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Actualités Episode 10 : Olivier Weissler

Episode 10 : Olivier Weissler

Chaque mercredi pendant l’été et pendant la reprise progressive de la saison, d’anciens SIGmen vous donnent de leurs nouvelles. Pour ce dixième épisode nous allons revenir sur la carrière d’un shooteur invétéré, ayant joué neuf saisons à la SIG aujourd’hui directeur du centre de formation du club : Olivier Weissler.

Weissler_4Pour les jeunes SIGmen en devenir, il est le patron ; celui qui décide s’ils sont aptes à intégrer le club pour y faire leurs gammes, avec l’espoir qu’un jour ils en sortiront avec un contrat professionnel. Pour les plus anciens, il est aussi le joueur à qui il ne fallait pas laisser le moindre centimètre de liberté aux abords de la ligne à trois points, sous peine de sanction immédiate ! Il vous racontera son parcours, l’ayant mené du club de Saint-Joseph Strasbourg à son poste actuel. Il évoquera ses neuf saisons passées sous le maillot rouge et blanc. Fait exceptionnel, durant ces neuf saisons, il participa aux 272 matches consécutifs de la SIG en championnat. Une longévité record sur laquelle il se confiera. Olivier a participé à la montée de la SIG en ProA, au soir de la saison 1993/94, après un match de barrage face à son ancien club, Le Mans et au titre de champion de France de ProB en 1999. Il a également vécu la finale de la coupe de France 1999, perdue face à Cholet, après un parcours magnifique en battant Gravelines (96-72), Nantes (73-80), Levallois (108-84) et l’ASVEL de Jim Bilba, Delaney Rudd, Alain Digbeu et Crawford Palmer lors d’une demi-finale de feu (71-69). Une carrière étant faite de hauts et de bas, il a connu aussi les saisons-galères comme celle de 1998, synonyme de relégation. Tous ces matches à défendre les couleurs de la SIG font de lui, ce que peu de monde sait, le meilleur marqueur en carrière de la SIG dans l’histoire de la LNB (depuis 1987/88) avec 2817 points inscrits (!!) en 272 apparitions en ProA, ProB et N1B. Aujourd’hui, ce « hall-of-famer » vous parle de lui, de sa reconversion et de sa vision du basket, après être revenu sur sa carrière de basketteur.

Franklin Tellier : Olivier, peux-tu nous résumer un peu ta longue carrière s’il te plait?

Olivier Weissler : J’ai commencé le basket à Saint-Joseph à l’âge de 8 ans. À 15 ans je suis entré au Centre fédéral, j’y suis resté deux ans. Après j’ai signé au Racing Paris, en espoirs, où j’ai joué deux ans. J’ai ensuite signé mon premier contrat professionnel au Mans, en ProB, où j’ai joué trois saisons, et connu une montée en ProA. Ensuite j’ai joué neuf ans à la SIG. Enfin, j’ai fini ma carrière en Belgique où j’ai joué deux ans. Après ces deux années, je suis revenu ici et je suis devenu entraîneur, depuis neuf ans, et maintenant je suis directeur du centre de formation de la SIG depuis une saison.

F.T : Qu’est-ce que tu retiens de tes années en équipe de France cadets ou avec les espoirs du Racing Paris?

O.W : Ce sont les plus belles années ! À 15 ans, normalement, tu es en âge de rester chez papa et maman. Et là tu te retrouves, sortie du cocon familial, avec tes potes, à faire ce dont tu rêvais, sans ces contraintes monstrueuses. C’est génial. Quand on est passionné comme nous l’étions jeune, tout se passe avec bonheur!

F.T : Pourquoi avoir été en Belgique?

O.W : En fait, il y a eu un petit couac en fin de saison avec la SIG à l’époque. Je devais resigner, c’était quasiment acté mais il y a eu une autre direction prise par le club et je me suis retrouvé sans club. J’étais hors délais pour les mutations et je ne pouvais plus signer en France. Il n’y avait pas de joker comme maintenant. J’ai dû prendre un agent et tester le marché. J’ai eu des contacts au Portugal et en Belgique. J’ai choisi la proximité avec ma famille qui était restée ici. Deux clubs étaient vraiment intéressés : les Atomics de Bruxelles et le club d’Anvers. Bruxelles m’offrait un contrat garanti de deux ans donc mon choix était rapide.

F.T : Tu as joué neuf ans à la SIG. Tu as connu des hauts et des bas. Quels souvenirs gardes-tu de ces neuf saisons ?ov

O.W : Toutes les années sont différentes mais, c’est avant tout, beaucoup de fierté, d’avoir pu jouer dans le club de sa région, qui prédomine. Etre reconnu, par les dirigeants et les entraîneurs, était quelque chose de fort. Patrick Lazare au début, qui a fait le maximum pour me recruter, et les dirigeants successifs qui m’ont accordé leur confiance : c’est un message fort. Je pense avoir toujours été quelqu’un de loyal vis-à-vis du club. Je suis monté en régime avec l’ascension du club. J’ai dû me mettre au niveau chaque année. J’ai suivi la progression dans toute sa globalité.

F.T : Quelles saisons t’ont le plus marqué ?

O.W : L’année de la montée en 1994 avec Christian Monschau. On était le Petit poucet avec un tout petit budget. Avec Bruno Hamm, Laurent Bernard, Jim Deines, Mathieu Sturm et les autres… On était une bande de potes. On avait super bien bossé. Les deux Américains étaient rentrés dans le moule. Une super saison avec la montée au bout.

F.T : La pire ?

O.W : Les saisons où l’on descend c’est toujours dur mais il y avait toujours une bonne ambiance. Sauf la saison 97/98, où le club avait recruté un Américain, Darren Daye, qui avait un contrat “no cut”, qui coûtait très cher et dont on ne pouvait pas se séparer. Il est arrivé blessé… On avait une bonne équipe sur le papier mais cette année-là on a changé X fois de joueur américain. On a perdu les 10 premiers matches de la saison : ça nous a plombé pour la suite. Christian Monschau a été licencié aussi en fin de championnat… Avec tous ces déboires, c’était impossible de faire quelque chose derrière… et beaucoup trop de joueurs faisaient leurs trucs dans leur coin…

F.T : Peu de gens le savent mais tu es le meilleur marqueur de l’histoire de la SIG depuis la création de la LNB. 2817 points dans le seul championnat. Cela représente-t-il quelque chose pour toi ?

O.W : 2817, c’est vrai ? On parle bien de la LNB ? Je l’ai appris il y a peu de temps mais je n’avais pas le chiffre… Il faut remettre les choses dans leur contexte aussi. Ça s’explique avant tout par la longévité. Dans mon registre, je shootais beaucoup à trois points, 80% de mes tirs. Après, c’est sûr, il faut les mettre… Je suis bien sûr fier de ça !

F.T : En même temps tu avais la réputation d’être un shooteur invétéré, par exemple lors de la saison 1990/91 tu as tiré 361 fois dont 225 fois à 3 points…

O.W : Ron Davis était encore plus fou à ce niveau (rires) (NDLR : Ron Davis a tenté 443 tirs à 3 points avec la SIG lors de la saison 1991/92!). Il aurait fait quelques années ici, il aurait explosé ce record, et sans forcer… c’est certain !

F.T : Une chose exceptionnelle, durant ces neuf ans, tu n’as pas manqué un seul match en championnat. 272 matches consécutifs ProA, ProB, N1B. Un exemple de longévité, non?

O.W : Cela s’explique avant tout par le fait que j’ai eu la chance de ne pas me blesser. Maintenant je ne sautais pas très haut et je n’étais pas très vertical je ne risquais pas grand-chose (rires)! L’hygiène de vie joue aussi. Même si on n’a jamais été les derniers, après un match, à fêter, je n’ai jamais passé un dimanche matin sans aller me décrasser et faire un footing. J’ai toujours préparé mes saisons physiquement et été très attaché à la diététique aussi. Sur 21 repas dans la semaine, tu peux avoir un ou deux excès, mais c’est avant tout l’équilibre et le sérieux qui jouent.

F.T : Quels joueurs t’ont le plus marqué durant ta carrière ?

O.W : Je pense avoir joué avec un des plus grands talents de l’époque, Jarod Stevenson. Un ailier soyeux, élégant, avec énormément de talent et qui savait tout faire. En plus c’était un mec d’une gentillesse extraordinaire. Il y a quelques figures emblématiques aussi, au tout début, avec Doug Wallace par exemple, qui est décédé il y a deux ans. Ou encore Boris Gorenc, le Slovène, un forçat du travail. J’ai toujours admiré aussi le talent de Bruno Hamm comme meneur. Si j’ai autant scoré c’est aussi grâce à lui et ses caviars! Il y en a eu pas mal mais ce sont les premiers qui me viennent à l’esprit.

F.T : Des regrets durant ta carrière ?

O.W : Au début de ma carrière, avec Le Mans, lorsqu’on est monté, quand j’ai écouté des agents qui m’ont vendu des « soit disant » gros contrats avec Monaco et Saint-Quentin. Finalement je me suis retrouvé le bec dans l’eau. Nous avions été trop gourmands avec Le Mans dans nos demandes. J’aurais aimé continuer encore dans un club et une ville que j’aimais bien.

F.T : Tu es maintenant directeur du centre de formation. Comment es-tu arrivé à ce poste ?

olivier3O.W : Je suis un entraîneur dans l’âme, c’est ce qui me plaît. Après on ne peut pas le faire toute sa vie, à moins de faire beaucoup de concessions. Pour être un bon entraîneur, il faut être prêt à partir. Moi j’ai préféré la stabilité. J’ai connu une expérience avec les pros mais j’ai toujours privilégié les jeunes. Mais quand j’ai eu un souci cardiovasculaire, il y a deux ans, je n’avais plus beaucoup d’ambitions dans le travail. Mon but était juste de m’en sortir, passer cette épreuve. Mais au bout de 3 ou 4 mois j’ai apprécié que le président me propose ce poste. J’ai mis du temps à réaliser que je ne pourrais plus entraîner... J’ai pris du temps et j’ai dû me préparer dans mon esprit, de par ma maladie, et à la fin j’y trouve une grande satisfaction.

F.T: Le président, le directoire ou Lauriane la coach sont tous derrière toi. C’est motivant dans un travail d’équipe ?

O.W : Je n’oublie pas, au début de cette expérience, une phrase du président : « Olivier on te met à ce poste car tu es un atout pour la SIG ». Après un signe de reconnaissance de ce genre, tu te sens grandi par les gens qui t’entourent. C’est donc un poste que j’occupe avec plaisir. Organiser, orienter les jeunes, regarder les perspectives, etc… J’aime ces aspects. La relation avec les entraîneurs est aussi importante. On a tous le même projet, notamment Lauriane, avec qui nous avons un projet de suivi sur sa formation, à elle aussi. Il y a Abdel qui arrive et qui est super expérimenté aussi. On va apprendre l’un de l’autre pour le bien du centre de formation… Nous sommes un staff, et tout le monde regarde dans la même direction.

F.T : Quels souvenirs gardes-tu de ta première expérience en tant que coach après le limogeage d’Eric Girard ?

O.W : J’ai été contraint de le faire quand ça c’est mal passé. Entraîneur pro c’est un métier passionnant mais très éreintant. Il faut être solide, très accompagné, avoir de l’expérience et réussir à se détacher de beaucoup de choses.

F.T : Quelle vision as-tu du basket maintenant ? Son évolution ?

O.W : Ce que je perçois, c’est qu’à l’époque il n’y avait que deux Américains par équipe et que c’était sans doute plus simple de passer pro. Certes, c’était le début des centres de formation, ce n’était pas homologué et il y avait moins de structures, mais on ne faisait pas pour autant du moins bon travail. Par contre, c’est vrai que maintenant les places en pro sont super chères ! Il y a 4/5 Américains, des étrangers et avoir une des cinq dernières places est super difficile ! Sinon le niveau du basket français s’est élevé aussi. On ne fait pas de top 16 de l’Euroleague mais les clubs Français sont de mieux en mieux en coupe d’Europe. Le niveau du championnat Français augmente et l’exigence est telle que pour un jeune joueur, c’est difficile. C’est pour cela qu’au centre de formation, le leitmotiv c’est, bien sûr, que nous souhaitons en faire des pros, mais nous ne sommes pas là pour leur mentir. Il faut qu’ils comprennent que leur carrière peut être très éphémère. C’est aussi une philosophie de la SIG. Nous essayons de former des garçons qui sont respectueux, bien dans leurs baskets, qui prennent du plaisir à jouer mais qui font des études avec sérieux et qui doivent réussir leurs examens !

F.T : Et l’évolution de la SIG ?

O.W : Le club s’est créé petit à petit. Au début ce sont les résultats qui ont fait progresser la structure et maintenant les choses se sont un peu inversées. La structure du club est devenue solide. Le sportif, ces dernières années, est assez exceptionnel. Énorme même! Même si on a un bon budget, il y a 5 ou 6 clubs en ProA qui peuvent rivaliser. Cela montre que le club est solide. Tu le sens dans les résultats mais aussi dans les structures quand tu rentres dans le Rhenus. Ce sont pleins de détails: l’organisation des vestiaires, des locaux, de la direction administrative, commerciale ou du marketing… Tu sens qu’il y a des choses qui sont faites et que maintenant il y a un savoir-faire. Ce n’est pas anodin que le club ait tellement évolué depuis 10 ans.

F.T : Les conditions de travails ont changé, les déplacements aussi. Tu as connu des déplacements un peu « rock and roll» par le passé, non ?

O.W : La première chose qui me vient à l’esprit, ce sont les déplacements à Pau ! Maintenant quand on y va, c’est avec plaisir. Il y a l’avion, on va à l’hôtel, on fait notre match, on dort là-bas et on revient en avion. Un truc sympa. Avant tu partais le vendredi matin, avant 6h, en bus, de Strasbourg. On arrivait vers 23h à Pau. On était allongé dans le bus, toute la journée, à attendre que ça se passe, avec les pauses (déjeuner, collation et goûter) sur des aires d’autoroute. Le samedi tu devais piocher pour être à 100% pour le match après une journée à récupérer du voyage. Et comme ça ne suffisait pas il y avait le retour le dimanche… Un autre type de week-end sympathique où tu mettais trois jours à t’en remettre (rires)! Je me souviens aussi d’un déplacement en coupe d’Europe à Cluj. On a dû prendre trois avions à hélices… Des trucs que je voyais à la télé quand il avait un doc sur la guerre du Vietnam (rires) !

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F.T : Pour finir, qu’est ce que te rappelle cette photo (ndlr: voir ci-dessus)?

O.W: Ce n’est pas la remise du trophée de la meilleure équipe alsacienne de sport collectif en 1994 par hasard? D’où tu sors ça ? Avec Christian Monschau, Laurent Bernard… et Jean Claude avec sa moustache légendaire avec Christine Lapp. Je remarque surtout… (rires)… ‘‘No comment’’ sur nos chemises vintages ! On était loin des costumes classe… Mais on pensait être habillé classe, c’est ça le pire!

Par Franklin Tellier