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Actualités Les dessous de l’Euroligue

Les dessous de l’Euroligue

Disputer l’Euroligue est un formidable défi sportif pour la SIG et une occasion unique de toucher du doigt le « must » du basket européen. Mais cette participation, la deuxième dans l’histoire du club après 2005/2006, cache bien des tracas. Financiers, administratifs ou techniques. Plongée dans les coulisses d’une organisation hors normes.

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Dans la salle qui abrite la conférence de presse, les changements LNB/Euroligue ont déjà commencé.

Des joueurs au staff, en passant par les dirigeants, les salariés du club, les supporters et tous les fans de basket-ball, l’invitation en Euroligue proposée à la SIG après la finale de ProA perdue contre Nanterre, a été accueillie à bras ouverts et saisie à pleines mains. Mais cette « wildcard » cachait bien des soucis, pour ne pas dire des cauchemars, et a valu quelques nuits blanches à ceux qui ont découvert alors la face cachée de la compétition reine sur le vieux continent. Martial Bellon, le président, rappelait récemment que le budget de la SIG (5,7 millions) ne représentait qu’un peu plus de la moitié du budget de Bamberg (environ 10 millions), le plus faible dans la poule après le sien. Et comment rivaliser avec Kaunas (13 M€), Milan (17), Istanbul (23) ou le Real Madrid (30) ?

« Malgré tout le travail que cela a engendré, la participation à l’Euroligue est un formidable accélérateur de particules, explique d’entrée Jérôme Rosenstiehl, manager délégué du club. Cela va nous tirer vers le haut en nous obligeant à nous mettre en conformité avec ce qui se fait de mieux dans le sport de haut niveau ».

Devenir actionnaire de l’Euroligue

Le niveau d’exigence du cahier des charges (près de 200 pages en anglais…) est tel que de nombreuses mesures ont dû être prises rapidement dans des domaines aussi divers que les contrats des joueurs, l’installation des panneaux de publicité, le tableau d’affichage, les équipements dans les vestiaires des joueurs et des arbitres, l’organisation d’un media day – une journée consacrée à des photos et des interviews pour le site web de l’Euroligue – ou encore l’accueil de la presse.

Il a fallu ainsi désigner un directeur des médias chargé entre autres de fournir des contenus en anglais pour le site internet de l’Euroligue, doubler tous les contrats des joueurs (un pour la LNB, un autre, spécifique, pour l’Euroligue), remplir les dossiers de qualification pour l’obtention des licences d’au moins 14 joueurs (30 pages environ pour chacun). Autant d’éléments incontournables. D’autres encore qui nécessitaient de gros investissements pour… trois mois seulement de compétition, en cas d’élimination au premier tour. « Le tableau d’affichage, par exemple, devrait être central, suspendu à la voûte, avec quatre faces et des écrans géants. Le temps d’études avant réalisation, d’autant que le Rhenus Sport appartient à la ville de Strasbourg, dure à lui seul  plus longtemps que les 10 matches du premier tour ! Nous avons donc demandé une dérogation pour cette saison » continue Jérôme Rosenstiehl. Tout comme la SIG se passera pour le premier tour qui débute mercredi de la régie de télévision interne, prévue dans le cahier des charges, pour diffuser sur les écrans géants de la salle, les publicités de l’Euroligue ou des ralentis du match !

Présents lors du tirage au sort à Barcelone début juillet, Martial Bellon, le président, et Jérôme Rosenstiehl avaient déjà eu droit à une session de trois jours de formation sur le marketing, le ticketing, etc. Depuis, les statisticiens et le spécialiste vidéo, par exemple, les ont suivi en Catalogne pour entrer dans les secrets de l’exigence estampillée Euroligue.

La SIG a aussi dû devenir actionnaire de ce « must » européen pour obtenir une licence B. Une dizaine de clubs dont la pérennité dans l’épreuve est garantie et qui doivent disposer d’une salle de… 10 000 places au moins (Barça, Real, Olympiakos, Maccabi Tel Aviv, Istanbul par exemple) sont titulaires d’une licence A, achetée 120 000 euros. Pour cette licence B, la SIG a déboursé 40 000 euros, en achetant les actions de Gdynia, le club polonais qui n’est pas qualifié cette saison. Et si la SIG n’est pas présente en Euroligue la saison prochaine, elle pourra revendre ces actions à un petit nouveau… Cela corrobore en réalité l’existence d’un système économique très puissant qui s’apparente aux franchises de la NBA.

20 000 euros de frais techniques

D’un point de vue technique, il a fallu également se conformer aux normes Euroligue. « Tous les éléments de visibilité, les logos sur le parquet et les paniers, les stickers des partenaires sur le terrain, les panneaux de la conférence de presse doivent ainsi être changés ou décollés après le match de ProA pour placer les éléments spécifiques à l’Euroligue. Et vice-versa après le match européen. Cela représente près de 20 000 euros de frais techniques » explique Philippe Dulieu en charge des relations commerciales et évenementielles. « Nous avons aussi dû déplacer les 52 mètres de panneaux de publicité électroniques qui garnissent le bord du terrain pour être en conformité avec la disposition exigée et refaire tous les fichiers un par un pour assurer le déroulement automatique des publicités. Heureusement, la LNB a accepté la disposition ‘’européenne’’ pour le championnat » indique Sophie Burckel, en charge de ce dossier. Enfin, il a fallu placer des écrans de télévision dans la salle de presse, dans les vestiaires des joueurs des deux équipes, dans celui des arbitres qui doivent aussi disposer d’un lecteur de DVD et d’un paperboard.

Globalement, une charge de travail supplémentaire considérable pour tous les employés de la SIG, pas aussi nombreux on l’imagine, que ceux des gros calibres européens. Mais à laquelle ils se prêtent de bon cœur compte tenu des enjeux et de l’adrénaline que l’Euroligue peut provoquer. Pour l’anecdote, on notera encore que la température minimale dans la salle doit être de 16°, la température maximale de 25°. Pour les vestiaires, respectivement 23 et 25° !

Quant aux arbitres, entièrement pris en charge par l’Euroligue et son commissaire, on ne sait pas, lorsqu’ils frappent au Rhenus Sport pour diriger le match, qui ils sont, d’où ils viennent, où ils dorment ni où ils mangent ! De quoi éviter tout contact suspect avant les rencontres !

Jean-Claude Frey