Exceptionnel !

SIG-SARAGOSSE-221014-11 DIOT DOBBINS

Au terme d’un match exceptionnel, de très haut niveau et… passionnant, la SIG a pris seule la première place de sa poule en battant Saragosse au bout d’une insoutenable prolongation. Une claquette de Matt Howard est venue sceller la victoire des Strasbourgeois : 88-86 !

Avec xx points et d'évaluation, Ali Traoré a continué au succès de la SIG sur Saragosse.
Avec 22 points et 18 d’évaluation, Ali Traoré a contribué au succès de la SIG sur Saragosse.

Un crêpe noir au maillot, une minute de silence avant le coup d’envoi, l’émotion était palpable dans le clan de Saragosse. On rendait hommage à José Luis Abós, coach emblématique du club, décédé lundi. A la SIG, c’est l’absence de Jérémy Leloup, cloué au lit par une gastro-entérite, que l’on pouvait regretter…

Dans ce match dont le vainqueur serait seul en tête de la poule, les Strasbourgeois avaient subi dans un premier temps. Katic provoquait Traoré sous le cercle, Jelovac scorait deux fois à trois points : 4-8, 3e’. Traoré (trois sur trois), Howard et Campbell de près, inversaient cependant la tendance et la SIG menait 12-8 (5e’). La deuxième faute du pivot alsacien perturbait cependant le bel agencement de l’attaque strasbourgeoise car Fofana avait du mal à trouver ses marques.

Attaque stérile, défense à la peine

Jusqu’à la fin du quart temps, la SIG ne marquera plus le moindre point… Les changements de Collet n’avaient aucun effet, alors qu’en face, Goulding, le géant Norel et Llompart, d’un « primé » en transition, trouvaient le cercle : 12-15. De plus, la SIG comptait déjà quatre fautes d’équipe, Saragosse aucune ! Avant le quatrième panier espagnol derrière l’arc, signé Robinson : 12-18.

Un très bon Howard ramenait la SIG dans le sillage des Aragonais en 1’30’’ à peine : 16-18. Mieux même, le premier (et seul) panier bonifié alsacien de la première mi-temps, signé Campbell, replaçait les hommes de Collet en tête : 19-18. Feu de paille, car Saragosse, par Goulding (deux fois), Robinson, Tomas et Llompart enfilait cinq nouveaux « triples » pour un total de 8 sur 12 derrière l’arc. Comme la SIG à Bonn !

Comme Katic avait enfoncé le clou en dessous, les Espagnols venaient de passer un 0-10 douloureux (22-21 puis 22-31) et avaient atteint la pause avec 11 points d’avance : 26-37. La SIG n’avait pas vraiment exploité les 10 balles perdues par Saragosse et balbutié son basket en attaque (quatre passes seulement).

Le salut vient de la défense

Les murs des vestiaires avaient dû trembler à la pause, car c’est avec un tout autre état d’esprit que les Strasbourgeois revinrent sur le parquet. En défense notamment. Toupane au four et au moulin, exceptionnel sur le meneur adverse, Traoré puis surtout Fofana dominateurs, Howard précieux comme à son habitude, Lacombe en « energizer » et un duo Diot-Campbell de feu, allaient changer la physionomie de la partie.

Les balles gagnées de haute lutte, surtout après le passage en zone match-up, donnaient des paniers de contre-attaque converties : 35-39 puis… 48-43 quand l’adresse à trois points s’inversa (6 sur 7 dans la période contre 1 sur 7 en première mi-temps !).

La SIG devint même euphorique, scorant 35 points en 10’ à 14 sur 20 aux tirs, mais deux « primés » de Robinson ramenait les joueurs de Collet à la raison : 55-47 puis 58-53 avant le panier au buzzer de l’éternel Diot : 61-53.

Insoutenable suspense

Le dernier quart sera marqué par une lutte de tous les instants, sur chaque possession. Dans ce combat acharné, la SIG ne marquera que deux petits points en cinq minutes, Saragosse guère plus, mais les Strasbourgeois sentaient le souffle de l’adversaire dans leur nuque : 63-60 (36e’).

Diot (26pts, 8 passes, 32 d’évaluation), puis les lancers d’Ali Traoré redonnaient un peu d’air (69-62, 38e’), mais le pivot alsacien se blessait, quittait le parquet avant de revenir. Goulding en avait profité pour rapprocher Saragosse à deux petits points : 69-67 (39e’). Un marcher de Toupane à 46’’ de la fin, un passage en force de Traoré alors qu’il venait de marquer, auraient pu tout renverser. Mais la défense de la SIG se sublimait, « Bomaye » arrachait un rebond et transformait les deux lancers à 9’’8 du gong : 72-69.

Les fautes se succédaient pour éviter le panier à trois points mais Saragosse ne tremblait pas et une dernière faute de Howard, sévère, permettait à Llompart de transformer trois lancers francs : 74-74.

Tour à tour, les deux équipes prirent les commandes (79-77, 81-82, 86-84). La SIG aurait pu se mordre les doigts de manquer trois lancers francs, alors que Saragosse était toujours à 100% (18 sur 18). Mais avec Diot à la baguette, « piquant » une balle décisive, la SIG assurait. Howard, qui avait failli sur la ligne, se rattrapait d’une ultime claquette au buzzer ! Avec 19pts, 10 rebonds et 22 d’évaluation, il avait été un des héros de la soirée. Le Rhenus exultait, la SIG prenait, comme en ProA, la tête de la compétition…

Jean-Claude Frey

Le match en vitesse

SIG – SARAGOSSE 88-86 a.pr. Rhenus Sport. 4 215 spectateurs. Arbitres : MM. Boltauzer (SLO), Putenko (RUS) et Martolini (ITA).

Les périodes : 12-18, 14-19 (mi-temps : 26-37), 35-16 (61-53), 13-21 (74-74), 14-12.

Les statistiques

Les réactions

Vincent Collet : « C’était serré comme à Bonn, mais ce soir, c’est amplement mérité. Même si on a été dominés en première mi-temps, on a rectifié le tir pour faire le meilleur quart temps de la saison, des deux côtés du terrain. Avec de l’agressivité, de l’engagement. A la fin, on avait fait ce qu’il fallait pour l’emporter mais on a été freinés par des décisions même si on a commis une erreur sur la dernière possession en ne faisant pas la faute plus tôt. Ce genre d’expérience nous fera encore grandir. En prolongation, à l’image d’un Antoine Diot exceptionnel, on a décroché une victoire référence face à une très bonne équipe dans un match d’hommes, de très grande qualité ».

Antoine Diot : « C’est toujours aussi bon de gagner les matches. On a mal débuté, on a mis de l’intensité en défense mais on n’a pas bien attaqué. Le coach a remis les choses en place et on est revenu des vestiaires avec une plus grande agressivité. Axel a montré le chemin, nous on a suivi. C’est ce qu’il faudra faire à chaque match. Ça nous sourit deux fois, mais ce soir, on l’avait entre les mains et il a failli nous échapper. C’est la force de cette équipe de ne pas lâcher. Même sans Jérémy, qui est une rotation importante, on y est arrivés ».

Joaquin Ruiz Lorente : « Bravo à Strasbourg mais aussi à mes joueurs car c’était difficile pour eux pour les raisons que vous savez. On était pourtant si près de la victoire. On a très bien joué pendant trois quarts temps mais le troisième nous a coûté cher. Strasbourg a été plus agressif, a élevé le niveau de sa défense. Ils étaient menés de 11 points, il fallait qu’ils montent leur défense. Ils ont très bien joué en attaque, scoré à trois points. Ce groupe est un des plus difficiles de l’Eurocup et Strasbourg en est sans doute la meilleure équipe. Mais rien n’est joué pour la qualification ».

Les autres matches de la poule

Paris-Levallois – Reggio Emilia 88-76

Bamberg – Bonn 104-79

Le classement

1) SIG 4 pts ; 2) Bamberg 3pts ; 3) Paris-Levallois 3pts ; 4) Saragosse 3pts ; 5) Reggio Emilia 3pts ; 6) Bonn 2pts.

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