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Actualités La SIG et la Coupe de France, une belle histoire (2)

La SIG et la Coupe de France, une belle histoire (2)

Avant sa troisième finale, dimanche contre Le Portel, nous nous plongeons dans l’histoire de la SIG en Coupe de France. Après l’époque ancienne (voir par ailleurs), place à l’ère professionnelle, aux finales de 1994 et 1999, les deux fois en ProB, et aux demi-finales 2005, 2007 et 2009. Avec les témoignages de certains de ceux qui les ont vécues.

Au début des années 90, la SIG, qui tutoyait les premières places en Nationale 2 mais restait limitée par le cadre exigu de la salle de la rue de la Poste, à Graffenstaden, se rapproche de Strasbourg grâce au changement de municipalité. Parallèlement, elle décroche sa place en Nationale 1b, la ProB de l’époque, et intègre le hall du Tivoli. Rapidement, sous la houlette de Patrick Lazare, qui l’a amenée à ce niveau, puis de Christian Monschau, avec des jeunes prometteurs – Bruno Hamm, Olivier Weissler, Laurent Bernard ou Mathieu Sturm –, encadrés par des anciens – Jim Deines ou Patrick Haquet – et de jeunes Américains de talent (Cedric Ball et Mark Stevenson), la SIG trouve sa place. Et fait une campagne de Coupe de France exceptionnelle en 1994.

Battue par le grand Limoges
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Bruno Hamm, le maître à jouer de l'équipe en 1994. (Photo DNA)

Tour à tour, deux équipes de ProA, Châlons, la lanterne rouge (98-63), puis Levallois (88-69) subissent la déferlante alsacienne dans un Tivoli en feu. Toulouse (ProB) ne peut pas faire mieux en quart de finale : 107-74. Le billet pour Paris est acquis. Car c’est sous la forme d’un Final Four que les quatre rescapés se disputent le trophée à Coubertin. Il y a là le CSP Limoges de la grande époque, le PSG-Racing et deux équipes de ProB, la SIG et… le FC Mulhouse.

En demi-finale, le tirage au sort effectué par le comédien Charles Gérard « offre » un derby 100% alsacien au public parisien ! Si la première mi-temps reste serrée (38-39), Bruno Hamm, qui vient de signer à Pau, et Weissler, qui « enquille » deux fois à longue distance, créent l’écart. A l’arrivée, c’est un succès net (92-71) et… une place en Coupe d’Europe puisque Limoges, l’autre finaliste, qui a battu le PSG-Racing, disputera la Coupe des Champions ! « C’était la plus belle épopée, se souvient Olivier Weissler, aujourd’hui directeur du Centre de formation. Une grosse saison avec la montée en ProA, en barrages contre Le Mans, un groupe exceptionnel, une bande de potes avec un bel équilibre de jeu. On se sentait indestructible ».

Mais contre le CSP de Bozidar Maljkovic, les jeunes Strasbourgeois n’ont tenu que 15 minutes environ pendant lesquelles ils auront mené plusieurs fois, jusqu’à 25-24. Et puis, malgré le talent de Stevenson, auteur de 26 points, la SIG devra rendre les armes : 83-66. « Limoges avec Dacoury, Bilba, Michael Brown, c’était chaud ! Moi, j’avais Dacoury sur le paletot… Pourtant, c’était à Coubertin, où j’avais mes habitudes puisque j’avais joué trois saisons au Racing. Mais malgré la défaite on a fait une belle fête avec les supporters à la Coupole ! », continue Weissler.

Cholet avec… Girard et Jeanneau !

Cinq ans plus tard, la SIG qui a vécu l’expérience de la ProA mais est redescendue à l’étage inférieur, se régale à nouveau sur les deux fronts : championnat et Coupe. Avec une équipe construite pour remonter, sous les ordres de Christophe Vitoux, elle décroche le titre de champion de France de ProB, et multiplie les exploits en Coupe. Saint-Etienne (ProB) ne résiste pas (73-63), Gravelines (ProA) avec Gary Alexander passé par la SIG, et… Jean-Denys Choulet sur le banc, est broyée au Rhenus (96-72). En 8e de finale, la SIG se rend à Nantes, souffre mais passe (73-80), avant de ne laisser aucune chance à Levallois (ProA) à… « 108 à l’heure », comme le soulignait la presse locale (108-84). Le journal « L’Équipe » s’amuse également : « D’ordinaire, les Strasbourgeois sponsorisés par une marque de dessous masculins, offrent des slips en coton à leurs adversaires. Hier soir, les Levalloisiens sont pourtant repartis cul nu après avoir subi une défaite qui avait tout d’une déculottée ! »

L’exploit contre Villeurbanne

En demi-finale, ça se complique. Le Rhenus est comble pour accueillir… Villeurbanne, qui domine la ProA de l’époque. Mais ce 21 avril sera le jour de gloire des Strasbourgeois. L’équipe de Greg Beugnot, emmenée par un Américain exceptionnel, Delaney Rudd, est archi-favorite. Mais, sérieusement surveillé par Paris McCurdy, Rudd craque et est disqualifié juste avant la mi-temps. Weissler, à l’origine d’un 10-0, contribue à l’écart à la mi-temps : 40-30. Mais Jim Bilba, Alain Digbeu et Laurent Pluvy, qui a pris le relais de Rudd, reviennent et égalisent à 12 secondes de la fin : 69-69 ! Jack Lothian, d’une ultime claquette après un tir manqué d’Ahmadou Keita, envoie la SIG à Bercy.

La désillusion contre Cholet
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Jarod Stevenson (à gauche) face à Deron Hayes (Cholet).

Le 2 mai, c’est face à Cholet que la SIG rêve de bousculer une nouvelle fois la hiérarchie. En lever de rideau, les cadettes de l’US Wittenheim et leur jeune pivot… Lauriane Dolt, ramènent la Coupe de France en Alsace. Eric Micoud, encore un ancien de la SIG, conduit le jeu de Cholet, mais se blesse rapidement au tendon d’Achille. Eric Girard, le coach, fait appel à un jeune de 20 ans, prometteur : Aymeric Jeanneau. « On était content que la SIG ait battu l’ASVEL car c’est forcément mieux de jouer une équipe de ProB, se rappelle celui qui est aujourd’hui manager de la SIG. On avait déjà gagné la Coupe la saison d’avant et on voulait garder le trophée. On avait une équipe plus étoffée, avec Cedric Miller, Deron Hayes et un banc plus solide. Je me souviens d’Olivier Weissler et puis surtout de Jarod Stevenson, MVP de ProB, qu’on a fait signer à Cholet la saison suivante ».

Les souvenirs d’Olivier Weissler sont plus douloureux. « On avait une grosse équipe. Cholet avait certes plus de talent et d’expérience, mais on y croyait. Et du coup, cette défaite, devant 7 500 spectateurs à Bercy, a été une vraie déception ». Car comme on le sait, une fois encore, la SIG avait échoué sur la dernière marche : 85-70.

La SIG ne reviendra plus en finale… En 2005, 2007 et 2009, malgré de beaux parcours, elle échouera à chaque fois en demi-finale. Contre Gravelines (87-89), à Châlons-en-Champagne (83-76) et au Mans (78-60).

Dimanche, elle espère vraiment vaincre enfin le signe indien, portée par 800 supporters enthousiastes.

Jean-Claude Frey (avec « La saga de la SIG » de Jacques Granier)

Le Final Four de 1994 en vidéo

Le parcours de la SIG en Coupe de France

Historique de la SIG en Coupe de France