Basket
170623_playoff_finale.jpg
aeroport_strasbourg_1500x450_left.jpg
aeroport_strasbourg_1500x450_right.jpg
BOUTIQUE OFFICIELLE EN LIGNE
Habillez-vous aux couleurs de la #SIGARMY
Vitoux_flag2
Actualités Episode 11 : Christophe Vitoux

Episode 11 : Christophe Vitoux

La SIG fera son entrée en 16eme de finale de la Coupe de France, face à Orchies une équipe de ProB. L’équipe du nouveau coach, Fabrice Courcier, compte dans ses rangs quelques noms connus dans l’hexagone : Pierrick Poupet, Alexis Tanghe ou encore Rodrigue Mels. Si l’un des acteurs les plus connus de ce club n’est autre que son nouvel actionnaire, Nando DeColo, comment ne pas profiter de ce match pour prendre des nouvelles d’un ancien coach strasbourgeois, devenu manager général du club nordiste : Christophe Vitoux.

P1766789D1970451G_px_640_

Christophe Vitoux garde beaucoup de bons souvenirs de son passage à la SIG.

Il connut une éphémère carrière de joueur mais très vite il a trouvé dans le coaching une passion qui a suppléé l’envie de jouer. À seulement 20 ans, il coachait déjà des joueurs plus vieux que lui. Deux ans au centre de formation de Berck, puis l’équipe première de Denain, qu’il fit monter en N3, et enfin Tourcoing en N1 en 1996. En février 1998, Christophe Vitoux arrive à la SIG et prend en charge les cadets et les espoirs. En juin de la même année, le club plonge en ProB, mais les dirigeants ne veulent y faire qu’un simple aller-retour. Malgré tout, le début de saison 1998/99 est catastrophique. Après quatre matches, la SIG n’affiche pas la moindre victoire, et Patrick Haquet est relevé de ses fonctions. Coach Vitoux vous raconte cette période et revient sur cette année 1999, qui tient une place particulière dans son cœur… Il parle de son ascension, lui le coach de National qui, au fil du temps, grimpa quatre à quatre les marches de la profession. Coach de l’année en ProB, puis en ProA et enfin adjoint d’Alain Weisz en équipe de France, Christophe Vitoux n’a pas perdu de temps. Celui qui connut Tony Parker, alors qu’il savait à peine marcher, le verra arriver sous le maillot bleu et s’y imposer. Il quitta la SIG en décembre 2002, à la demande des dirigeants, lors d’une saison sans saveur qui vit le club finir dernier de ProA. Aujourd’hui, il n’hésite pas à donner son point de vue sur cet échec qui marqua aussi la fin de sa carrière de coach. De retour dans sa région natale, il fut chargé de mission au sport pour la ville de Lille, vice-président du club de volley-ball de Tourcoing, travailla pour le club de Denain, géra la structure omnisport de Liévin avant de reprendre le club d’Orchies. Morceaux choisis d’une agréable rencontre, riche en nostalgie, en passion et en émotion, durant laquelle il se confie sur sa carrière et présente son ‘‘nouveau club’’ avant le match à venir face à son ‘‘club de cœur’’.

Franklin Tellier : Pouvez-vous résumer votre carrière de joueur puis d’entraîneur pour les plus jeunes qui ne vous connaissent pas?

Christophe Vitoux : Je suis né en 1967 à Denain où j’ai joué et entraîné dans toutes les équipes. J’ai également œuvré dans plusieurs clubs du Nord, comme, le centre de formation de Berck, et entraîneur de Tourcoing en N1 en 1997. Je suis arrivé à la SIG le 1er février 1998 quand Patrick Haquet remplaçait Christian Monschau. La SIG était dernière de ProA. J’arrive au foyer du jeune travailleur au Neuhof et de février à mai j’entraîne les cadets et les espoirs et je suis assistant pour la ProA. A la fin de la saison, on descend en ProB.

F.T : Le 28 septembre 1998, vous remplacez le coach Patrick Haquet dans une situation difficile. Arrivé dans ces conditions à la tête de l’équipe première qui avait de très grosses ambitions ne devait pas être facile ?

C.V : L’objectif du club était clair : remonter en ProA! Au bout de 4 matches nous sommes derniers. On avait un gros budget et une étiquette de favori. On vient de perdre, chez nous contre le promu, Lyon, et le quatrième match contre Brest. Je me souviens qu’ils étaient venus à 7 en voiture. C’est d’ailleurs le seul match que ma maman a vu… Cette soirée était terrible. Je vois encore les spectateurs déchirer leur abonnement de colère à la fin de ce 4eme match… Le lundi, les dirigeants décident de relever Patrick Haquet. Je les avais mis en contact avec des entraîneurs, Michel Gomez notamment. Le match qui suit, on joue à Bondy. En attendant d’avoir un remplaçant, ils me demandent de coacher par intérim.

F.T : Vous acceptez le poste, mais demandez que Patrick Haquet reste votre adjoint… Du jamais vu!

C.V : Oui, sur le match de Bondy on a inversé le duo… et on gagne ce premier match, puis le deuxième, le troisième et avant le quatrième, Michel Gomez décide de signer en ProA à Antibes. Il annonce aux dirigeants qu’il faut qu’ils fassent signer Christophe Vitoux, en leur disant qu’un jour, je serai élu meilleur entraîneur français. L’aventure a commencé comme ça.

???????????????????????????????F.T : Vous menez l’équipe à son premier titre, en étant champion de ProB, et allez en finale de la coupe de France. Quels souvenirs gardez-vous de cette saison 98/99 ?

C.V : La première chose qui me revient en mémoire c’est une anecdote assez savoureuse. À l’époque, j’habitais à Illkirch et mon épouse était encore dans le Nord. Elle accoucha le jour du match décisif face à Châlons/Reims. Je suis parti à la maternité à Lille, pour l’accouchement de ma fille, Léa. Je suis rentré pour le match. On avait gagné de 16 points à l’aller en janvier, donc le match retour, il fallait le gagner, ou tout du moins ne pas perdre de plus de 16 points. On perd mais on conserve le point-average… Je suis papa, nous sommes champions. Parfait !

« Ce qui me caractérisait le plus ? La volonté de toujours gagner ! »

F.T : En 1999/2000 pour son retour en ProA, la SIG joue les demi-finales de playoffs. Parallèlement, vous réussissez une chose rare. Après avoir été élu coach de l’année en ProB, vous gagnez le même titre en ProA la saison suivante. Pas mal pour quelqu’un qui, à la base, avait signé comme intérimaire, non?

C.V : Ruddy Nelhomme l’a fait aussi, mais j’étais le plus jeune entraîneur à avoir cette distinction. Je te confirme que c’est une belle histoire ; surtout que je n’avais été qu’un modeste joueur de N3. Mais comme entraîneur, je suis passé par tous les niveaux et toutes les divisions, de l’école de basket jusqu’en professionnel. Je suis un pur produit « entraîneur fédéral » et ça m’a donné de la confiance sur la manière d’entraîner un groupe et mener une équipe à la victoire. C’est ce qui me caractérisait le plus : la volonté de gagner avec toutes les équipes que j’ai coachées.

F.T : Cela vous ouvre aussi les portes de l’équipe de France, pour laquelle vous devenez adjoint. Vous y voyez débuter un certain Tony Parker, que vous aviez croisé plus jeune quand son papa vous entraînait. L’ascension est belle quand même, non ?

C.V : Oui le papa de Tony m’entraînait quand j’étais ‘‘pitchoune’’ et Tony a fait ses premiers pas dans l’appartement de ma grand-mère. Il a appris à dribbler avant d’apprendre à marcher dans cet appartement (rires). Passer de coach de Nationale à adjoint en équipe de France était une vraie fierté pour moi et pour les dirigeants de l’époque. Le regretté Paul Delefortrie l’intendant, Claude Molz, le directeur sportif, et tous ces gens qui m’avaient fait confiance, c’était aussi leur réussite car je leur devais beaucoup.

F.T : Les saisons passent, le club joue les coupes Saporta et Korac, jusqu’en 2002 où la machine se grippe malgré de beaux noms dans l’équipe. Vous êtes démis de vos fonctions en décembre. Qu’est ce qui ne fonctionnait plus ?

C.V : Deux choses. D’abord, la complémentarité des joueurs ne s’est pas faite comme on l’aurait souhaité. L’amalgame ne s’est jamais fait. La seconde chose, c’est qu’avec le changement de joueurs, je ne m’étais pas aperçu que les valeurs, l’héritage, de la saison 98/99 n’avaient pas été transmis. À l’époque, lorsqu’on a empilé des noms, je n’ai peut-être pas pris assez le temps de transmettre ces valeurs en essayant de créer des complémentarités. Je pense que ce sont les deux erreurs qui ont été commises et je m’y inscris totalement.

F.T : Quel regard portez-vous sur l’évolution de la SIG ces 10 dernières années ?

C.V : J’ai connu le Tivoli, l’ancien Rhenus, j’ai été sollicité pour les plans du nouveau Rhenus… même si je n’y suis jamais allé. Il y a une belle évolution, j’ai suivi la SIG chaque année, encore la saison dernière lors des phases finales. Je me suis déplacé lors des deux dernières Leaders Cup. Le club se structure, l’administration et les commerciaux bossent, le tout avec une volonté de respecter les valeurs locales. L’arrivée d’un technicien comme Vincent, a fait encore grandir le club et je pense que très rapidement la SIG va s’inscrire dans le haut du basket français… À commencer avec cette volonté d’obtenir une licence A pour l’Euroleague…. Ce que j’espère fortement !

F.T : Avant de continuer, pouvez vous m’expliquer pourquoi, depuis votre passage à Strasbourg, vous avez gagné le surnom de Chris Waddle?

C.V : Non ça, ce n’est pas possible! (rires) Comment le sais-tu ? Quand je suis arrivé à Strasbourg, des amis m’ont dit que tous les vendredis il y avait un « Stammtisch » au ‘‘Pied de Vigne’’. J’y suis allé avec Paul Delefortrie et madame Occansey. Je suis tombé sur des gens… peu fréquentables (rire). Il y avait des sportifs et des journalistes strasbourgeois. J’ai voulu essayé une spécialité locale et j’ai vu un truc écrit W,A,D,E... (il cherche les bonnes lettres) Je ne sais pas quoi! (ndlr : waedele) et j’ai dis : « Je vais prendre un Waddle ! ». Christine Lapp a trouvé bon d’en parler dès le lundi et a lancé ce surnom de Chris Waddle!

« Nous avions 1 200 abonnés alors qu’on était en Nationale 1! …»

F.T : Plus sérieusement, vous êtes maintenant GM d’Orchies, que la SIG va jouer en coupe de France. Parlons du club. L’intersaison a été animée. Sportivement, Orchies s’est maintene en ProB de justesse grâce au passage à 18 clubs et dans le même temps, Nando DeColo a investi dans le club…

C.V : J’habite à côté de ce club qui a une histoire basket très forte. Les filles d’Orchies ont été championnes d’Europe, les gens connaissent le basket. Nous avons une belle salle de 5 000 places, avec 4600 spectateurs de moyenne la saison dernière en proB, alors que l’équipe n’a jamais quitté les trois dernières places! Le club est descendu, j’ai eu envie de m’investir et je l’ai repris car, selon moi, il y a un vrai potentiel. Nando nous a suivis en N1. Il est du Nord, il a la volonté de s’impliquer et de créer un centre de formation. Nous avons une bonne structure, des partenaires privés qui répondent présent et surtout un public. Nous avions 1 200 abonnés alors qu’on était en N1 ! Début septembre, on a appris qu’on était repêché en ProB. On a 16 chances sur 18 de se maintenir alors qu’on n’avait que 2 chances sur 18 de monter. Je préfère cette configuration même si ça va être très difficile de se maintenir.

F.T : Est ce qu’il y a déjà un « effet Nando » ?

C.V : Malgré la descente, il y a tout un contexte qui fait que les gens et les partenaires sont restés fidèles. L’arrivée d’un nouveau coach, l’arrivée de Nando, moi-même… des gens qui croyaient en ce projet malgré la descente. Nous repartons avec des bases solides mais il faudra aller chercher les résultats sur le terrain.

F.T : Cette saison, l’équipe est construite autour de joueurs cadres français expérimentés, comme Pierrick Poupet et Alexis Tanghe ou Rodrigue Mels. Qu’est-ce que vous pouvez nous apprendre sur l’équipe ?

C.V : Nous sommes partis avec l’objectif d’avoir des joueurs qui connaissent la ProB. Nous avons un noyau de joueurs pour un projet sur plusieurs saisons, et c’est pour cela, aussi, qu’il faut qu’on se maintienne. Nos deux joueurs étrangers connaissent la ProB. Chris Daniels qui jouait pour Châlons/Reims et Djordje Petrovic qui est au club depuis quelques saisons. Nous avons fait venir Josh Alexander qui vient du championnat israélien et qui doit se révéler comme un de nos atouts offensifs cette année…

F.T : Et il a fallu aussi répondre à un cahier des charges propre à la ProB : avoir quatre jeunes de moins de 23 ans…

C.V : Quand nous avons construit l’équipe, nous étions en N1. Nous n’avions qu’un jeune de moins de 23 ans. Quand nous avons été repêchés, nous avons d’abord renforcé notre secteur intérieur avec Alexis Tanghe, et trois jeunes de moins 23 ans pour compléter l’effectif… qui ont été qualifiés le 30 septembre.

F.T : Quels sont les objectifs d’Orchies cette année ?

C.V : L’objectif c’est vraiment le maintien ! Nous avons la chance de profiter de ce repêchage administratif, on sait que ça ne va pas être facile mais nous devons en profiter. La ProB est un championnat difficile, un maintien sportif nous satisferait grandement. Les grandes ambitions viendront plus tard…

Christophe Vitoux

Ancien coach de la SIG, Vitoux est aujourd'hui le manager général d'Orchies qui accueille l'équipe strasbourgeoise ce mardi en Coupe de France.

F.T : Et structurellement aussi je pense ?

C.V : Nando est arrivé pour ça! On veut construire un centre de formation. Ça nous permettrait d’avoir nos JFL de moins de 23 ans. Nous sommes en discussion avec la section amateur. Mais il y a beaucoup de clubs dans les environs : Denain, Orchies, Lille, Le Portel, Saint-Quentin et en ProA, il y a Boulogne et Gravelines. Ça fait beaucoup de centres de formations. Certes, la région est riche en bons joueurs, mais les meilleurs partent à l’Insep. Il y a peut-être une discussion à avoir sur une mutualisation des centres de formation pour la suite…

« La SIG est une ancienne fiancée qu’on revoit et qu’on est heureux de voir épanouie! »

F.T : Revenons au match face à la SIG en 16eme de finale de coupe de France. Il sera particulier, je pense…

C.V : Je vis une relation très forte avec la SIG. C’est LE SEUL club que j’ai entraîné en ProA, en 20 ans de coaching. J’y ai connu la naissance de ma fille, la deuxième est une vraie Strasbourgeoise et mon fils de 8 ans porte le maillot de Paris McCurdy à chaque match. Tous les trois sont fans de la SIG. J’ai un regard de supporter maintenant. La SIG est un peu comme une ancienne fiancée qu’on revoit et qu’on est heureux de voir épanouie! Je te confirme que ce sera particulier. Lorsqu’on a gagné contre Lille en 32es, on savait qu’on jouait la SIG au tour suivant. Dix ans après, retrouver la SIG, en ayant un rôle à jouer, c’est forcement fort. Mes enfants supporteront certainement la SIG, mais je peux vous dire que ce sera bien la première fois que je ne souhaiterais pas que la SIG gagne.

F.T : Collet, Diot, Traoré à l’Arena d’Orchies ; j’ai pu lire sur internet que ce serait un peu votre Euroleague à vous ce match. C’est exagéré, non?

C.V : Non, c’est vraiment ça! Ça se situe entre deux matches de championnat importants. Si on veut se maintenir, ce sont ces deux matches les plus importants. La SIG ? C’est comme un match de gala ! On ne se fait pas trop d’illusions, mais les gars sont motivés pour repousser Strasbourg dans ses retranchements le plus longtemps possible. Pour les supporters, c’est un événement. Nous sommes encore sur la dynamique des championnats du monde avec Antoine Diot et Vincent Collet, et en plus, on a appris que la France jouera à Lille l’année prochaine à l’Euro. Les gens respirent le basket ici et se rendent compte que la venue de la SIG est un événement. En plus, notre coordinateur sportif, Frédéric Szymczack, faisait partie du staff de l’équipe de France et s’occupait de la cryothérapie, il sera heureux de les voir.

F.T : Un message pour les supporters strasbourgeois qui n’ont pas oublié ce que vous avez apporté au club ?

C.V : Je me souviens de chaque match que j’ai coaché pour la SIG. Pour moi, ils sont uniques ! Je me souviens de la création des clubs de supporters et quand on allait démarcher les fanfares dans la campagne alsacienne. J’y ai gardé beaucoup d’amis. J’ai un lien fort et sincère avec Strasbourg et l’Alsace et j’aime y revenir…