Mike Gelabale : « La compétition m’a manqué »

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Il a débarqué ce matin du TGV en provenance de Paris, avec Julie, sa compagne. Décontracté, cool comme à son habitude, mais impatient de fouler le parquet et de découvrir sa nouvelle équipe. Mickaël Gelabale n’était contrarié que par le ciel gris et le brouillard de Strasbourg mais convaincu qu’il va bientôt se dissiper. Il sait que dès demain, les quatre en jours en Espagne, pour des débuts sous ses nouvelles couleurs à Saragosse, vont lui faire oublier cette météo maussade. Auparavant, il s’est livré de bon gré à quelques confidences…

  • Le contrat signé, Mike Gelabale serre la main de son président, Martial Bellon.
    Le contrat signé, Mike Gelabale serre la main de son président, Martial Bellon.

    Il y avait eu un premier rendez-vous manqué avec Strasbourg en août, après le tournoi de l’équipe de France. Et puis ces derniers temps, on ne parlait plus que de Limoges. Comment es-tu arrivé à la SIG ?

  • J’avais dit à Vincent et aux dirigeants que mes objectifs n’étaient pas de revenir en France à l’époque, mais que si ça changeait, je ferai appel à eux. Quand tout le monde a repris et pas moi, ce n’était pas évident… Ces derniers temps, j’ai eu des fourmis dans les jambes et dans les bras. Alors j’ai repris contact avec Strasbourg. Après la Coupe du monde, j’ai eu pour une fois l’occasion de me poser, de prendre du temps avec ma famille, mon entourage immédiat.
« J’ai la dalle »
  • Tu n’as plus joué depuis la Coupe du monde. Dans quel état physique et mental arrives-tu ?
  • Je bosse depuis un mois avec Thomas Drouot, l’assistant du Paris-Levallois qui est très bon coach perso et qui m’a remis sur les rails. On a aussi évalué ma cheville, puisque j’avais été blessé pendant le Mondial. Mentalement, j’ai la dalle, très envie de jouer et de repartir sur des bonnes bases. La compétition m’a manqué.
  • A Strasbourg, tu es presque en terrain connu puisqu’il y a Vincent Collet, mais aussi Antoine Diot et Ali Traoré. Comment l’abordes-tu ?
  • Il y a aussi Paul Lacombe et Bangaly Fofana avec qui j’ai joué à Villeurbanne. Tout ça a pesé également dans mon choix. Je m’entends bien avec tous ces joueurs. Et puis il y a Aymeric Jeanneau dans le staff. Comme meneur, il a favorisé mon intégration chez les pros à Cholet quand j’étais très jeune et puis j’ai joué avec lui en équipe de France.
  • Quel est ton avis sur la SIG de cette saison ? As-tu vu des matches ?
  • J’ai vu le premier contre Villeurbanne et bien sûr celui de vendredi à Paris à la télé. C’est une équipe qui déroule son basket, celui de Vincent dans lequel je me reconnais. Un basket ouvert où le ballon tourne. C’est formidable de voir autant de joueurs français sur le terrain.
  • Dans le cabinet du Dr Sarbacher, après les tests médicaux, Gelabale s'amuse de la Une de "L'Équipe" qui célèbre le titre de champion d'Europe de la France, en Slovénie l'an dernier.
    Dans le cabinet du Dr Sarbacher, après les tests médicaux, Gelabale s’amuse de la Une de « L’Équipe » qui célèbre le titre de champion d’Europe de la France, en Slovénie l’an dernier.

    Vincent Collet compte sur Mike Gelabale pour apporter de la stabilité dans le tir extérieur parfois fluctuant. Es-tu prêt ?

  • Je vais essayer de leur apporter ça, mais aussi mon expérience, ne pas baisser les bras, jamais rien lâcher.
  • Tu vas jouer 11 matches pour la SIG en un peu plus d’un mois. Quel sentiment cela t’inspire-t-il ?
  • Les enchaînements sont énormes. C’est pour cela que Vincent et le club m’ont fait signer un mois. Pour apporter un petit plus.
  • Tu as remporté l’Eurocup avec Khimki Moscou en 2012 mais tu as aussi disputé l’Euroleague avec le Real et Cedevita Zagreb en 2012. Que penses-tu du niveau de cette compétition ?
  • C’est une très bonne compétition, très dure, pas très loin de sa grande sœur, l’Euroleague. Les équipes qui jouent le haut de tableau de l’Eurocup sont très fortes, avec de sacrés palmarès et sont bien placées dans leur ligue respective.
« Pourquoi ne pas me poser à Strasbourg ? »
  • Tu as connu beaucoup de clubs en Europe sans jamais y rester très longtemps. Est-ce un choix ou un regret ?
  • J’aime bien changer, découvrir des choses, de nouveaux environnements. Mais j’aimerais bien me poser et me stabiliser. On ne m’a jamais proposé de contrat de longue durée. Pourquoi pas à Strasbourg s’il y a une opportunité ?
  • Tu es arrivé en métropole à Cholet après une jeunesse heureuse en Guadeloupe. Quels souvenirs gardes-tu de cette période ?
  • Je me souviens de la vie tranquille des îles, jamais de chaussures aux pieds, toujours torse nu… J’ai commencé le basket à Pointe-Noire à 6 ans, j’ai été retenu en sélection de Guadeloupe et c’est là que Cholet m’a repéré. Je suis arrivé au Centre de formation à 16 ans et ce furent mes plus belles années. C’est là que j’ai connu des gens qui sont devenus mes amis pour la vie. On avait une entente extraordinaire entre nous. Et puis on a tout gagné, en cadets, en espoirs, et le titre en ProA en 2011.
  • Tu as la réputation d’un garçon discret, davantage dans l’action que dans la tchatche. Partages-tu ce jugement ?
  • J’ai l’habitude d’être au calme, posé, de ne pas me prendre la tête. Cela me correspond assez bien. Mais quand il faut agir, je suis le premier !
  • Tu vas évoluer à la SIG avec le numéro 27. Une raison particulière ?
  • Mon numéro, le 15, n’était pas disponible. Alors j’ai pris le 27 parce que c’est la date anniversaire de ma copine…

Propos recueillis par Jean-Claude Frey

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