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MATCHES EN MAI AU RHENUS
Nanterre, Orléans, Monaco ... en route vers les playoffs !

Episode 13: Eric Girard

Dimanche, la SIG disputera la finale de la Coupe de France contre Le Portel, un adversaire assez méconnu. Mais à Strasbourg, tout le monde en connaît au moins une personne de ce club, son coach, Eric Girard.

Eric Girard coach Le portel 2
(Crédit photo essm-basket.fr)

Il était bien sûr l'entraîneur de la SIG championne de France en 2005. Mais avant cet exploit, il avait déjà fait ses preuves à Cholet, remportant deux coupes de France, participant à l’Euroleague et à une demi-finale de coupe Korac. Puis il avait qualifié Le Havre deux ans de suite pour les playoffs et pour la première fois de son histoire à une coupe d’Europe. C’est à l’été 2004 qu’il signa à la SIG. Il y restera trois saisons pleines avant d’être ‘‘coupé‘‘, durant la quatrième, le 30 mars 2008. Champion de France 2005, ½ finaliste des playoffs en 2006, ½ finaliste de la coupe de France 2005 et 2007, ¼ de finaliste de la coupe ULEB 2007 (performance jamais dépassée à ce jour par un club français), une première participation historique pour le club à l’Euroleague en 2005/06… Eric Girard a passé 196 matches sur le banc alsacien pour un ratio de victoires de 60% (117 victoires / 79 défaites) toutes compétitions confondues. Après la SIG, il coachera Limoges avant d’être touché par un cancer des cordes vocales qui l’éloigna des terrains, mais rebondit au Portel en mars 2012 avant d’être victime d’une rechute et de perdre l’usage de sa voix. Il s’est battu et même s’il doit aujourd’hui parler à l’aide d’un électrolarynx, il est revenu sur le banc de cette équipe qu’il a menée en finale. A quelques jours du match, il a gentiment accepté de revenir sur sa carrière, de parler de la SIG et de cette finale de coupe de France qui se profile.

Franklin Tellier : Pour ceux qui ne vous connaissent pas bien, pouvez-vous leur rappeler rapidement votre parcours ? Eric Girard : J’ai débuté comme joueur en Pro B à Cholet Basket, puis à Salon-de-Provence et à Cognac. À 27 ans, je suis devenu coach du centre de formation de Cholet Basket pendant quatre ans décrochant deux titres de champion avec les cadets tout en étant assistant de l’équipe pro. Ensuite, j’ai été pendant cinq saisons coach des pros de Cholet puis du Havre. Ensuite, je suis passé à Strasbourg avec un titre champion de France. Enfin, avant d’arriver au Portel, j’ai obtenu une montée en ProA avec Limoges et deux finales de Pro B.

F.T : Vous arrivez à la SIG officiellement le 1er juillet 2004. A l’époque qu’est ce qui avait guidé votre choix? E.G : J’étais encore sous contrat avec le club du Havre mais la SIG avait des ambitions et le Havre très peu de moyens. Très gentleman, le président du Havre a compris et m’a laissé partir, ainsi qu’Aymeric Jeanneau d’ailleurs.

F.T : Dès votre arrivée on se souvient que vous aviez un discours très ambitieux mais paradoxalement vous ne vous étiez engagé que pour un an. Pourquoi ? E.G : J’avais un contrat d’un an, prolongé automatiquement d’une saison supplémentaire si on terminait dans le top 10 ! Je trouve que c’est un excellent compromis en fonction du budget d’un club. Personne n’est bloqué si cela ne fonctionne pas et après une année de travail en commun, on peut s’engager différemment. J’avais confiance dans le potentiel du club et d’ailleurs au bout d’une saison nous avons signé un nouveau contrat de trois ans. Vous savez tout.

F.T : Vous construisez alors une équipe qui mènera la SIG au titre dès votre première année. Quels souvenirs gardez-vous de cette saison 2004/2005 ? Si vous deviez nous la « raconter » vous en diriez quoi ? E.G : Oui, cela a été une saison magnifique avec un staff superbe et motivé (Jérôme Navier, Olivier Weissler, Patrick Tonussi comme préparateur physique…) dans lequel l’ambiance était excellente et des joueurs hors du commun que je souhaite à tous les coachs d’avoir un jour (Ricardo, Aymeric, Craw, John, Sharif, Afik, Jeff, Steve, Innoncent, Hrvoje)… Des joueurs et des hommes fabuleux…

Eric Girard-SIG championne de France 2005
Eric Girard et son équipe, championne de France 2005

F.T : Quels souvenirs gardez-vous de cette finale et de ce titre ? E.G : Un grand moment à Bercy devant 13 000 personnes. Nous étions menés à la mi-temps, puis on est revenu et on a arraché le titre contre Nancy… De la joie, des pleurs, du bonheur… Un sentiment incroyable d’avoir réalisé l’impensable, car ni le budget ni l’effectif ne laissaient entrevoir au départ cette issue exceptionnelle.

F.T : Les deux saisons suivantes sont bonnes mais ne sont pas couronnées de titre. Lors d’interviews précédentes, Chuck Eidson, Afik Nissim et John McCord ont tous affirmé que la saison 2006/07 leur a laissé à tous un goût d’inachevé. Quel est votre avis sur cette saison 2006/07 ? E.G : Bonne, je dirais très bonne car nous étions toujours dans le top 4 ! Vous savez, il est très très dur de confirmer et d’enchaîner les titres. Qui l’a fait depuis 10 ans ? Personne, je crois. Le plus gros regret pour moi c’est la coupe ULEB et la défaite « étrange », là-bas à Vilnius, pour trois points au goal-average sur l’aller-retour, avec un Chuck Eidson malade qui signe l’année d’après dans ce club en doublant son salaire…

F.T : Puis en mars 2008 vous êtes remercié par le club. Qu’est ce qui ne marchait plus ? E.G : Vous savez, dans ces moments là, on peut tous trouver plein d’excuses, des reproches à faire à l’autre… Mais les faits sont là, avec la première participation à l’Euroligue de l’histoire du club, le premier titre de champion de France avec un budget bien en delà de ce qu’il peut être depuis quelques années, trois saisons dans le top 4 du championnat… Je préfère ne retenir que les excellents moments et ils furent nombreux, ainsi que les hommes formidables côtoyés à la SIG et en Alsace… La « vie » d’un coach est ainsi faite, soit on part pour mieux ou un challenge différent, ou parce qu’on a fait le tour de la question, ou encore parce que le club a besoin de changement à sa tête et on nous demande de stopper notre collaboration…

Coach Eric Girard
Eric Girard, coach de la SIG c'est 196 matches durant près de 4 saisons.

F.T : La SIG a bien changé depuis. Un nouveau directoire, elle s’est plus structurée, l’arrivée de Vincent Collet, l’Euroleague, etc… Quel regard portez-vous sur ce “nouveau” club? E.G : Nous avions déjà fait l’Euroligue. Mais le club avec son nouveau président a énormément évolué, progressé à tous les niveaux (budget top 2 en France, structures, organisation, marketing de très haut niveau, des joueurs français internationaux avec l’arrivée de Vincent Collet). La SIG est devenue une référence dans le basket français et devrait désormais retrouver son titre de champion glâné en 2005, 10 ans déjà… Je suis admiratif de voir l’évolution de ce club qui est logique quelque part avec cette fabuleuse ville, cette région et son potentiel élevé… Mais encore fallait-il le faire, les dirigeants actuels font un travail exceptionnel et sur le terrain, Vincent et Pierre vont certainement confirmer sportivement cette évolution extrêmement positive pour le club… Je suis aussi très content de voir que beaucoup de personnes « de mon époque » sont toujours présentes dans cette organisation et dans la réussite du club. Je salue le courage de Philippe Dulieu, Olivier Weissler et en premier lieu Aymeric Jeanneau qui restera à mes yeux un des hommes et joueurs qui m’aura le plus marqué dans ma carrière…

F.T : Après la SIG vous avez coaché Limoges et depuis 2012, Le Portel. Avec les soucis de santé qui vous ont touchés et qui ont sérieusement compliqué votre prise de parole, comment se passe le coaching de votre équipe ? E.G : Il n’y a aucun changement important, excepté le fait que mon assistant s’occupe de communiquer nos décisions prises dans un rapide meeting avant les temps morts lors des matchs et que je ne pousse plus de « coup de gueule » - lol -, mais que je manage mes joueurs plus dans le dialogue et le recul… Mes prises de paroles n’ont pas changé mais l’intensité est différente et plus sous contrôle.

F.T : Vous allez retrouver la SIG en finale de la coupe de France dimanche prochain après un magnifique parcours. Quel sentiment avez-vous de rejouer une finale avec un club de Pro B face à votre ancien club ? Revanchard suite à votre limogeage ? E.G : Je vous trouve assez « ciblé » dans vos questions… Aucune revanche, le temps passe et seuls le présent et le futur m’intéressent ! Strasbourg est la meilleure équipe en France, un des plus gros budgets, une des meilleures organisations, quasiment aucun club Français de ProA n’est capable de la faire plier. Il serait donc présomptueux d’imaginer une seconde que nous allons nous y arriver ! Mais une finale reste une finale et si nous voulons exister un tant soit peu, il faudra prendre des risques et qu’avec mon assistant (Jacky Périgois, lui aussi passé par la SIG) nous trouvions une faille dans la carapace de cette équipe en fer forgé…

Eric Girard coach Le Portel
Eric Girard est aujourd'hui coach du Portel depuis mars 2012 (Crédit photo essm-basket.fr)

F.T : La majorité des fans de la SIG ne connaissent pas votre équipe et son style de jeu. Pouvez-vous nous la présenter ? E.G : Ils la découvriront bientôt…

F.T : Selon vous, quel(s) joueur(s) de votre effectif pourraient jouer en ProA sans soucis ? E.G : Difficile à dire et surtout difficile de sortir du lot certains par rapport aux autres. Mais quelques-uns auront leur chance, je pense, dans les années à venir…

F.T : Votre équipe possède la meilleure attaque de ProB, la meilleure évaluation collective, est celle qui produit le plus de passes décisives et qui est la plus adroite. On pourrait s’attendre à vous voir plus haut dans le classement mais vous connaissez de gros soucis à l’extérieur. Comment expliquez-vous cela ? E.G : Nous avons eu beaucoup beaucoup de changements de joueurs sur blessures (Brown, Safford, Marquis…) et un mauvais choix d’Américain (Coleman) qui nous ont coupés dans notre élan régulièrement et ralenti du fait de devoir recommencer à zéro à chaque fois. De ce fait, on a dû jouer plus de deux mois avec un étranger en moins mais nous espérons bien, maintenant que nous sommes au complet, finir la saison de la meilleure des manières et accrocher les playoffs de nouveau malgré notre 11e budget ! Nous avons été aussi, sur une période, moins performants en défense, il faut que l’on progresse à ce niveau…

F.T : Le fait que la finale se joue à l’extérieur ne semble pas en votre faveur. Cela vous inquiète-t-il ? E.G : La finale n’est pas vraiment à l’extérieur mais sur terrain neutre et nous avons battu Le Mans et le Havre hors de nos bases, à Berck…

F.T : Que craignez-vous le plus dans cette équipe de la SIG ? E.G : Tout…

F.T : Quelle sera la clef du match pour vos joueurs, dimanche, pour cette finale de coupe de France 2015? E.G : Je leur donnerai demain matin… Hahaha !

F.T : Pour finir avez-vous un message pour les fans de la SIG ? E.G : Que je n’ai pas oublié les magnifiques moments passés en leur compagnie et le soutien qu’ils nous ont apporté… Qu’ils profitent du moment présent et du parcours exceptionnel de leur équipe aujourd’hui car comme on dit souvent : « Peu de présidents, coaches, joueurs, supporters gagnent une finale dans une carrière »… Jetzt geht’s los! (sic)