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Actualités Miracle à Strasbourg

Miracle à Strasbourg

Place aujourd’hui, non pas à l’histoire de la SIG, mais à une journée particulière pour le basket à Strasbourg…

Aulcie Perry, l'un des Américains du Maccabi à l'issue de la finale avec la Coupe d'Europe

26 mars 1981. – Combien étaient-ils ce soir- là dans l’antre de la première version du Rhenus à Strasbourg ? 10 000 ? 11 000 ? Davantage ? On ne le saura jamais tant la confusion, la ferveur et la pression de supporteurs ont, à la stupeur générale, fait basculer l’ordre établi.
Rappel des faits : par la grâce d’un dirigeant alsacien influent (1), et d’un nouveau et vaste hall aux tribunes tubulaires et modulables, Strasbourg avait hérité de l’organisation de la finale de Coupe d’Europe des clubs champions. Le Graal, toujours vu de loin tant les équipes françaises étaient alors (et comme maintenant) démunies face aux ténors de l’époque. Et d’encore plus loin à Strasbourg où la SIG venait de remonter en Nationale II (2).
La finale s’annonçait royale entre d’un côté, en jaune et bleu, le Maccabi Tel Aviv, équipe émergente pour avoir gagné la Coupe une première fois quatre ans plus tôt et s’être hissé en finale en 1980 face au Real Madrid. Et de l’autre, en noir et blanc, la Virtus Bologne (rebaptisée temporairement Synudine Bologne), successeur en Italie de l’Ignis Varese de Dino Meneghin qui avait régné en maître en Europe dans les années 70 (3).
Une affiche de choix donc.
Les billets s’étaient très vite arrachés, et, le jour venu, les charters venus par dizaines d’Israël et d’Italie affluèrent à Entzheim. Le problème, inédit, était que, parmi les milliers de supporteurs qui débarquaient, des centaines n’avait pas le sésame pour entrer !
L’après – midi, dans une tension palpable, le marché noir battait son plein aux abords du Wacken, avec quelquefois des liasses de billets (en francs, marks, dollars, peu importe) qui passaient d’une main à une autre moyennant le ticket du match.
A 20h30, au moment du coup d’envoi, à l’extérieur, trois à quatre mille personnes sans billets et donc frustrées grondaient !
A l’intérieur, dans une ambiance survoltée et électrique, le match était très serré, dur, tendu. La chaleur, la sueur, la condensation rendaient le terrain au revêtement synthétique très glissant, occasionnant de fréquents arrêts pour éponger le sol, bridant le jeu, renforçant la dramaturgie d’une finale indécise.
Et, soudain, le manque d’aération, l’atmosphère étouffante, la pression bruyante des supporteurs sans billets et la crainte d’incidents sérieux firent évaluer le risque aux autorités. Qui prirent une décision qui nous paraît incroyable à notre époque : l’ouverture des portes !
D’un seul coup deux, trois mille personnes, plus peut-être, s’engouffrèrent dans le hall et se posèrent là où ils purent, sachant que toutes les tribunes étaient pleines : dans les escaliers, debout juste derrière les panneaux publicitaires entourant le terrain, quelquefois assis à même le sol. Bref, toutes les mesures élémentaires de sécurité avaient été balayées. On était encore loin du drame de Furiani (mai 1992).
Au final, dans une tension absolue, le Maccabi, coaché par Rudy d’Amico (qui fut entraineur au Mulhosue BC) l’emporta sur le fil à la faveur d’un panier décisif de la star Mickey Berkowitz (80-79).
Dès le coup de sifflet final, les supporteurs israéliens, joyeux et heureux, renversèrent les panneaux publicitaires, débordèrent un service d’ordre ahuri et envahirent allègrement le terrain pour porter leurs joueurs en triomphe. Les officiels éprouvèrent le plus grand mal à transmettre le Trophée, finalement remis à la sauvette et à la hâte aux champions. Bref, une ambiance surréaliste et totalement inimaginable en 2017 (4).
Au fait : il n’y eu aucun incident à signaler.
Les miracles, ça peut arriver…
 
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  1. Vice-Président de la FFBB, Président du basket en Alsace, Robert Unterstock était aussi vice-président de la FIBA. C’est à lui que Strasbourg doit le fait d’avoir été choisi.
  2. Cette année – là, la SIG termina 7° de Nationale II (actuelle pro B) avec Serge Flick, Marc Bousinière, Carlo Wilm, Jim Ellinghausen, Eric Occansey, Jacques Schneider, Jean-Paul Ribes, Thierry Lang, Patrick Lazare, Didier Waechter et Michel Zaber (actuel Président de SIG association) et le coach Francis Jordane.
  3. Les années 80 furent aussi placées sous le sceau italien avec les succès de Cantu (1982 face au Maccabi et 83 face à Billy Milan), Banco di Roma (84) avant les titres de Cibona Zagreb et Drazen Petrovic (1985 et 86).
  4. Pour vous donner une idée de l’ambiance de la fin du match :

                         https://www.youtube.com/watch?v=_JgYjgkAzPo