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Actualités Un coup à jouer

Un coup à jouer

La SIG mesure l’ampleur de la tâche qui l’attend ce jeudi soir à Beaublanc face au CSP Limoges (20h50 en direct sur Canal+ Sport, live score sur sigbasket.fr). Mais elle est bien décidée à frapper un coup dès le match 3. Sur la lancée de son match abouti de dimanche et sans attendre le match de samedi…

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Vincent Collet, l'entraîneur, et Antoine Diot, le meneur, son relais sur le terrain, sont prêts à défier Limoges dans sa salle...

Les joueurs de la SIG le savent et y sont prêts. Beaublanc va rugir et du fond de ses entrailles les cris, les insultes et la ferveur surgiront. Tous les moyens seront bons pour porter les tenants du titre, sérieusement bousculés au Rhenus lors du match 2, vers un deuxième succès qui leur permettrait d’aborder le match 4 dans les meilleures conditions. Car cette fois, après les hors d’œuvre, ce match 3 sera bien le plat de résistance, le tournant qui donnera un avantage conséquent à l’une ou l’autre équipe. Chacun de son côté, les deux entraîneurs ont analysé, décortiqué, revu les deux premières manches, si différentes. Et cherché à trouver des raisons d’espérer, chacun pour son camp. Il est pourtant une évidence : ce troisième match devrait livrer un scénario encore différent… « Il faut se servir des matches précédents, mais on ne peut pas vivre avec. Cherchons plutôt à anticiper ce que sera leur réaction, leur capacité d’adaptation et à nous ajuster à ce qu’ils vont proposer », juge Vincent Collet.

Résister à l’ambiance

Premier élément nouveau : la salle. Pour n’avoir pas su s’imposer au Rhenus lors du match 1, la SIG doit gagner au moins un match dans l’enfer vert de Beaublanc. « C’est vrai, c’est particulier. Les supporters ont plutôt des comportements que l’on voit au football, commente Collet. Mais ça reste un match de basket qui se jouera sur le terrain. En saison régulière, ils m’avaient copieusement insulté pendant tout le match, cela ne m’avait pas empêché de coacher ni l’équipe de gagner de 19 points ! » Il faudra donc que les joueurs sachent se mettre dans une bulle, qu’ils fassent abstraction du contexte. Ce qui pourrait être moins évident pour les arbitres, sur qui la pression sera terrible. Plutôt cohérent jusque là, les triplettes de directeurs de jeu devront le rester jusqu’à la fin, pour l’équité de la finale. Et dans la mesure où les meilleurs sont, là aussi, au rendez-vous, on leur fera entièrement confiance pour résister aux cris et aux sifflets.

Rééditer la performance défensive

Pour avoir une chance de surprendre le CSP, qui cherchera de toute évidence à s’adapter après sa déconfiture offensive de dimanche, la SIG doit défendre au moins aussi fort, sinon plus, que lors du match 2. La longueur du banc doit lui permettre de le faire. Assurer le repli, ralentir le tempo – Jeter, Westermann, Smith et Boungou colo ont besoin de courir pour être bons – et le rebond. Voilà quelques clés. Mais il faudra aussi être fort dans la tête, jouer juste, compter à nouveau sur un Diot en mode MVP que Beaublanc huera 40 minutes durant comme à chacun de ses passages en Limousin. Mais il a joué contre l’Espagne en Espagne, Howard a disputé deux finales NCAA dans des ambiances de folie, Dragićević a connu les derbies entre l’Étoile Rouge et le Partizan à Belgrade. Lacombe n’a peur de rien, Campbell est un vieux briscard, Traoré a plusieurs campagnes internationales à son compteur, autant dire que les joueurs de la SIG ne se présenteront pas comme des agneaux sur le bûcher !

Rester solide à l’extérieur

Enfin, même si les play-offs et la finale en particulier ne sont pas des matches comme les autres, la SIG ne doit pas oublier qu’elle a su parfaitement voyager tout au long de la saison. En France (une seule défaite, à Nanterre), au Mans en play-offs où elle a su plier l’affaire dès la troisième manche de la demi-finale, mais aussi en Europe (Reggio Emilia, Saragosse, Bamberg, à une victoire du titre en Allemagne, Kazan !) dans des endroits où les adversaires s’amusent très rarement.

Limoges se jettera dans la bataille, montera son intensité mais retrouvera peut-être aussi la qualité de jeu qui lui a fait défaut. Jeter (3 sur 15 jusque là), Smith (2 sur 7 dans le match 1), Westermann (1 sur 8) ou Gelabale (3 sur 9) ont été considérablement gênés par la défense alsacienne et loin de respirer la sérénité. Quant au jeu intérieur, il a été l’apanage de Howard et Traoré qui ont dominé sous le cercle, gavés par le collectif strasbourgeois. Seuls les rebonds offensifs de Camara, Zerbo ou Batista (27 sur l’ensemble des deux matches) ont permis à Limoges d’exister. Mais là encore, la SIG (28 prises) n’a rien à envier à son challenger.

La marge pour monter son niveau existe encore. La SIG devra l’exploiter. Garder tout ce qui a bien fonctionné, améliorer l’adresse à trois points et aux lancers-francs et elle ne serait pas loin de l’exploit. Elle pourrait alors aborder le match de samedi avec plus de sérénité. Plutôt que de se retrouver dos au mur.

Jean-Claude Frey

frise

Le chiffre

80%

L’enfer de Beaublanc : mythe ou réalité ? Pour essayer de trouver un élément de réponse plongeons nous dans les chiffres. C’est la 15e participation aux play-offs de ProA pour le CSP Limoges, depuis la création de la LNB en 1987/88. Il a disputé la bagatelle de 103 matches en comptant ceux de cette année. Et sur ces 103 rencontres, 75 se sont soldées par une victoire des joueurs du Limousin, soit un ratio fort “sympathique” de 73%. Mais si l’on affine ces résultats en ne prenant en compte que les matches à domicile, ce ratio grimpe à 80% avec 44 victoires et 11 défaites !

De plus, l’écart moyen à la fin d’un match à domicile est (forcément) très en faveur du CSP avec +12,4pts de moyenne (contre +3,6pts à l’extérieur). La victoire la plus large obtenue par les locaux étant de +51 (!) lors de la saison 1991/92 lors d’une écrasante victoire contre Roanne (107-56).

Jusqu’ici, aucun match de play-offs joué à Beaublanc ne s’est terminé en prolongation. Signalons enfin que le CSP Limoges reste sur six victoires consécutives dans son antre (trois en 2015 et trois en 2014). Une belle série encore très loin des 12 victoires consécutives obtenues entre 1993 et 1995 ou des 11 consécutives entre 1888 et 1990… Bien sûr les deux époques ne sont pas réellement comparables tant le CSP dominait outrageusement le basket français à l’époque… Malgré tout, ce qui n’a pas changé, c’est le soutien inconditionnel de Beaublanc qui peut à lui tout seul faire basculer l’issue d’un match et porter ses joueurs comme nulle part ailleurs en France. Alors, mythe ou réalité ? A chacun d’en juger mais les joueurs de la SIG sont prévenus ; Beaublanc les attend…

F.T.