Quelle équipe !

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On savait que la SIG savait voyager. Mais de là à battre Bamberg dans son antre inviolée cette saison, il y avait un pas… Ils l’ont franchi, comme des géants (63-70), alors qu’ils étaient menés de 15 points après 17 minutes. La première place du groupe A est assurée et la SIG peut regarder vers le haut…

On ne passe pas ! Harris est pris dans la nasse, la SIG réussit l'exploit...
On ne passe pas ! Harris est pris dans la nasse, la SIG réussit l’exploit…

Invaincu dans sa salle depuis le début de la saison, toutes compétitions confondues, Bamberg tenait à le rester. Poussés par un public fidèle et enthousiaste, les Allemands montèrent d’entrée des barricades dans la raquette, interdisant l’accès à Traoré et à Howard, Collet ayant aligné un cinq inédit, avec Gelabale mais sans Leloup. La défense alsacienne était solide, elle aussi, même privée d’Axel Toupane, qui avait ressenti une douleur au tendon d’Achille pendant l’échauffement. Le score grimpait lentement même si c’est le seul Harris qui avait alimenté la marque pour Bamberg : 6-6 (4e’). Premier coup de chaud toutefois, quand les pénétrations adverses arrivèrent près du cercle alsacien, le rebond offensif permettant le premier break (12-6, 7e’) après l’entrée en jeu de Mbakwe.

Six minutes sans marquer…

Il fallut attendre la deuxième faute de Gelabale pour voir Collet ouvrir son banc. Coaching payant puisque Leloup inscrivait le premier « primé » dans un match cadenassé (3 sur 11 aux tirs pour la SIG, guère mieux pour Bamberg). Comme Fofana avait été servi près du cercle peu avant, que Dragićević trouvait lui aussi l’ouverture, la SIG prenait la tête : 12-13 (10e’). La SIG pensait sans doute avoir résisté à l’orage et s’acheminait vers un premier quart satisfaisant. Une mésentente Leloup-Dragićević provoquait une balle perdue et l’improbable Obst scorait derrière l’arc. Pire, après une tentative manquée, Duncan oublié dans le coin en ajoutait un second p   nier bonifié au buzzer : 18-13 ! Les efforts défensifs consentis jusque là étaient anéantis en quelques secondes.

Dobbins remit les Strasbourgeois sur les bons rails dès l’entame de la seconde période (18-15) avant… une longue période de disette. Bamberg avait haussé le ton en défense, certes, mais la SIG était méconnaissable en attaque à l’image d’Ali Traoré (1 sur 7 après 19 minutes). Et comme le rebond laissait à désirer (23 à 12 à la pause), comme si les Bavarois avaient encore en travers de la gorge la domination alsacienne de l’aller dans ce domaine, le score enflait dangereusement. Collet stoppait le match après un 7-0 (25-15, 15e’), mais l’avalanche continuait : 30-15 (17e’).

Une belle réaction

Gelabale mit fin à une longue période de silence, puis Dragićević marquait à distance et sur la base d’un… 0-9, la SIG recollait À 30-24. Inespéré… Une faute anti-sportive sévère à Dragićević redonnait de l’air à Bamberg qui n’en demandait pas tant…

L’écart partira à nouveau à 12 points, car après Mbakwe, Strelnieks sanctionnait sans opposition à trois points : 37-25 (22e’). A croire qu’il fallut que les Alsaciens fussent dos au mur pour réagir et retrouver des couleurs…

Soudain, ce n’était plus la même équipe. Un Diot de gala (11 pts en cinq minutes, 19 d’évaluation dans le quart !), une défense retrouvée et le 0-15 (!) remettait la SIG totalement en selle : 37-40. Bamberg réagit après un temps mort (43-40, puis 47-42), mais sur un panier longue distance, Diot punissait au buzzer : 49-51. Le meneur international finira meilleur marqueur, meilleur passeur et… meilleur rebondeur de son équipe avec 29 d’évaluation !

Le combat allait être féroce jusqu’au bout. La SIG s’offrait rapidement cinq points d’avance (49-54) sur un nouveau panier primé de « Dragi », ressuscité » mais les fautes pleuvaient. Il fallait défendre plus que jamais ce maigre avantage. Gelabale le payait au prix d’une quatrième faute puis peu après d’une cinquième, en attaque… Bamberg avait toutefois dû attendre près de trois minutes pour marquer ses premiers points dans cet ultime et oppressant quart.

Un final de feu

La zone strasbourgeoise était particulièrement efficace, la tendance s’était inversée aux rebonds, mais Bamberg revenait tout de même à 54 partout (35e’). Leloup sur la ligne, puis Traoré et le premier panier de Campbell, faisaient courir le plus fol espoir : 54-61 (36e’). Mais les Bavarois ne lâchaient rien, repartaient au combat, profitaient de l’une ou l’autre balle perdue et Strelnieks les remettaient en selle : 58-61 (37e’). La SIG ne tremblera pourtant pas. Armée d’une foi inébranlable dans ses convictions de jeu, elle trouvait en Diot, Campbell et Howard (100% sur la ligne pour le trio) ses héros d’un soir : 63-70. Cette équipe n’a décidément pas fini de nous surprendre !

 Jean-Claude Frey

Le match en vitesse

BROSE BASKETS BAMBERG – SIG 63-70. Brose Arena. 6 800 spectateurs. Arbitres : MM. Koromilas (Grèce), Bulto (Espagne) et Lanzarini (Italie).

Les périodes : 18-15, 14-12 (mi-temps : 32-25), 17-26 (49-51), 14-19.

Les statistiques

Les réactions

Vincent Collet : « C’était un match surprenant pour moi. En première mi-temps, nous n’avons pas bien joué et nous étions tout heureux d’avoir si peu de retard au retour dans les vestiaires. Bamberg nous a dominé par son agressivité, son intensité. Nous avons été naïfs. J’ai demandé à mes joueurs de bouger la balle, d’aller à l’intérieur et nous ne l’avons pas respecté. Heureusement, Bamberg n’en a pas profité. J’ai félicité mes joueurs à la fin parce qu’ils avaient changé d’attitude, même si les Allemands ont marqué les cinq premiers points de la 2e mi-temps. On a bougé la balle, cela nous a donné des bons tirs et on a marqué. Le match est resté serré jusqu’au bout mais à la fin, on a fait les stops qu’il fallait. Diot a été le symbole de la deuxième mi-temps. Son 3e quart a été exceptionnel en scorant, en contrôlant le jeu, en nous donnant du mouvement. Mais c’est aussi un succès de toute l’équipe car on a vu, à tour de rôle, tous les joueurs s’impliquer. Même Ali Traoré, en difficulté en première mi-temps, a su relever la tête et participer à cette performance. Cette première place est une satisfaction mais le plus important ce soir, c’est cette victoire remportée à Bamberg. Elle nous permet de voir loin dans la suite de la compétition ».

Antoine Diot : « La première mi-temps a été très difficile. On n’a pas joué notre jeu et ils nous ont imposé leur rythme. On s’est remis la tête à l’endroit à la pause et on a fait une très grosse deuxième mi-temps. Cette victoire est très importante pour la suite. On a vu ce qu’exigeait ce genre d’exploit. Mais nous avons aussi été chanceux car si nous reproduisons les mêmes erreurs ailleurs, on peut ne jamais revenir… »

Ali Traoré : « C’était une guerre de tranchée, si je peux me permettre cette image. On a été agressé et on n’a pas répondu de la bonne manière. C’était très physique. On a beaucoup mieux fait bouger la balle en deuxième mi-temps, on a fait bouger leur défense tout en répondant à leur défi physique ».

 Les résultats

resultats et classement J9 EC