Un (très) solide leader

Anthony omniprésent en défense

En neutralisant le trio majeur des Parisiens (Green, Schilb, Ford) la SIG avait fait l’essentiel et pris 23 points d’avance avant de se faire peur dans le dernier quart. La victoire, associée à la défaite de Nanterre contre Le Havre, n’en était que plus belle. Plus que jamais la SIG est un solide leader. Les quatre jours de repos qui attendent les joueurs strasbourgeois sont les bienvenus ! Et ils sont diablement mérités !

Matt Howard, vaillant comme à son habitude, a dominé Sharrod Ford.
Matt Howard, vaillant comme à son habitude, a dominé Sharrod Ford.

La SIG avait tout à craindre de cette rencontre. Plus en raison de l’état de fatigue de ses joueurs que de la valeur des Parisiens pourtant en pleine bourre. Le début de match fut totalement à l’inverse. Bien en jambes – pour la première fois cette saison, Louis Campbell, le capitaine, qui venait de présenter le trophée de la Leaders Cup aux fans, avait cédé sa place dans le cinq de départ –, les Strasbourgeois avaient concédé un panier à Blake Schilb au bout de quelques secondes, mais avaient ensuite totalement cadenassé le match. Avec l’aide d’un PL à l’envers, cumulant les balles perdues (8 dans la période) et les mauvais choix, dont le dunk manqué d’Oniangue apparaissait comme le symbole flagrant…

Un effectif bien géré

A l’opposé, la SIG, sans génie particulier (3 sur 13 seulement à deux points en 10’) avait grappillé les points, comme un écureuil avant l’hiver, comptant sur Howard notamment, puis sur Fofana, pour faire la loi au rebond. Mais les prises (12 sous le panier adverse en première mi-temps !) n’étaient pas toujours exploitées au mieux. Toujours est-il qu’en n’encaissant pas le moindre point en… 8’50’’, la SIG s’était offert un copieux matelas (18-2, 9e’) qui lui faisait du bien.

Comme prévu, Vincent Collet pianotait sur le banc, ménageait ses cadres, à la peine physiquement, et si Christmas et JBAM (12 points pour le duo) en profitaient pour réduire le score à 25-16 (14e’), les Strasbourgeois trouvaient en Dobbins, Leloup, Traoré et… Duport, follement ovationné à son retour sur le parquet du Rhenus, des atouts majeurs pour maintenir Paris à distance : 39-24, 44-26 puis 46-32 à la pause après la première réussite de Schilb dans la partie. Un écart minimal, à adresse quasiment équivalente, eu égard à la domination alsacienne : 21 à 12 aux rebonds, 15 passes à 5, 5 balles perdues contre 12, et 60 à 28 à l’évaluation…

La SIG enfonce le clou et… se fait peur

Traoré et Diot derrière l’arc en remettaient une couche dès la reprise (51-32), et la SIG déroulait son jeu d’attaque en contrôlant le PL en défense. Du coup, l’écart ne bougeait guère. Avec un très bon Dobbins (3 sur 4 à trois points, 17 d’évaluation en 23’) la SIG prenait même 23 points d’avance : 68-45 (28e’). Le trio Green-Schilb-Ford n’avait alors marqué que… trois paniers !

On pensait s’acheminer vers une fin de match tranquille. Mais entre une équipe soudain sans solution, manquant de jus en défense et des Parisiens qui tombaient dans l’euphorie, le match faillit bien basculer. Un 0-16 à cheval sur les deux périodes relançait totalement la partie : 70-66 (35e’). Collet avait ‘’brûlé’’ deux temps morts mais Labeyrie et surtout Christmas (15pts dans le dernier quart) avaient pris feu. Paris reviendra à trois points (74-71) et dans une fin de match débridée, la SIG, avec ses tauliers, Diot (14pts, 21 d’éval), Leloup (18pts, 23 d’éval) et Howard notamment, assurait l’essentiel. Tout le groupe pouvait fêter dignement la naissance de la petite Hawa, née dans la matinée au foyer de Bangaly Fofana !

Jean-Claude Frey

Le match en vitesse

SIG – PARIS-LEVALLOIS 89-80. Rhenus Sport. 6 100 spectateurs. Arbitres : MM. Bardera, Paic et Lubienski.

Les périodes : 19-4, 27-28 (mi-temps : 46-32), 24-21 (70-53), 19-27

Les statistiques

Les réactions

Vincent Collet : « J’ai été surpris par notre agressivité en début de match. On avait des jambes en défense. Les joueurs m’ont récompensé du repos que je leur ai accordé après le match à Denain. Un premier quart exceptionnel, mais le 19-4 n’était pas cher payé pour Paris… On a bien attaqué dans la deuxième période, mais par la suite, nous avons encaissé 76 points en trois périodes, une première cette saison ! Paris est une équipe très dangereuse par séquences. On a eu la bonne idée de mettre de l’alternance et d’être agressif vers le panier. Il faudra se souvenir de notre relâchement défensif mais heureusement, on a joué juste en attaque. La défaite de Nanterre nous permet de faire une très bonne affaire mais c’est aussi notre régularité qui a été récompensée. Il y a eu aussi une belle communion avec une salle pleine. J’ai apprécié… »

Bangaly Fofana : « On avait très bien entamé le match, y compris le 3e quart temps d’habitude si difficile. Et puis dans le quatrième quart, on s’est fait peur, Paris a rentré des shoots incroyables. Mais heureusement, la victoire était au rendez-vous. On s’est peut-être relâché en défense parce qu’on déroulait bien en attaque. Les quelques jours de repos vont nous faire beaucoup de bien ».

Gregor Beugnot : « Je ne m’explique pas notre début de rencontre. On marque, puis on a un dunk qu’on ne met pas. On subit une très belle prestation de Strasbourg, agressif des deux côtés du terrain. La réaction est belle, mais pourquoi, ce soir, on n’a pas mis d’intensité dès le début… Dommage parce que le match se joue d’entrée. Cela doit nous servir de leçon, notamment en Pologne mercredi. On doit s’adapter à ce qu’on nous propose en face. On ne peut pas penser qu’à l’attaque. Depuis deux mois, tout vient de la défense et ce soir, on n’a pas fait les efforts. Ce n’est pas la manière qu’on doit mettre pour jouer le jeu qu’on préconise ».

Maleye N’Doye : « Dionte Christmas était en feu, il a mis des tirs très compliqués pour nous permettre de revenir. On a monté l’intensité en défense mais le match ne se joue pas là. On n’a pas été dans le combat dès le début et on n’a aucune excuse. On ne revient pas aussi facilement contre une équipe comme Strasbourg qui a su faire appel à ses joueurs expérimentés pour finir. On a mis l’agressivité beaucoup trop tard ».

Espoirs

SIG – Paris-Levallois 63-47

19e succès d’affilée pour le leader qui file tout droit vers le titre de champion après la défaite de Nanterre. Après une première mi-temps très serrée (23-22), les jeunes Strasbourgeois ont faut l’écart dans la 3e période (19-7) s’imposant aisément malgré… 32 pertes de balles.