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Actualités C’est le grand jour

C’est le grand jour

Beaucoup d’excitation et d’attentes pour la finale qui oppose à partir de ce vendredi 20h50 (en direct sur Canal+ Sport, live score sur sigbasket.fr) la SIG et le CSP Limoges, les deux plus grosses écuries de la ProA, drivées par deux des meilleurs coaches français, Vincent Collet et Philippe Hervé. Au bout de la série, un titre de champion et un ticket pour l’Euroligue. Mais dans cet épisode 1, déjà très important, les deux prétendants voudront marquer les esprits.

Il est décidément mal fait, ce calendrier de la ProA. Après avoir enchaîné 10 matches en moins d’un mois, Strasbourgeois et Limougeauds ont dû patienter une bonne semaine avant d’entamer le sprint final. Qui retrouvera au plus vite le rythme de la compétition ?

Garder l’avantage du terrain
sig-limoges jeremu leloup (2)

Jérémy Leloup, pris en tenaille par Moerman et Batista, pourrait être le prochain facteur X de la SIG face à Limoges.

Les avis sont partagés : « Il y a une forme d’impatience légitime par rapport à l’excitation que procure le fait de disputer une finale, lance Collet. Autant les premiers jours font du bien, les corps en avaient besoin, autant on aurait commencé un ou deux jours plus tôt. Il faudra y réfléchir pour la suite ». Pour Antoine Diot, « il y a beaucoup d’attente après une semaine d’entraînement. Ce sera très important de retrouver le rythme rapidement bien sûr. Il faudra être très concentré et ne pas miser seulement sur les jambes… La semaine a tout de même permis d’évacuer la pression, de récupérer physiquement ». En face, Adrien Moerman estime qu’ « on est toujours impatient de jouer une finale. Le temps pour le repos et pour se concentrer était important, on a pu préparer la finale et c’est bien que les deux équipes aient terminé la demie en trois matches ».

Forts de l’avantage du terrain – s’ils restent invaincus chez eux, ils seront champions de France, – les Strasbourgeois, libérés par le poids de l’enjeu qui pesait sur eux lors des quarts de finale, espèrent imposer leur défense de fer. Sans complexes et convaincus de leurs forces offensives, désormais doublées par l’intensité défensive qui est la marque de fabrique de Philippe Hervé, les Limougeauds veulent surfer sur la confiance acquise lors de la dernière finale où ils avaient gagné deux fois au Rhenus avant de conclure chez eux, dans le chaudron de Beaublanc. Mais ils seront surpris de voir la métamorphose d’un Rhenus qui ressemble désormais à une forteresse.

Opposition de styles

Ce face-à-face qui suscite tant d’envie, se jouera sans doute sur une foule de petits détails. Si l’on prend les deux équipes, poste par poste, on verra des confrontations directes exceptionnelles. Celle d’Antoine Diot et de Léo Westermann, celle de Louis Campbell, le « général » de la Red Army, qui ne lâche jamais rien et qui était allé observer de près « Pooh » Jeter, la semaine dernière à Nancy pour trouver dans le jeu du meneur adverse la faille qui pourrait faire la différence. Celle encore des seconds couteaux, souvent précieux, Paul Lacombe côté alsacien, Pape-Philippe Amagou côté limousin.

Si le poste 3 semble pencher en faveur des champions en titre, avec l’étincelant Jamar Smith, l’explosif Nobel Boungou colo ou l’expérimenté Mickaël Gelabale, prêts à déjouer la vigilance d’Axel Toupane, de Tony Dobbins ou de Jérémy Leloup, on se dit que le secteur intérieur dont dispose Vincent Collet, avec Ali Traoré et ses mains en or, Bangaly Fofana, révélation des play-offs, ou Romain Duport, en joker de luxe, n’a rien à envier au quatuor limougeaud composé de Batista, plus à l’aise en attaque qu’en défense, de Camara, qui monte en régime depuis l’arrivée de Philippe Hervé, du musculeux Fréjus Zerbo ou de Trent Plaisted, coéquipier de Matt Howard la saison dernière à Ulm.

Howard – Moerman, duel de titans

FACEaFACE2L’issue de cette finale dépendra beaucoup, tout le monde y consent, du duel entre Matt Howard, « entreprise de démolition référencée », comme le définissait fort justement Collet, et Adrien Moerman, incontestable MVP ‘’réunifié’’ de la ProA, qui a encore haussé le ton depuis le début des play-offs. Si le Strasbourgeois, qui peut bénéficier du relais de l’imprévisible Tadija Dragićević, parvient à limiter le rendement d’un Moerman très complet (tirs à trois points, post-up, rebonds), la face de la série finale peut en être changée.

L’opposition de styles provoque cependant des commentaires variés. « Le changement de coach a modifié la donne, souligne Vincent Collet. Les stats de play-offs sont plus révélatrices que celles de la saison régulière. Ils ont les mêmes chiffres que nous en défense. Ils marquent toujours plus que nous, mais nous avons marqué davantage ces derniers temps. Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont plus de capacités à marquer que nous ». Pour Philippe Hervé, ce jugement est sans grand fondement : « Ce sont des équipes qui se ressemblent. Il y a une identité de jeu très similaire, autour du partage et de l’altruisme avec la volonté de se partager la balle, de s’entraider en défense. Les talents individuels de Limoges ne s’expriment que dans le collectif. La seule différence c’est que Strasbourg s’appuie d’abord sur sa défense et, s’il n’y a pas de contre-attaque possible, propose un jeu très posé en attaque ».

Adrien Moerman a son avis, lui aussi. « Strasbourg défend sur les lignes de passe, nous on a du talent individuel, ils ont un effectif riche comme nous et ça promet une belle finale ». Quant à Antoine Diot, il partage l’opinion généralement répandue que « chacun a ses armes et on peut parler d’opposition de styles. Il faudra répondre présent dans le combat physique. On a gagné en constance, offensivement, sauf peut-être dans la série contre Chalon, mais notre fond de commerce c’est la défense. Si on gagne, ce sera grâce à elle ».

Partie d’échecs

Mais c’est aussi du collectif très rodé de la SIG que peut venir le salut. Des stratégies de « maître » Collet, capable de faire déjouer les meilleures équipes pour peu que ses soldats soient en ordre de bataille. Et il y a fort à parier qu’ils le soient… Des facilités d’adaptation aux remèdes proposés par l’autre, à la gestion du ballon plus que jamais capitale. Autant de paramètres qu’il faudra mettre en place trois fois au moins, en y apportant aussi les ajustements nécessaires. « Strasbourg est collectivement au top, insiste Philippe Hervé, parce qu’ils ont dix mois de travail en commun. Nous on a deux mois. Mais le travail qui a été effectué par le groupe en huit semaines est remarquable et je suis très content de notre niveau. On a les armes… »

Dans l’immédiat, poussée par un Rhenus en furie – les 150 derniers billets à vendre sont partis en… six minutes, en début d’après-midi, signe d’un engouement inédit et prometteur –, la SIG veut réussir son départ, semer le doute chez le champion sortant, parfois trop sûr de lui, et marquer déjà les esprits. Dans une série comme celle qui débute, ce serait sans doute capital. A défaut d’être déjà décisif.

Jean-Claude Frey

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