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La SIG championne de France 2005
Actualités J – 4 : C’était il y a 10 ans…

J – 4 : C’était il y a 10 ans…

12 juin 2005 : il y a dix ans, la SIG remportait le titre de champion de France de ProA, le seul de son histoire. 12 juin 2015 : la SIG entame la série finale contre Limoges. Retour sur cet événement marquant.

Avant tout, il convient de revenir sur « l’anomalie » de cette saison 2004/05, lorsque la LNB se rappela au bon souvenir d’une formule disparue depuis la saison 1990/91. Première innovation : la réapparition d’un tour préliminaire, sorte de huitième de finale, opposant les équipes classées de la 5ème à la 10ème place. Mais c’est surtout l’autre changement qui fit couler le plus d’encre. Fini les « belles », les matches nuls sont réinventés ! Les qualifications se joueraient en deux manches avec, en juge de paix, la quantité de points inscrits. Autant dire que l’avantage du terrain n’existait pas réellement durant ces play-offs 2005. Qu’importe pour la SIG, 3eme de la saison régulière avec 24 victoires et 10 défaites. Il lui faudra gravir deux montagnes avant la finale, qui, autre innovation, se jouerait sur un match ‘‘sec’’ à Bercy.

Le double champion de France éliminé en quart de finale…
Quart de finale playoffs 2005_Afik Nissim

Afik Nissim déborde Mire Chatman en quart de finale des playoffs 2005 face à Pau-Orthez.

Dès les quarts de finale, la SIG dût écarter Pau-Orthez, double champion de France en titre. Mais comme le confiait Eric Girard, le coach de l’époque : « Les play-offs n’ont d’intérêt que si l’on est capable d’aller au bout. Et là, iI faut forcément écarter les meilleurs ». Et même si les Palois étaient légèrement passés au travers de leur saison (6eme), ils se sont présentés forts d’une équipe pléthorique de douze pro, dont Laurent Foirest, Thierry Gadou, Artur Drozdov, Mire Chatman ou encore Sacha Giffa, recruté pour ces play-offs. Et pourtant, c’est bien la SIG qui allait se qualifier. En effet, après avoir réalisé la bonne affaire en ne s’inclinant que d’un point lors du match#1, à Pau (69-70), grâce à un Aymeric Jeanneau de gala (14 points, 8 passes, 5 rebonds et 24 d’évaluation), les SIGmen allaient terrasser le champion trois jours plus tard dans un Rhenus en ébullition (88-75). Sous l’impulsion d’un Ricardo Greer scorant 13 de ses 19 points lors du 1er quart temps et surtout d’Afik Nissim, en état de grâce, (27pts en 20 minutes à 5/6 à 2pts, 3/3 à 3pts et 8/8 aux lancers-francs), les Palois n’avaient pas existé. Leur président de l’époque, l’ineffable Pierre Seillant, ne pouvait que constater : « La SIG nous a donné la leçon ! ».

L’ASVEL et son armada passe à la trappe en demie…

En demi-finale, c’est l’ASVEL qui se présentait. Deuxièmes de la saison, les Lyonnais étaient devenus les favoris après l’élimination surprise des Manceaux de Vincent Collet en quart par le SLUC Nancy. Malgré tout, c’est avec le plein de confiance que Girard annonçait : « Le seul objectif c’est de gagner. Il faut se dire que nous sommes capables de l’emporter ici et là-bas ». Le champion terrassé, la SIG ne voyait pas pourquoi elle ne parviendrait pas à enchaîner; même face à l’armada rhodanienne : Terrel Lyday, Bernard King, Huseyn Besok, Tomislav Ruzic ou Stéphane Pellé… Mais comme le titra la presse: « Cette équipe est magique! ». Lors de la seconde mi-temps du match#1, la SIG offrait un récital exceptionnel. Menés d’un point à la mi-temps (43-44), les joueurs de la SIG étaient revenus avec d’autres intentions. Avec Fajardo, Palmer et McCord en guerriers ou encore un Ricardo Greer “remonté comme un coucou”, ils firent exploser les Verts. Limités à 26pts en seconde période, les joueurs d’Erman Künter voyaient la magie alsacienne s’imposer de 18 points : 88-70. Un écart trop conséquent, même pour l’ASVEL. Vainqueurs (inutiles) du match#2 (85-77) les Villeurbannais ont fait souffrir les « rouge et blanc » qui ont tenu bon. Grâce à Nissim et Craw’ qui, aux dires même de son coach, « sort un match énorme. Faire ce qu’il fait à 34 ans, c’est beau » (19pts, 8rbs et 27 d’évaluation), la SIG passe l’obstacle : la bande de potes est en finale !

12 juin 2005 : le jour de gloire !
Finale playoffs 2005_Sharif Fayardo et John McCord

John McCord, meilleur marqueur de la finale (17pts), porte le trophée avec Sharif Fajardo meilleur rebondeur de la SIG en finale.

Une finale, ça ne se joue pas, ça se gagne”, clamait Eric Girard au soir de la qualification de la SIG pour la finale. Une finale, et quelle finale ! Qui aurait pu pronostiquer une telle affiche en début de saison. Exit les cadors manceaux, palois et lyonnais, « l’innovante » finale voit débarquer au POPB un derby de l’Est ou “La finale de New-York” comme en rigolait le Nancéen Tariq Kirksay. En effet, six joueurs présents étaient estampillés « East Coast » : les frères Greer, John McCord et Sharif Fajardo à la SIG; Maurice Bailey et Tariq Kirksay au SLUC. Et c’est devant 14 400 spectateurs que la SIG et son « gang of New-York » allaient entrer dans la légende.

La tension inhérente à une finale se faisait sentir dès le début et c’est la SIG qui en payait le prix par une maladresse criante (4-9, 4’). Mais cette SIG était composée de guerriers et, sous l’impulsion de Sharif et Craw, les « blancs » passaient un 9-0 au SLUC en trois minutes. C’est le moment choisi par Max Zianveni pour sortir de sa boîte et verrouiller l’accès au cercle aux SIGmen, par sa défense très musclée. Si bien qu’après 10 minutes les hommes d’Eric Girard comptaient quatre points de retard: 17-21. Débute alors un deuxième quart temps désastreux en terme d’adresse pour la SIG qui ne réussira que 5 de ses 19 tentatives en 10 minutes. Rien n’y faisait, la défense nancéenne faisait déjouer la machine strasbourgeoise, si bien qu’à la mi-temps on entendait dans les travées de Bercy que la messe était sûrement dite tant le SLUC dominait son adversaire : 28-39. Mais au retour des vestiaires, on sentit que la verve légendaire de Girard avait fait son œuvre sur ses joueurs. C’est une SIG plus appliquée qui trouvait enfin de l’adresse à trois points par Jeff Greer, après un 0 sur 9 du plus mauvais effet dans ce secteur en 1ère mi-temps. Et Ricardo Greer portait son équipe dans ce quart pour ramener les siens à trois longueurs (41-44, 28’). Mais le SLUC n’abdiquait pas et avait encore cinq points d’avance à l’entame du dernier quart: 47-52. Débutait alors un ultime quart temps qui restera dans toutes les mémoires. En deux minutes et trois tirs à trois points monstrueux, Afik Nissim allait renverser le cours du match quasiment à lui seul et permettre aux siens de passer devant (61-58, 35’). Et même si Meir Tapiro lui répondait en remettant le SLUC dans la course (61-61, 36’), le souffle des 2000 supporters alsaciens présents commençait à se faire sentir pour pousser les leurs dans cette fin de match incroyable. Deux nouveaux primés de Ricardo faisaient lever les fans comme un seul homme pour donner trois points d’avance (67-64, 38’). Ces même fans qui exultaient à une minute de la fin, quand la SIG prit six points d’avance grâce à Steve Payne… et explosaient de bonheur à huit secondes de la fin lorsque Hrvoje Perincic inscrivait le lancer franc de la victoire et du titre ! Score final : 72-68.

« Nous ne formons qu’une seule nation : la nation alsacienne ! »

Ricardo Greer recevait son titre de MVP de la finale (14pts, 6rbs, 4pd et 19 d’évaluation) devant famille et amis, dont le fantasque NBAer Stephen Jackson, venu en ami, avant que le précieux Graal ne soit tendu au capitaine Crawford Palmer. Un (trop) rapide tour de terrain pour montrer leur trophée (la faute à la finale de ProB qui suivait) laissait à certains supporters à petit goût d’inachevé. Mais ce fut vite oublié lorsque joueurs et supporters se retrouvaient sur le parvis du POPB, fêtant ensemble ce titre et les 26 ans de Sharif Fajardo ! Un premier titre pour l’histoire, un titre pour l’éternité fêté plus tard au Rhenus où un millier de fans attendaient l’équipe. Le mot de la fin revenait au coach qui, d’un subtil pied de nez aux détracteurs de cette équipe trop cosmopolite au goût de certain, dira : « Au fil des mois, on a pu juger la valeur de cette équipe par rapport au cœur qu’elle avait… Aujourd’hui, il n’y a plus de Dominicain, de Portoricain, de Croate, d’Israélien ou de Français. Nous ne formons qu’une seule nation : la nation alsacienne ! ».

Dix ans plus tard, même si la formule a (heureusement) changé, qu’il serait beau de voir l’histoire se répéter… Rendez-vous vendredi 12 juin 2015 pour pousser votre équipe dès le premier acte et qui sait… réécrire l’Histoire !

Franklin Tellier