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Actualités Antoine Diot : « Le club est en train de grandir »

Antoine Diot : « Le club est en train de grandir »

Samedi, la SIG se déplace à Bourg-en-Bresse pour le dernier match de la saison régulière. Entre les Alsaciens, assurés de finir premiers, et les Bressans avant-derniers et relégués en ProB, le match peut sembler, sur le papier, pas vraiment ‘‘sexy’’…

AntoineDiot5Il est peut être difficile pour certains de trouver un intérêt sportif à cette rencontre. Une chose est sûre, ce ne sera pas le cas pour un joueur en particulier à la SIG. Né à Bourg-en-Bresse, Antoine Diot a coché depuis très longtemps ce match dans son calendrier. Il expliquera pourquoi ce premier retour sur ses terres, en tant que joueur professionnel, est si spécial à ses yeux. Mais avant cela il revient sur la saison de son équipe et parle sans équivoque, des bons et mauvais moments qu’ils ont vécus jusque maintenant. Celui qui, aux yeux de beaucoup de spécialistes, réalise la saison la plus aboutie de sa carrière donne également son point de vue sur ses performances, sa marge de progression et ses ambitions futures.

F.T : Antoine, deux titres, MVP de la Leaders Cup, dans le 5 majeur LNB, nommé une deuxième fois pour être MVP et plus globalement un fort leadership dans la meilleure équipe de ProA. Est-ce ta meilleure saison en carrière?
A.D : ça dépend. Si tu regardes les chiffres, ce n’est pas ma meilleure saison. Mais pour moi oui, effectivement ça l’est. Je me sens bien dans cette équipe et je suis beaucoup plus constant dans mon jeu. S’il faut scorer ou s’il faut faire jouer l’équipe, je m’adapte. Mais je le dois à mes coéquipiers, qui me font confiance et me mettent dans de bonnes situations. C’est le travail collectif qui fait tout. Je le dois aussi à Vincent et Pierre. Ils m’ont fait grandir sur l’aspect mental que je n’avais pas forcément avant, et grâce à la philosophie d’équipe qu’ils ont développée. Je pense que c’est ça le plus important et qui fait que je réalise, selon moi, ma meilleure saison en étant le leader de cette équipe.

F.T : Si l’on regarde un peu plus loin, où situes-tu ta marge de progression?
A.D : Même si j’ai franchi un cap cette saison, il faut que je gagne encore en constance pour encore progresser, au niveau technique, de l’adresse, etc. Je pense que, durant toute une carrière, il faut progresser et savoir se remettre en question. Je suis sûr que même un joueur comme Navarro a des points qu’il ne maîtrise pas et y travaille. On a toujours une marge de progression. Donc il faut que je travaille encore; par exemple au niveau technique, ma main gauche ou mon tir en périmètre. Même mes points forts il faut que je les travaille encore.

Stats Diot 20142015F.T : Et quelles sont tes ambitions pour le futur ?
A.D : J’ai envie de jouer au meilleur niveau de mes capacités mais je ne peux pas vraiment dire où elles sont. Je pense avoir montré que je peux jouer en Euroleague donc, retrouver l’Euroleague est une de mes priorités. Mais si, un jour, j’ai l’opportunité de tenter ma chance en NBA pourquoi pas… Mais ça ne m’intéresserait pas de jouer dans une équipe NBA où je serais au bout du banc. Je suis encore jeune dans le monde du basket. Je prends du plaisir à jouer et j’ai envie de jouer! Je ne recherche pas l’argent ou la reconnaissance. Je recherche avant tout des projets qui me correspondent, dont j’ai envie de faire partie et dans lesquels je peux prendre du plaisir.

F.T : La SIG est la meilleure défense de ProA avec 65,1pts encaissés et même la 3eme meilleure des 20 dernières années derrière Gravelines en 2012 (64,9pts) et le PSG en 1998 (64,3pts). Cela nécessite un niveau d’exigence hors norme dans le travail au quotidien…
A.D : Notre chance c'est d’avoir reconduit une grande partie du groupe de l’année dernière. On avait déjà une bonne structure et Vincent a rajouté à ça des défenseurs extraordinaires comme Tony et Matt par exemple. Mais même Ali, qui a souvent été décrié comme un ‘‘mauvais défenseur’’, a cette année fait beaucoup d’efforts et a énormément progressé. On défend vraiment ensemble. On travaille pour ça, car c’est ce qui nous rend plus fort. On a compris et on adhère tous au projet de Vincent. C’est clairement notre point fort.

F.T : Si je te montre ce titre, qu’est-ce que cela t’inspire ? (ndlr : Basket Hebdo no88 «Strasbourg est-il invincible?»)
A.D : Je n’aime pas trop ce titre. Je pense que l’on n’est pas invincible du tout. On l’a vu plusieurs fois cette année: on n’a de marge sur personne ! C’est dans les matches où l’on est les plus exigeants que l’on est les meilleurs. Mais si on relâche notre niveau de concentration et d’exigence, on a vu qu’on pouvait être très vulnérable. Donc on n’est pas du tout invincible! Mais surtout, ceux qui ont ça en tête, doivent se le sortir parce qu’on peut vite arriver à de grosses déconvenues si on le pense ! Il va falloir se battre pour aller chercher ce dernier titre !

F.T : De grosses déconvenues comme en Eurocup. Est-ce que St Pétersbourg est digéré et vous a-t-il fait grandir ?
A.D : Ce n’est pas forcement digéré car honnêtement c’est un très gros échec! On avait l’équipe et les moyens d’aller beaucoup plus loin. Mais la défaite nous a servis ! On s’est peut être vu ‘‘trop beaux’’. Un dernier match à domicile, contre une équipe sans grosses stars, on s’est peut-être dit que la qualif’ allait être acquise, qu’on ne pouvait pas perdre. On regardait déjà qui on allait jouer en huitième de finale… Moralité : en se voyant trop beaux, on s’est pris une bonne grande claque! Ça nous a remis les pieds sur terre et c’est grâce à ça que l’on a gagné la Leaders Cup et la coupe de France. Cette grosse claque nous a permis de nous regarder dans le miroir pour se dire : « qu’est-ce qu’on a mal fait ? Qu’est-ce qu’on doit faire ? ». On s’est remis en question en équipe pour repartir de l’avant. Cette défaite aussi douloureuse soit-elle, nous a appris beaucoup de choses…

antoinediot4F.T : Mais globalement on peut dire que la saison du club est exceptionnelle…
A.D : Le club est en train de grandir. La plus grande satisfaction vient du fait qu’il y a de plus en plus de monde qui nous suit, dans les médias mais aussi au Rhenus. C’est la preuve que l’équipe tourne bien et donne du plaisir aux gens. Mais ça marche dans les deux sens. Plus il y aura de monde dans la salle et plus l’équipe sera forte. C’est un engrenage ! On gagne et en plus on dégage une solidarité et un bon esprit d’équipe. Pour moi c’est important et je pense que les gens apprécient aussi. Il commence à  y avoir un vrai engouement basket à Strasbourg. Ce n’était pas une chose évidente quand je suis arrivé. On jouait des gros matches et il n’y avait pas grand monde dans la salle ; tu te dis «bah mer**, qu’est-ce qui se passe? Qu’est-ce qu’il faut faire ? » . Là le fait de gagner des titres et produire un basket qui plait, a changé la donne. Ça fait du bien.

F.T : Vous avez un dernier match à jouer à Bourg. Je sais qu’il sera très particulier pour toi. Peux-tu nous expliquer pourquoi ?
A.D : C’est mon club de cœur tout simplement ! C’est le club qui m’a formé, c’est là que j’ai fait mes premières gammes. Mon père coache les benjamins et ma mère a été présidente de la section amateur. Tout cela fait que ce club est très particulier pour moi. C’est là où j’ai vu mes premiers matches professionnels. C’était l’époque Saddi Washington, Crawford Palmer, Jean-Luc Tissot, Fabrice Serrano… Ce n’était pas l’équipe la plus talentueuse mais elle donnait tout sur le terrain et ne lâchait rien. J’ai grandi avec ces valeurs. Ce n’est pas le plus grand club de France mais c’est un esprit famille que j’apprécie.

F.T : Un mot sur cette équipe cette saison…
A.D : Malheureusement, leur saison a été tronquée par les blessures et aussi peut-être par quelques erreurs de casting. S’ils avaient eu le groupe qu’ils ont actuellement, leur saison aurait été bien différente. Chaque équipe connait des blessures. Il faut hélas vivre avec ; encore plus quand tu as un groupe restreint. Mais c’est dommage…

F.T : D’autant plus que le club a de bons projets, comme une école pour former de jeunes meneurs de jeu…
A.D : Oui, il y a un réel projet et je suis sûr que la descente ne les fera pas couler ! Ils ont leur nouvelle et magnifique salle et ils ont créé une école de meneurs, ce qui est assez novateur en France, et dont je suis le parrain… On sent qu’il y a une vraie envie d’avancer !

F.T : Quel sera l’objectif de la SIG pour ce dernier match de saison régulière ?
A.D : Jouer à fond et imposer notre rythme. Les deux équipes n’ont plus rien à jouer mais il ne faudra pas faire de ce match un All Star Game ou une fête. Il faudra que l’on reste dans ce que l’on sait faire. Jouer est la meilleure façon de progresser dans l’optique d’être encore meilleurs en play-offs.

F.T : Le futur proche ce sont donc les play-offs. Selon toi, quel est le mot d’ordre pour parvenir jusqu’en finale et essayer de gagner le titre?
A.D : Je n’en ai pas qu’un. Si je devais résumer, je dirais : concentration, exigence, détermination, rigueur, dureté et chance. Je pense que c’est le cocktail pour gagner. J’ai mis la chance, car il en faut toujours un peu. Je ne parle pas de la chance que l’on attend en espérant qu’elle nous tombe dans les mains ; mais de celle qu’il faut provoquer.

Interview réalisée par Franklin Tellier