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Actualités Épisode 17 : Aerick Sanders

Épisode 17 : Aerick Sanders

Pour ce nouvel épisode concernant les anciens SIGmen, direction la saison 2006/07. Plus précisément, intéressons-nous au joueur à la gestuelle de tir si déroutante mais qui était avant tout un véritable aspirateur à rebonds, le ‘‘tentaculaire’’ Aerick Sanders.

Aerick SandersPour beaucoup Aerick est avant tout un ‘‘tir improbable’’. Mais il était surtout un formidable joueur intérieur, aux bras interminables, lui permettant très souvent de survoler la raquette. L’histoire retiendra qu’un soir d’octobre 2006 il domina le secteur intérieur du SLUC Nancy à lui tout seul en prenant la bagatelle de… 17 rebonds! Une performance titanesque, qui le place en 3ème position des SIGmen ayant pris le plus de rebonds lors d’un match de ProA au cours des 10 dernières saisons. Seuls Rob Lewin et K’Zell Wesson le devancent avec 19 (!). Plus généralement, les stats parlent pour lui. En effet avec la SIG, en ProA, il cumula 12 points (avec un ronflant 66% de réussite), 6,9 rebonds et 16,5 d’évaluation. Lors de la saison de coupe ULEB, il avait également répondu présent avec 10,2 points, 7 rebonds et 15,1 d’évaluation moyenne. Mais les plus assidus du Rhenus se souviennent sûrement qu’il n’en était pas à son premier coup d’essai. En effet, un certain match de coupe d’Europe en 2004-05, contre Izmir, avait déjà permis de se rendre compte de son potentiel. Il nous en parlera d’ailleurs, tout comme de sa reconversion en tant que coach. Bien sûr il sera aussi question de son année à la SIG, aux côtés de Chuck Eidson, avec qui il joua les quarts de finales de la coupe ULEB et les playoffs de ProA perdus prématurément face à l’ASVEL au 1er tour.

Franklin Tellier : Une blessure très grave t’a obligé à stopper ta carrière en 2011. Tu es aujourd’hui assistant coach à New Mexico State, après avoir débuté à Montana State. Peux-tu nous parler de ta reconversion ?
Aerick Sanders : Après ma tragique blessure au genou, je suis revenu à San Diego où je me suis occupé d’une académie de basket-ball pour les enfants. J’étais aussi assistant coach bénévole à l'Université d'État de San Diego au côté de Steve Fischer, pour qui j’ai joué lorsque j’étais au collège. Peu de temps après, j’ai eu l’opportunité d'être entraîneur à Montana State. Et en 2013 Marvin Menzies, qui était mon assistant coach à San Diego State, m'a recruté pour mon poste actuel à New Mexico State en 1ère division de NCAA.

Aerick Sanders3

Aerick Sanders prodigue aujourd'hui ses conseils en tant que coach

F.T : J’ai vu qu’un de tes joueurs, Daniel Mullings, venait de signer en Allemagne. Est-ce que tu t’es servi de ton expérience pour l’aider dans ce choix difficile?
A.S : Ce ne fut pas un choix difficile. Il a obtenu son diplôme après avoir été à New Mexico State pendant cinq ans. C’est un joueur expérimenté. Il a le potentiel d’un joueur NBA, a un QI basket très élevé, et est un bon coéquipier. Mais oui, nous avons parlé sur le fait de choisir un bon agent et de débuter sa carrière au bon endroit. Je lui ai expliqué que le but était qu’il joue à un haut niveau dès sa 1ère année, de sorte qu’il continue à progresser en Europe.

F.T : Revenons à ta carrière de joueur. Je me souviens de tes deux matches avec Izmir, en FIBA eurocup, contre la SIG deux saisons avant ta signature : 32 points et 31 rebonds sur les deux matches. Est-ce que tu t’en souviens ?
A.S : Bien sûr que je m’en rappelle ! Et surtout le match à Strasbourg qu’on gagne au buzzer. Je me souviens encore de la dernière action: un des frères Greer (ndlr : Jeff) manque deux lancers-francs à quelques secondes de la fin de la prolongation, la SIG menait d’un point (ndlr : 84-83 à quatre secondes de la fin), je prends le rebond sur le 2ème lancer manqué, j’envoie une longue passe à mon coéquipier Alex Jenson qui va marquer un layup au buzzer. Incroyable ! D’ailleurs Alex est maintenant un assistant coach des Utah Jazz et nous sommes toujours amis 10 ans après.

F.T : En tout cas, tes performances avaient retenu l’attention du club car tu signes à la SIG pour la saison 2006-07. À l’époque qu’est-ce qui avait guidé ton choix de venir à Strasbourg?
A.S : En fait Strasbourg était déjà intéressé par moi en 2005-06 ; mais je me suis blessé au poignet lors de la summer league et ça n’avait pas pu se faire. Je n’étais pas suffisamment remis pour jouer en Euroleague, alors j’ai signé à Huelva où j’ai fait une bonne saison. Jérôme m'a appelé à la fin de la saison et m’a dit que la SIG allait jouer l’Eurocup, qu’il construisait une bonne équipe et qu’il voulait que j’en fasse partie. J’ai tout de suite accepté de signer.

F.T : Quels souvenirs gardes-tu de l’équipe et de la saison ?
A.S : Je me souviens surtout de la défaite au 1er tour des playoffs contre l’ASVEL : une énorme déception. L’équipe était construite autour de Chuck Eidson avec autour des joueurs d’expérience, du championnat de France et en coupe d’Europe. On aurait dû aller plus loin, peut-être même gagner le titre. Avec le recul, je pense que cette équipe 2006/07 fut l'une des meilleures, sinon la meilleure équipe, dans laquelle j’ai joué lors de ma carrière européenne !

aerick sanders et chuck eidson

Aerick Sanders (#8) et Chuck Eidson (#13): un duo complémentaire

F.T : Tu parles de Chuck Eidson. Il est pour beaucoup l’un des plus grands joueurs ayant joué pour la SIG. Mais toi, que dirais-tu de lui ?
A.S : Chuck est sans doute l'un des cinq meilleurs joueurs avec qui j’ai joué. Il a un incroyable QI basket et peut jouer dans toutes les positions. Un grand nombre de mes points marqués provenait du fait qu’il attirait les adversaires, ce qui m’offrait des paniers faciles. J’ai une petite anecdote à son propos. Je me souviens de scouts NBA, et notamment des Spurs de San Antonio, qui venaient régulièrement le voir jouer. Ils lui ont proposé des offres pour venir jouer avec eux. Il a toujours refusé, même si cela aurait été lucratif. Il préférait finir sa saison, jouer et rester en Europe.

F.T : Lors d’un match contre Nancy tu avais pris 17 rebonds. C’est la 3ème meilleure performance réalisée par un SIGman lors des dix dernières années. D’où te venait cette science du placement?
A.S : Le rebond m’est venu naturellement dès que j’ai commencé le basket. Je n’étais pas un gros scoreur donc capter des rebonds offensifs pour obtenir des paniers faciles était mon rôle dès le collège ainsi que d’apporter une grosse défense. Aujourd’hui, en tant que coach en charge du rebond et de la défense, je me rends vite compte quel joueur est naturellement doué pour bien se positionner aux rebonds.

F.T : Une petite question sur ta gestuelle de tir si spéciale… D’où venait cette habitude ?
A.S : Ma façon de tirer est la conséquence d’une fracture du poignet que j’ai eu à 8ans. Il ne s’est jamais vraiment remis ce qui fait que je me le suis recassé en 2005 lors d’une summer league avec le Heat de Miami. Du coup, j’ai dû adapter mon geste car mon poignet ne se plie plus entièrement : C’est le style ‘‘Bill Cartwright’’ !

F.T : Est-ce que tu as continué à suivre les résultats et l’évolution de la SIG ?
A.S : Je regarde les résultats dès que je ne suis pas trop occupé. J’ai suivi les deux finales perdues face à Limoges avec un ancien coéquipier qui a joué pour Limoges. J’ai un très grand respect pour coach Collet et tout ce qu’il a fait. Il a déjà accompli de grandes choses et je sais qu'il va continuer à en accomplir d’autres dans les années à venir.

F.T : Penses-tu revenir un jour en France ? As-tu un message pour les fans ?
A.S : Je serai ravi de revenir en France, à Strasbourg, revoir les fans et même coacher un camp pour les enfants par exemple. Je remercie les fans pour leur soutien. La saison 2006/07 est définitivement une des plus mémorables de ma carrière. Strasbourg est une ville géniale et le club est une super organisation. Quand vous avez le temps, merci de suivre les résultats de l’équipe de New Mexico State, comme moi je le fais pour la SIG. Nous avons quelques joueurs français dans l’équipe dont Sidy N'dir qui mérite d’être suivi. Merci encore pour votre soutien. Que Dieu vous bénisse.

Interview réalisée par Franklin Tellier