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SIG ASVEL BANGALY FOFANA2
Actualités L’ultime combat

L’ultime combat

La bataille fera encore rage sous les paniers. Comment Bangaly Fofana et Matt Howard, diminué, pourront-ils stopper Watkins et Andersen ?

Qui sera champion de France ? Cette fois, on le saura, après 40 minutes ou plus d’un dernier bras de fer entre la SIG, portée par un Rhenus en feu, et Villeurbanne ce mardi à 20h30 (en direct sur SFR Sport2). L’épilogue d’une saison si riche, qui serait pourtant si frustrante en cas de nouvel échec que personne n’ose imaginer…

C’est le dernier round d’une série finale, d’une saison voire d’un cycle. Le 72e match de la SIG depuis octobre – un record pour un club français, peut-être toutes disciplines confondues – pour une victoire aux points. Seul le battu sera K.-O. et aucune des deux équipes ne veut l’être. C’est donc un combat épique qui s’annonce…

Villeurbanne a remis les compteurs à zéro et viendra gonflé à bloc. La SIG, qui a laissé filer le trophée entre ses doigts pour quelques possessions mal négociées au pire moment, doit se remettre en ordre de marche. Il faut mobiliser toutes les ressources disponibles, user les batteries jusqu’à la corde, puiser dans les réserves mais tout donner. Sans calculer et sans savoir si cela sera suffisant…

« C’est la vraie finale, estime Vincent Collet. On est revenu au scénario de Bercy sauf qu’elle se joue au Rhenus et ce n’est pas une mince affaire. Il n’y a pas d’après… Comme au tennis, quand on arrive au 5e set. Il n’y a plus de droit à l’erreur et en particulier pour nous. Aujourd’hui, on a un surcroît de pression, parce que nous sommes favoris depuis le début de saison. Le côté positif, c’est que jusqu’ici, c’est toujours l’équipe qui a eu la pression qui a gagné. Nous dans les deux premiers, Villeurbanne dans les deux suivants. Cela prouve qu’on peut avoir la pression et gagner ». Son vis-à-vis, J.D. Jackson, s’en amuse : « On arrive enfin à mettre un peu de pression sur cette équipe de Strasbourg. Ça fait du bien ! Et on sera dans un meilleur état d’esprit que lors que de l’épisode 1 ».

La perte du jeu collectif
SIG ASVEL RODRIGUE BEAUBOIS

Rodrigue Beaubois détient en partie les clés de ce match décisif. Mais il ne devra pas être seul...

Après trois finales perdues, la « gamberge » est inévitable à Strasbourg. Plus dans l’entourage immédiat du club, pour le coach, pour Campbell et Duport, les seuls qui ont vécu tous les échecs, que pour les autres. Peut-on l’évacuer ? « On perdrait son temps à vouloir l’évacuer. Il faut apprendre à vivre avec, et surtout rester concentré sur la manière d’aborder et jouer ce match. La pression vient des attentes, celles d’être champion, de soulever le trophée. Et c’est la mauvaise façon de s’y prendre. Il faut se préoccuper avant tout d’améliorer ce qui n’a pas fonctionné… », poursuit le coach.

Parmi les faiblesses les plus flagrantes dans cette finale, la perte du jeu collectif. Des points marqués en baisse régulière – 80, puis 73, 69 et enfin 59 – et plus encore des passes en chute libre – 12, 12, 11 et… 7, le plus petit chiffre de la saison – qui inquiètent. « Le match 4 est caricatural à cet égard. Il faut retrouver du liant, continuer et bien défendre, car on a progressé de 30 points de jeudi à samedi (NDLR : 60 points encaissés contre 90) ce qui montre des aspects positifs. Il faut les renforcer et s’améliorer sur les points faibles. A nous de trouver des solutions collectives car on a trop porté la balle en dribble ». Ce qu’il ne faudrait surtout pas faire ? « Inventer quelque chose en rapport avec la hauteur de l’objectif. On se fourvoierait inévitablement ».

Le rôle vital du Rhenus

Davantage que le petit écart de l’épisode 4, la SIG a eu du mal à digérer de « ne pas avoir profité de l’avantage acquis à six minutes de la fin, à +7, et encore à 2’30’’ de la fin, à +4 ». D’avoir mené pendant 19 minutes et 57 secondes en première mi-temps, puis de la 27e minute jusqu’à 44 secondes de la fin. Elle sait aussi que Villeurbanne cherchera encore à appuyer sur les points faibles détectés, la difficulté à défendre le post-up bas, avec David Andersen notamment. « Nos intérieurs n’ont pas la capacité à prendre l’avantage dans ces situations, même sur des joueurs de plus petite taille et la blessure de Matt Howard est la plus handicapante pour nous, même s’il donne son corps à l’équipe. Bien d’autres seraient déjà retournés au garage… »

Collet sait bien que J.D. Jackson va insister sur ce point fort. « Ça nous préoccupe bien sûr parce qu’ils vont faire la même chose. A ces handicaps structurels, on a ajouté des comportements conjoncturels déviants… » Allusion à peine voilée aux excès d’individualisme qui ont coûté très cher dans le final. Comme cela avait été le cas à Galatasaray. « Cela fait deux fins de match où on a plusieurs garçons qui perdent un peu la tête ».

Dans ce contexte brûlant, où la SIG « n’a aucune marge sur son adversaire qui met ses faiblesses en lumière », Collet compte sur le « très gros plus » que constitue le Rhenus. « Ce qui m’importe, c’est que le public fasse son match. Si c’est un public de suiveurs, ce sera préoccupant. Et au début, si nous sommes en difficulté, il aura un rôle décisif à jouer. Rappelez-vous des retournements de situation de cette saison, contre Belgrade par exemple. Nos fans ont autant envie que nous de gagner. Il y a une vraie attente. Si on gagne, ce sera le plus beau des scénarios. Car la victoire, ça se partage. Le sport, c’est partager ses émotions. Mais avant, il y a un chemin à emprunter », conclut Collet. Et il ne faudra pas, cette fois, se tromper.

Parker sera là

Avant de se mettre au vert, comme la veille du match contre Galatasaray, les joueurs de la SIG ont appris en fin de matinée que l’ASVEL aura sa « mascotte préférée » au bord du terrain. Le président Tony Parker, qui devait rejoindre San Antonio plutôt que… Pau où les premiers joueurs de l’équipe de France préparent le TQO, a annoncé sur son compte Twitter qu'il sera finalement au Rhenus pour soutenir son équipe. Il est vrai qu’elle n’a jamais perdu cette saison, lorsqu’il était dans les tribunes.

Le mot de la fin, on le laissera à Vincent Collet : « Ce sera notre 72e match mardi. Si on le gagne, tout le monde dira que notre saison a été magnifique avec une finale d’Eurocup et un titre de champion de France. Si on le perd, on passera pour les éternels losers de l’Est ! »

Il reste 40 minutes pour choisir son camp…

Jean-Claude Frey

SIG - ASVEL, L’ÉPILOGUE EN CHIFFRES

infographie SIG-ASVEL match 5