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Actualités Derniers tests de choix

Derniers tests de choix

La France est à quelques jours du début de l’Euro. Son Euro, celui qu’elle attend depuis que l’Ukraine en a été privée et sur lequel elle fonde tant d’espoirs pour la génération dorée du basket tricolore. Mais auparavant, il lui reste pour faire les derniers réglages, une double confrontation redoutable face à l’Allemagne de Dirk Nowitzki. Première manche ce vendredi (19h15, en direct sur Canal+ Sport) dans un Rhenus archi-comble pour Tony Parker et ses potes, dirigés par le maître des lieux, Vincent Collet. A la veille de la rencontre, les conversations ne tournaient pourtant qu’autour du forfait d’Alexis Ajinça.

Le public strasbourgeois ne retrouvera pas, ce vendredi soir, celui qui avait fait les beaux jours de la SIG jusqu’en décembre 2013. Alexis Ajinça (2,15m) a quitté la capitale européenne en début d’après-midi après avoir annoncé au staff son forfait pour l’Euro ! « Ça ne fait jamais plaisir, commentait Vincent Collet en début de soirée, après une séance d’entraînement intense. Nous n’avons jamais eu deux pivots de grande taille aussi dominants. C’est donc clairement un coup dur. Dans l’équilibre d’équipe que nous avions établi, c’était une force d’avoir ces deux tours jumelles. Mais ça va aussi redistribuer les cartes et Joffrey Lauvergne retrouvera peut-être un rôle dans lequel il pourra faire jouer son abattage ».

Jaiteh arrive vendredi matin
Collet

Vincent Collet a commenté le forfait d'Alexis Ajinça. (Photo Franklin Tellier)

Depuis le début de la préparation, Alexis Ajinça souffrait de douleurs aux tendons d’Achille. Ce qui avait d’ailleurs poussé Collet à l’épargner contre la Serbie à Nancy. « Sa franchise, alertée ces derniers jours, a demandé des examens complémentaires que nous avons effectués. Ils étaient plutôt rassurants. Mais le general manager des Pelicans et le staff de la franchise ont souhaité qu’il arrête même si aux yeux du médecin, il était apte. Les injonctions qu’il a subies l’ont poussé à prendre cette décision », regrettait l’entraîneur national.

Pour Nicolas Batum, très proche de l’ex-joueur de la SIG, qu’il côtoie depuis plus de dix ans avec la génération des 1989, « ça fait très mal de voir partir un joueur à ce moment de la préparation pour des raisons médicales. Je suis très triste pour lui ».

Comme chaque année, l’équipe de France doit faire face à un forfait au plus mauvais moment. « On a toujours su trouver les forces mentales dans le groupe pour pallier les absences », se rassure l’ailier de l’équipe de France.

Et Collet, qui n’a pas traîné, a rappelé Jaiteh, le Nanterrien, qui avait poursuivi la préparation avec les Bleus jusqu’à Saint-Quentin, le week-end dernier. « On a été bien inspirés de le garder dans le groupe… », se félicite le coach tricolore. « Il nous rejoindra et sera aligné contre l’Allemagne ».

Nowitzki – Parker, face à face de géants
Nowitzki

Dirk Nowitzki, l'immense star de la NBA, sera la principale attraction, côté allemand. (Photo FIBA)

L’Allemagne, qui effectue une préparation de haute volée (succès contre l’Italie, la Pologne, la Lettonie, la Turquie entre autres, contre deux défaites face à la Croatie dont l’une après prolongation) n’a pas été épargnée non plus. Elle a perdu il y a une semaine le géant Mike Zirbes, out pour l’Euro. A Strasbourg, elle sera privée de Maodo Lo, touché à la hanche, et de Akeem Vargas, touché à un œil à l’entraînement. « C’est contrariant car pendant cette préparation, on n’a jamais été au complet », regrette Chris Fleming, le coach de la Mannschaft, que la SIG avait croisé lorsqu’il dirigeait Bamberg jusqu’il y a une saison.

L’Américain d’origine, naturalisé allemand, se réjouit pourtant de cette double confrontation avec les Bleus. « La France est la meilleure équipe d’Europe et nous souhaitions la plus forte opposition possible pour terminer la préparation. Nous sommes servis », poursuit Fleming sur le site de la DBB.

Même diminuée, l’Allemagne ne manque en effet pas d’arguments. Dirk Nowitzki, bien sûr, la star de… 37 ans, qui a souvent porté son équipe sur ses épaules (médaillé de bronze et MVP du Mondial 2002, médaillé d’argent et MVP à l’Euro 2005 avec l’Allemagne, champion NBA avec Dallas et MVP de la saison régulière), il affiche des statistiques hallucinantes. « C’est le meilleur joueur européen de l’Histoire, devant Tony Parker », tranche Batum.

Vincent Collet voulait lui aussi des temps forts dans sa préparation. « L’aller-retour contre la Serbie s’inscrivait dans ce cadre, dès le début, pour poser la difficulté d’un Euro. On voulait du haut niveau pour finir et l’Allemagne répond à ce critère cette année. Elle va disputer le premier tour à domicile, et ce sera la dernière de Nowitzki en sélection. Il y aura donc un engouement exceptionnel autour de l’équipe. De plus, aujourd’hui, l’équipe allemande est beaucoup plus complète ».

Car Nowitzki n’est plus seul. Avec Dennis Schröder à la mène – «  le joueur d’Atlanta a réussi des performances exceptionnelles en NBA » insiste Batum, « il apporte une efficacité qu’ils n’avaient pas sur le back court » renchérit Collet –, avec les géants Robert Benzing (2,08m), Johannes Voigtmann (2,11m) et Tibor Pleiss (2,11m), le prometteur jeune pivot du FC Barcelone qui vient de signer aux Utah Jazz, les shooteurs Schaffartzik, Tadda ou Alex King, et le meneur d’origine slovaque Anton Gavel, la Mannschaft peut nourrir de réelles ambitions.

De quoi permettre à la France de franchir un palier. Car les Bleus pourraient bien croiser à nouveau la route de l’Allemagne en 8e de finale à Lille. « On manquera un peu de rythme, redoute le coach, parce qu’on vient de couper quelques jours. Masi il faudra élever notre état d’esprit. Retrouver celui qui nous a permis de battre l’Espagne l’an passé, la Slovénie chez elle il y a deux ans ». Pour décrocher un trophée que la France veut à nouveau brandir dans trois semaines… « J’attends une vraie progression dans la façon d’aborder les matches, prévient Collet. On a été trop permissifs contre la Belgique samedi dernier, en début de match. On veut imposer ce qu’on doit imposer en toutes circonstances ».

Les heureux spectateurs d’un Rhenus comble – le match est à guichets fermés depuis de nombreuses semaines – seront vernis de pouvoir assister à ce choc de titans. Qui pourrait bien présager de ce que sera l’Euro qui s’ouvre dans un peu plus d’une semaine à Montpellier !

Jean-Claude Frey