Basket
bandeaux VIP.jpg
bandeaux VIP.jpg
BOUTIQUE OFFICIELLE EN LIGNE
Habillez-vous aux couleurs de la #SIGARMY

Episode 6 : David Gauthier

Vous en avez pris l’habitude, durant cette été, chaque mercredi, en attendant la reprise progressive de la saison, d’anciens SIGmen, vous donneront de leurs nouvelles. Pour ce sixième épisode, celui qui a choisi de jouer trois saisons à la SIG après avoir fait ses gammes à l’école choletaise, grand espoir du basket français et ancien international : David Gauthier.

 

David basket 005

Le centre de formation de Cholet peut se targuer d’être à l’origine de pléthore de carrières d’internationaux français dont Antoine Rigaudeau et Jim Bilba figurent parmi les plus célèbres. Plus récemment, Mickaël Gelabale et Nando De Colo ont suivi leurs aînés, mais avant eux, David Gauthier en fut également un digne représentant.  David explosa très vite aux yeux des coaches et suiveurs du monde du basket. A l’âge de 14 ans, au sein des cadets France de Cholet, il faisait déjà parler de lui, en étant sacré champion de France avant d’être sélectionné en équipe de France de la catégorie en 1995 pour participer au championnat d’Europe au Portugal, se classant 6ème. S’imposant comme l’un des cadres de sa génération, il quitte le centre de formation de Cholet en 1996 et rejoint l’INSEP afin de parfaire sa formation. Durant ses deux ans d’apprentissage, il y côtoiera Jérome Moïso, Mamoutou Diarra ou encore Tony Parker. Puis, il revint à Cholet en 1998 afin de parapher son premier contrat professionnel. Il signe son plongeon dans le grand bain en remportant la coupe de France en 1999 face à…. la SIG. Joueur récurrent dans toutes les catégories de sélections en équipe de France (cadets, U18, U20, A’, A), il confirme les ambitions placées en lui en étant élu « meilleure progression de ProA » à l’issue de la saison 1999/2000. L’année suivante, il découvre le très haut niveau avec l’Euroleague. Cholet parvient au second tour et David se met régulièrement en évidence comme lors de la confrontation face au Real Madrid où il inscrira 26 points. Ses performances faisaient de plus en plus parler de lui, si bien qu’il a été pressenti pour rejoindre la NBA. À la fin de la saison 1999/2000, alors que le Real Madrid lui fait les yeux doux, et souhaite le recruter, il s’engage avec Strasbourg. Il jouera trois saisons à la SIG, portant 126 fois le maillot rouge et blanc. Lors de trois saisons riches en rebondissements, sur lesquelles il reviendra, il fut régulièrement sélectionné pour le All Star Game. A l’issue de ces trois années, il retournera dans son club de cœur, Cholet. Puis en 2006, il signera au BCM Gravelines, mais rapidement une blessure l’empêcha de montrer toutes ses capacités sur le terrain. Les examens montrèrent qu’un kyste volumineux s’était développé dans son dos, responsable d’un début d’arthrose et d’inflammation articulaire, à seulement 27ans ! Quoiqu’il en soit, il dût mettre fin à sa carrière professionnelle bien trop tôt. A la SIG, David a laissé son empreinte statistique (11,1 points, 4,4 rebonds, 2,2 passes en trois saisons de ProA) mais aussi une trace indélébile dans le cœur de beaucoup de supporters, aussi bien pour sa combativité et sa volonté de gagner sur le terrain que pour sa gentillesse et sa disponibilité en dehors. Aujourd’hui il vous donne de ses nouvelles.

Franklin Tellier : Avant tout, comment vas-tu?

David Gauthier : Ça va bien, je profite des enfants avant de partir un peu en août.

F.T : Pour les plus jeunes, peux-tu, s’il te plaît, nous rappeler ton parcours, ta carrière ?

D.G : J'ai commencé le basket à Cholet où j'ai joué dans toutes les catégories avant de partir pour le centre fédéral. Après deux années là-bas, je suis revenu en pro à Cholet Basket. Ensuite, j'ai joué à la SIG trois ans, puis j'ai fini à Gravelines où j'ai dû arrêter ma carrière à cause d'une blessure au dos.

F.T : La dernière fois que j’ai eu de tes nouvelles, tu étais coach à Angers. Est-ce toujours le cas ?

D.G : Oui c'est toujours le cas. J'entraîne et je coache les équipes de jeunes. J'étais au club d'Anjou BC depuis 5 ans pour m’occuper notamment des minimes France. Mais j'avais besoin de changement, donc je vais prendre la même catégorie mais chez les féminines au club de l'UFAB.

F.T : Coach professionnel à un plus haut niveau un jour ?

D.G : Pour le moment non ; je n'ai pas vraiment cette envie, mais il ne faut jamais dire jamais... J'ai envie de travailler avec les jeunes, notamment l'apprentissage du haut niveau, donc j'aimerais d'abord travailler dans un centre de formation. J'aime coacher, mettre en place une cohésion d'équipe et faire progresser les jeunes, ce qui est la priorité sur les niveaux que j'entraîne.

F.T : On connaît ton attachement à Cholet. Aimerais-tu y revenir, au centre de formation par exemple ?

D.G : Pourquoi pas, mais ils ont de bons entraîneurs en place. Dans notre métier, c'est aussi une question d'opportunités donc on verra ce qui se présentera. Mais pour le moment, je suis content de découvrir un nouveau club et le projet qu'ils me proposent.

« Ma seconde saison à la SIG a été un tournant »

F.T : J’ai en mémoire une interview où tu disais, à l’époque, que tu « pensais trop à l’équipe au lieu de penser à toi » et que cela était peut-être un frein dans ta carrière. Cet état d’esprit correspond bien à un coach, non?

 

davig G_angers Coach2

D.G : Je pense que j'ai eu deux temps dans ma carrière. Avant je savais être égoïste, je voulais toujours aller plus haut. Ma seconde saison à la SIG a été un tournant. On avait de fortes individualités. J'étais le meilleur marqueur français à Noël, mais on était dernier et je déteste perdre ! Donc à ce moment-là, il fallait trouver des solutions. J'ai beaucoup plus pensé à l'équipe qu’à moi, mais je n'ai pas toujours trouvé le bon équilibre. Après, je reste convaincu que, personnellement, j'ai manqué d'ambition. Je suis arrivé à 19 ans en équipe de France et j'ai eu tout très tôt en bossant beaucoup. Par contre, après, je ne me suis pas fixé d’objectifs assez élevés et je me suis contenté de ça.

F.T : Est-ce qu’il t’arrive encore de jouer?

D.G : Non. J'ai juste fait une demi-saison pour aider mon club à gagner la coupe de l'Anjou, il y a 3 ans.

F.T : Aymeric dit que, maintenant, lorsqu’il joue, pour se faire plaisir, en départementale, il prend encore plus de coups, car le joueur en face veut toujours « jouer le match de sa vie ». Tu as connu ça aussi ?

D.G : (rires !) C'est tout à fait ça! Quant à Aymeric, il doit travailler ses mouvements dos au panier en dep’! 

F.T : Tu avais côtoyé Aymeric à Cholet. Il avait signé à la SIG l’année suivant ton départ. Est-ce qu’à l’époque vous aviez parlé de la SIG ?

D.G : Oui. On a grandi ensemble à Cholet et Jacky Périgois nous faisait beaucoup travailler ensemble. Aymeric est quelqu'un que j'apprécie beaucoup, qui a réalisé une grande carrière grâce au respect, à son intelligence et au travail.

F.T : Une anecdote sur vous, plus jeunes ?

D.G : Lors de la saison 1999/2000, on avait un super groupe et, si ma mémoire est bonne, Fabien Dubos et moi avions fait une petite blague à Aymeric... Le mieux, c'est que tu lui demandes si, une fois, en sortant de la salle, il n'a pas eu une frayeur ! Il ne voyait plus sa voiture ! (rires)

« Ma première année on pouvait être champions »

F.T : La SIG était ta première expérience hors de Cholet, ton club formateur. Comment s’est passé ce changement?

D.G : Très bien! Le club était plein d'ambitions. Après, sportivement, on aurait dû faire beaucoup mieux ; ma première année, on avait une équipe énorme mais on finit 9eme. David, Reid, Forte et Jennings, c'était parfait pour apprendre. Si Keith ne se blesse pas, on pouvait être champions. Khalid El Amin l’avait remplacé, il arrivait des Chicago Bulls. Il était jeune et on avait besoin d'un métronome au poste 1, ce qu'il n'était pas encore. Après la SIG, il a fait une grosse carrière européenne. Heureusement, la 3ème année a été une bonne année. Nous avons retrouvé les play-offs, ce qui correspondait davantage aux ambitions de la SIG.

F.T : Un conseil à ce sujet pour tous les jeunes qui, chaque année, “s’envolent du nid”?

D.G : Il faut bien connaître les raisons de son départ et être motivé par un objectif. En général, ça se passe très bien. 

F.T : Quels souvenirs gardes-tu de tes trois années à Strasbourg et à la SIG ?

D.G : Que de bons souvenirs ! J'ai toujours dit que c'était une ville où nous aurions pu rester vivre après ma carrière.  La SIG est un bon club, avec des supporters autour de leur équipe, une belle salle… Après, sportivement, on avait les moyens de faire beaucoup mieux.

F.T : Quels sont tes meilleurs souvenirs sur le terrain en carrière et avec la SIG ?

 

DSCF8520

D.G : Mon meilleur souvenir en carrière est la saison d'Euroleague à Cholet et la découverte du « vrai » haut niveau. En ProA, je ne sortais jamais fatigué d'un match, par contre, en Euroleague, j'ai vu la différence en termes d'intensité, de dureté, d'intelligence... Avec la SIG, j’ai en mémoire un match de coupe d'Europe où on avait battu Valence avec 2 tirs du quasi milieu de terrain de Fred et moi. C'était dans l'ancien Rhenus, il y avait une superbe ambiance.

« Vincent Collet a amené la constance nécessaire au plus haut niveau » 

F.T : As-tu suivi l’évolution de la SIG ces dernières années ? Qu’en penses-tu ?

D.G : Bien sûr ! J'ai l’ai suivie tous les ans depuis mon départ. La SIG est un grand club. Après si on regarde son parcours sur 15 ans, elle est aussi bien capable d'être championne, comme de ne pas être qualifiée en play-off. Il faut de la constance au plus haut niveau, ce qui n'est pas le plus simple à avoir. Vincent Collet l'a amenée je trouve, et sur les dernières années, c'est une équipe sympa à voir jouer, et surtout, qui gagne des matches. 

F.T : As-tu encore des contacts à Strasbourg ?

D.G : Oui un petit peu  avec les grands supporteurs que sont les membres de la famille Feltz. L'ancien préparateur Patrick Tonussi également. Je trouve qu’il était super important dans la vie du groupe par ses qualités humaines. Lauriane Dolt aussi, qui fait du bon boulot avec les jeunes. La dernière fois que je suis revenu à Strasbourg, c'était pour le mariage de Jérôme Schmitt. 

F.T : Un message pour les fans?

D.G : Une équipe a toujours besoin d'un grand public donc continuez de soutenir la SIG ; il y a toujours moyen de faire plus de bruit !

Par Franklin Tellier