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Actualités J – 3 : Louis Campbell : « Ces finales sont un marathon, pas un sprint ! »

J – 3 : Louis Campbell : « Ces finales sont un marathon, pas un sprint ! »

Vendredi débutent les finales 2015 de ProA. Pour la troisième année consécutive, la SIG y est présente et pour la troisième fois le capitaine Louis Campbell va tout donner pour remporter ce trophée… qui fuit le club depuis 10 ans.

Arrivé en 2012 à Strasbourg, Louis Campbell a tout connu avec la SIG et a participé à six finales en trois ans. Si les trois premières se sont soldées par des échecs, elles ont aussi permis à Louis et son équipe de se construire et d’apprendre pour conquérir deux titres cette saison. Le MVP de la finale de la coupe de France 2015 a même augmenté son niveau de jeu durant ces play-offs par rapport à la saison régulière. En bon capitaine, il montre la voie en passant de 8 points, 2,8 rebonds, 3,7 passes et 9,7 d’évaluation à 10,8 points, 3,5 rebonds, 4,7 passes et 14 d’évaluation. A 72 heures du match#1, le « général » Campbell se confie sur les finales à venir.

Franklin Tellier : En tant que capitaine, comment juges-tu ton équipe jusque maintenant en play-offs ?

Stats Louis Campbell Saison reguliere VS Playoffs 2015Louis Campbell : Globalement, je suis vraiment heureux de ce qu’on réalise. Tout le monde joue juste et dur. Nous montrons un bon équilibre dans nos rotations et notre jeu. Nous avons mis les bons ingrédients pour nous qualifier pour cette finale. Chalon était un très gros test et a permis de montrer qu’on était costaud mentalement. On a confirmé en demie mais maintenant il faut se servir de toutes ces expériences pour jouer juste en finale.

F.T : Place à la finale. Vous avez une semaine pour recharger les organismes, soigner les petits bobos et bien vous préparer. Une semaine c’est bien ou c’est ‘‘trop’’ long avant la finale ?

L.C : Ça dépend des joueurs. Bien sûr, tout le monde a envie de jouer. C’est certain que ce délai permet aussi de récupérer un peu pour Antoine et Matt, qui n’étaient pas à 100% lors des derniers matches. Trop court ou trop long, cela dépend des équipes et des joueurs mais de toute façon la question n’est pas là. L’important est de savoir si les joueurs arriveront en finale frais mentalement, concentrés. Une semaine, c’est long pour ça. Pour le reste, on s’entraîne, on fait attention à notre corps. Physiquement, nous serons prêts.

F.T : Cette finale est ta sixième avec la SIG en trois saisons. Avec trois défaites et deux victoires, est ce que l’on peut dire que maintenant tu as l’expérience pour aborder l’événement et équilibrer la balance ?

L.C : Je l’espère mais seul le temps le dira ! Je garde quand même dans un coin de ma tête les deux finales perdues car elles me permettent de prendre du recul et de savoir quels sont les bons choix à faire dans les moments décisifs. Mais, une nouvelle fois, l’essentiel est d’être prêt mentalement. Mais le résultat ne dépend pas de moi. L’équipe a acquis beaucoup d’expérience cette année pour savoir ce qu’il faut faire lorsqu’il s’agit d’appréhender des matches décisifs.

F.T : Tu as su élever ton niveau de jeu en passant de 9,7 d’évaluation en saison régulière à 14 en play-offs. Ce n’était pas forcement le cas les deux années précédentes. Qu’est ce qui a changé?

L.C : Motivation… Concentration… Maturité! Trop souvent on pense qu’un joueur de mon âge est trop vieux pour apprendre. J’ai conscience que ma carrière est plus derrière moi, mais cela n’empêche pas de continuer à apprendre, même à 36 ans. Savoir se remettre en question et apprendre des expériences vécues ne peut que te rendre meilleur.

F.T : Vous affrontez Limoges pour la 2ème année consécutive. Les deux finales ne sont pas comparables. Les effectifs ont changé mais surtout cette année vous allez les affronter à armes égales…

L.C : Tout le monde a dit que la balance penchait plus du côté de Limoges la saison dernière à cause des blessés que nous avions. Mais de leur coté ils semblaient avoir des problèmes entre les joueurs et le coach … même s’ils jouaient ensemble et étaient soudés en finale. Mais on aurait pu jouer plus intelligemment... Bref, nous avions des blessés mais eux aussi avaient des problèmes. Cette année nous avons une équipe plus complète sans blessé mais il y a d’autres aspects plus ‘‘mentaux’’ à prendre en compte comme gérer l’excitation et la pression. Cette finale n’est pas une revanche. Mais une chose est sûre : l’appétit et le désir de trophée sont toujours là pour les deux équipes!

F.T : Le Limoges que vous avez joué en saison n’est plus le même que l’actuel. Tu les as vus lors du match#3 de leur demi-finale à Nancy. Qu’est-ce que tu penses de ce “nouveau” Limoges?

L.C : Ils sont impressionnants ! Ils sont meilleurs que lorsqu’on les a joués en saison régulière. Mais je pense qu’il y a quand même des failles dans leur jeu. Le plus important est de le savoir, de les connaitre pour développer notre jeu autour. Chaque petit détail à son importance en finale. Nous travaillons cette semaine et essayons de capitaliser sur ça durant ces cinq jours. Mais c’est une équipe très forte avec un effectif conséquent, nous en avons conscience.

F.T: Limoges a deux très forts meneurs aux profils différents. Pooh Jeter et Leo Westerman. Que penses-tu d’eux ?

L.C: Jeter est très complet. C’est le meneur dont ils avaient besoin pour jouer à ce niveau. Il est très dangereux et est l’illustration même qu’il faudra faire attention à chaque détail. Il ne faudra pas le laisser déployer son jeu. Mais même les grands joueurs ont des faiblesses et il faudra le pousser à jouer dessus. Pour Léo, les gens pensent que cette saison il ne joue pas à son meilleur niveau, mais il faut remettre les choses dans leur contexte. Il revient d’une blessure grave et joue pour Limoges où il y a beaucoup d’attente. C’est difficile pour lui mais malgré cela il fait un bon boulot. Il est intelligent. Il faudra faire attention à lui et ne surtout pas le considérer comme un meneur moyen.

F.T : Deux meneurs aux styles différents, cela nécessitera aussi une grande capacité d’adaptation…

L.C : Antoine et moi allons avoir un gros boulot car Pooh et Léo sont deux excellents meneurs. Ils peuvent avoir chacun une incidence différente sur le match… mais surtout d’un point de vue positif. Nous allons clairement avoir besoin de les couper au maximum. L’investissement en défense sera la priorité. Avant de penser à ce qu’on doit mettre en place je me concentre déjà pour développer la meilleure défense possible. C’est aussi pour cela que je suis allé les voir à Nancy. Je voulais avoir des informations que je pourrais utiliser à mon avantage…

F.T : Un mot sur Adrien Moerman, le MVP de la saison ?

L.C : Il a montré pourquoi il était le MVP. Mais ce n’est pas une fin en soi pour lui et, durant ces playoffs, il montre qu’il peut jouer à un très haut niveau. Il est l’un des leaders de cette équipe. On le connait, on sait qu’il faudra être très concentré sur lui… De toute façon : lui, Pooh, Léo… n’importe qui, ils peuvent tous poser des problèmes.

F.T : Selon toi, quel est le mot d’ordre pour parvenir à gagner le titre?

L.C : Etre intraitable… Défense !… Et prendre un match après l’autre. Après le 1er match il ne faudra pas se reposer sur nos acquis si on gagne. Ces finales sont comme un processus qu’il faut suivre étape par étape. À l’inverse, si nous perdons il ne faudra pas paniquer et aborder le deuxième comme une étape indépendante du premier. Ces finales sont un marathon et pas un sprint !

F.T : En trois ans, tu as été un témoin privilégié de l’évolution du soutien au Rhenus…

L.C : (il coupe) Lorsque je suis arrivé ici, le public était constitué plus de spectateurs que de supporteurs. Mais le fait d’avoir construit quelque chose dans la durée a changé les choses. C’est ce qui a contribué à ce que le public nous supporte plus. Les fans se sont nourris des victoires et des succès. Maintenant ils s’identifient vraiment dans cette équipe. Ils veulent nous voir ramener des trophées et donc nous poussent à tout donner. On le voit durant ces playoffs : il y a une grosse atmosphère. J’espère que, pour cette finale, le Rhenus deviendra encore plus fou pour nous soutenir dans les bons mais aussi dans les mauvais moments. Quoi qu’il en soit cette année est née une vraie communauté basket autour de la SIG. Mais il faut que cela continue au delà de ces playoffs pour donner une autre dimension au club et au basket dans cette ville.

Propos recueillis par Franklin Tellier