Diot, tel un héros !

Match lié

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Menée de trois points à… 3’’4 de la fin (83-80), la SIG a renversé la partie grâce à deux paniers primés exceptionnels, le premier de Dragićević, le second de Diot à la sirène. Les Strasbourgeois, qui avaient bien débuté avant d’être longemps à la peine et n’avaient plus remporté de match à l’extérieur en Coupe d’Europe depuis… sept ans et demi, soit 13 rencontres, ont réussi un hold up parfait. Peut-être sera-t-il décisif pour la qualification !

Les pénétrations de Brooks ont longtemps mis la SIG dans l'embarras.
Les pénétrations de Brooks ont longtemps mis la SIG dans l’embarras.

Bonn avait depuis le début de saison du mal à réussir ses entames de match en championnat. La première en Eurocup ne dérogeait pas à cette règle et après 3’30’’, les Allemands étaient menés 2-12. La SIG, à l’inverse, avait trouvé par Leloup (deux réussites à trois points), Dobbins et Campbell, la récompense à un collectif qui avait déjà fait ses preuves dans l’hexagone. De plus, les Strasbourgeois avaient provoqué quatre fautes en moins de quatre minutes. De quoi voir venir…

Veikalas sonnait la révolte (7-12, 5e’) et puis surtout, l’effet du banc, si précieux en ProA, était beaucoup moins flagrant à ce niveau-là. Car Bonn, avec Brooks, McConnell, Klimavicius et Wachalski, avait du répondant. La SIG restait devant, grâce au bon passage de Fofana, mais l’écart se rétrécissait : 13-16 (8e’). Brooks rentrait un gros shoot mais Lacombe redonnait un peu d’air d’un joli ‘’finger roll’’ près du cercle : 16-21. Le 10-26 à l’évaluation et la domination au rebond (7-13) ne se reflétaient pas à la marque. La faute aux… sept balles perdues et au « petit » 3 sur 10 à trois points.

Bonn se rebiffe, la SIG souffre

L’entame du deuxième quart, en revanche, était manquée. Un 8-0 portait Bonn en tête pour la première fois : 24-21. Le temps mort de Collet ne stoppait l’hémorragie que pendant un court instant (24-26, 13e’), mais ce diable de Wachalski (3 sur 3 à 6,75m) et les ‘’drives’’ de Lawrence ou Brooks faisaient des dégâts : 35-28 (16e’). Les Strasbourgeois avaient encore perdu quelques ballons et l’attaque ne se trouvait pas. C’est en défense que la SIG se remit d’abord à l’endroit. Et du coup, l’attaque retrouvait de la fluidité, Diot puis Campbell au large et Traoré bénéficiant de belles positions. Et à la pause, après le 4e tir primé de Campbell sur… quatre tentatives, la SIG menait d’un souffle : 42-45. Grâce aussi à un coquet 7 sur 10 à trois points…

Axel Toupane en défense sur Lawrence qui manquera le dernier lancer-franc...
Axel Toupane en défense sur Lawrence qui manquera le dernier lancer-franc…
Intenable Wachalski

Bonn n’avait pas été maladroit derrière l’arc, mais à la reprise, les Allemands, à l’image de Steve Wachalski (6 sur 6 en 15 minutes !), firent tomber la grêle. Et si la SIG tenait le choc grâce à un bon Leloup (50-50), elle ne trouvera plus le moyen de s’opposer aux tirs de loin de l’ailier de Bonn et de son compère Brooks, sanctionnée par un sévère 10-0 !

Collet demandera une zone match up et la SIG se rapprochera à six points avant le dernier quart…

Jusqu’à 72-66 (35e’), on ne vit pas trop comment la SIG se sortirait du pétrin dans lequel elle s’était fourrée. A l’image de cette faute d’inattention sur une remise en jeu qui offrait trois points à Veikalas. Ou de ce panier primé de Lawrence après… trois rebonds offensifs allemands. Le rebond souffrait particulièrement, à l’exemple de Traoré, décevant, mais c’est en passant à nouveau en zone que les hommes de Collet se remirent à espérer. Leloup ramenait à 72-70 (37e’), mais Bonn filait aussitôt à 78-71 par Klimavicius et une série de lancers-francs.

C’est pourtant d’un échec sur la ligne de réparation de Lawrence, à 83-80 et après un énorme shoot de Diot, que vint le miracle. Un rebond de Lacombe, une rapide relance sur Dragićević qui marquait son premier primé : égalité et 3 »4 à jouer. Temps mort pour Bonn qui commettait une faute offensive sur la remise en jeu ! Diot remontait le terrain et face au cercle, plantait un trois points assassin : 83-86. 1-9 en 19 secondes, du rarement vu ! Un hold up, peut-être, mais qui fait un bien énorme pour lancer la campagne européenne…

Jean-Claude Frey

Le match en vitesse

TELEKOM BASKETS BONN – SIG 83-86. Telekom Dome. 2 900 spectateurs. Arbitres : MM. Bulto (ESP), Chebyshev (UKR) et Baumanis (LET).

Les périodes : 16-21, 26-24 (mi-temps : 42-45), 22-13 (64-58), 19-28.

Les statistiques

Les réactions

Vincent Collet : « Nous sommes ravis de repartir avec la victoire. C’est bien payé. On a fait un petit match mais Bonn était bien meilleur que lors des derniers matches de championnat que nous avions visionné. L’excellente entame nous a induit en erreur et nous avons pensé à tort que ce serait facile. On a eu beaucoup de mal à retrouver notre rythme. Et avec 19 balles perdues à ce niveau, on peut être heureux de gagner le match. Les gars n’ont pas lâché l’affaire et avec un Jérémy Leloup de gala, un très bon Paul Lacombe, un super Campbell et un Diot qui a mis un tir de champion, on a décroché une victoire qui sera peut-être importante. Toutes les équipes ne gagneront pas ici ».

Louis Campbell : « Cette équipe a du caractère et elle l’a encore prouvé. Etre mené de cinq points à 18 secondes de la fin et gagner, il fallait le faire ! On a mis les gros shoots à la fin ».

Mathias Fischer : « On ne peut jamais être satisfait d’une défaite mais ce que mon équipe a montré est plutôt encourageant. On a pris des bons tirs avec un gros pourcentage contre une très grosse défense. On ne peut plus rien y changer. Il faut donc regarder vers l’avant. On a très bien défendu contre leurs pivots mais l’adresse à trois points de Strasbourg nous a tués ».

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