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Actualités Francis Jordane, le pionnier

Francis Jordane, le pionnier

Ils présentent deux points en commun : avoir été coach de la SIG et sélectionneur de l’Equipe de France. Mais si quelques années les séparent, Francis Jordane et Vincent Collet partagent - en plus - le goût du travail bien fait, l’art de la transmission, une fidélité aux hommes et bien sûr une certaine idée d’un jeu bien léché.

Quand Francis Jordane, le Catalan d’Arles-sur-Tech, prit les rênes de la SIG, c’était un autre temps. Il était alors Conseiller technique dans le Haut-Rhin et il a fallu une création de poste dans le Bas-Rhin pour que ce prof de sport puisse remplir sa tâche.
On était en 1971, la SIG descendait de l’élite vers la Nationale 2 (équivalent pro B actuelle) et repartait dans une nouvelle histoire. Francis Jordane, jeune coach, succédait à une figure du basket, Alex Vanags. « Le projet était de mettre en place une nouvelle équipe et une structure en progressant régulièrement ». Hormis les joueurs US, officiellement étudiants, tous les joueurs travaillaient. « On s’entrainait collectivement trois fois par semaine, moi-même j’étais CTD pour les clubs du Bas-Rhin à temps plein et coach à la SIG. ».
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l’équipe de la SIG de la saison 1975/76 au plus haut niveau national avec de gauche à droite : Mike Fink, Mike Faulkner, Daniel Haquet, Jimmy Hayes, Serge Flick, Alain Flick, Michel Brenner, Claude Molz, Patrick Lazare et le coach Francis Jordane.

Les arrivées de Brian Mahoeney et Bruce Mello avaient montré l’ambition puis il y eut Jimmy Hayes (décédé il y a quelques années) et Mike Fink pour une nouvelle dimension et le retour au sein de l’élite nationale au printemps 74 en même temps qu’Orthez. « Un grand souvenir ! Mais, avec le recul, j’ai un énorme regret : cette montée a été vécue comme un aboutissement alors que nous aurions alors dû provoquer notre environnement pour consolider les structures du club ». Orthez a réussi ce pari sous l’impulsion de Pierre Seillant en se rapprochant progressivement de Pau. La SIG a dû attendre quelques années de plus avant de rejoindre Strasbourg.
De fait, l’illusion a été de courte durée : une seule saison au plus haut niveau dans la salle trop exigüe de la rue de la Poste à Illkirch, puis les départs des joueurs majeurs, des jeunes talents comme Daniel Haquet ou Gregor Beugnot fers de lance des juniors vainqueurs de la Coupe de France 75, de Francis Jordane. La SIG plongea jusqu’à la Nationale 3 et vécut une période de flottement.
Jordane revint en 81, relança la SIG à l’ambition avec le titre de champion de France de Nationale 3 et une remontée progressive vers les sommets.
L’histoire de Francis à la SIG en resta là, lui qui sous ses ordres a vu défiler des futurs coaches au plus haut niveau comme Indulis Vanags, Grégor Beugnot ou Patrick Lazare. Celle du CTD visionnaire enthousiaste et formateur à succès – de nombreux coaches alsaciens ont été formés à son école – trouva une forme de consécration nationale justifiée.
Avec d’abord, en 84/85, un poste d’assistant du sélectionneur national Jean Luent, puis de Jean Galle entre 86 et 88 et enfin entre 1988 et 93 le poste de titulaire d’entraineur national et de sélectionneur de l’Equipe de France. A la clé trois championnats d’Europe en tant que coach principal : Zagreb 89, Rome 91 et Berlin 93. C’était au temps des Philip Szanyiel, Stéphane Ostrowski, Richard Dacoury, Valéry Demory. « Nous avons terminé 4° à l’Euro 91 à Rome. Deux ans plus tard à l’Euro 93 nous battons l’Allemagne, futur champion d’Europe chez elle, mais perdons d’un point contre la Grèce en quarts de finale. Une défaite injuste quand je revois Fassoulas pousser Jim Bilba dans le dos pour marquer le panier de la victoire ».

/ Francis Jordane en coach passionné de l’Equipe de France. Derrière lui, entre autres, Didier Gadou et Fred Forte aujourd’hui aux commandes de Pau/Orthez et de Limoges

Les années fastes de Limoges entraînèrent ensuite la nomination de Michel Gomez et pour Francis une certaine amertume : « J’aurais aimé postuler comme DTN ». Francis vivra une fin de carrière plus difficile entre les stages de préparation à organiser, quelques regrets de n’avoir pas tenté l’aventure dans un club de haut niveau, des passages auprès des sélections de Tunisie et du Maroc, des ouvrages techniques qu’il a écrits et un passage avorté au FC Mulhouse en 93.
Aujourd’hui, après un épisode en L2 auprès des filles de Perpignan, Francis Jordane est passé à autre chose dans sa retraite catalane : « j’ai pensé à moi : la randonnée, le tennis et…l’école de musique. J’y suis un élève assidu en apprenant la trompette. C’est très dur et exige une grosse concentration ».
Il a gardé de bons contacts en Alsace, Arles sur Tech reste un séjour prisé pour les camps des jeunes basketteurs alsaciens : « Un camp y est organisé tous les étés depuis 1978 et j’en suis très heureux ».
Et puis il y eut cette belle initiative de Patrick Kopp et du club de Furdenheim en juin dernier où un clinic pour les entraineurs a donné l’occasion à de belles retrouvailles avec ceux, nombreux, qui l’ont côtoyé et apprécié durant ses années alsaciennes…

 

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Jordane (Francis) et Jordan (Michael) : c’était à Monaco en 1992 lors d’un mémorable match de l’Equipe de France face à la Dream Team qui préparait les JO de Barcelone

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