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Actualités Patrick Lazare : une (très) longue page vient de se fermer

Patrick Lazare : une (très) longue page vient de se fermer

Il est le seul sans aucun doute, à pouvoir s’enorgueillir de plus d’une trentaine de licences au club, d’en avoir été joueur et coach au plus haut niveau français, et de détenir toujours le record de longévité (7 ans) au poste d’entraîneur. Retour sur la carrière hors norme de Patrick Lazare, figure emblématique du basket alsacien, qui vient de tirer sa révérence…

A 61 ans passés, en bouclant sa dernière saison aux commandes de l’équipe féminine de Geispolsheim en Nationale 1, il vient de mettre fin à ses activités dans le basket. Elles avaient commencé… en 1967, il y a tout juste un demi-siècle lorsqu’il a signé sa première licence au CS Saint-Amand Ohnheim. « Enfant, je m’entraînais seul sur le terrain en plein air pendant les vacances d’été. Tous les jours. Quand mon fils, Pierrick (NDLR : il a disputé quelques matches avec les pros de la SIG alors qu’il était espoir au début des années 2000 avant d’évoluer à Orléans et Limoges, en ProB) a voulu en faire de même, les riverains se sont plaints et ce n’était plus possible. Autres temps… Nous, on déblayait le terrain de la neige pour pouvoir jouer ! »
A 19 ans, il a déjà la fibre d’entraîneur
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La plaquette de la saison 1974/75.

En cadets, il a déjà l’âme d’un leader et rêve de gagner un titre avec ses potes d’Ohnheim. Il les forcera à venir s’entraîner pendant les vacances. Il s’en suivit un titre de champion du Bas-Rhin AGR. « C’était pas grand chose, mais j’étais déjà conscient de la force collective que pouvait procurer les séances de travail librement consenties… » A 17 ans, le gamin aux cheveux longs est devenu un espoir du basket régional. « Jérôme Christ est venu me chercher et sous les ordres de Francis Jordane, j’ai fait mon apparition en Nationale 2, le deuxième niveau national de l’époque, dès la première saison. Avec des Américains comme Jimmy Hayes ou Bruce Mello ».
L’année suivante (1974/1975), il contribue à la mène, derrière Claude Molz, à la montée en Nationale 1. « Nous étions plusieurs joueurs de moins de 20 ans, avec Daniel Haquet, Gregor Beugnot et Michel Brenner, entourés d’Américains ».

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L'équipe de la montée dirigée par Francis Jordane, en 1975. Patrick Lazare est au premier rang, au centre...

L’expérience tourne court puisque l’équipe ne gagnera que très peu de matches en Nationale 1 et retombera en N2 puis en N3. Avec le retour aux manettes de Jordane, Lazare décrochera avec la SIG le titre de champion de France de Nationale 3 en 1980. « Un des changements notoires, ce sera l’arrivée au poste d’intendant, en 1975, de Paul Delefortrie qui a marqué ma carrière », ajoute Patrick Lazare. Parallèlement, le jeune homme mène des études en STAPS et décroche son diplôme de prof d’EPS. Il a déjà la fibre de l’entraîneur. « J’ai commencé très tôt, en 1976, avec les équipes de jeunes ». En 1981, il remporte la Coupe de France des cadets avec notamment Eric Occansey qui fit ensuite une belle carrière internationale, et Nicolas Sarbacher, aujourd’hui médecin du club. « Le président de l’époque, Jean-Pierre Muller, me voyait comme le futur entraîneur de la SIG mais il souhaitait que j’acquière de l’expérience ailleurs ». Lazare part comme entraîneur-joueur au CO Haguenau pendant deux saisons, avec la promesse de revenir au bercail. « Là-bas, avec une équipe de jeunes, on a tenu tête en N3 à Kaysersberg, dont Jean-Luc Monschau était l’entraîneur-joueur, perdu le titre et la montée lors de la dernière journée ».

La première expérience professionnelle à Strasbourg

Joueur, en Nationale 2, dans les années 80.

Patrick Lazare revient à Illkirch, où la SIG a ses quartiers depuis 1929, dans la salle de la rue de la Poste. Pendant quatre saisons, il dirige l’équipe en N2 avec des chocs mémorables, contre Gravelines notamment, invaincue et favorite pour l’accession en 1986. « Il y avait Ingram Purvis, un Américain atypique auquel peu de gens croyaient, Naby Keita, Jacques Schneider, Marc Westermann (NDLR : le père de Léo, aujourd’hui au CSKA Moscou). Et puis en 1987/88, on signe Bruno Hamm qui vient de l’AU Schiltigheim, grand espoir du basket français, puis le naturalisé Lindsay Hairston l’année suivante, pour épauler Doug Wallace, notre pivot US, sous les paniers ». Si le titre échappe à la SIG au profit de Vienne-St-Romain, l’accession en N1b est acquise, les Poitevins y ayant renoncé.
« La SIG n’avait pas les moyens, seule, de franchir le cap du professionnalisme. Le rapprochement avec Strasbourg va donner un nouvel élan. Je suis très fier d’avoir été, en 1989, partie prenante des négociations avec la Ville et son adjoint aux sports, Robert Herrmann. On a pris le pari de se lancer, avec l’équipe de N2 et un seul Américain en plus, Darrell Coleman », explique Lazare. Dans le hall Tivoli qui se garnit peu à peu, la SIG, devenue « Strasbourg-Illkirch-Graffenstaden », se maintient, plus confortablement la deuxième année, avec l’apport d’Olivier Weissler, venu du Mans, de Patrick Haquet et Jean-Christophe Aymé. La troisième saison, l’équipe s’offre même les services de Ron Davis, ancien top scoreur de N1a avec Mulhouse. Ce sera la dernière de Patrick Lazare. « On s’était qualifié pour les playoffs, on avait éliminé Evreux malgré une première défaite chez nous, et on a perdu le match de la montée contre le Saint-Quentin de Chris Singleton, trop fort pour nous. Je n’ai pas trouvé d’accord sur le renouvellement de mon contrat et Christian Monschau a pris ma suite après sept années comme coach. Un record qui tient toujours... » Et que Vincent Collet ne pourra pas battre de sitôt en raison de l’interruption de trois mois qu’il a connue en début de saison dernière !

Un intérim chez les pros et… l’équipe de France féminine
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La première équipe de la SIG en N1b. Promue, elle rejoint Strasbourg et le Tivoli. Debout : Paul Delefortrie (intendant), Nicolas Sarbacher, Doug Wallace, Lindsay Hairston, Gilles Occansey, Patrick Lazare (entraîneur, Jean-Pierre Muller (président). Accroupis : Pascal Camus, Jacques Schneider, Marc Westermann, Bruno Hamm.

Pendant toute sa carrière, Patrick Lazare continuera à exercer son métier de professeur d’EPS. Il restera licencié à la SIG, pendant 20 ans encore, jouant avec ses potes en équipe seconde. Il a également été à l’origine de la création de Fun Basket Aventure qui existe toujours et organise des stages de basket et d’activités de plein air chaque été à Arles-sur-Tech.
De 1992 à 2001, il découvre le basket féminin en rejoignant le Racing Strasbourg qu’il mènera à une première qualification en Coupe d’Europe, avant d’être élu coach de l’année en 1996 puis nommé assistant d’Alain Jardel en équipe de France A de 1997 à 1999. « Je n’ai pas poursuivi en raison de choix familiaux, mais c’était une formidable expérience », explique l’intéressé. Puis il devient le manager général de la SIG Association, créant au passage le Tournoi européen cadets qui connaîtra quatre éditions. « Tout en assurant un intérim de quelques semaines chez les pros de Fred Forte et Crawford Palmer en 2003, à la demande du président Alain Saint-Michel, pour tenter de sauver les meubles. Mais c’était trop tard. L’équipe sera relégable mais sauvée administrativement ».
A partir de 2005, il vivra une dernière expérience et réussira une nouvelle performance unique, la quatrième : « Faire monter une équipe de village, Geispolsheim, de N3 en N1 et disputer une finale du Trophée Coupe de France à Bercy, après avoir remporté la première coupe de France des cadets à la SIG, dirigé la première équipe pro à Strasbourg, et décroché la première qualification européenne du Racing féminin ».

« La SIG a fait des progrès monstrueux »
Avec son vécu, Patrick Lazare peut juger du parcours de ce qui restera à jamais son club de cœur. « Les progrès de la SIG depuis cinq ou six ans sont monstrueux. On a quitté l’amateurisme amélioré que j’ai connu, pour mettre en place une structure vraiment professionnelle, à tous les étages. Le club a pris une autre dimension ».
Régulièrement dans les gradins, notamment lors des derniers playoffs, il a apprécié le niveau de jeu atteint par les Strasbourgeois et la qualité des structures mises en place. « Longtemps, la SIG a été enviée, jalousée, dans la région. Nous étions l’équipe à abattre, notamment dans les matches de Coupe du Bas-Rhin. Et notre fierté consistait à battre tout le monde ». Lorsqu’il regarde en arrière, il se dit content « de n’avoir jamais été licencié. J’ai toujours pris les décisions moi-même. Ce n’est pas une fierté, mais ça m’amuse… ».
Dans l’armoire aux souvenirs, il met, pêle-mêle, le voyage d’une semaine en Espagne sur le site de production d’un fabricant de jus d’orange, sponsor de la montée en 1975, les playoffs de N1b, les 56 points de Darrell Coleman à Aix-en-Provence toujours en N1b ou les cartons de Ron Davis, le dunk de Bruno Hamm sur Terence Stansbury à Levallois, les steaks et les omelettes engloutis par Hakim Shahid…
Une vie entière de péripéties autour de la balle orange, toujours marquée par son club de cœur, la SIG Strasbourg. Dont il continue à vivre de près, depuis sa retraite sportive, et avec beaucoup d’intérêt, la montée en puissance.
Jean-Claude Frey