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Actualités Coupe de France : une histoire d’amour vieille de 75 ans…

Coupe de France : une histoire d’amour vieille de 75 ans…

Si elle n’a remporté le trophée qu’une seule fois (en 2015), le lien étroit qui relie la SIG Strasbourg à la Coupe de France ne date pas d’hier. Petit retour sur les épisodes majeurs de cette histoire.

Alors qu’elle s’apprête à célébrer ses 90 ans (la section basket a été créée en 1929, un an après la naissance du club à Graffenstaden), la SIG se rendra ce samedi à Paris, à l’AccorHôtels Arena pour y défier Boulazac et tenter de remporter la Coupe de France pour la deuxième fois, après le succès de la bande de Louis Campbell contre Le Portel dans la halle Carpentier en 2015 (87-74), Bercy étant alors en travaux.
Quart de finaliste en 1933/34
Pour sa première participation, le « patro » banlieusard se hisse jusqu’en quart de finale, battu par le Rhône Sportif de Lyon (38-30). En bon patronage, il s’inscrit chaque année en Coupe FSF (la Coupe de France naîtra en 1953 avec la victoire de Villeurbanne sur le FC Mulhouse) qui regroupait alors les meilleures équipes de l’hexagone, dont les terrains jouxtaient très souvent les églises ou les paroisses ! En demi-finale, devant 5000 spectateurs au stade Roland-Garros, la SIG s’offre Joudreville et le droit de jouer la finale à domicile. Mais la place est exigüe autour du plateau de la rue de la Poste. On s’oriente vers le stade Jeanne-d’Arc à l’Esplanade, aujourd’hui disparu sous les immeubles du quartier. 3000 personnes se massent autour de l’ère de jeu et s’en retournent, marris, après une courte défaite contre Alfortville (28-35). La SIG avait dû se passer de son meneur de jeu, Meyvial.
Les héros de 1961
Pendant la guerre, les activités sont en sommeil et le réveil douloureux. Peu à peu, la SIG se reconstruit. En 1957, les juniors remportent la Coupe FSF, portés par Jérôme Christ et René Zimmer, en battant l’Alsace de Bagnolet en finale (71-62). Cette génération spontanée ne va pas tarder à faire des étincelles à l’échelon supérieur : accession en championnat de France Honneur, exploits en Coupe. En 1959, la marche est trop haute en quart de finale. L’Étoile de Charleville, le tenant, quart de finaliste de la Coupe d’Europe, est menée par une brochette d’internationaux, dont Jean-Paul Beugnot (2,07m). Si Denain avait craqué sous la neige, sur le terrain de plein air de « Graff », les Ardennais s’imposent d’autant plus facilement dans le hall Wilson des Cheminots (66-48) que Jérôme Christ est cloué sur la touche, plâtré, après une blessure contre les Etats-Unis avec l’équipe de France militaires. Les 22 points de Xavier Christ, les 18 de Zimmer n’avaient pas suffi…
Deux ans plus tard, la SIG a gravi un échelon en championnat (Excellence). La Coupe lui propose successivement trois clubs de l’élite, le Racing Paris, Toulouse, puis Caen. Mais Graffenstaden a déniché en décembre 1960, la « perle rare », Frank Jackson, un Américain d’1,98m qui « smashe », comme on disait à l’époque. Le 7 janvier, les Parisiens, habitués au confort de la salle, ne résistent pas (54-38). Avec 26 points contre Toulouse (victoire 75-67), Jackson domine les débats. A Autun, en quart de finale, c’est Caen, 3e de Nationale, qui chute d’un petit point (62-61), malgré une défense très rugueuse sur Jackson (10 points seulement) ! Jérôme Christ est porté en triomphe. Place à la demi-finale, à Dijon, le 16 avril. Dominé pendant 35 minutes, le Paris UC s’impose finalement (59-51), Jackson et Doebler étant éliminés pour cinq fautes. Le rêve s’était évanoui, compensé par la toute première accession en Nationale.
Il y aura encore la finale FSF perdue contre Villeurbanne en 1965, un quart de finale à Olivet, dans la banlieue d’Angers, en 1966, contre… Caen. La revanche est terrible : 54-95. Une gifle qu’explique à peine l’absence de Jérôme Christ, restée auprès de son épouse après la naissance de sa fille, Laurence.
1994 : en finale face au grand Limoges
La Coupe de France se met alors en sommeil. Ou du moins, elle est réservée, à l’image du Trophée Coupe de France aujourd’hui, aux équipes jusqu’au 3e niveau, la N2. En 1989, la SIG se hisse jusqu’en finale où elle retrouve Nice, qu’elle a battu deux fois en saison régulière, au Palais des Sports de Besançon. A côté de ses pompes, elle passe par une longue course-poursuite mais échoue d’un point (85-86) après avoir gâché deux balles de match ! La déception est immense pour le coach, Patrick Lazare, pour Westermann (31 points), Wallace (25) et les autres…
Quelques semaines plus tard, la SIG, 2e en championnat, est repêchée en Nationale 1b après deux défections pour raisons financières, celle de Vienne-St-Romain et de St-Gilles-Croix-de-Vie. Il est vrai que la ville de Strasbourg a entendu l’appel au secours des « patros » également exsangues financièrement… On connaît la suite !
Après quatre saisons aux portes de l’élite, « Strasbourg-Illkirch-Graffenstaden », le nouveau nom de la SIG, décroche le sésame en barrage contre Le Mans dans un Tivoli en folie. Le CCHN (ancêtre de la LNB) a lancé la même année la Coupe Busnel avec le retour des équipes de ProA. La SIG se fait les dents contre Châlons (86-69), Levallois (98-63), deux équipes de l’élite, bat Toulouse (N1b) en quart de finale (108-74) et se hisse dans le dernier carré, réuni à Coubertin pour un Final Four avec Limoges, le Racing PSG et… le FC Mulhouse. Ironie du destin, le tirage au sort lui offre les Haut-Rhinois en ½ finale. Szanyiel, Toupane, Ron Lewis, ne stoppent pas l’euphorie des Bas-Rhinois (25 passes) qui s’imposent aisément 92-71. Le lendemain, face au champion d’Europe limougeaud, avec Forte, Bilba ou Young, la marche est trop haute : 83-66. Mais, encore à égalité à la 17e’ (31-31), Mark Stevenson (26 points), Ball (10), Bernard (10), Weissler (6), Hamm (5), Deines (5) et Sturm (4), ont donné une belle image de leur équipe et se qualifient pour… la Coupe d’Europe !
1999 : L’exploit contre Villeurbanne, la tristesse contre Cholet, à Bercy
Relégué en ProB, la SIG de Christophe Vitoux fait l’ascenseur, remonte aussitôt avec le titre de champion de France à la clé. En Coupe, c’est le parcours (presque) parfait. Saint-Etienne (73-63), Gravelines (96-72), Nantes (80-73), Levallois (108-84) passent à la trappe. En demi-finale, Villeurbanne avec Delaney Rudd, Jim Bilba et Alain Digbeu se présente au Rhenus. Le 0-10 après deux minutes, ne laisse guère planer de doute sur les intentions villeurbannaises. Mais la SIG s’accroche, revient, Jarod Stevenson se déchaîne à trois points, Rudd est disqualifié et les Strasbourgeois mènent 57-43 à dix minutes de la fin ! Digbeu marque 7 points en 40 secondes. Pluvy égalise à 12 secondes de la fin. Keita remonte le terrain, tire à trois points mais échoue ! D’une claquette, Jack Lothian (18 rebonds) envoie la SIG à Bercy (71-69) !
Las, en finale, malgré le soutien de 650 supporters qui ont fait le déplacement, les Strasbourgeois déchantent. Malgré la blessure de son meneur, Eric Micoud, touché au tendon d’Achille, Cholet trouve dans sa jeune doublure, Aymeric Jeanneau, l’homme de la situation, pour mener son équipe à la victoire (85-70). Le coach de Cholet, Eric Girard, rejoindra Strasbourg quelques années plus tard. Les 31 points de Jarod Stevenson n’avaient pas suffi…
2015 : le trophée, enfin !
Après toutes ces années et toutes ces péripéties, trois demi-finales perdues en 2005, 2007 et 2009, la SIG Strasbourg allait enfin toucher au trophée dans l’ère Collet. Un peu de chance au tirage au sort – ça n’a pas toujours été le cas ces dernières années – lui propose d’affronter Orchies (76-44) en 16ème et Denain (73-69) en quart, deux clubs de ProB. Paris-Levallois passe également à la moulinette (93-76) avant la venue de Dijon, en demi-finale. Enfin un match à domicile après 12 matches de Coupe consécutifs à l’extérieur… Les Bourguignons menèrent pendant plus d’une mi-temps avant de céder face à la défense féroce des Strasbourgeois (60-50) dont c’était alors la marque de fabrique.
En finale, ce sont les bruyants Portelois, promus en ProA, qui tentent de briser le rêve alsacien. Mais forte de son expérience et de sa solidité, la SIG ne tremble pas (87-74), même si les Portelois étaient encore dans son sillage (59-57) au milieu du 3e quart temps. Le fidèle Louis Campbell, très adroit à trois points, décrochait le titre de MVP de la finale…
Au retour, fêtés par leurs supporters qui les attendaient sur le quai de la Gare, les joueurs de la SIG Strasbourg, dominateurs en saison régulière (30 victoires, 4 défaites) avaient pourtant déjà la tête aux playoffs. On connaît la suite…
J.C.F.