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Actualités [Grand format] Louis Campbell vous donne des nouvelles

[Grand format] Louis Campbell vous donne des nouvelles

La fin d’année approche et les festivités également. En attendant Noël, nous vous proposons une petite surprise avec une interview de l’ancien emblématique capitaine de la SIG Strasbourg : Louis Campbell. Avec 240 matches sous les couleurs du club, Lou’ a marqué a jamais l’histoire de la SIG Strasbourg tout autant que l’inverse. En effet, comme il n’hésite pas à le dire encore aujourd’hui « Strasbourg était la meilleure période de ma vie pour ma famille et moi ». C’est avec un réel plaisir que nous avons partagé un café à distance, permettant ainsi de prendre des nouvelles mais également de revenir sur ses 7 années en France dont 4 à Strasbourg. Morceaux choisis…

Franklin Tellier : Avant tout, le plus important : Comment vas-tu et comment va ta famille ?

Louis Campbell : « Le plus important aujourd’hui c’est la santé. Ma famille et moi allons bien. On essaye de vivre normalement, si on peut dire ça comme ça. Disons qu’on fait face à la situation, et qu’on fait tout pour rester en bonne santé. C’est la chose la plus importante pour nous, mais également pour tout le monde ».

F.T : Où vis-tu en ce moment ?
L.C : « Je partage mon temps entre Chicago, le New-Jersey et Washington pour différents projets. C’est un rythme un peu fou mais c’est comme ça. Je m’adapte ».

F.T : Et en parlant de projet… Peux-tu nous parler de « Be my library » ?
L.C : « C’est quelque chose que j’avais en tête et qui me tenait à cœur. C’est une expérience vraiment enrichissante. Je vois ça un peu comme un programme qui permet de transmettre une sorte d’héritage sur nos origines, mais ce n’est pas que pour les enfants issus de famille d’immigrés, c’est plus global que ça. Beaucoup de jeunes ont aujourd’hui perdu l’héritage du passé qui fait ce que nous sommes aujourd’hui. Certains ont encore leurs grands-parents pour leur rappeler certaines choses, mais la place prise par les réseaux sociaux par exemple est grande. Le ‘‘folklore’’ et le storytelling à propos de notre passé est trop en retrait et, ouvrir ma librairie était en partie pour aider à lutter contre cela. Je ne suis pas un mentor, mais si je peux aider à guider les jeunes en faisant en sorte qu’ils n’oublient d’où ils viennent, ce sera un bon début. C’est comme ça que « be my library » prendra tout son sens ».

F.T : Parlons un peu basketball. Est-ce que tu suis encore les résultats du championnat de France ?
L.C : « Oui, absolument. Je regarde tous les résultats en France, en Euroleague et beaucoup en Europe. Je regarde beaucoup de matches, car ça fait partie de ce que je veux faire et que je fais déjà un peu pour Chicago : scouter pour la NBA. Je regarde beaucoup la jeune génération et notamment en France. Il y a des joueurs intéressants et j’ai toujours un œil sur ce qui se passe en France et les résultats de Strasbourg ». 

F.T : Et justement, avant de parler de Strasbourg, quels souvenirs tu gardes de tes sept ans en France ?
L.C : « Ce sont, sans nul doute, les sept meilleures années de ma carrière en tant que basketteur mais aussi en termes de qualité de vie pour ma famille. C’est un peu comme ma maison. Avant de revenir aux Etats-Unis nous sommes restés un peu en France. C’est bien plus qu’un pays où tu viens, tu joues deux mois et tu rentres. La France représente beaucoup pour moi. J’y reviendrai toujours avec plaisir et si je peux conseiller à un jeune joueur d’aller y jouer, je le fais sans hésiter. Je lui dirai aussi d’apprendre un peu plus le Français que ce que moi j’ai fait… »

F.t : Et plus précisément, quels souvenirs gardes-tu des quatre saisons à Strasbourg ?
L.C : « Venir à Strasbourg était un peu comme une renaissance dans ma carrière. C’est ce qui m’a guidé dans la bonne direction en tant que joueur mais aussi en tant que personne. J’avais 32 ans, j’avais déjà vu pas mal de choses avant, mais là, j’arrive à Strasbourg et je rencontre Ric, Jeff, Alexis et d’autres gars avec qui tu te dis, « je ne suis pas juste le membre d’une équipe. Je suis là où je veux être ». Strasbourg c’était aussi le fait que je me sentais comme à la maison, vraiment. On avait de supers voisins, qui étaient géniaux avec les enfants. J’ai aimé vivre à Strasbourg, apprendre, vivre pour le basket et jouer à un niveau que je n’avais jamais connu avant. Les supporters de la SIG Strasbourg sont formidables. Ils nous ont adopté, ma famille et moi. Ils ont donné un réel sens à ce sentiment d’appartenance au club. Vraiment, je ne garde que de bons souvenirs ».

F.T : Que des bons souvenirs, vraiment ? Quels ont été tes moments les plus forts en émotion en 4 ans ?
L.C : « Il y en a beaucoup. Pour le côté positif je dirai la dernière année. Nous avons connu des problèmes en interne en début de saison. Rien de grave, mais disons que tout le monde ne trouvait pas sa place. Mais, le fait de réussir à devenir réellement une équipe, jouer de mieux en mieux, sur les points forts de chacun, pour arriver là nous nous sommes arrivés… [il réfléchit longuement] Il faut comprendre que cela montre une forme de maturité collective très forte entre le staff et les joueurs. Je n’ai jamais ressenti cela autant que cette saison. Nous avions un travail à faire, distribuer les rôles, partager et l’accepter pour réussir à réaliser ce qu’on a fait. Hélas, nous n’avons pas gagné de titre à la fin malgré les finales, et cela me fera toujours mal d’y repenser, mais je retiens surtout la manière dont ce groupe a grandi pour arriver là où il est arrivé. Bien entendu, gagner la Coupe de France et la Leaders Cup l’année précédente sont des très bons souvenirs mais je ne retiens pas que les trophées ».

F.T : Ok... Et pour le côté négatif ?
L.C : « Devoir partir était difficile. C’est la première fois durant ma carrière que j’ai ressenti le sentiment de ne pas être gardé. Mais attention, bien évidemment sur le moment j’ai eu du mal à l’accepter, mais, rétrospectivement, j’ai compris qu’il y avait un sens dans ce choix. On joue au basket mais c’est aussi un business. Tu viens de perdre quatre fois en finale du championnat, un nouveau coach et un nouveau staff sont mis en place, c’est dans l’ordre des choses finalement, même si j’ai eu du mal car le lieu, le club, est spécial pour ma famille et moi. Mais je n’ai sincèrement aucune rancœur, il ne faut pas chercher à interpréter. Pour moi Strasbourg et la SIG Strasbourg reste un souvenir incroyable ».

F.T : Tu as joué 240 matches avec la SIG Strasbourg. Si tu devais en retenir trois…
L.C : [il coupe] « Oula, c’est dur… trop dur même. Une chose est certaine le numéro 1 reste et restera la victoire face au Real Madrid. Après, c’est difficile car franchement il y en a eu beaucoup. Après, je dirai peut-être la victoire à Kazan en Eurocup en 2015 et enfin, plus qu’un match, la Leaders Cup en 2015 … Il y a aussi la victoire face au Fenerbahçe ! Mince c’est difficile de choisir ! Mais je reste sur mes trois premiers choix. Ce sont ceux qui m’ont procuré le plus d’émotions personnellement et marqués mentalement le plus en tant que joueur ».

F.T : TU connu beaucoup de coéquipiers ici, si tu devais faire un cinq majeurs, cela ressemblerait à quoi ?
L.C : « C’est encore plus difficile ! Impossible même de choisir cinq joueurs. Je peux essayer de donner une équipe. Ca pourrait d’ailleurs donner quelque chose de fun de les voir jouer ensemble. Je prends Ric’, Jeff, Mardy, Dave Andersen, le Grand Loubard Romain, Jeremy, Max Zianveni, Romeo, Tadija, Axel, le jeune Franky… [il se coupe dans son élan] Non c’est trop dur. Et je ne veux pas choisir que des joueurs qui apportaient sur le terrain, mais qui étaient importants aussi dans le vestiaire. On a besoin de ce genre de gars pour réussir à constituer une équipe. J’en ai d’autres en tête, c’est impossible de choisir ».

F.T : Est-ce que tu as un message pour les fans de basket et les fans de la SIG Strasbourg ?
L.C : « Ce n’est pas un message de soutien en particulier. Ce que je veux dire c’est que, avec la période actuelle, la pandémie que nous traversons, la chose la plus importante c’est la famille et prendre soin de ceux qu’on aime. Peu importe qu’on joue ou non au basket, cela n’est pas aussi important. Il faut traverser ce moment difficile en se soutenant les uns les autres. C’est clair, qu’au quotidien, ce n’est pas simple car ce qui nous arrive est dément. Mais, chaque jour, on se doit de regarder autour de soi et faire attention à ce que les gens qu’on aime aillent bien. C’est ce que je souhaite à tout le monde ! Je veux aussi en profiter pour passer un message aux gens qui travaillent dans les bureaux et pour le club de la SIG Strasbourg. J’ai beaucoup de respect pour ce que vous faites, votre investissement. Vous avez toujours été derrière nous et je suis sûr que c’est toujours le cas. Enfin, je tiens à souhaiter à tout le monde de bonnes fêtes de fin d’année ».

F.T : Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?
L.C : « J’espère pouvoir m’épanouir en tant que soutien pour les jeunes mais aussi dans le scouting et le développement personnel de joueurs. Je travaille dessus et j’aimerai pouvoir construire la suite de ma carrière dans cette direction. Je vais continuer à avancer. Le scouting est ma passion et je vais continuer à travailler sur ça ».

Retrouvez la victoire face au Grand Real Madrid en intégralité