Basket
bandeaux VIP.jpg
bandeaux VIP.jpg
Personne en Situation de Handicap
réservez dès maintenant vos places via YOOLABOX
P1340619
Actualités Martial Bellon à J-3 : « Rien n’est fait »

Martial Bellon à J-3 : « Rien n’est fait »

A J-3 d’un rendez-vous capital, le quart de finale retour d’Eurocup contre Nizhny Novgorod (mercredi à 20h au Rhenus et à guichets fermés), Martial Bellon, le président de la SIG, évoque l’importance de l’issue du match pour l’avenir du club. Il revient aussi sur le match aller et, surtout, sur les enjeux du conflit entre la FIBA et l’Euroleague pour lesquels il est monté en première ligne tout au long de la semaine écoulée et lors de l’AG extraordinaire de la LNB, samedi à Paris.

  • Martial Bellon, comment avez-vous vécu le match aller en Russie et la performance de votre équipe ?
  • Cette belle victoire a confirmé que depuis le début de l’année l’équipe sait voyager (NDLR : 9 victoires pour 2 défaites, toutes compétitions confondues). A part Saratov, le match du Last 32 qu’on a un peu laissé filer parce qu’on était déjà qualifié, on a remporté tous les matches à l’extérieur en Eurocup. C’est une nouvelle équipe depuis 2016 et tout le travail qui a été fait lors des trois premiers mois pour constituer l’équipe et notamment intégrer Mardy Collins porte ses fruits. Maintenant, l’équipe est solide, même si, dans les dernières minutes, elle a un peu lâché, peut-être en raison de la fatigue mais aussi parce que Novgorod est capable de faire cela. Pour le match retour, rien n’est fait…
  • Comment voyez-vous ce match retour ?
  • J’ai dit aux joueurs que j’ai rencontrés vendredi, et notamment à Louis (Campbell) et Romain (Duport) : « Remember Nanterre » (*). Tout le monde pense que les choses sont faites mais on en est loin. Nous ne sommes qu’à la mi-temps de la confrontation et le souvenir de Saint-Pétersbourg est aussi dans nos esprits. Nous n’avons que neuf points d’avance et on sait que les Russes sont capables d’artiller comme des fous ! Cela dit, c’est évidemment mieux d’avoir neuf points d’avance que neuf points de retard mais ce n’est pas fait et il faudra aborder ce match le mors aux dents, avec une grosse défense, comme celui d’Oldenbourg.
  • L’enjeu est capital pour la SIG, non ?
  • On a dit que tout ce qu’on était en train de monter, et notamment l’Arena, c’était pour créer les conditions pour atteindre le top 20 européen à l’horizon 2020. Si on gagne ce match, on sera dans le dernier carré et on aura très officiellement atteint cet objectif, derrière le top 16 de l’Euroleague, avec quatre ans d’avance. Ce qui ne veut pas dire qu’on y sera installé définitivement. Il faudra confirmer par la suite mais pour le club, historiquement, ce serait une très grande nouvelle. Il n’a jamais été à ce niveau-là dans son histoire. Et ce serait aussi une très bonne nouvelle pour le basket français parce que cela viendrait démontrer qu’en dépit de nos budgets inférieurs, on y arrive quand même… La SIG a voulu progresser de manière régulière, ce qui ne veut pas dire qu’on a fait exprès de perdre trois finales (rires…). Notre progression sportive, celle des spectateurs – pour le moment à date, nous avons 440 spectateurs de plus, en moyenne, que l’an passé, et que si on maintient ce rythme on sera à plus de 5 700 en moyenne en fin de saison – celle du budget, montrent que le club grandit et que notre travail commence à produire des vrais résultats.
  • La SIG pourrait donc intégrer le Top 20 européen mercredi. Au moment où la situation en Europe est tendue avec le conflit entre la FIBA et sa Champions League, présentée ce lundi à Paris, et l’Euroleague, quelle est la position de la SIG et de son président ?
  • A la suite de la réunion provoquée par l’Euroleague sur l’Eurocup, lundi dernier à Barcelone et à laquelle nous avons participé parce que nous y étions invités, nous avons pris conscience que tout pouvait basculer en faveur de l’Eurocup au détriment de la Champions League FIBA. Nous avons pris nos responsabilités et mobilisé les présidents de clubs de ProA du comité directeur de la LNB pour s’exprimer sur le sujet. Coincés que nous sommes entre le pouvoir institutionnel, régalien, politique d’une part, et le pouvoir économique qui est aussi incontestable de l’autre. Sans jeter la pierre à l’une ou l’autre des parties. Mais nous étions en train de nous faire tondre sans rien dire… On a réagi et les réactions en cascade qui s’en sont suivies, nous ont permis d’adopter à une très large majorité, lors de l’AG extraordinaire de la LNB ce samedi à Paris, une motion qui demande à la FIBA de prendre des mesures coercitives à l’égard des fédérations et des ligues qui ne suivent pas le même chemin que nous. Cette motion nous a aussi libérés. Si la FIBA ne le fait pas, nous irons vers la meilleure compétition et il n’y aura pas de sanction pour les clubs français si nous devons jouer demain en Euroleague ou en Eurocup. C’est un progrès par rapport à ce qui s’est passé mais aussi la volonté d’une unité du basket français à l’égard de la FIBA. Nous sommes probablement le seul pays en Europe à avoir une position aussi claire. Nous privilégions la FIBA mais si elle n’est pas en capacité de nous assurer la deuxième compétition européenne, on ira vers l’Euroleague ce qui ne sera pas sans poser d’autres problèmes, notamment en terme de calendrier. Mais on verra ça le moment venu.

Recueilli par Jean-Claude Frey

(*) ‘’Souvenez-vous de Nanterre’’