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Actualités Episode 7: Kornel David

Episode 7: Kornel David

Vous en avez pris l’habitude, durant cet été, chaque mercredi, en attendant la reprise progressive de la saison, d’anciens SIGmen, vous donnent de leurs nouvelles. Pour ce septième épisode, le seul joueur ayant joué au côté de Michael Jordan à avoir aussi porté le maillot de la SIG raconte ses souvenirs. S’il n’est resté qu’un an au club, il l’a marqué par son passage lors de la saison 2001/02. Kornel David revient sur sa carrière et vous raconte sa nouvelle vie.

Ce nom ne dit peut être pas grand chose aux plus jeunes suiveurs de la SIG mais Kornel David a sans aucun doute marqué les supporters plus « anciens », qui venaient déjà encourager leur équipe dans le vieux hall Rhenus. Il est arrivé à la SIG en novembre 2001 avec un statut de leader et l’a assumé. Pour comprendre comment ce géant hongrois a gagné ce statut, il faut revenir un peu plus en arrière… Kornel est né en 1971 à Nagykanizsa au sud-ouest de la Hongrie. Mais c’est à Budapest qu’il se perfectionna pour le basket et signa son premier contrat professionnel en 1987. Après neuf saisons dans son pays, trois clubs, quatre titres de champion et des performances de très haut niveau, Kornel s’est retrouvé dans le viseur de plusieurs franchises NBA. Ainsi, au soir de la saison 1996/1997, l’équipe la plus connue et récente championne NBA pour la cinquième fois, lui propose de venir rejoindre ses joueurs lors de son camp de préparation : les Chicago Bulls ! Du jour au lendemain, Kornel se retrouve à évoluer un mois durant, avec les futurs champions, avec à leur tête Michael Jordan lui-même ! Jouer avec des joueurs comme Jordan, Pippen, Rodman, Kerr ou encore Longley sera l’expérience la plus forte de sa vie. Il ne fut pas tout de suite conservé et fila vers la ligue continentale américaine au Rockford Lightning quelques mois avant de rentrer en Hongrie et jouer une saison de plus dans son pays. Le temps de remporter un cinquième titre national.

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Chicago lui proposera un rôle dans une équipe « post-Jordan » en reconstruction. Il y jouera 76 matches entre janvier 1999 et janvier 2000, dont 11 comme titulaire (6,4 points et 3,2 rebonds de moyenne). Puis au jeu des « chaises musicales », il dût faire ses bagages pour Cleveland pour un contrat de 10 jours (6 matches) avant d’être coupé par la franchise et de décider de rejoindre la Hongrie, pour aider le club de l’Alba Fehervar à remporter la coupe nationale. La saison 2000/2001 le vit retourner en NBA, dans un premier temps à Toronto puis en février 2001 à Detroit où il finira la saison. Au total, en 109 matches NBA, il cumula les statistiques suivantes : 5 points (à 45%), 2,8 rebonds et 1,6 fautes provoquées pour un temps de jeu moyen de 14,5 minutes. Et c’est donc lors de la saison 2001/02 qu’il s’engagea avec la SIG. Elle finira à la place la plus ingrate du championnat dans la course aux play-offs, la neuvième. Kornel a honoré le maillot rouge et blanc près de 40 fois toutes compétitions confondues. Il performa aussi bien en ProA (17,5 points à 53%, 7,5 rebonds et 1,6 passes) que lors des 12 matches de coupe Saporta (15,7 points à 52,8%, 6,4 rebonds et 1,3 passes). Auteur, comme il le dira lui-même, de sa meilleure saison lors de son année à Strasbourg, il signa ensuite à Kaunas en 2002 et y remporta le titre de champion. Puis ce fut le grand club de Vitoria et ses stars, dont il parlera, qui l’enrôlera durant trois saisons, avec lequel il enrichit son palmarès et joua à deux reprises le Final Four de l’Euroleague. Enfin il joua ses deux dernières saisons professionnelles à Gran Canaria et y remporta trois trophées régionaux mineurs de la ligue ACB. Devenu scout pour les franchises NBA, en 2010, Kornel a gentiment accepté de répondre à quelques questions et vous montera qu’il est toujours un fan de la SIG.

Franklin Tellier : Salut Kornel, comment vas-tu?

Kornel David : Salut, je vais bien. Merci de prendre de mes nouvelles.

F.T : Peux-tu nous résumer ta carrière pour les plus jeunes supporters de la SIG qui ne t’ont pas connu ?

K.D : Avant de partir jouer à l’étranger, j’ai gagné cinq titres dans le championnat en Hongrie. C’est sûrement grâce à cela que j’ai eu l’occasion de jouer les Summer Leagues NBA. Chicago me suivait depuis un petimoment et m’a  invité à un camp de préparation d’avant-saison. Je n’en revenais pas mais j’en ai pris conscience lorsque je me suis retrouvé aux côtés de Michael Jordan, Dennis Rodman et Scottie Pippen ! Malheureusement, cela n’a pas duré trop longtemps, mais ces quelques années en NBA ont été une expérience incroyable. Après je suis rentré en Europe. Le premier club était la SIG. C’est à Strasbourg que j’ai réalisé, individuellement, une de mes meilleures saisons de toute ma carrière. Je suis resté un an à Strasbourg avant d’aller jouer en Lituanie pour le Zalgiris Kaunas. J’y ai découvert l’Euroleague et nous avons gagné le championnat. Suite à cela, je suis parti en Espagne. Le Tau Vitoria était l’une des meilleures équipes d’Europe à l’époque. Avoir l’opportunité de jouer aux cotés de Scola, Nocioni, Calderon, Splitter et Prigioni était incroyable. L’équipe était incroyable ! Nous avons joué deux fois le Final Four de l’Euroleague, nous avons été deux fois en finale du championnat et nous avons gagné deux fois la coupe du Roi et deux fois la super coupe d’Espagne.

F.T : Je crois savoir que tu es devenu scout NBA ?

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K.D : Oui en effet. Lorsque j’ai fini ma carrière, j’ai eu l’opportunité de travailler comme scout pour la NBA. Je le suis encore aujourd’hui. J’ai travaillé pour plusieurs clubs. En ce moment, je travaille pour les Bucks de Milwaukee. 

F.T : Pourquoi as-tu rejoint la SIG alors que tu commençais à faire ta place en NBA?

K.D : L’envie de jouer plus, c’est aussi simple que ça! J’étais fatigué de rester sur le banc et de ne jouer que quelques petites minutes. A la SIG, je pouvais être le leader et pas un joueur secondaire.

F.T : Pourquoi ne pas avoir essayé d’y retourner?

K.D : Détrompe-toi, j’ai essayé plusieurs fois… Mais à chaque fois, soit le timing était mauvais, soit l’équipe ne voulait plus ou pas de moi…

F.T : Quels souvenirs gardes-tu de ton passage à Strasbourg et à la SIG ?

K.D : Nous avions une bonne équipe. Les joueurs, tous mes coéquipiers, étaient de bons gars et de bons joueurs. Cependant, l’alchimie qu’il y avait entre nous s’est cassée lorsque nous avons perdu Keith (NDLR : Jennings). Perdre notre meneur, si tôt dans la saison, a vraiment été un coup dur. Nous n’avons pas réussi à le remplacer ; et même si nous avions des joueurs d’expériences, des combattants, comme Fred Forte ou Hugues Occansey, nous ne pouvions pas répondre totalement aux attentes du club. J’ai aimé jouer pour la SIG. Jérôme Rosenstiehl était un manager général jeune, intelligent et motivé. Il essaie toujours de faire de son mieux pour construire un club qui puisse appartenir à l’élite de la ProA. Les supporters étaient géniaux également et remplissaient souvent l’ancien Rhenus. Ils nous ont poussés pour gagner nos matches à la maison.

F.T : Tu confirmes en quelque sorte ce que David Gauthier et Keith Jennings ont dit. L’équipe était très forte et aurait pu être championne sans les blessures ?

DAVID BOURG EN BRESSE 2002_04_28  1216K.D : Je suis tout à fait d’accord! Comme je viens de te le dire, sans les blessures, la saison aurait été différente. L’alchimie de l’équipe n’était plus la même, une fois l’arrivée des remplaçants comme El-Amin. C’est un bon joueur maintenant, mais à l’époque, c’était sa première saison en Europe et il n’était peut-être pas le meilleur, à ce moment-là, pour assumer le leadership de l’équipe et faire jouer les autres joueurs.

F.T : Un moment en particulier, durant un match t’avait marqué?

K.D : Je n’ai rien de particulier qui me revient en tête maintenant… Je peux te dire par contre que j’ai toujours essayé de jouer aussi dur et bien que je le pouvais. J’ai joué sans retenue lorsque je portais le maillot de la SIG, j’étais toujours à 100% et j’espère que les fans ont apprécié cela.

F.T : Après ton passage à la SIG, tu étais revenu jouer en Euroleague en 2005/06 avec Vitoria. La SIG avait réalisé un exploit en gagnant.  De quoi te souviens-tu à propos du match?

K.D : Honnêtement, c'était difficile pour moi. Parce que, même si je n’ai joué qu'une seule saison à Strasbourg, je m’y suis senti comme à la maison; et c'est toujours difficile de jouer contre son ancienne équipe. Quoiqu’il en soit, ce soir-là, vous avez connu une excellente soirée.

F.T : As-tu continué à suivre la SIG depuis ton départ?

K.D : Bien sûr que oui ! Chaque saison ! En plus, je parle régulièrement avec Jérôme et lorsque je viens en France je m’organise toujours pour venir voir un match au Rhenus.

F.T : Toujours pour du scouting ou aussi un peu de vacances ?

K.D : Lorsque je viens en France c’est toujours pour le travail. Mais j’aime revenir et je m’arrange toujours pour rester un peu plus longtemps… Un jour ou deux en plus…

F.T : Donc tu as encore des contacts à Strasbourg ?

K.D : Uniquement avec le club, avec Jérôme. Nous sommes devenus des amis proches.

F.T : Pour finir, as-tu un message pour les fans ?

K.D : Oui ! Je voudrais remercier tous les fans pour leur soutien lorsque j’étais là. Je leur souhaite le meilleur pour la saison à venir. Je suis toujours un fan de la SIG et je supporterai toujours votre club !

Par Franklin Tellier

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