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Actualités Antoine Roth, kiné par passion du sport

Antoine Roth, kiné par passion du sport

Depuis plus de six ans, il suit les exploits de la SIG de très près. Fan de sport, Antoine Roth, 30 ans bientôt, ce que sa bouille de gamin blondinet ne laisse pas paraître, vit sa passion au quotidien à travers son métier de masseur-kinésithérapeute. Comme dans un rêve d’enfant…

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Au temps mort, attentif aux besoins de chacun.

Le public du Rhenus l’a repéré depuis belle lurette. A chaque chute, à chaque petite blessure, Antoine Roth se précipite sur le parquet pour porter secours à son joueur. Voire, si besoin, à l’adversaire. A chaque sortie, à chaque temps mort, il tend au basketteur qui quitte le terrain la bouteille marquée de son numéro. Mais le kiné de la SIG en fait bien davantage encore. Il nous raconte son parcours, ses souvenirs et ses espoirs.

Depuis tout petit, Antoine Roth a toujours baigné dans un milieu médical. « Mon père exerçait comme pédiatre à Colmar, où je suis né, ma mère infirmière-auxiliaire de puériculture », commence le citoyen de Dambach-la-Ville où il s’est installé avec sa compagne, Marion, tout près du domicile familial. « Mon père était aussi médecin du sport et pratiquait l’athlétisme. Il m’a emmené au bord des pistes et j’ai fait très naturellement de la course à pied en compétition à l’ACCA (NDLR : l’Athlétic-Club Centre-Alsace). Tout en voyant au quotidien mon père prendre mes pulsations, contrôler ma glycémie. Du coup, je m’y suis spontanément intéressé. C’est peut-être de là qu’est venue ma vocation ».

De l’athlétisme et du tennis

Parallèlement, Antoine joue au tennis, « pendant dix ans en compétition, ce qui m’a amené à rester au contact du sport ». Et les études, en passant par la terminale S, le mènent vers la faculté de médecine. Pour être médecin du sport ou kiné. « C’est la kinésithérapie qui a retenu mon attention et pendant trois ans, j’ai suivi ma formation à Strasbourg ». C’est au cours de la troisième année, en 2007, que le destin d’Antoine Roth va se dessiner. « Nous avions un stage de 20 heures à faire dans le sport et j’ai eu l’opportunité d’aller au Racing Club de Strasbourg, alors en Ligue 2. J’ai fait mes 20 heures en deux ou trois semaines et le club m’a proposé de rester, en tant que stagiaire. J’y allais donc trois à quatre fois par semaine, pendant mes études. J’ai même loupé des cours pour aller faire des soins, avant les entraînements ou les matches, avec les conseils d’Eric Moerckel. Ils m’ont beaucoup appris ».

A la fin de cette saison, l’équipe médicale du Racing lui propose un mi-temps pour la saison suivante. « J’ai travaillé avec les pros et je me suis aussi occupé du Centre de formation tout en complétant par un autre mi-temps dans un cabinet ».

Ce n’est pas la descente du Racing en CFA qui changera les plans d’Antoine. « C’est la SIG qui, à l’été 2009, a appelé le Racing pour demander s’il n’avait pas un kiné à disposition. Et c’est ainsi que je suis arrivé au Rhenus… »

Un bilan très positif

Les débuts dans le basket ne seront pas des plus aisés. Du moins sur le plan sportif. « C’était la dernière saison de Fred Sarre avec qui je me suis bien entendu, mais c’était une année difficile, sportivement ». Avant l’arrivée de Vincent Collet…

Six ans après, Antoine Roth fait un bilan très positif sur son parcours professionnel. « Je suis assez content de l’évolution positive de la prise en charge des diagnostics et des soins, sur le traitement des pathologies ». Il fait évidemment allusion au travail réalisé en commun par l’équipe médicale en place, dirigée par les deux médecins, Nicolas Moncade et Nicolas Sarbacher. Son souhait le plus cher : « Pouvoir transmettre, former ». Il est sur la bonne voie puisqu’il accueille régulièrement de futurs praticiens. « J’aime les moments de partage avec les élèves kinés qui viennent une fois par semaine au Rhenus ».

Antoine Roth aimerait aussi parfaire sa formation, lui qui se plonge régulièrement dans des livres spécialisés lors des déplacements européens, par exemple. « C’est difficile car on n’apprend pas forcément dans les livres. Ce n’est pas un métier littéraire. Une démonstration est plus efficace pour la transmission ».

Le confident des joueurs
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Dans une chambre d'hôtel aménagée en salle de massage, Matt Howard entre les mains experte du kiné, Antoine Roth.

Comme dans tous les sports professionnels, le moment des soins est un instant privilégié. Où les joueurs confient leurs joies, mais plus souvent leurs frustrations. « J’essaie toujours de mettre l’équipe et la performance collective en avant. Je peux aussi être, anonymement, un relais vers le coach, de certaines difficultés. Ça dépend beaucoup des joueurs et c’est plus fréquent avec les Français qu’avec les étrangers. Mais je suis là pour les écouter aussi… »

En six saisons, il a vécu de grands moments, des émotions intenses. « Mes émotions les plus fortes ce sont paradoxalement les finales perdues. Davantage que les trophées de la saison dernière. L’intimité des vestiaires, c’est là qu’on vit les moments les plus forts. Dans la victoire comme dans la défaite. Et notamment après les grosses victoires de l’automne en Euroleague. J’ai eu la chance d’être témoin, mais aussi acteur privilégié de ces moments-là. Je prends à cœur chaque résultat de l’équipe ».

Amateur de vin et de nature

Lorsqu’il n’est pas dans son monde professionnel, celui du sport de haut niveau, Antoine Roth sait se ressourcer de façon très simple. « J’aime la nature, aller aux champignons, chercher des fruits et des légumes dans le jardin et les cuisiner, faire du vélo et courir. Tout ce qui a trait à la vie en plein air ».

Depuis tout petit, il a grandi à l’ombre des vignes du Frankstein, le grand crû de Dambach-la-Ville, au point d’être un amateur éclairé, membre de la confrérie vinique locale. Un bon vivant aussi… « J’aime la vie simple, manger et boire, et surtout partager avec mes amis. Mais je ne serai jamais un citadin ! »

Son avenir ? Antoine Roth l’imagine toujours avec le sport en toile de fond. Mais différemment. Car le manque de temps libre pèse parfois. D’autant que pendant l’été, il est le kiné des équipes de France de jeunes, ou France A’ avec Pascal Donnadieu et surtout Nicolas Barth, le kiné de Nanterre. « Le jour où nous aurons un enfant, avec Marion, ce sera sans doute difficile pour moi de continuer, en ProA et en Euroleague par exemple. Concilier les déplacements et les soins, cela fera beaucoup. J’aurais un cabinet, je verrai la vie autrement. Et je soignerai avec la même passion des personnes lambda avec des problèmes tout aussi respectables que ceux des sportifs ».

Il aura alors des souvenirs plein la tête, à raconter le soir, au coin du feu. Comme celui qui lui a fait croiser la route, un peu par hasard, de Morgan Schneiderlin, le footballeur de l’équipe de France, venu en juin dernier, soigner ses petits bobos. En toute confiance. « J’ai vraiment apprécié le sportif et l’homme », dit Antoine.

Ainsi va la vie du kiné du club. Pour quelque temps encore…

Jean-Claude Frey