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Actualités Il y a 10 ans : SIG-Vitoria

Il y a 10 ans : SIG-Vitoria

La SIG a multiplié les exploits en Euroleague cette saison : Fenerbahçe, le Real Madrid, champion d’Europe en titre, ou encore l’Etoile Rouge de Belgrade. Libre à chacun d’y mettre la graduation qu’il souhaite pour quantifier ces exploits. Une chose est certaine, le premier grand exploit eu lieu bien avant ceux-ci. Il y a 10 ans jour pour jour, le 14 décembre 2005, la SIG domptait en Euroleague les Espagnols du Tau Vitoria signant ainsi l’une des plus belles pages de son histoire…

L’AVANT MATCH

Bien évidemment ce match face à Vitoria était loin d’être le premier en coupe d’Europe pour la SIG. Il était même le 55ème pour être exact. Et la SIG avait déjà remporté quelques belles victoires auparavant. Mais, sans vouloir faire injure à leurs prédécesseurs, jamais un tel mastodonte du basket ne s’était présenté au Rhenus. Dès le 10 juillet 2005, date du tirage au sort, la SIG fraîchement championne de France, prenait pleinement conscience qu’elle venait de basculer dans une autre dimension. Versée dans le groupe A, le sort avait choisi pour elle le champion d’Italie, Bologne, et son dauphin, Trévise, Kaunas (champion de Lituanie), Ljubljana (champion de Slovénie), Bamberg (champion d’Allemagne), l’AEK Athènes (vice-champion de Grèce) et donc le Tau Vitoria vice-champion d’Espagne et vice-champion d’Europe ! Que du beau linge. Et dans une version de l’Euroleague où il fallait finir à l’une des cinq premières places, bien difficile de dire quels pourraient être les trois clubs que la SIG laisserait derrière elle… Une tâche trop ardue ? Hélas, le futur le confirmera mais les SIGmen allaient vendre très chèrement leur peau. En effet, la SIG n’était pas ridicule en ce début d’Euroleague. Malgré tout, après trois matches elle était toujours fanny : une défaite d’un cheveu en ouverture à Athènes (73-71), une autre plus frustrante après prolongation au Rhenus contre Trévise (76-78) et enfin une troisième avec les honneurs à Bamberg (73-60). Si bien que, lors de sa quatrième sortie, la victoire face à Ljubljana (90-82), aussi historique fut-elle, était aussi un accomplissement au vue des trois déceptions précédentes. Hélas, la SIG n’allait pas confirmer ce bon résultat. Défaite par Bologne à l’issue d’un match qu’elle avait dominé face à des Italiens largement aidés par un arbitrage loin d’être impartial (75-78), la SIG allait connaître aussi un cinquième revers en six matches la semaine suivante à Kaunas (72-63). Cinq défaites pour une maigre victoire, voilà donc le bilan avant d’accueillir le vice-champion d’Europe, qui lui, présentait un bilan palindromique à celui de la SIG, cinq victoires et une défaite, et marchait sur cette poule A.

L’ADVERSAIRE

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Le champion Olympique Luis Scola face à John Mc Cord

Sept mois avant ce match, le Tau Vitoria s'était hissé en finale de l’Euroleague en éliminant le CSKA Moscou sur ses terres en demi-finale et en ne cédant qu’en finale contre le Maccabi Tel-Aviv. Exit deux des joueurs stars, envolés pour la NBA: José Calderon et le redoutable shooteur lituanien Arvydas Macijauskas. Mais qu’importe, ce Vitoria est ambitieux. Ce 12 décembre 2005 voit donc débarquer au Rhenus : Serkan Erdogan, meilleur marqueur de la compétition (16,8pts), le pivot argentin champion olympique Luis Scola, accompagné à la mène par son compatriote, le magicien Pablo Prigioni, l’arrière Casey Jacobsen fraîchement débarqué de trois saisons NBA, tout comme l’ailier Travis Hansen. Rajoutez à cela des joueurs hors norme, comme le futur champion NBA, Tiago Splitter, l’ex-SIGman Kornel David, le géant serbe Pedrag Drobnjak et un petit Espagnol encore inconnu, Jordi Grimau, et vous obtenez une armada incroyable en Europe face à laquelle personne ne donnait cher de la peau de la SIG…

LE MATCH

Et pourtant les SIGmen allaient défendre corps et âme, répondant au défi qui leur était proposé. Le début de match voyait avant tout un duel sortir du lot : Luis Scola contre Ricardo Greer. Le champion olympique portait son équipe en scorant les huit premiers points et verrouillant le rebond. Si bien qu’après 10’, sa ligne de stats laissait rêveur : 12pts à 100%, 5rbs. Et pourtant, les longs segments du pivot de la SIG, Ondrej Starosta (2m15), les drives d’Aymeric Jeanneau mais surtout la hargne de Ricardo Greer (10pts, 1rb, 1pd après 10’) permettaient à la SIG de tenir tête au vice-champion d’Europe. Même si le TAU passait devant à la 6’ à la faveur d’un 0-7 (10-15), le score à la fin du quart temps, 22-25, montrait que les Alsaciens n’allaient pas se laisser faire. Mieux encore, une interception et une contre attaque de Stanley Jackson, immédiatement suivi par Sacha Giffa permettaient à la SIG de repasser en tête (26-25, 11’). S’en suivait alors un match d’hommes ou rien ne serait facile. Et même si Scola continuait à montrer toute sa classe par des actions dont lui seul avait le secret, le vaillant John Mc Cord montrait dans ce quart temps qu’il faudrait plus qu’une simple envie pour perforer cette défense héroïque de la SIG. L’écart entre les deux équipes ne dépassait jamais les trois points et à la mi-temps, sur un tir dans les dernières secondes de Jackson, les SIGmen passaient devant des Basques pour le moins surpris : 45-44.

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Ricardo Greer (26 d'évaluation) était l'un des artisans de cette victoire historique...

La troisième faute de Jeanneau additionnée aux trois du musculeux pivot de la SIG, K’Zell Wesson, laissaient croire que la seconde mi-temps allait être difficile pour les locaux. D’autant plus que Scola, encore et toujours, remettait son équipe à l’endroit suite à un 2+1 autoritaire (47-51, 23’). Mais il était écrit que cette équipe de la SIG avait un cœur énorme ce soir-là et la réponse collective allait être cinglante. Greer, Jeanneau, Wesson et enfin Giffa scoraient tour à tour, infligeant un 8-0 aux Espagnols (55-51, 26’) ! Jacobsen et Hansen pour Vitoria jouaient les pompiers de service en scorant à trois points et tentaient de calmer un peu les ardeurs de la SIG. Si bien qu’à l’aube des 10 dernières minutes, les deux équipes étaient encore au coude à coude: 60-61. Qui l’eut cru ? Et soudain, dès la remise en jeu de ce dernier quart temps, les 4850 personnes du Rhenus allaient basculer dans l’irréel… Une interception de Stanley Jackson suivi d’un panier facile, puis Alvin Young en sortie de banc inscrivait deux paniers en transition avant qu’une défense de fer de Mc Cord, verrouillant le cercle, lançait une nouvelle fois Jackson qui se stoppait à trois points ajustant ainsi un coquet 11-0 contre le vice-champion d’Europe pour donner dix points d’avance au petit poucet : 71-61, 34’ ! Vitoria était KO debout… Si Kornel David entretenait l’espoir (73-67, 36’), Wesson inscrivait six points de rang et prenait définitivement le dessus sur un Scola fatigué (0/3 aux tirs et 1/4 aux lancers-francs dans le quart) : 77-67, 38’. Aymeric Jeanneau et Ricardo Greer achevaient Vitoria dans une ambiance folle de corrida pour figer le score final à 84-76 (les statistiques). La SIG venait de s’offrir, au terme d’une rencontre exceptionnelle d’intensité, le plus grand exploit de son histoire… Le premier!

ET APRÈS?

Si la SIG allait confirmer ce bon résultat la semaine suivante en battant l’AEK Athènes au Rhenus (70-66), mais la suite de la compétition allait être plus difficile. Six défaites lors des six dernières journées, anéantissaient le rêve des Alsaciens qui finissaient septièmes de la poule A (3V/11D). De son côté, Vitoria finissait premier de la poule avec 11 victoires et 3 défaites et allait se qualifier une nouvelle fois pour le Final four quelques mois plus tard. Mais les Basques allaient échouer face au Maccabi Tel-Aviv et finir troisième en battant Barcelone en match de classement.

Franklin Tellier

 LE MATCH EN IMAGES