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Rodrigue Beaubois
Actualités Le match d’une vie

Le match d’une vie

Rodrigue Beaubois face à Trent Lockett (Trente) : un des hommes-clés pour un exploit de la SIG.

C’est une première pour les joueurs, le coach, les dirigeants, les fans et toute la région. La finale de l’Eurocup sera (peut-être) un événement unique en Alsace. Alors ce premier match contre Galatasaray (vendredi à 21h, en direct sur MCS et Eurosport2) avant de se rendre à Istanbul mercredi, est un rendez-vous capital, que personne ne veut manquer. Le match d’une vie…

matt Howard

Le retour de Matt Howard donnera à la SIG des arguments supplémentaires et indispensables pour espérer prendre la main dans ce match aller.

Tout porte à croire que l’Eurocup ne choisira son vainqueur que la semaine prochaine, lors du match retour à Istanbul. En 8e de finales et en demies, la SIG, bien que battue chez elle, avait décroché la qualification à l’extérieur, à Oldenbourg puis à Trente. Quant à Galatasaray, battu à trois reprises à Izmir, au Bayern et à Gran Canaria, il avait assuré l’essentiel chez lui, là où les Turcs affichent un bilan exceptionnel de 10 victoires pour une seule défaite, lors d’un match de poule contre les Lituaniens de Klaipeda.

Voilà pour la sécheresse des chiffres. Mais dans un événement de cette dimension, bien d’autres paramètres entrent en jeu. Ainsi, medias turcs et réseaux sociaux du bord du Bosphore ont déjà donné le nom du vainqueur. Pour eux, la SIG n’a clairement aucune chance… « Ça ne peut pas nous être nuisible, ça enlève un peu de pression et ne peut pas nous faire de mal, se réjouirait presque Vincent Collet. Je ne le prends pas pour mon équipe, c’est notre basket qui est jugé ainsi. Soyons juste motivés pour les faire mentir… »

De l’euphorie, oui, mais à bon escient

Inutile de dire qu’il trouvera les mots pour leur faire comprendre ce qui se murmure en Turquie. Le coach alsacien sait aussi que, plus que jamais, ce premier match sera capital, davantage que lors des tours précédents : « Leur salle n’est pas loin d’être une forteresse imprenable. Alors essayons déjà de gagner, car nous avons perdu chez nous de 2, 9 et 6 dans les tours à élimination précédents. On a été plutôt mauvais au Rhenus et j’espère qu’on fera au moins une fois un bon match. Après, on se servira de cette première opposition, du contexte de leur salle, pour voir ce qu’on pourra faire là-bas ». La raison de ces difficultés ? Collet approche une hypothèse : « Moins de concentration que lorsqu’on joue à l’extérieur, moins de construction dans le jeu. On shoote beaucoup plus, on se précipite ». En se penchant sur les statistiques, le stratège a relevé une faille flagrante : « C’est visible en particulier sur les tirs à trois points. On en prend plus à domicile et… on en marque moins (NDLR : 30% de réussite dans l’exercice au Rhenus, 44% loin de ses bases). On a trop cherché l’euphorie qui nous avait bercés en début de saison contre le Fenerbahçe ou le Real comme si on voulait assommer l’adversaire. Je ne nie pas qu’on ait besoin d’euphorie pour réussir un exploit, mais il ne faut pas courir après… »

Blake Schilb : « Je les connais tous… »
stephane-lasme

Le Gabonais Stéphane Lasme (ici contre Gran Canaria lors de la demi-finale) est un énorme pivot, calibré Euroleague.

Car en face, ce Galatasaray archi-favori est tout de même un sacré client. « Ils vont essayer de nous étrangler et de gagner la finale dès le premier match », prévient Collet. Raison de plus pour contrôler le tempo. « C’est une équipe articulée autour de huit joueurs très créateurs : Blake Schilb que l’on ne présente plus et Sinan Güler, un joueur majeur de l’équipe nationale turque sur les lignes arrières, mais aussi Errick McCollum, un diable basketteur très difficile à contrôler, le roi du jeu dans la zone intermédaire (NDLR : le meneur US, meilleur marqueur et deuxième à l’évaluation, a été nommé ce jeudi MVP de l’Eurocup). Et puis, il y a des intérieurs particulièrement féroces. Lasme est très dominant, Micov une arme létale à trois points, à 57,6% en championnat, qui sait faire beaucoup d’autres choses ! Sans oublier Chuck Davis, très complémentaire des autres ».

Pour Collet, les joueurs ont clairement « des capacités de un contre un nettement supérieures à toutes les équipes que nous avons rencontrées. C’est une équipe d’Euroleague ». Une compétition promise au lauréat de la finale…

Pour Blake Schilb, auteur du triplé avec Chalon en 2012 avant de rejoindre Paris et son coach, Greg Beugnot, la domination annoncée de Galatasaray doit d’abord se démontrer sur le terrain : « Dans ces matches-là, c’est toujours un peu spécial. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Et ce genre de discours constitue un avantage pour l’équipe qui est sous-estimée. Les gars de la SIG, je les connais tous, du coach au dernier joueur sur le banc. J’ai joué contre chacun d’entre eux, avec Chalon ou Paris. Même Mardy Collins que j’ai affronté l’an passé en Eurocup ! Mais jouer en France, c’est toujours très spécial pour moi. Je me suis marié ici, j’y ai beaucoup d’amis. J’ai une relation très particulière avec la France et le basket de la LNB. C’est toujours un plaisir de revenir… »

Vendredi soir, pas d’amabilité à attendre de ce joueur d’exception qui « éclaire le jeu stambouliote » comme aime à le souligne Vincent Collet. « Il faudra les gêner dans leur organisation collective car ils sont bien meilleurs que lorsqu’ils avaient perdu à… Saratov et à Jérusalem ».

Beaubois : « Le match le plus important de ma carrière »

Beaucoup de choses dépendront de la capacité des Strasbourgeois à se hisser au niveau d’excellence déjà vu cette saison contre de grosses écuries. « J’ai aimé l’entraînement de mercredi en terme d’intensité, d’engagement, celui de jeudi en concentration ». Et si la formule en aller-retour favorise forcément l’équipe la plus forte sur le papier, la SIG n’en a pas mis pour rien tous les atouts de son côté. Comme la mise au vert entamée jeudi soir dans un hôtel de la périphérie. Entraîneur et président avaient évoqué, sur le ton de la plaisanterie, après la qualification obtenue à Trente, la possibilité de jouer deux fois à l’extérieur… « On va vivre pendant plus de 24h comme à l’extérieur, sans l’inconvénient du déplacement. Pour se donner toutes les chances ». Les joueurs ont adhéré, dans le même élan, « pour vivre ensemble », comme l’a souligné Jérémy Leloup, et ils souscrivent aussi à l’affirmation de Rodrigue Beaubois qui en a pourtant disputé, des matches importants : « C’est clairement le moment le plus important de ma carrière de joueur. J’ai décroché le titre NBA avec Dallas dans un rôle mineur, mais là, c’est un vrai challenge, pour essayer de créer la surprise, avec une équipe dans laquelle j’ai un rôle majeur ».

La conclusion à la veille du jour J, nous la laisserons à Vincent Collet, qui aime à citer Victor Hugo : « Ce que nous allons donner, c’est ce qui restera... » Et s’il restait un trophée, le plus beau que la SIG ait jamais conquis ?

Jean-Claude Frey

SIG - Galatasaray en chiffres

infographie SIG-galatasaray

 

Jérémy Leloup et Rodrigue Beaubois évoquent la finale, en vidéo