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Episode 15 : J.R. Reid

Pour ce 15eme épisode sur les anciens de la SIG, l’un des plus gros CV ayant porté le maillot rouge et blanc a gentiment accepté de répondre à quelques questions. J.R. Reid, l’homme aux 11 saisons et 719 matches NBA (excusez du peu !...) vous donne de ses nouvelles. Après un cursus universitaire de haut niveau à North Carolina, J.R. Reid fut drafté très logiquement en 1989 en 5eme position, devant des joueurs comme Tim Hardaway, Shawn Kemp, B.J. Armonstrong et autre Vlade Divac. Après trois bonnes saisons à Charlotte, il joua quatre ans aux Spurs avec David Robinson et Dennis Rodman et un court moment aux Knicks de New-York. A l’été 1996, alors en désaccord avec les Knicks, il décida de traverser une première fois l’Atlantique et de venir au PSG qui souhaitait construire une grosse équipe. Mission accomplie puisqu’aux côtés de Stéphane Risacher, Richard Dacoury et Laurent Sciarra, il remporta le championnat de France. Auteur de 17,9pts et 8,3rbs de moyenne cette année-là, il ne tarda pas à retrouver une place en NBA. Il s’engagea donc pour deux nouvelles saisons avec Charlotte avant d’être tradé en 1999 aux Lakers et de connaître le “fameux” duo Kobe Bryant/Shaquille O’Neal dont il nous parlera. Enfin après une saison aux Bucks de Milwaukee avec Ray Allen et quelques matches à Cleveland, il décida de revenir en France et de signer à Strasbourg. Pour quelle raison un joueur avec son CV, ancien membre du team USA médaillé de bronze aux JO de 1988, viendrait-il vivre une dernière expérience en France? Il nous l’expliquera. Si les résultats de la SIG durant cette saison 2001/02 n’ont pas été à la hauteur des espérances du club, le puissant poste 4 de la SIG avait néanmoins montré qu’il en avait encore sous la pédale (14,6pts et 8,1rbs en 30 matches). Confidences et vérités avec l’un des meilleurs joueurs américains ayant évolué à la SIG… et en France!

jr reid 2015
J.R. Reid donne de ses nouvelles

Franklin Tellier : Bonjour J.R, que devenez-vous? Il me semble que vous avez commencé à vous reconvertir vers le coaching… J.R. Reid : En effet, j'ai fait un peu de coaching en junior collège pendant quelque temps. Mais je travaille depuis six ans pour « ACC digital network » où je fais des émissions. ACC digital network est une chaine YouTube qui couvre le meilleur du sport de la conférence atlantique et propose régulièrement des matches en direct pour populariser les écoles de cette conférence. Je suis diplômé de l'Université de Caroline du Nord en cinématographie, radio et télévision. Je trouve donc ça très gratifiant pour moi d'avoir été en mesure d'atteindre cet objectif après ma carrière de basketteur.

F.T : Durant votre reconversion en tant que coach, est-ce que votre expérience en France, dans un pays réputé pour sa formation des jeunes basketteurs, vous a servi? J.R : J’en ai parlé autour de moi. Je pense que le système mis en place en France par les ligues et la fédération de basket-ball devrait être pris en exemple et copié par beaucoup plus de programmes de basket-ball dans le monde entier. Ceci est une des raisons pour lesquelles la France a tant de joueurs de basket-ball qui réussissent et jouent à haut niveau; et pas seulement en France, mais partout dans le monde et de plus en plus en NBA.

F.T : Avec votre grande expérience de la NBA, aimeriez-vous intégrer un jour le staff d’une équipe NBA? J.R : Bien sûr que j’aimerais ! Ce serait vraiment super d’intégrer un staff NBA, mais pour être honnête pas nécessairement en tant que coach. Idéalement j’aimerais commencer par apprendre le métier et les ficelles qui régissent le monde du basket-ball à partir de la base. Après, si le besoin se présente, pourquoi ne pas aller sur le banc. Donc si je devais faire un choix, je voudrais commencer dans le département des ressources humaines communautaires et à partir de là monter en échelon et connaître tous les niveaux.

F.T : Il me semble que depuis quelques années vous êtes aussi patron d’un night-club, vous avez ouvert un magasin de lunettes de soleil sur Sunset boulevard à Los Angeles. Vous avez même prêté votre voix pour des films publicitaires. Vous êtes devenu un vrai businessman en quelque sorte… J.R : Honnêtement, le basket m'a permis d’avoir beaucoup de grandes opportunités. Et ces opportunités m’ont amené à explorer les différentes directions que vous connaissez et que je voulais tester. En fait je suis surtout béni d'être entouré de gens qui ont été en mesure de me donner les bons conseils… et surtout les bons conseils financiers ! Mon gars, il faut savoir que j'aime le basket car de ce côté-là il a été génial pour moi en terme d’opportunités ! (rires !)

F.T: Vous avez joué avec les plus grands joueurs NBA. Nous pourrions discuter toute la nuit des différentes anecdotes que vous connaissez mais je vais en choisir une seule. Vous avez eu la chance de jouer aux Lakers avec Kobe et Shaq à l’époque où tout le monde disait qu’ils se détestaient. Qu’en était-il vraiment ? J.R : Oui, c’est vrai que j’ai eu la chance de jouer avec Shaq et Kobe. Honnêtement leur comportement l’un envers l’autre était honteux et aucun des deux n’y mettait vraiment du sien pour que ça s’arrange. Mais ça n’a pas duré aussi longtemps que ce que les gens peuvent croire car rapidement Phil Jackson est arrivé. Coach Jackson était un maître en matière de gestion humaine et de personnalité dans une équipe.

JR Reid SIG Basket 2001
J.R. toujours combatif sous la maillot de la SIG

F.T : Parlons maintenant de l’été 2001. Vous aviez le choix entre signer à Paris, Pau et Strasbourg. Pourquoi avoir tenté le challenge que Strasbourg vous proposait ? J.R : La raison pour laquelle j’ai signé à Strasbourg était simple. Je voulais jouer avec mon ancien coéquipier de l'université de North Carolina, Steven Bucknall, qui devait jouer à la SIG. Je voulais finir ma carrière en jouant avec mon meilleur ami dans la même équipe. Malheureusement au final ça n'a pas fonctionné puisqu’il est parti pour une autre équipe, en Grèce, l’Aris Salonique. Mais je ne regrette pas d’avoir signé et joué sous le maillot de la SIG.

F.T : Quel est votre point de vue sur cette saison 2001/02? J.R : Le club avait mis les moyens pour avoir une équipe très talentueuse avec un mélange de joueurs expérimentés et de très bons jeunes : David Gautier, Fred Forte, Keith Jennings, Ray Smith, Kornel David .... C’est juste vraiment dommage que l’équipe ait été touchée par autant de blessures…

F.T : Vous confirmez un peu ce que disaient David GauthierKeith Jennings et Kornel David. Cette équipe avait le potentiel pour jouer les premiers rôles… J.R : L’accumulation des blessures est clairement ce qui a sabordé notre saison. Franchement, Christophe Vitoux était dans une situation très difficile avec autant de joueurs blessés. Il a dû essayer d’intégrer toute l’année des nouveaux joueurs qui venaient remplacer les blessés. C’est très… (trop) difficile de travailler dans ces conditions pour être compétitif et jouer les premiers rôles qui auraient pu être les nôtres en début de saison.

F.T : Est-ce qu’un élément en particulier, une anecdote, vous reste encore en mémoire de cette saison? J.R : Une anecdote, je ne dirai pas ça. C’est plus un ensemble. Je n’ai que des bons souvenirs de mon année à Strasbourg: l'organisation et les fans étaient spectaculaires et incroyables. Tout le monde m'a traité avec respect. Ils auront toujours une place particulière dans mon cœur....

JR reid et Keith jennings
Les deux anciens SIGmen, Keith Jennings et J.R. Reid se sont retrouvés il y a un mois lors d'un camp de basket ...

F.T : Est-ce que vous continuez à suivre l’évolution et les résultats de la SIG? J.R : Oui, je suis l’actualité de la SIG sur son site internet. J’ai vu le club évoluer et l’excellent travail que Monsieur Vincent Collet a fait depuis son arrivée. Mais les résultats de la SIG sont à l’image de l’équipe de France, ils se construisent sur la durée. D’une façon plus générale, je crois que c’est tout le basket français qui évolue dans la bonne direction depuis quelques années. J’espère et j’ai beaucoup d’espoir que la SIG va continuer dans cette direction et être l'un des leaders du championnat.

F.T : Est-ce qu’il y a une chance de vous revoir un jour à Strasbourg? J.R : Je serais ravi de revenir à Strasbourg ! Lors de ma prochaine visite en France, je vais certainement faire un crochet par le Rhenus pour y voir un grand match de basket… et rendre visite aussi à quelques vieux amis !

Interview réalisée par Franklin Tellier