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Episode 2: Keith Jennings

Durant cette intersaison, en attendant les signatures à venir et la reprise de l’entraînement, régulièrement, d’anciens SIGmen, vous donneront de leurs nouvelles. Avec l’aide du Kop de la Wantzenau, pour ce second épisode, l’un des plus grands meneurs - par le talent - passé par la ProA : Keith Jennings!

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Parmi les grands noms passés par la ProA, la SIG a vu, sous ses couleurs, l’un des plus grands talents, au poste de meneur, en la personne de ‘‘Mister’’ Jennings. Ce meneur de poche (1m70) était un talent à l’état brut dès ses années universitaires aux Buccaniers de « Est Tennessee State » (1987-1991). Il y détient d’ailleurs encore les records du plus grand nombre de passes décisives sur une saison (983 !) ainsi que de ballons volés (334). Flirtant avec certains records en NCAA, comme lorsqu’il réussissait 19 passes décisives lors d’un match face à Appalachien State, il remporta un trophée méconnu en France : le Frances Pomeroy Naismith Award. Il récompense le meilleur joueur universitaire de moins d’1m83, et avait été décerné, avant lui, à d’illustres joueurs : Muggsy Bogues et Tim Hardaway ! Non drafté, il trouvera malgré tout une place en NBA chez les Golden State Warriors (1992-1995) comme back-up de…Tim Hardaway (excusez du peu !). Hélas vite blessé, il ne parviendra pas à exprimer l’étendue de son talent, avant une dernière année plutôt accomplie. C’est en 1997 qu’il arriva en France, au Mans, et éclaboussa le public français de son talent et son QI basket. Au terme d’une saison 1998/99 qui le vit compiler 19,4 pts (à plus de 55% de réussite !) et 6,7 passes décisives de moyenne, il sera élu MVP étranger de ProA. Ce talent, Le Mans ne parviendra pas à le conserver lorsque le Real Madrid viendra le courtiser. Après des passages à Fenerbahçe et St-Petersbourg, ‘‘Mister’’ débarqua à Strasbourg en 2000, après huit journées de ProA, permettant à la SIG, alors en fâcheuse situation, de décrocher les play-offs. Enchaînant avec une saison 2001/02 calvaire, il s’exila à la fin de celle-ci à Nancy. Mais, sa dernière saison professionnelle, c’est en Alsace qu’il décida de la faire en 2003/04. Revêtant à 64 reprises les couleurs strasbourgeoises en ProA, il y compila 13 points, 5,4 passes et 2,4 ballons volés de moyenne, ainsi qu’un très propre 93% de réussite aux lancers francs (209/225). La SIG est fière d’avoir vu cet immense joueur, double All-Star (1999 et 2002), porter haut ses couleurs.

 

Franklin Tellier : Salut Keith, comment vas-tu? J’ai vu que tu étais devenu coach. Comment se passe ta reconversion ?

Keith Jennings : Je vais très bien. Je vis à Culepeper en Virginie. Effectivement, j’étais coach à Blue Field College mais j’ai pensé qu’il était temps de tourner la page et je recherche actuellement une autre équipe à coacher. La reconversion était vraiment difficile au début car j’avais encore envie de jouer, mais maintenant ça va mieux.

F.T : Les Etats-Unis ne manquent pas d’équipes universitaires et de jeunes joueurs talentueux…

K.J : Oui ! Par exemple, les jeunes de Bluefields jouaient en seconde division de NAIA (ndlr : National Association Intercollegiate Athletics). Ce n’est pas le plus haut niveau mais tous ces jeunes travaillent dur et rêvent de passer professionnels… comme tous les jeunes Américains jouant pour leur université! En 2010, Omar Reed, que l’on avait formé, a été drafté en D-League par Austin. La saison dernière, il a signé un contrat professionnel au Japon. C’est une belle récompense.

F.T: Parlons de ton passage à Strasbourg. Tu es en photo sur les murs du Rhenus, preuve que les fans ne t’ont pas oublié. De ton côté, as-tu continué à suivre la SIG depuis ton départ?

K.J : Hélas, je n’ai pas pu suivre les résultats de Strasbourg de manière très suivie. Mais j’ai quelques amis qui me tiennent régulièrement au courant de ce qui se passe dans l’équipe et au club. J’ai toujours était très fier d’avoir joué pour la SIG.

F.T : Quels sont les souvenirs de ton passage à la SIG?

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K.J : Le premier souvenir qui me vient l’esprit… Je me souviens que lorsque je suis arrivé, la SIG avait six défaites au compteur pour seulement deux victoires. À partir du moment où j’ai joué, nous avons enregistré 13 victoires consécutives. Je me souviens que, lors de mes années à la SIG, j’ai pris du plaisir à jouer avec Ray Smith, Bruno (ndlr : Coqueran), Brian (Howard), Fred (Forte),  David (Lesmond), Christian (Cleante)… et tous les autres. C’était agréable de jouer avec eux.

F.T: Ton meilleur souvenir sur le terrain?

K.J : C’est sans aucun doute lors d’un match contre Pau Orthez. Nous jouions à domicile, et nous étions menés de 26 points. Je me souviens que nous nous sommes arrachés pour réussir un sacré “come back” et les battre sur le fil. Je me rappelle que c’est Bruno qui nous sauve en contrant leur dernier tir. Quel match !

F.T : La première année, vous aviez joué les ½ finales de play-offs. L’année suivante, la SIG avait une sacrée équipe: toi, Jr Reid, Kornel David, Hugues Occansey, … pourtant les play-offs vous avait échappés. Selon toi, pourquoi ?

K.J : Le club s’est séparé de beaucoup de joueurs en cours de saison. J’étais blessé une grande partie de la saison aussi, et je n’ai joué que huit matches cette année-là. Tous ces événements ne permettaient pas de gagner un titre, même si nous avions, au départ, une équipe très forte.

F.T : Tu parlais de Fred Forte. Il est maintenant le président de Limoges qui a battu la SIG en finale cette année. Es-tu encore en contact avec lui ?

K.J : Désolé pour la SIG et toutes mes félicitations à Fred! Mais non, nous ne sommes pas restés en contact.

F.T : Tu es venu au Mans cette saison lors de la cérémonie de retrait de ton jersey. Je pense que le fait de revenir en France, pour un tel événement était spécial pour toi, non ?

K.J : Oui c’était vraiment très spécial. J’ai partagé cela avec mon frère Kirk et un de mes meilleurs amis. Ce retour en France et cette cérémonie. Nous avons vraiment passé un très bon moment ! Le Mans occupera toujours une place très spéciale chez moi.

F.T : Quel est ton opinion sur le niveau du basket français aujourd’hui ?

K.J : Tony Parker et Boris Diaw font un excellent boulot en NBA. Ce sont de bons représentants du basket français. Je n’ai pas suivi d’assez prêt le championnat de France pour avoir un jugement, mais une chose est sûre, les joueurs français sont toujours meilleurs et vont continuer à l’être.

F.T : Enfin, as-tu un message pour les fans strasbourgeois ?

K.J : Merci à vous les fans pour votre soutien. Je n’oublierais jamais la cérémonie, sur le parquet, lors de mon départ. Petit message personnel, je pense que les personnes se reconnaitront : «Thanks to Beverly and the twins».

 Par Franklin TELLIER