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Actualités Tony Dobbins : « À la SIG, il y a beaucoup de talents à chaque niveau »

Tony Dobbins : « À la SIG, il y a beaucoup de talents à chaque niveau »

Après avoir battu facilement Orléans mardi soir, les joueurs de la SIG se préparent pour le match contre Rouen, dans 48h. Le premier de la saison contre une équipe qui n’aura plus rien à jouer.
SIG-BoulogneSurMer04041534Pour Rouen c’est déjà pratiquement les vacances. Assurés de leur maintien depuis leur victoire face à Boulogne il y a 15 jours, les joueurs de Christophe Denis sont également éliminés de la course aux playoffs. Avec, pour le moment, un bilan de 12 victoires et 19 défaites, la (re)découverte de la ProA s’est déroulée avec des hauts et des bas. Mais l’essentiel est que le club peut déjà penser à continuer sa croissance en étant assuré de faire partie des 18 clubs de l’élite l’année prochaine. Deux jours avant ce match un peu ‘spécial’ Tony Dobbins nous confie son point de vue sur la rencontre à venir. Mais avant cela, comme ses coéquipiers précédemment, il revient sur sa saison, se confie sur la formation à la française (en avouant y porter une attention particulière), apporte son œil d’expert sur Axel et revient sur ses expériences avec les différents coaches qu’il a côtoyés.

Franklin Tellier : Avant de commencer, un petit retour sur le match contre Orléans…
Tony Dobbins : Pour nous, c’était important de bien jouer car ce match arrivait après la finale de dimanche. Lorsque tu joues et gagnes une finale, tu emmagasines de l’excitation liée au fait que tu as réalisé quelque chose d’important. Et lorsque tu atteins un but précis, tu as toujours le risque de te relâcher après. Ce soir, ce n’était pas le cas. Plus que la victoire il faut surtout retenir le fait que l’on a su être concentré et mettre l’intensité nécessaire pour gagner. Il est important d’avoir ce genre d’attitude car en playoffs tu joues tous les trois jours et il faudra se remobiliser rapidement entre chaque match.

F.T : Parlons de toi. Quelle est ton opinion sur ta saison ?
T.D : Une des raisons pour lesquelles je suis venu à Strasbourg, c'était l’opportunité de gagner des titres. Pour le moment on fait deux sur deux et nous avons la possibilité de gagner le titre de champion. On a travaillé dur pour en être là où nous sommes, mais nous ne sommes pas arrivés et on va encore travailler pour aller le chercher. Donc, de ce point de vue, avec déjà deux titres, je suis heureux. Plus personnellement, j’apprends beaucoup cette saison avec Vincent. Certains disent qu’avec l’âge on ne peut plus progresser : c’est faux. J’essaye tout le temps d’être meilleur et d’apprendre. Cette saison est une excellente expérience. Apprendre de nouvelles choses, de nouvelles approches, de nouveaux systèmes, pour aider l’équipe à gagner, était un vrai défi. J’ai appris et progressé dans beaucoup de domaines et c’est ce que je cherche.

Statistiques 2014-15 DobbinsF.T : Cette saison est celle durant laquelle tu as le plus faible temps de jeu. Comment le vis-tu?
T.D : Comme je te le disais, je suis venu jouer ici pour gagner des titres. Je pense que pour y arriver, il faut que chaque joueur reste concentré sur l’objectif et travaille pour progresser pour être le meilleur pour le groupe. Nous sommes une équipe, si je m’améliore encore et encore alors l’équipe s’améliorera aussi. C’est la même chose pour chacun d’entre nous. Le temps de jeu n’est pas important tant que chacun est concentré sur l’objectif final que l’on s’est fixé.

F.T : Tu es régulièrement à Illkirch pour regarder jouer les cadets et tu viens aussi voir les espoirs. Quel regard portes-tu sur la formation des jeunes ?
T.D : La France est unique pour ça. Ici la formation est très structurée avec les programmes espoirs et cadets. C’est très intéressant de voir comment les jeunes progressent. J’aime aller les voir jouer et parler avec eux. C’était déjà le cas à Cholet. J’y ai vu Rodrigue Beaubois et Nando DeColo en espoirs ou Kevin Seraphin et Rudy Gobert en cadets. A Orléans, avec Nobel Boungou colo ou Poitiers avec Evan Fournier, j’ai vu des jeunes devenir de grands joueurs. Ils sont des exemples pour les jeunes qui voient en eux la possibilité de réussir en travaillant dur. C’est comme dans la vie, je pense qu’il est important d’avoir quelque chose qui témoigne que tes rêves sont possibles. Des joueurs comme Tony, Boris, Rudy ou Kevin sont là pour leur montrer qu’en travaillant dur, la formation en France leur permettra de devenir pro. Cette formation est particulière à la France. C’est vraiment très intéressant à suivre pour voir comment ils réussissent. Je vais souvent le dimanche à Illkirch voir jouer les cadets, pareil pour les espoirs. Et cette année à la SIG, il y a vraiment beaucoup de talents, à chaque niveau et les résultats sont là pour le prouver.

F.T : Tu fais partie des références de ProA en terme de défense. Cette année tu as évolué avec Axel qui a un profil proche du tien. Avec ton expérience, comment le juges-tu?
T.D : Je connaissais Axel et son père avant de venir. Depuis trois ans, nous nous appelions pour parler. Axel est un joueur avec de grandes capacités. Il peut influer sur le court d’un match grâce à toute l’activité qu’il peut amener en défense. Pour moi ce n’est pas une surprise de le voir à ce niveau. Je sais depuis longtemps de quoi il est capable. Au quotidien, j’essaye de l’aider comme je peux même s’il sait déjà beaucoup de choses. Avec mon expérience, j’essaye de le conseiller pour qu’il s’améliore encore ; par exemple en utilisant au mieux ses qualités physiques. Il apprend très vite et je suis heureux de le voir chaque jour grandir encore.

F.T : Tu as joué sous les ordres de Kunter, Weisz, Borg et maintenant Collet. Qu’est ce que chacun t’a apporté?
T.D : Chaque coach a une philosophie différente. Chacun d’eux a pour valeur d’avoir une équipe qui défend, mais chacun est différent. Apprendre d’eux était un vrai défi et j’aime ça comme par exemple l’année dernière avec Jean-Louis Borg qui est un grand coach de la défense. Tout cela est une énorme opportunité à chaque fois d’apprendre. Jouer pour tous ces coaches m’a apporté différentes visions lorsque je regarde ou parle de basket. C’est la même chose avec Vincent cette année. Il m’apprend des choses que je n’avais jamais eues avant. Lui, comme les autres, me permet d’apprendre, d’élargir ma philosophie du basket et me permet d’être un joueur plus complet.

F.T : Une petite question pour la suite de ta carrière. Quelles sont tes ambitions?
T.D : C’est difficile de parler maintenant de la suite. Pour être honnête la meilleure réponse que je peux te donner c’est de devenir encore meilleur. Si je compare entre août dernier et maintenant, je suis un meilleur joueur. La plus grosse ambition que je peux avoir pour la suite est de m’améliorer encore et être encore meilleur la saison prochaine.

SIG-LEMANS-32 A. DobbinsF.T : Parlons de Rouen… Vous allez jouer une équipe qui n’a plus rien à jouer. C’est un match particulier non ?
T.D : Ce match est intéressant en vue des playoffs. Ok, Rouen ne les jouera pas mais pour nous c’est similaire car il faut se préparer rapidement pour le prochain match. La fin de saison a un format similaire aux playoffs puisque l’on joue les 3, 6, 9, 12 et 16. Même si Orléans, Rouen ou Bourg ne joueront pas les playoffs, ces matches sont importants. Il faut voir plus loin et se servir de ces matches rapprochés pour bien se préparer. Comme Orléans qui arrivait après un gros match. On peut transférer la même situation aux playoffs avec le passage d’un tour au suivant après une qualification et l’excitation qui pourrait en découler.

F.T : À domicile ils ont battu Limoges, Le Mans et ont accroché l’ASVEL lors des quatre derniers matches. Cela montre la valeur de cette équipe…
T.D : Clairement! Et je dirais aussi qu’une équipe qui n’a plus rien à gagner ou à perdre est une équipe encore meilleure car elle joue sans pression et libérée. Ils auront sûrement envie de battre une équipe qui jouera les playoffs. Leurs derniers résultats chez eux parlent pour eux. Ce genre de match où l’adversaire joue sans calculer est un match dont tu sais à l’avance que ce ne sera pas facile. Ce sera un bon test pour la suite.

F.T : L’apport de Joseph Trapani semble important à Rouen. Il n’a pu jouer que 17 matches cette saison. Avec lui, Rouen c’est 10 victoires et 8 défaites, sans lui deux victoires et 11 défaites. Que peux-tu nous dire de lui ?
T.D : Je ne le connais pas personnellement mais je connais bien le joueur. Je me souviens de lui lorsqu’il jouait en Italie. C’est un joueur complet. Je sais qu’il a toujours un gros impact dans le club où il joue. Les résultats de Rouen, avec et sans lui le montrent clairement. C’est à l’image de la ProA. Dans toutes les équipes il y a de très bons joueurs. Joe à Rouen mais si on reprend Orléans ils ont Sean May, Darnell Harris ou encore Kyle Mc Alarney : ce ne sont pas n’importe qui! C’est l’une des forces de la ProA, il n’y a pas des grands joueurs uniquement dans les équipes du Top4.

F.T : Une équipe ce n’est pas un seul joueur. Ils possèdent de réels talents offensifs comme Cook ou Thompson. Comme contre Orléans, il semblerait que la défense sur les extérieurs sera très importante…
T.D : C’est bien d’avoir ce type d’adversaires trois jours après Orléans ; c’est une sorte de ‘‘back to back‘‘. Il y aura pas mal de similitudes dans la défense à adopter contre Rouen. Ils ont aussi de très bons shooteurs et certains points clefs en défense seront les mêmes. L’avantage, c’est que c’est encore tout frais dans notre esprit. Les réflexes à avoir pour stopper des shooteurs comme Daequan Cook sont les mêmes. D’une façon générale la défense est, selon moi, toujours la clef pour gagner et encore plus des titres. Donc c‘est important surtout par la suite en playoffs. L’adresse est quelque chose que tu peux travailler à l’entrainement mais elle peut te fuir dans un mauvais soir. La défense, tu la travailles et si tu respectes les plans mis en place, tu multiplies tes chances d’avoir des paniers faciles.

Interview réalisée par Franklin Tellier