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Actualités Vincent Collet : «Rien n’est jamais acquis»

Vincent Collet : «Rien n’est jamais acquis»

Avant d’entrer dans le vif du sujet d’une saison prometteuse, Vincent Collet dont la cote a sérieusement grimpé au cours du Mondial en Espagne, fait le point alors qu’il entame sa dernière année de contrat. La recomposition de l’équipe, les recrues, le style de jeu, mais aussi les objectifs, le coach n’élude rien.
- Après deux saisons réussies auxquelles il n’a manqué qu’un trophée, dans quel état d’esprit la SIG entame-t-elle la saison ?
- Il faut à chaque fois recommencer. Rien n’est jamais acquis mais on ne part pas d’une feuille blanche par rapport à il y a trois ans. On a gravi une bonne partie du chemin mais on n’est pas allé jusqu’en haut. Ça reste bien entendu un objectif mais il y a des objectifs intermédiaires à respecter. A quoi ça sert de dire qu’on veut être champion, il faut d’abord disputer la saison régulière, voir comment on se positionne, si on a le potentiel réel.

Collet médaille

Lors de la soirée de présentation, Vincent Collet a rencontré les supporters et ''partagé'' la médaille de bronze remporté au Mondial avec l'équipe de France.

- Est-ce qu’on apprend aussi des saisons écoulées ?
- Bien sûr, elles ont été constructives pour le club, à tous les niveaux. C’est une métamorphose. Lorsque les gens de la Fédération ont vu nos bureaux il y a un mois, ils étaient interpellés. Tout se met en place. Mais malgré tout, il reste l’incertitude du sportif ou, par rapport à une entreprise, la marge d’erreur est beaucoup plus importante. Il faut donc repartir avec les fondamentaux, sur la pointe des pieds, en essayant de se faire sa place. En espérant qu’elle soit au soleil. Il n’y a jamais de garantie. Ce n’est pas aussi simple que ça. De l’ambition, on en a.

« Toucher les dividendes des saisons passées »

- L’équipe qui a été construite est-elle la suite des précédentes avec davantage de complémentarité peut-être ?
- D’abord on a privilégié la continuité. Le travail effectué ces dernières années, on veut en toucher les dividendes. On a gardé les joueurs français, on y a ajouté Ali Traoré et Bangaly Fofana qui sont complémentaires, le dernier, Dragićević, apportant ce qui manquait. Car ce qui me souciait, en effet, c’était le manque de fiabilité à trois points. L’inquiétude existe toujours mais j’espère qu’elle sera levée rapidement. A l’inverse, nous avons des joueurs réputés pour leur défense avec Fofana, Dobbins, Howard. Ce sont des critères pour aller plus haut.
- L’équipe n’a-t-elle pas aussi gagné en dimension athlétique ?
- Fofana et Dobbins, ça nous permet clairement d’être plus dense, Dragićević aussi. Depuis le début de la saison, Bangaly est une bonne surprise, il a des évaluations intéressantes. Le recrutement a été fait en anticipant une physionomie d’équipe, mais il faut la confirmer. Cette équipe demandera qu’on travaille. Elle peut aller très loin dans la rigueur, la discipline ; il faut du temps pour que cela se mette en place. Mais elle a aussi une vraie marge de progression. L’exactitude, la précision, ce sont des critères de haut niveau. Il faut les mettre en place. On ne saura pas avant deux mois ce que vaut mon équipe. Jamais, elle ne donne sa pleine mesure avant novembre. En revanche, toutes mes équipes progressent.
- Avec la polyvalence des joueurs du roster, tous les postes sont quasiment triplés. Est-ce une volonté délibérée ?
- On a voulu de la polyvalence. Nous avons joué 60 matches la saison dernière et il y a forcément des coups durs. On peut gagner un match à 7, trois de suite à 8, mais on ne peut pas être performant toute une saison avec un petit effectif. On a la chance d’en avoir 10, 11 au retour de Romain, et de plus, on a de quoi parer certains coups durs avec cette polyvalence. Ce n’était pas le critère numéro 1 du recrutement mais c’était présent à notre esprit.

« Pour Ostende, je ne suis pas du tout défaitiste »

- L’équipe n’aura peut-être son rythme de croisière que d’ici quelque temps mais des échéances importantes se pointent dès la semaine prochaine. Est-ce problématique ?
- Ne pas être à son maximum, cela n’empêche pas de gagner des matches. Les autres équipes non plus n’y seront pas. Ça reste un rapport de forces. Je ne suis pas du tout défaitiste pour le tour de qualification. Je vois à l’entraînement depuis mon retour qu’il y a de la consistance.
- Quelle marge de progression accordes-tu à Bangaly Fofana et qu’attends-tu de lui ?
- J’attends qu’il stabilise deux ou trois petites choses sur le plan technique qui lui font cruellement défaut, en terme de finition près du panier. Parallèlement à cela, qu’il développe sa connaissance du jeu dans son positionnement. Enfin, qu’il se canalise davantage pour profiter de son emprise physique sur le jeu. Il est grand, mobile, gênant pour l’adversaire.
- La principale force de la SIG pourrait-elle, cette saison, être son banc ?
- On a des joueurs qui sont capables de produire, c’est vrai. On a besoin de ces joueurs pour être efficaces. Notre équipe est complète mais ça ne suffit pas. Il faut aussi des leaders. Certains sont désignés, pas beaucoup, et il faudra qu’ils assument. Antoine Diot devra être constant, Ali Traoré sera un leader offensif, Anthony Dobbins pourra aussi être un leader à sa façon. Mais nous n’avons pas, hormis Ali, de gros scoreur.
- Comment le coach de l’équipe de France, très soucieux de la formation dans les clubs, réagit-il au titre européen des U16 et des bons résultats des A’ ?
- Les cadets, c’est l’émergence évidente d’une génération forte. La dernière c’était les « 1992 » mais ils n’ont rien gagné. La dernière vraie grosse génération, c’est celle des « 1989 ». Je pense que c’est de ce niveau. Il y a vraiment des joueurs hors norme, comme Killian Tillie, Bathiste Tchouaffe et aussi nos petits Sigmen, Frank Ntilikina et Ludovic Beyhurst qui n’a pas pu disputer l’Euro en raison d’une blessure. L’émergence de ce groupe est une bonne nouvelle pour le basket français et d’une manière plus égoïste, je pense que Frank a un très gros potentiel. J’espère l’intégrer progressivement au groupe pro à partir de Noël. Quant aux A’, c’est important d’avoir une vraie réserve. Tous les pays sont confrontés à la difficulté d’assurer la continuité. Tony Parker, Boris Diaw, Flo Pietrus ou Mike Gelabale ne vont pas jouer éternellement et ils ne seront pas faciles à remplacer. Il va falloir inventer une autre façon de fonctionner. L’aventure des A’ est donc très intéressante à ce titre. Elle a permis à des joueurs comme Moerman, Boungou-Colo ou Paul Lacombe de découvrir le jeu international, même si ce n’est pas le meilleur niveau, et Pascal Donnadieu a très bien dirigé tout cela.
- S’il fallait passer un message, un seul, à ton équipe avant le début de saison, lequel serait-il ?
- Se battre pour gagner des matches, pour progresser à l’entraînement. Avoir en permanence envie d’avancer. Se battre surtout au début de saison, car c’est ce qui permet de gagner les matches quand on n’est pas encore tout à fait prêt.

Recueilli par Jean-Claude Frey et Franklin Tellier