le parcours de la saison a été sinueux, parsemé d’embûches. Y a-t-il eu un, voire plusieurs tournants depuis septembre ?

-       Oui forcément ! Lorsqu’une équipe se reconstruit il y a toujours le risque de sombrer. En décembre, nous avons perdu notre meilleur joueur de la première partie de la saison. Alexis était notre tête de proue pendant trois mois. Il a fallu digérer. Nous avons eu tout d’abord la bonne idée de rentrer en « résistance » en attendant l’arrivée d’un nouveau joueur. Les matches contre Roanne et Orléans, fin décembre, sont des matches références en terme d’investissement et de surcroît à l’extérieur… Cela te change une saison. La première place de la saison régulière vient aussi de ces moments-là. Le second tournant c’est le départ de Ricardo, où là, le bateau a vraiment tangué. Nous perdons contre l’ASVEL, chez nous, assez largement et à Limoges. Malgré tout nous gagnons six matches de suite après au meilleur moment. C’est le moment où l’équipe joue le mieux de toute la saison et cela nous a redonné l’espoir de pouvoir aller au bout.

« La blessure de Romain a été déterminante »

-       C’est donc la blessure de Romain qui a eu le plus gros impact sur le résultat final ? Plus que le départ de Ricardo ?

-       Oui. Nous avons réussi à reconstruire un équilibre d’équipe, après le départ de Ricardo, qui tenait la route contre toutes les équipes, même les meilleures. Par contre la blessure de Romain nous a beaucoup plus impactée. On peut le voir dans les chiffres. Du moment où il est parti, notre nombre de paniers près du cercle a diminué et nous nous sommes mis à tirer davantage à trois points. Notre équilibre deux points/trois points était meilleur lorsqu’il était présent. Il shootait avec un bon pourcentage mais, en plus, il prenait 5 ou 6 tirs à deux points extérieurs et cinq tirs intérieurs. Avec David, c’était différent. Il a fait au poste 5 ce qu’il faisait en 4 ; c’est à dire un peu de tout ! La force de David c’est qu’il est présent partout : intérieur, extérieur et trois points. J’ai du faire jouer Tim et Jérémy en 4, qui tirent beaucoup à trois points, au point qu’on a tiré plus de 30 fois à trois points dans les deux derniers matches. C’est un déséquilibre qui n’était pas souhaitable et qui est la conséquence du départ de Romain.

« Le beau jeu est un moyen de gagner, pas une fin en soi »

-       Même si elle ne rapporte rien, est-ce que la première place de la saison régulière a de la valeur pour toi ?

-       Oui, cette première place a de la valeur mais c’est regrettable d’en parler comme cela. Les équipes jouent huit mois et à la fin la première place ne rapporte rien. C’est la cinquième fois que je suis premier de la saison régulière. C’est quelque chose que j’ai malheureusement déjà vécu. C’est dommage… A une époque il y avait au moins une coupe d’Europe. Aujourd’hui, comme Gravelines l’année dernière, on peut tout perdre sur un premier tour de play-offs. C’est quand même totalement injuste ! Mais bon c’est comme ça, on le sait dès le départ. Après, bien sûr, cela a de la valeur car c’est quand même ce qui sanctionne le niveau d’un club. C’est aussi pour cela qu’on se bat, être dans les premiers année après année pour pérenniser le club. Et surtout, normalement, tu as plus de chance de décrocher quelque chose dans ces conditions.

-       La grande différence entre les deux dernières saisons c’est la participation à l’Euroleague et l’Eurocup. Qu’est ce que cela a apporté au club ?

-       Je pense que cela ne peut que faire progresser de se frotter aux meilleurs. C’est une certitude. Mais le match que nous avons joué vendredi était le soixantième et je pense qu’en terme de fraîcheur cela a aussi de l’incidence. Lorsque l’on regarde bien, les cent dernières minutes de la demi-finale, à partir du moment où Antoine s’est blessé, nous les avons joué, plus ou moins, avec sept joueurs. Axel n’était pas au mieux en demi-finale, O.D venait d’arriver et il y a eu la blessure d’Antoine. Tout cela a compté peut-être dans le non match de l’épisode 1 de la finale. Limoges avait pu faire tourner son effectif lors du match 5 de sa demi-finale. Alors que nous avons joué cinq manches en dix jours et attaqué la finale deux jours après. Cela explique peut-être le fait que nous n’avions pas l’intensité requise, offensivement et défensivement. Nous étions un peu apathique. Ce n’était pas de l’apathie mentale mais physique.

Collet-       Le style de jeu de la SIG était loué par l’ensemble des observateurs, Mais est-ce que parfois ce ne serait pas mieux d’être un peu moins admiré et de gagner des titres ?

-       (il coupe) C’est toujours mieux de gagner des titres ! J’ai eu des expériences douloureuses déjà avant Strasbourg, comme celle qu’on vient de vivre deux ans de suite. Mais j’ai eu aussi des expériences heureuses, et cela te fait relativiser. Pour moi, la seule chose qui compte  vraiment c’est gagner ! Pour moi cette saison c’est d’abord une déception. Après, j’ai conscience, en faisant le bilan, que beaucoup d’équipes aimeraient être à notre place parce que nous avons fait quand même une belle saison, c’est une évidence ! Celui qui n’a jamais été en finale, trouve cela magnifique mais quand tu as eu la chance d’en gagner certaines, tu vois d’abord le fait que tu as perdu. Pour moi le jeu c’est un moyen, clairement, d’obtenir quelque chose et pas une fin en soi ! Donc le fait de ne pas y parvenir c’est un échec !

« Jouer avec des Français, c’est un choix philosophique »

-       Quelle est ton opinion sur le fait que la SIG soit la seule équipe avec un profil « français » en comparaison des autres demi-finalistes ?

-       Malheureusement, une fois de plus, nous n’avons pas pu montrer qu’on pouvait gagner avec une ossature française. C’est dommage car ce que tout le monde va retenir c’est qu’il faut prendre des Américains. A mes yeux, pour pouvoir exister en Euroleague il faut avoir une équipe qui soit complète. Si tes « JFL » ne peuvent pas y jouer, cela devient vite compliqué. L’avantage que l’on avait en plus c’est que nos JFL étaient sous contrat deux ans. L’idée était aussi de travailler dans la durée et d’installer des choses et ne pas  sans cesse tout bousculer. Aujourd’hui nous avons « l’épée de Damoclès » au-dessus de nous avec la clause d’Antoine mais sinon, nous avons la chance pouvoir garder nos Français (NDLR : Diot peut partir dans une équipe d’Euroleague, moyennant un rachat de contrat de 50 000€ pour un club français, 100 000€ pour un club étranger). Là où ça t’engage avec les Français, c’est plus en termes budgétaires. Cela engage ta masse salariale et après tu as moins d’argent pour les Américains. C’est ce qui nous est arrivé cette année. Quand l’opportunité de garder Alexis s’est présentée, on ne pouvait pas la refuser mais ça avait un coût ! A l’époque, j’étais sur Tarence Kinsey et le fait de reprendre Alexis nous a obligé à nous rabattre sur Kevin Murphy qui coûtait moitié moins cher. C’est pareil pour Abromaitis. Ce sont des Américains à petit coût. En prenant des Français de valeur, c’est autant d’argent que tu n’as pour les étrangers. Mais ce sont des choix philosophiques. Effectivement, j’aurais aimé montrer, qu’en faisant ce choix-là, on pouvait gagner, car ce serait une très bonne chose pour le basket français ! Mais pour l’instant, malheureusement, personne ne peut le démontrer…

SIG - Pau-Ortez - 241113 - 27

Avec Neboja Bogavac et Pierre Tavano, un trio très complémentaire.

-       Vous formez avec Pierre Tavano et Nebojsa Bogavac, un trio très soudé et complémentaire. Comment juges-tu le travail accompli cette saison ?

-       Selon moi c’est essentiel ! De ce que j’ai pu connaître comme expérience, à ce niveau-là c’est la plus enrichissante. Quand je vois le travail qu’il a pu faire avec les jeunes Français, pour moi il a une grande part dans l’évolution de l’équipe. A mes yeux, ce genre de profil devrait être imposé dans tous les clubs. Tout le monde parle d’augmenter le nombre de JFL mais il faut qu’il y en ait pour le faire, qu’ils puissent jouer, il faut les former et je trouve qu’à ce niveau le travail de « Trumo » est vraiment très intéressant. Je suis convaincu que tous les clubs français devraient avoir ce genre d’entraîneur. En plus, nous avons une vraie complémentarité tous les trois.

« Il faut de la valeur athlétique »

-       Les changements « obligés » de cette saison ont-ils modifié ton profil d’équipe référence ?

-       Pas forcément… Il faut reconnaître que lorsque tu fais ton équipe, tu es sujet à toute sorte de critères. Tu as des souhaits et des désirs mais tu peux rarement tout avoir. C’est facile de faire une liste en début de saison et dire : il me faut un joueur comme-ci, un joueur comme-ça. Mais tu es souvent obligé de prendre un peu des « virages ». Là, par exemple il nous faut un bon pivot. Après, en fonction de ce qu’il va être, il faudra équilibrer à côté. Ce que nous montrent les différents changements de cette année, c’est la valeur athlétique du championnat de France. Après le départ d’Alexis, en saison régulière, notre qualité de jeu a compensé ce déficit de valeur athlétique. Quand on arrive en play-offs, le niveau augmente et c’était encore plus difficile pour nous. On a élevé notre jeu dans d’autres domaines. On perdait des balles et on s’est mis à ne plus en perdre. La présence d’Andersen, de Thornton, de Diot, qui sont au dessus du lot en ProA en terme d’intelligence, a beaucoup compté. On avait un profil atypique ! Mais mes craintes se sont vérifiées aussi lorsque physiquement on s’est mis à piocher. Pourquoi sommes-nous tombés aussi en terme d’adresse en finale ? Très certainement que le facteur fraîcheur a pesé. Donc je pense qu’il faut que l’on retrouve un équilibre. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu des postes 4 shooteurs, qui pouvaient s’écarter un peu, et j’ai pu constater à nouveau que c’était bénéfique en terme d’espace de jeu ; que cela aidé à la fluidité du jeu.

-       Parlons de la saison à venir. Tu parlais de « l’épée de Damoclès » d’Antoine…

-       (il coupe) C’est un peu exagéré. J’y réfléchis depuis deux jours mais je n’ai pas assez d’infos pour parler de la saison à venir. Il y a trop de facteurs à prendre en compte et il est encore trop tôt pour en parler…

-       Tu as des souhaits malgré tout ? La problématique de Romain qui est blessé pour le début de saison peut amener à se poser la question d’avoir 10 ou 11 joueurs…

-       Je ne pense pas qu’il faut en avoir 10 déjà… Nous n’en aurons pas forcément les moyens. Moi, je veux avant tout de la qualité !

-       Tu pars donc plutôt sur neuf joueurs plus Romain ?

-       Oui… Trouver un mec qui est prêt à s’engager pour deux mois en début de saison, comme joker médical c’est impossible…

-       Il te reste un an de contrat à la SIG, est-ce que tu te projettes déjà au-delà de 2015 ?

-       J’attends de voir déjà comment nous allons évoluer. C’est pour moi la première interrogation.

Entretien réalisé par Jean-Claude Frey et Franklin Tellier