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Actualités Croire à l’inaccessible rêve

Croire à l’inaccessible rêve

Dixième et dernière journée d’Euroleague et la SIG est toujours en vie… Certes, elle est au pied d’un mur quasi-infranchissable, celui du Real à Madrid (jeudi 20h45, en direct sur beIN Sports 3) mais le sport ne connaît rien à la logique. Le coup de Trafalgar résonnerait longtemps à travers l'Europe du basket. Les Strasbourgeois en ont pourtant fait la démonstration trois fois déjà. Alors, il faut croire jusqu’au bout à l’impossible exploit. Advienne que pourra…

Aucun indicateur, mais vraiment aucun, ne plaide en faveur d’une victoire de la SIG. Qui plus est sur un écart de 29 points, le seul qui assurerait automatiquement une place au Top16 en cas de défaite du Bayern, le lendemain à Belgrade ! Un succès d’un seul petit point, obligerait alors à patienter 24 heures et à tout miser sur un succès bavarois en Serbie.

16 défaites en 16 déplacements, souvent sévères…
SIG_RealMadrid_Jeremy leloup

Jérémy Leloup, à la peine en ce moment, qui s'envole au-dessus de Rudy Fernandez (à gauche) et Gustavo Ayon. C'était à l'aller, lors d'un énorme exploit qu'il faut rééditer.

Car en trois campagnes d’Euroleague (2005, 2013, 2015), les Strasbourgeois n’ont jamais gagné à l’extérieur en 16 déplacements et c’est lors du 17e et ultime voyage qu’il faudrait réussir cet invraisemblable performance. Pire, l’écart moyen des revers cette saison en compétition européenne se situe à… 20 points, 16 il y a deux ans, 13 et quelque en 2005. 13 fois sur 16, l’écart final, défavorable à la SIG, a été supérieur à 11 points !

Les dernières sorties loin de leurs bases, y compris celle de lundi au Mans, n’ont d’ailleurs pas de quoi rassurer dans ce domaine. « Bien au contraire, convient Vincent Collet, ce match a été la confirmation de notre incapacité à voyager, toujours pour les mêmes raisons : une entame trop soft qui installe l’adversaire dans son confort et lui donne confiance. On a fait illusion pendant une mi-temps grâce à l’attaque, parce qu’on a bien bougé la balle. Mais de l’autre côté, on a des difficultés récurrentes… »

A quoi s’accrocher ?

Le Real, typiquement, qui sait qu’il serait automatiquement éliminé en cas de défaite de plus de 8 points – toutes les égalités à trois lui seraient alors défavorables – mettra un point d’honneur à ne pas être le premier champion en titre à ne pas atteindre le deuxième tour (voir le chiffre, ci-dessous). « Les Espagnols ont la capacité à se mettre en confiance tout seuls, insiste Collet. Il ne faudra donc pas les aider à y parvenir. Sinon, c’est la punition… »

Alors, cet espoir ténu mérite pourtant qu’on s’y accroche. « On jouera notre chance à fond, même si elle est minime. Dans un match de basket, tout peut arriver », se convainc le patron. C’est l’essence même du sport et ce qui fait le carburant du sportif de haut niveau. Kyle Weems est du même avis, sur le blog qu’il tient pour l’Euroleague : « La pression est sur Madrid. Beaucoup de gens nous voyaient à 0-10 dans ce groupe. On a prouvé, en défendant dur, en partageant la balle, en se serrant les coudes, qu’on pouvait se hisser au niveau de ces équipes. On était les seuls à savoir que si on prenait les matches par le bon bout, on pouvait battre Fenerbahçe, le Real ou Belgrade ».

Du danger partout
SIG_RealMadrid_Mardy Collins

Sergio Llull, créateur et scoreur, un de deux que Collins et la SIG devront avoir à l'oeil.

Mal parti lors des sept premières journées (deux victoires pour cinq défaites), le Real a redressé la barre alors qu’il perdait une de ses stars, Rudy Fernandez – opéré d’une hernie discale, il sera absent plusieurs mois. Et en cas de victoire, il assurerait sa place au deuxième tour, quoi qu’il advienne le lendemain. Une forme de garantie. Seul le vainqueur de Belgrade – Munich sauverait dès lors sa tête…

Face à la 4e des 24 attaques d’Euroleague (84,11pts marqués), à la 4e évaluation (97,33), à la 2e équipe aux rebonds (38,89), la meilleure au rebond offensif (13 prises) là précisément où le bât blesse du côté des Strasbourgeois, tout ou presque penche en faveur des hommes de Pablo Laso, le coach de l’année 2014/2015 ! Et la SIG ne peut se raccrocher qu’à la (seule) mauvaise statistique des Madrilènes : la défense. 22e sur 24 avec 82,56 points encaissés. « Pas sûr cependant qu’on puisse rééditer le 93-86 de l’aller », plaisante Collet. Sans parler des individualités hors normes qu’aligne le Real. Des deux Sergio, Llull et Rodriguez, génies du jeu, à Gustavo Ayon ou Felipe Reyes, maîtres sous le cercle, en passant par Jaycee Carroll, l’imprévisible sniper, les puissants Jeffery Taylor, énorme à l’aller, et Trey Thompkins, l’expérimenté Jonas Maciulis ou les tout jeunes Willy Hernangomez et Luka Doncic (16 ans ½), le Real a de quoi faire peur.

Il faudrait donc que tous les voyants soient au vert, dû coté de la SIG. De l’euphorie pour Weems ou Leloup, de la folie pour Beaubois, de la solidité pour Golubović, Howard, Duport ou Fofana, encore plus d’abnégation pour Lacombe et Campbell, et un niveau retrouvé pour Collins. C’est beaucoup, mais c’est indispensable pour entretenir cette toute petite lueur, toucher l'inaccessible étoile. Après tout, c'est Noël dans quelques jours...

Jean-Claude Frey

REAL MADRID - SIG EN CHIFFRES

infographie2 RealMadrid-SIG