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Actualités La SIG face à son destin

La SIG face à son destin

Menée 2-1, la SIG joue son va-tout ce samedi à Limoges (20h50 en direct sur Canal+ Sport, live score sur sigbasket.fr). 40 minutes pour arracher un match 5 au Rhenus ou perdre une troisième année de suite en finale. Pas question de se résigner…

A Limoges, rien ne se passe décidément comme ailleurs. Sur et en dehors du parquet. Poussés par des supporters comme il n’y en a nulle part ailleurs en France, les champions en titre ont bousculé les Strasbourgeois, jeudi soir, semé le doute dans les esprits et ne sont plus qu’à 40 minutes d’un titre qui ferait chavirer de bonheur toute une ville. Mais la « fièvre verte » déborde parfois… Quand Ali Traoré est pris à partie, insulté par des supporters qui se hissent dans le bus strasbourgeois, que les conditions de sécurité sont « limite », on dépasse le cadre du sport. Quant au président Forte, connu pour ses coups de gueule et sa propension à la provocation, habile à souffler sur les braises chaudes pour enflammer un public qui ne demande que ça, il a utilisé dès le coup de sifflet final sur son compte Twitter, la réaction de Vincent Collet qui venait de refuser de lui serrer la main tendue… « On m’a rapporté qu’il avait parlé de basket de rue à propos de notre jeu, dimanche au Rhenus. C’est irrespectueux. Je ne pense pas que notre équipe ait montré cette image cette saison. C’est pour cela que je ne lui ai pas serré la main », a confié le coach alsacien en conférence de presse.

Collet : « On est à 80 minutes du titre »
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Ali Traoré a été efficace dans le match 3. Il faudra faire encore mieux ce samedi contre J.P. Batista.

Aussitôt, comme à chaque épiphénomène qui touche au CSP Limoges, les réseaux sociaux se sont enflammés. Avec la promesse d’un accueil plus infernal encore que lors du match 3. Qu’importe les conditions extérieures, il faudra vivre avec. Et tout laisser sur le parquet. « Il n’y a pas de résignation, dit fermement Collet. Si on réussit un exploit, on ne sera pas loin du but. Pour l’instant, on en est très loin, eux très près, mais ça peut s’inverser ».

Dans la nuit, le coach et son adjoint ont revu le match 3, cherché les raisons de l’échec, fait passer les joueurs devant la vidéo dès ce matin. « Il faut analyser, se remettre en question. Chaque match est différent et il n’y a pas de raison que ça ne continue pas. Il faut d’abord y croire… Il faut avoir le mental pour supporter la frustration de la défaite, mais il faut aussi avoir la capacité de se relever ». Nouvelle séance vidéo dans la soirée après un entraînement à Beaublanc pour les derniers ajustements. Et surtout, Collet a martelé les raisons d’y croire : « Golden State était mené 2-1 après avoir perdu à domicile et est allé renverser la série pour décrocher le titre. Après tout, on n’est qu’à 80 minutes du titre. Eux, ils sont à quarante minutes, mais il faut qu’ils gagnent ». Vincent Collet a trouvé plusieurs failles dans la façon dont la SIG a abordé ce rendez-vous capital. « Il faut qu’on soit meilleur dans la rigueur, dans l’exécution. Le surcroît d’agressivité de Limoges doit nous rendre plus attentif aux petites choses. On a fait l’inverse. On a mal géré notre avantage à 12-5 qu’on pouvait faire fructifier ».

S’appuyer sur les chiffres

Et puis il y a les chiffres sur lesquels on peut s’appuyer. « On a réussi 17 paniers sur 27 tirs à l’intérieur, Limoges 7 sur 19. On a rarement aussi bien tenu la raquette. Mais ils ont eu une adresse remarquable et marqué que 70 points, alors qu’ils en marquaient 90 contre les autres. C’est la preuve qu’on contrôle encore un certain nombre de choses. Mais on a eu, offensivement, des moments de pauvreté qui ne sont pas supportables dans une finale ». Et Vincent Collet de citer une séquence révélatrice de cette impuissance : « Quand tu fais sept stops consécutifs en début de troisième quart-temps, il faut t’arranger pour marquer plus qu’un panier. Or on joue certaines possessions dans la précipitation… »

De même, la SIG a su développer son jeu, faire 16 passes malgré un triste 6 sur 33 (18%) à l’extérieur. « Avec seulement 30% de réussite, on a quatre passes de plus et c’est notre moyenne de la saison. Le regain d’adresse ne pourra cependant être suffisant que s’il y a, parallèlement, la qualité dans l’exécution ».

Et puis, il reste, comme depuis le début de la série, l’incurie offensive des shooteurs que l’embellie de fin de match, illustrée par Leloup notamment, n’a pas totalement effacée. « On a besoin aussi d’un apport du banc plus conséquent (NDLR : voir le chiffre en bas de page). C’était criard. 4 points et 2 d’évaluation mais avec 70 minutes de temps de jeu ! » Collet mise donc sur une rébellion de ses seconds couteaux. « J’ai confiance en eux, mais ça tient aux individus. Il faut qu’ils se prennent en charge. On ne peut pas le faire à leur place ».

Il y a donc clairement des raisons d’y croire. « Mon équipe a toujours répondu. C’est la force de cette équipe. Hier, nous sommes revenus de – 18 à – 6 et deux minutes à jouer. Il faut rapidement évacuer la frustration, la haine, la douleur d’avoir perdu car il n’y a que 48h entre les deux matches. Si tu ne l’évacues pas, tu ne peux pas gagner. Et demain, il faudra avancer en mode guerrier ».

« C’est encore dans nos mains »

Vincent Collet sait qu’il va falloir passer plusieurs étapes, sur le plan psychologique, en peu de temps. Pour aborder ce 4e match de la meilleure des façons. « Celui qui pense que c’est foutu, il faut qu’il retourne vite à Strasbourg. C’est encore dans nos mains. Ils ne nous ont pas écrasé. Il faudra avoir cette rage, cette envie de corriger ce qui n’a pas fonctionné. Moi j’y crois ».

Et il n’est pas le seul. Les joueurs et la petite centaine de supporters qui rejoindra le Limousin demain en est tout aussi convaincu. L’exploit serait le plus grand sans doute dans l’histoire du club et le plus retentissant. Le match 5 qui suivrait n’en serait que plus exceptionnel. « Les destins se réalisent rarement par les chemins que tu avais imaginés. Nous sommes au seuil maximal de la difficulté. Est-ce qu’on accepte ou est-ce qu’on résiste ? Je crois qu’on le fera. Si on le fait, on pourra être très fier », philosophe l’entraîneur.

Jean-Claude Frey

Le chiffre

2

Comme l’évaluation collective du banc de la SIG lors du match#3 face à Limoges. Cet indice est le plus faible réalisé par les remplaçants de la SIG cette saison. La précédente marque la plus faible, et qui semblait malgré tout difficile à minimiser, était de 4 lors de la 5e journée de ProA et la victoire au Havre 59-72. Pour espérer jouer un match 5 au Rhenus, il faudra corriger ce déficit. D’autant que les chiffres sont là pour le montrer, durant cette saison les remplaçants ont apporté une évaluation supérieure aux titulaires à 10 reprises lors des 43 matches (saison régulière et play-offs) déjà disputés. « Notre banc nous a tellement apporté cette année, qu’il ne peut pas nous lâcher maintenant ! » a lancé Vincent Collet.

F.T.

Martial Bellon : « Il faut assurer la sécurité des joueurs et des supporters »

La journée de vendredi a été agitée dans le chef-lieu de la Haute-Vienne. Suite aux incidents de la veille, où un supporter est monté dans le bus de l’équipe pour en découdre avec le pivot de la SIG, pendant que d’autres lançaient des fumigènes, le président strasbourgeois, Martial Bellon, a alerté la préfecture, estimant que les conditions de sécurité n’étaient pas satisfaisantes autour de Beaublanc. « Nous avons provoqué une réunion avec le directeur de cabinet du préfet à laquelle le directeur administratif du CSP a assisté, le président Forte ayant une réunion plus importante, ce que je regrette », a-t-il commencé.

Capture d’écran 2015-06-19 à 19.20.30Avant d’insister : « Limoges a mérité sa victoire et je ne veux pas non plus qu’il y ait d’amalgame entre la ville, le CSP, ses supporters et cette petite centaine de personnes, les Ultras Green. Mais suite à ce qui s’est passé hier soir, ma seule demande est que soit assurée la sécurité de nos joueurs des vestiaires jusqu’au bus. J’ai demandé que la même chose soit accordée au bus de nos supporters. En Alsace, il y a des craintes et nous avons eu six annulations. Je suis totalement rassuré par la prise en mains par la préfecture du dispositif sécuritaire qui sera mis en place. Il n’était pas question de mettre en péril l’intégrité physique de nos joueurs et de nos supporters ».

« Ne pas ternir l’image de notre sport »

Le président Bellon a voulu pousser la réflexion plus loin : « C’est dommage pour notre sport que nous en arrivions là. Je n’ai vu cela qu’ici où un groupe de supporters atteint un tel niveau d’agressivité. Nous devons protéger notre sport, il est familial, il y a beaucoup d’enfants. Si nous dégageons cette image, elle fera du mal à notre sport ». Et de se tourner vers le président Forte : « Toi, moi, et tous les dirigeants, on doit se donner la main ». Ce que l’ancien joueur de la SIG, aujourd’hui président du CSP, a spontanément accepté.

J.C.F.