Un rouleau compresseur

Mickaël face à Pietrus

La SIG portée par son collectif (21 passes) et son adresse à trois points (10 sur 18) a fini, à l’usure, par venir à bout d’une coriace équipe de Nancy : 82-72. Mission accomplie. La meilleure façon d’entamer une semaine à trois matches…

Jérémy Leloup a été très efficace en attaque et en défense.
Jérémy Leloup a été très efficace en attaque et en défense.

Alain Weisz manifestait quelque inquiétude avant le coup d’envoi. « Strasbourg a la meilleure équipe de son histoire… Elle est supérieure à celle qui fut championne de France ». Info ou intox ? Difficile de ne pas reconnaître au coach nancéien une parfaite connaissance du basket hexagonal des… 30 dernières années. Mais c’était aussi, de toute évidence, une façon de se protéger d’un résultat défavorable. Car Nancy présentait également une équipe redoutable, avec le retour de Flo Pietrus et de Vaughn Duggins, placés d’entrée dans le cinq.

Un match de séries

La SIG prit le meilleur départ (6-0, 2e’). Howard de près puis en dissuasion sur Falker avant de capter son premier rebond, puis Traoré et Campbell après une interception, avaient donné le ton des deux côtés du terrain. Mais Nancy rentrait dans le match, profitait de quelques bévues alsaciennes et surtout d’une énorme adresse. Le 0-10 signé Duggins et Adams derrière l’arc, puis Gladyr en périphérie et enfin Falker sous le cercle, avait changé la donne : 8-10. La SIG relançait bien avec Traoré et Howard (11-10, 5e’), mais trois nouvelles flèches de Duggins et Adams obligeaient Collet à prendre un temps mort à 11-17 (7e’). Gelabale et Diot ramenaient à 17 partout après deux réussites à 6,75m, mais c’est encore Nancy qui prenait les devants en fin de période : 17-22.

14-4 en cinq minutes

Changement de physionomie en début de deuxième quart avec une défense strasbourgeoise plus féroce. Adams accumulait les pertes de balles face à la pression de Dobbins. En 1’20’’, la SIG avait inversé le score (24-22) sous l’impulsion de Campbell. Il faudra même attendre 3’30’’ pour voir Nancy scorer par le jeune Sene venu au relais d’Adams. Il n’y avait d’ailleurs que le culot du jeune meneur remplaçant pour maintenir la tête du SLUC hors de l’eau… Par la suite, les coups de sifflet provoquèrent un concours de lancers-francs (22 dans la période !) qui tournait à l’avantage de la SIG : 44-37. Leloup, mais aussi Lacombe, très actifs des deux côtés du terrain, avaient contribué à cet écart. Seules les balles perdues (11 déjà) avaient empêché l’avance de gonfler en faveur des Alsaciens.

Le collectif fait la différence

Dans la troisième période, la SIG repartait pied au plancher à l’image d’Ali Traoré qui bénéficiait du travail de sape de Howard sur Pietrus : 50-41 (22e’). Mais Nancy ne lâchait rien et se rapprochera même à trois petits points : 55-52 (27e’). Collet tentera le « small ball » avec Gelabale sur Pietrus et Campbell à la baguette. Stratégie payante à laquelle un Howard des grands soirs qui relevait le défi physique comme à son habitude, se souciant peu du pedigree de son vis-à-vis, apportait largement son écot : 68-56 (30e’). Avec 15pts, un joli 9 sur 9 aux lancers-francs, 8 rebonds et 8 fautes provoquées, il finira avec la meilleure évaluation strasbourgeoise.

Il y avait là de quoi aborder sereinement le dernier quart d’un match que la SIG remportera à l’usure. Car à force de combattre, c’est Nancy, pourtant réputé dans le domaine, qui baissait de pied, pénalisé par les fautes. La petite frayeur à 74-65 (35e’) due à un excès de facilité, était corrigée par Collet et Diot, en demi-teinte, réagissait de façon positive aux « légèretés » précédentes en plantant un trois points qui creusait à nouveau l’écart : 79-65. Et même si Nancy tentait de limiter la casse, les hommes de Collet rejoignaient Limoges qui l’avait emporté en début de soirée à Boulogne (85-96) en tête de la ProA. Place maintenant à Reggio Emilia pour faire de même en Eurocup.

Jean-Claude Frey

 

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 Le match en vitesse

SIG – SLUC NANCY 82-72. Rhenus Sport. 4 835 spectateurs. Arbitres : MM. Bardera, Bretagne et Creton.

Les périodes : 17-22, 27-15 (mi-temps : 44-37), 24-19 (68-56), 14-16.

Les statistiques

Les réactions

Vincent Collet : « On a eu d’autres armes que la dureté ce soir. Nancy n’avait d’ailleurs rien à nous envier dans ce domaine. La différence s’est faite avec 21 passes contre 11. Les balles perdues nous ont empêché d’alterner en première mi-temps. Cela s’est mieux passé en seconde mi-temps, où on est allé au bout de nos systèmes pour trouver de meilleures positions. Mais Nancy n’a jamais rien lâché, est resté solide et valeureux. On a mis du temps à s’habituer à la fermeture excessive de la raquette qu’ils nous ont proposée. Matt Howard a fait un match exceptionnel et il a réussi tous ses lancers ! Il va falloir enchaîner rapidement mais seul Campbell a été très sollicité ce soir. Il a été remarquable et a pris le relais d’un Antoine Diot un peu en-dedans ».

Louis Campbell : « C’est un derby et comme l’an dernier en play-offs, c’était très disputé. Un match de ‘’chiens’’ ! La différence s’est faite lorsque nous avons limité les pertes de balles qui nous avaient pénalisés en première mi-temps ».

Alain Weisz : « Une défaite de 10 points seulement avec une équipe « refaite », je ne suis pas mécontent. Strasbourg a été très fort à trois points. 19 balles perdues dont 13 à la mi-temps chez nous, cela reste un problème récurent. On a été courageux, on a bien résisté à l’agressivité de la SIG. Strasbourg est très, très fort. L’apport d’Ali Traoré leur donne une capacité offensive qu’ils n’avaient pas l’an dernier. On ne peut pas être déçu de ce match. Strasbourg l’a dominé, contrôlé, mais nous sommes sur le bon chemin. On a manqué d’alternance avec Darius Adams à la mène et on l’a mieux fait avec Benjamin Sene, qui a été très bon ».

Espoirs

SIG – Nancy                70-59

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