Basket
bandeaux VIP.jpg
bandeaux VIP.jpg
Personne en Situation de Handicap
réservez dès maintenant vos places via YOOLABOX
flag_VincentCollet_CDF2015_j3
Actualités Vincent Collet : « Même si on gagne dimanche, on sera obsédé par le titre »

Vincent Collet : « Même si on gagne dimanche, on sera obsédé par le titre »

A 48h de la deuxième finale de sa saison, dimanche contre Le Portel en Coupe de France, Vincent Collet se confie à propos de la SIG. Il se penche sur son équipe, évalue sa progression, évoque ses espoirs. Avec ambition mais aussi une grande et légitime prudence. Un entretien vérité.

  • SIG-KAZAN-070115-10 DIOT CAMPBELL DRAGICEVIC COLLET

    Entre Vincent Collet et ses joueurs, l'osmose est parfaite.

    La SIG est à deux jours d’une deuxième finale après avoir déjà remporté la Leaders Cup en février. Elle est aussi quasiment assurée de la première place en championnat. Peut-on dire que la saison est d’ores et déjà réussie ?

  • Oui, bien sûr, puisque dans les deux précédentes saisons, il n’y avait pas eu de trophée. Mais on est encore loin d’être en finale. Être finaliste, c’est bien, mais à l’arrivée, ce n’est pas grand chose. La saison régulière nous occupe pendant neuf mois et ce que tu y fais a de l’importance. Malheureusement, en France, ce n’est pas valorisé. Nous en sommes à 26 victoires sur 30 matches alors que l’an dernier, nous étions premiers avec 20 victoires sur 30 rencontres. Même Nanterre a fait mieux. Cette saison, il y a deux équipes qui sont au-dessus du niveau de l’an dernier. L’an passé, nous étions un « petit » premier. Pour l’instant, le ratio victoires/défaites montre que nous avons progressé. Mais il n’est pas encore question de faire un bilan. Les objectifs de la saison, c’est de gagner des trophées. Et quand bien même on gagnerait dimanche, on serait encore obsédé par le titre. Et les joueurs pensent comme moi. Mais le dire c’est une chose, le faire en est une autre.
« Il n’y a pas de hasard à notre série de victoires à l’extérieur »
  • Avec 14 victoires en 15 déplacements, et avant les derniers voyages à Rouen et Bourg-en-Bresse, l’équipe a réussi une performance exceptionnelle à l’extérieur. Est-ce une fierté particulière ?
  • Oui, c’est un chiffre qui pour moi est vraiment remarquable. Gagner à l’extérieur, c’est un signe de consistance. Tu ne te reposes pas sur ta salle ou ton public. C’est une forme de solidité dans la performance. Mais je suis très méfiant par rapport aux chiffres. Une seule fois, j’ai gagné tous les matches à la maison, avec Le Mans en 2004/2005, et nous avons été cueillis au premier tour des playoffs ! Cela dit, il n’y a pas de hasard à notre série. Il y a beaucoup de salles où il est difficile de gagner et quand tu enchaînes les succès à l’extérieur, c’est significatif. On peut y ajouter les victoires à Saragosse, Reggio Emilia, Bamberg ou Kazan.
  • L’équipe, bâtie avec une forte ossature française, a aussi acquis une certaine maturité et a progressé au fil de la saison. Comment le vit-on ?
  • Au-delà de son ossature française, elle a été bâtie autour d’une forte ossature conservée. Avec Louis Campbell notamment. On a gardé les Français et on y a ajouté des éléments importants comme Matt Howard, Ali Traoré. Notre équipe est complémentaire et c’est cela qui est important.
  • A-t-elle appris de l’échec de Saint-Pétersbourg ?
  • Je l’espère, mais c’est maintenant qu’on va véritablement pouvoir le mesurer. On a rencontré un contexte identique à la Leaders Cup et il y avait eu une amélioration. Mais malgré tout, c’est en playoffs qu’on verra si on a franchi un cap.
« L’équipe a une volonté partagée de s’améliorer »
  • Statistiques Vincent Collet SIG 01_05_2015Cette équipe est-elle à l’image de son entraîneur et que peut-on encore obtenir de meilleur d’elle ?
  • Je suis content de ce qu’elle affiche, de son état d’esprit, de sa capacité à travailler ensemble. Ce sont des choses agréables pour un entraîneur. J’ai l’impression que tout le monde veut aller dans la même direction. Il y a une volonté partagée de s’améliorer et c’est ce que j’espérais. On bénéficie du travail de l’an passé. C’est difficile dans le contexte du basket français de travailler dans la durée. Cela permet d’optimiser un groupe car les choses ne se font pas en une semaine, en un mois. Il faut du temps pour qu’une équipe arrive à maturité. On a gardé la plupart des joueurs et on y a ajouté des joueurs qui allaient bien avec ce groupe-là. Je trouve que ces dernières semaines on a avancé sur certains points mais la vérité des playoffs, sous pression, va montrer ce qu’il en est vraiment. J’aimerais bien pouvoir conserver à nouveau une ossature mais rien n’est moins sûr. Cela dépendra de nos résultats et nos joueurs vont aussi prendre un peu de valeur…
  • Il y a aussi le titre de champion des espoirs, les performances des cadets, eux aussi en finale dimanche à Paris et en course pour le titre. Comment les évaluer ?
  • Si les cadets concrétisaient, alors que les espoirs ont déjà leur trophée, ce serait une belle récompense pour le Centre de formation et pour tout ce qui a été mis en place depuis trois ans, depuis qu’Olivier (Weissler) est directeur du centre de formation, que Lauriane (Dolt) a pris les espoirs et avec l’arrivée d’Abdel Loucif cette année. On a eu la chance de travailler avec une équipe espoirs arrivée à maturité. Il faudra confirmer avec le renouvellement de l’équipe, ce qui sera plus difficile. Mais malgré tout, on a des bons jeunes derrière avec Frank Ntilikina en tête de proue. On va dans la bonne direction mais il faut travailler encore. Le vrai calibrage d’un centre, ce sera notre capacité à sortir des joueurs. On a sorti Axel (Toupane) depuis trois ans, Frank pourrait être le suivant et j’espère qu’Antony (Labanca) pourra jouer en ProB. Que globalement, on soit de plus en plus performant. Beaucoup d’entre eux s’entraînent avec nous et cela leur permet de progresser. Notre volonté, c’est de développer ça. De faire une formation maison de plus en plus efficace.
  • Comment aborde-t-on psychologiquement une finale dont on est archi-favori contre le 8e de ProB ? Y a-t-il une pression supplémentaire ?
  • Si on perdait, on serait décrié. Après, une finale se joue pour être gagnée. Il y aura de la pression pour les deux équipes avant le match. Si le Portel perd, tout le monde trouvera que c’est normal. Alors que si nous perdons, tout le monde va hurler, forcément… De toute façon, il ne faut pas calculer dans ce type de match. Quel que soit le niveau de l’adversaire, il y a toujours un scénario défavorable. 1 sur 10 ? 1 sur 20 ? Peu importe. Il faut jouer à fond et voir ce qui se passera. C’est une finale sur un match, pas une série. Et on peut penser qu’une équipe qui a tout à gagner après le parcours magnifique qu’elle a réalisé, va jouer au-dessus de son niveau. Si on imagine qu’on va jouer le 8e de ProB, on sera surpris. Ils joueront leur meilleur basket dans l’engagement, dans l’intensité et… dans la malice, connaissant leur coach. Il ne faut pas non plus arriver avec la peur au ventre, ce serait ridicule. Il faudra simplement qu’on joue.
« La Coupe de France m’a souvent tourné le dos »
  • Tu as déjà remporté la Coupe de France avec Le Mans en 2004. Est-ce une compétition à part ? Quelle importance revêt-elle à tes yeux ?
  • C’était mon premier trophée. Nous étions premiers du championnat et on rencontrait le deuxième, Pau. C’était un match magnifique, remporté 83-80. Pour moi, d’un point de vue sportif, elle a moins de valeur que la Leaders Cup par exemple. Tout dépend du tirage au sort. Il nous avait été très défavorable ces dernières années, il a été plus favorable cette année. On a gagné chez deux équipes de ProB, on a gagné à Paris, c’est vrai, il fallait le faire, et on a battu Dijon chez nous. C’eut été plus compliqué s’il avait fallu jouer à Dijon. C’était une aubaine car je crois que je n’ai joué que trois ou quatre fois à domicile en 15 ans ! Mais ça reste la Coupe. Quand on démarre la campagne, je dis toujours à mes joueurs qu’ils peuvent gagner un trophée en cinq matches. Il faut donc la jouer à fond. Ce que j’ai toujours fait même si ça fait 11 ans que je n’ai pas été en finale… C’est ma deuxième finale de Coupe de France seulement alors que j’ai disputé six finales de Leaders Cup. Elle m’a souvent tourné le dos et j’espère que cela va changer dimanche…

Entretien réalisé par Jean-Claude Frey et Franklin Tellier