Basket
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SAISON 2018 / 2019
rendez-vous dimanche 30 septembre pour le premier match au Rhenus
SIG_Chalon Toupane Suggs Campbell Evtimov
Actualités La révolte ou… les vacances

La révolte ou… les vacances

Poussés à un match 3 décisif par des Chalonnais survoltés, mais aussi par leur incapacité à jouer à leur vrai niveau, les basketteurs de la SIG ont 40 minutes, ce mercredi à partir de 20h (live score sur sigbasket.fr), pour se remettre la tête à l’endroit. Sous peine de gâcher une saison si bien conduite jusqu’ici… Dans un Rhenus survolté, tout doit être mis en œuvre pour repartir vers les sommets.

« Il va falloir trouver ce qu’il s’est passé ». Vincent Collet, dépité, mais aussi en colère, ne comprend pas. Devant la vidéo du match, pendant une partie de la nuit qui a suivi cette deuxième manche perdue (79-71), il ne reconnaît plus son équipe. Et il n’est pas le seul… Tétanisés par l’enjeu, lâchés par quelques joueurs-cadres, incapables de se mettre en mode play-offs, ils ont subi pendant près de 40 minutes.

Ils ont retrouvé du jeu, mais égaré leurs valeurs
SIG-Chalon PO match1

Le public jouera à nouveau un rôle décisif dans la troisième manche.

Une part du mérite en revient évidemment à Chalon. Les joueurs ont trouvé un supplément d’âme dans la blessure de Jason Rich, arrivé sur le banc de touche en cours de match. Jean-Denys Choulet a trouvé les mots et la stratégie qui ont fait balbutier leur basket aux hommes de Vincent Collet. Et les Chalonnais se sont appuyés sur un public exalté, ont mis un maximum d’agressivité dans leur engagement, aux rebonds, parfois trop même, à l’image de Lessort ou d’Evtimov. Pris à la gorge, les Strasbourgeois ont répondu en deuxième mi-temps, parfois naïvement, et à l’arrivée, le différentiel de fautes (27 à 21) et de lancers-francs (20 tentés contre 30) s’est retourné contre eux… Un comble !

« On a tout de même mieux joué en attaque que samedi. On a été patient, on a retrouvé notre jeu intérieur (NDLR : 19 sur 29, soit 66% mais aussi 19 passes) », insistait Collet. Mais c’est encore la maladresse extérieure – 8 sur 48 en cumul sur les deux matches – sur des tirs très ouverts transformés en sous-marins et en air-balls, et aux lancers-francs (10 sur 20), cumulée à une mauvaise entame en défense, qui ont plombé la SIG.

Thérapie de groupe

« On souffre parce qu’on a des joueurs-cadres qui sont en-deçà de leur niveau », regrettait le coach. Dans le collimateur, Antoine Diot (3 sur 11 après le 3 sur 16 de l’autre soir) et Jérémy Leloup, bien sûr, mais ils ne sont pas les seuls. Ali Traoré a surnagé lundi soir, efficace en attaque, vaillant en deuxième mi-temps (7 rebonds dont 6 offensifs), mais il était trop seul. Lacombe et Toupane ont joué à l’envers, Dobbins et Dragicevic sont dans le dur depuis un moment, et les éclairs de Campbell n’ont compensé que partiellement les bévues du capitaine – balles perdues et mauvais choix – qui ont provoqué le premier décrochage (de 11-10 à 19-10 dans le premier quart).

Il faut maintenant qu’un esprit de révolte souffle sur le vestiaire strasbourgeois. Que les joueurs se mobilisent pour aller au combat et ne pas gâcher tout ce qui a été (si bien) réalisé depuis septembre. A eux de se parler, de faire l’union sacrée. A la manière des handballeurs français… Disciple de la méthode Onesta, Collet devrait souscrire à cette initiative. « Notre jeu ne peut pas disparaître en deux ou trois jours. On paie sans doute les matches trop faciles disputés contre Orléans, Rouen, Nanterre qui n’a pas joué, ou Bourg-en-Bresse. On n’a plus eu de vrai match depuis la finale de la Coupe de France. Alors que Chalon est resté sur la dynamique qui lui a permis de décrocher sa 8e place ».

Vincent Collet sait que le collectif si précieux et savamment mis en place peut retrouver des couleurs aussi vite qu’il les a perdues. Mais il faudra d’abord de l’engagement, des soldats, poussés par un public aussi chaud que lors du match 1.

Mettre la pression sur Anthony Ireland
SIG-Chalon po Match1 Ireland Toupane

Axel Toupane et ses équipiers devront mettre une grosse pression sur l'unique meneur de jeu de Chalon, Anthony Ireland...

Jean-Denys Choulet, fidèle à sa roublardise, a déjà entamé la « belle », dès la fin du match 2. « Il faut raison garder. C’est bien d’écrire l’Histoire, mais il faut quand même quelques soldats pour l’écrire. J’ai confiance dans mon groupe, dans son engagement. Mais je ne suis pas sûr qu’on ait la puissance physique suffisante, pour reproduire le même match, 48 heures plus tard. Eux, je suis certain qu’ils l’ont. On ne peut pas multiplier ce qu’on n’a pas. Et Strasbourg sera revanchard… »

« Très clairement, c’est peut-être nous qui sommes fatigués, répond Collet. Howard est blessé, Rich chez eux, cela va s’équilibrer. Il faudra s’inspirer de ce que Chalon a fait chez lui ». Pour le coach chalonnais, l’absence de Matt Howard – comme face à… Saint-Pétersbourg – ne changera rien. « Ce n’est pas sur un poste qui nous gêne. Ils pourraient avoir six intérieurs, je m’en fous. Le problème, c’est que je n’ai qu’un meneur, à l’origine une rotation derrière Tchicamboud. Pour vous dire, on a même fait travailler William Gradit et Axel Bouteille à la mène ». Et comme un mauvais coup n’arrive jamais seul, Paul Lacombe est lui aussi incertain. Touché à la cheville gauche, il a quitté le terrain en boîtant. La radio passée ce mardi n’a rien révélé de grave mais la douleur est vive. Les médecins prendront une décision avant le match quant à sa participation.

Méfiance bien sûr, car l’Élan ne rendra pas les armes facilement. Ce n’est pas le genre de la « maison Choulet ». Elle sera tout de même tributaire de la performance d’Anthony Ireland, souvent fragile, qui devra subir une pression plus importante que dans la deuxième manche. « On espère qu’il pourra rééditer sa performance mais on sait à quoi s’attendre à Strasbourg. Et pour la première fois depuis belle lurette, vous avez trouvé un public qui a répondu comme jamais, jamais, je n’avais entendu le Rhenus », ajoute son coach.

Cette fois encore, le 6e homme que Collet se félicite d’avoir enfin trouvé, jouera un rôle déterminant. Aux joueurs d’être à nouveau sublimés par ce soutien inconditionnel et indispensable. La demie, dès samedi, est à ce prix !

Jean-Claude Frey

Le chiffre : 7 sur 8

Alors que le format actuel des play-offs est utilisé cette année pour la 23e saison, c’est la 9e fois seulement que le premier de la saison régulière est poussé dès les quarts de finale à une troisième manche.

Lors des huit premières « belles », le leader est passé à sept reprises, et notamment l’an dernier dans un… SIG – Chalon de feu. Il n’a trébuché qu’une seule fois, en 2012, quand Cholet a surpris Gravelines dans sa salle.